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Thomas Guénolé

3 novembre 2019

Temps de lecture : 24 minutes
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Thomas Guénolé

Le réel est un fantasme

L’omniprésent Thomas Guénolé a réussi grâce à une stratégie intelligente à se forger une place et une certaine renommée dans les médias.

À coups de phras­es assas­sines qui fer­ont le buzz, de tri­bunes libres dans les jour­naux qui, espère-t-il, créeront la polémique et lui don­neront l’occasion d’alimenter sa machine médi­a­tique, de péti­tions qui lui per­me­t­tront d’être invité sur les plateaux de télévi­sion, Thomas Guénolé est un jeune loup aux dents longues qui a com­pris le fonc­tion­nement des médias. Fils spir­ituel d’un Jean-Michel Aphatie ou d’un Jacques Attali, dont il est proche par les idées (voir § Il a dit), ce mil­i­tant polémiste n’est ni véri­ta­ble­ment un jour­nal­iste ni véri­ta­ble­ment un poli­to­logue et son tra­vail ne vise au final qu’à faire de la pub­lic­ité à sa pro­pre mar­que : Thomas Guénolé. D’ailleurs les infor­ma­tions abon­dantes sur Thomas Guénolé provi­en­nent à l’heure actuelle qua­si-exclu­sive­ment de lui-même.

Il est né en sep­tem­bre 1982 à Falaise (Cal­va­dos), il est l’aîné des trois enfants d’Edmond Guénolé et de Mylène Guénolé (née Budzin­s­ki, d’origine polon­aise). Sa pas­sion pour la poli­tique a été « nour­rie par un envi­ron­nement famil­ial où les débats furent légion » (Thèse « Les cen­tres en France, Idéolo­gie et incar­na­tions con­tem­po­raines du cen­tre »). Il habite dans le très chic 6e arrondisse­ment de Paris, rue du Cherche-Midi. Il dirige avec celle qu’il présente comme sa femme, Kate­ri­na Ryzhako­va, une com­mu­ni­cante née en Russie et arrivée en France en 2009 (voir § Nébuleuse), l’entreprise Vox Polit­i­ca.

Religion

« J’ai été élevé dans la foi chré­ti­enne et dans son enseigne­ment éthique. Comme ces mil­lions de Français, je suis resté fidèle à ces valeurs morales, indépen­dam­ment de mes doutes et scep­ti­cismes sur les grandes ques­tions méta­physiques », « Racines chré­ti­ennes con­tre valeurs chré­ti­ennes : halte aux nou­veaux phar­isiens », la-croix.com, 24/12/2015

La seule fois où il donne une information intéressante à l’antenne, il est viré

Tirant ses infor­ma­tions de la Let­tre A (let­tre d’informations con­fi­den­tielles), sa chronique du 17 novem­bre 2015 sur les défail­lances de la brigade d’intervention de la police judi­ci­aire lors des atten­tats du 13 novem­bre lui a valu d’être remer­cié par RMC sur pres­sion, selon lui, du min­istère de l’Intérieur qui a « boy­cotté des plateaux et en plaçant sous embar­go les infor­ma­tions trans­mis­es à la rédac­tion. » Thomas Guénolé a expliqué au site Arrêt sur Images que le directeur de la rédac­tion de RMC Philippe Antoine lui avait téléphoné ven­dre­di 20 novem­bre, « et dimanche [22 novem­bre] soir j’ai reçu un mail me con­fir­mant que j’étais viré. Mais comme je n’ai pas reçu de cour­ri­er formel, je me suis tout de même ren­du dans les locaux de la radio ce matin his­toire de ne pas être en faute. On m’a refusé l’accès au plateau. Je peux donc dire offi­cielle­ment ce matin que j’ai été viré de RMC. »

Indépendant Thomas Guénolé ?

« Tous les sujets de mes chroniques étaient validés la veille par l’équipe de RMC. Mes textes leur étaient envoyés avec pos­si­bil­ité de les mod­i­fi­er jusqu’à la dernière minute. » (source)

Sa stratégie médiatique

« (…) remet au goût du jour une décou­verte de la psy­cholo­gie sociale améri­caine des années 1960 : l’effet de sim­ple expo­si­tion. A l’époque, le psy­cho­logue Robert Zajonc a con­duit des expéri­ences qui lui ont per­mis d’établir ceci : l’être humain tend à dévelop­per un sen­ti­ment posi­tif envers une chose à force d’y être exposé répéti­tive­ment. Le sci­en­tifique a poussé les expéri­ences jusqu’à con­stater que cela fonc­tion­nait sur des mots ne voulant rigoureuse­ment rien dire. Résul­tat édi­fi­ant : mal­gré l’absence totale de sens, les groupes testés dévelop­paient un sen­ti­ment de plus en plus posi­tif envers ce mot. » (source)

Trop insoumis pour la France insoumise

Thomas Guénolé claque vio­lem­ment la porte de la France Insoumise à cinq semaines des élec­tions européennes en 2019 en pub­liant un com­mu­niqué au vit­ri­ol sur son compte Twit­ter.

Par­mi ses prin­ci­paux griefs, il est ques­tion du manque de démoc­ra­tie en interne («Tan­dis que le soulève­ment his­torique des Gilets Jaunes exige le RIC et la démoc­ra­tie directe, Jean-Luc Mélen­chon, lui, gou­verne la France Insoumise en auto­crate ».) d’un éloigne­ment vis-à-vis de la base, du rôle trou­ble de Chikirou (« par sa prox­im­ité avec Jean-Luc Mélen­chon en même temps qu’elle est prestataire de cam­pagne élec­torales de la France Insoumise via sa SASU « Medi­as­coop ») dans le finance­ment de la cam­pagne qui pour­rait avoir des réper­cus­sions sur l’inégibilité future du can­di­dat et de « sa per­son­nal­ité imprévis­i­ble­ment colérique » qui rebuterait les électeurs.

Le comité élec­toral réplique en opposant au poli­to­logue des accu­sa­tions fort oppor­tunes de har­cèle­ment sex­uel émanant d’une anci­enne élève de Guénolé à Sci­ences Po dont l’instruction était à ce moment en cours au sein du par­ti. Ain­si, le comité cen­tral reproche à Guénolé d « instru­men­talis­er des pré­textes poli­tiques pour sa défense », même si celui-ci met en cause le com­porte­ment du par­ti qui a util­isé cette affaire pour le forcer à renon­cer à sa can­di­da­ture sans lui fournir des preuves tan­gi­bles du com­porte­ment inap­pro­prié dont il aurait fait preuve. L’intéressé réag­it en pour­suiv­ant LFI en jus­tice par le biais de son avo­cat Jérémy Afane-Jacquart pour « dénon­ci­a­tion calom­nieuse ».

Le tri­bun Mélén­chon lui-même est décon­te­nancé par ce revire­ment soudain qu’il déplore sur son compte Twit­ter le jour même « Thomas Guénolé m’a affir­mé son ami­tié et son sou­tien à de nom­breuses repris­es très récentes. Je suis stupé­fait qu’il me mette en cause de cette façon. Décidé­ment, rien ne me sera épargné. »

Formation

2013

Doc­tor­at — Cen­tre de recherch­es poli­tiques de Sci­ences Po (Cevipof) — Sci­ences Po

2010 – 2013

Doc­tor­at de sci­ences poli­tiques — École Doc­tor­ale de Sci­ences Po Paris

Thèse de doc­tor­at en sci­ences poli­tiques sous la direc­tion de M. Pas­cal Per­rineau, directeur du Cen­tre de recherch­es poli­tiques de Sci­ences Po (CEVIPOF).
- Sujet de thèse : “Les cen­tres en France : idéolo­gie et incar­na­tions con­tem­po­raines du cen­tre.”
- Doc­teur en sci­ence poli­tique, men­tion très hon­or­able.

2007

Entre­pren­dre — EM LYON

2006 – 2007

Mas­tère spé­cial­isé d’en­tre­pre­neuri­at — École De Man­age­ment De Lyon

Thèse pro­fes­sion­nelle sous la direc­tion de M. Michel Coster, directeur du mas­tère spé­cial­isé d’en­tre­pre­neuri­at d’EM Lyon. Sujet : « La démarche entre­pre­neuri­ale est-elle applic­a­ble à un fonds de ges­tion alter­na­tive ? »

2005

Affaires publiques — Sci­ences Po

2000 – 2005

Mas­ter Affaires publiques à l’Institut d’É­tudes poli­tiques de Paris.
- Admis en 1er cycle de Sci­ences Po sur con­cours bac+0.
- 3e année à l’é­tranger à HEM Casablan­ca en 2003
- Cycle du diplôme : Mas­ter Affaires publiques.

Parcours professionnel

Invité réguli­er sur LCI, Arte, LCP, Itélé, Europe 1.

2017

Respon­s­able de l’École de for­ma­tion de La France Insoumise, poste qu’il quitte après ses dif­férends avec LFI.

2016

Depuis le 30 aout 2016 il est le seul dirigeant de Vox Polit­i­ca, qui devient une SASU avec 500 € de cap­i­tal.

En févri­er 2016 il décerne le prix du Menteur en poli­tique à Marine Le Pen pour « son accu­mu­la­tion d’affirmations fauss­es sur les migrants (par exem­ple sur l’ampleur de la vague d’arrivants, sur leur sexe et leurs moti­va­tions, sur le faux assaut de migrants con­tre des pom­piers à Calais, par marte­lage de cette ques­tion lors des régionales alors que ce n’est pas une com­pé­tence régionale…) ou sur le dji­hadisme », selon le jury. Celui-ci est présidé par Thomas Guénolé et con­sti­tué de Mélis­sa Bounoua (Read­er, Slate), Alexan­dre Devec­chio (FigaroVox, Le Figaro), Hugo Dom­e­n­ach (Le Point), Samuel Lau­rent (Les décodeurs, Le Monde), Cédric Math­iot (Dés­in­tox, Libéra­tion) et Antoine Krempf (« Le Vrai du faux », France Info)

Mars 2015 à novembre 2015

Chronique poli­tique « Guénolé, du con­cret » sur RMC dans l’émission Bour­din Direct.

Prix annuel du menteur en poli­tique : En 2015, il lance le Prix annuel du menteur en poli­tique, et forme pour le décern­er un jury de jour­nal­istes dont la spé­cial­ité est le fact check­ing poli­tique. La récom­pense vise à « inciter la classe poli­tique à moins men­tir. » (lepoint.fr) Il est décerné d’abord à Nico­las Sarkozy en 2015. Il enseigne aus­si à l’I­PAG (Insti­tut de pré­pa­ra­tion à l’administration générale). Clé­ment Vik­torovitch suc­cède à Thomas Guénolé en tant que prési­dent du jury à par­tir de 2017, lorsque ce dernier com­mence à tra­vailler pour le compte de La France Insoumise.

Depuis 2014

Prési­dent du cab­i­net de con­seil Vox Polit­i­ca avec son épouse, Kate­ri­na Ryzhako­va.

Depuis 2013

Pro­fesseur — Insti­tut Inter­na­tion­al de l’Im­age et du Son (3IS).

Depuis 2012

Chroniqueur asso­cié au site inter­net du Nou­v­el Obser­va­teur.
Maître de con­férences en sci­ences poli­tiques à Sci­ences Po.
La poli­tique com­parée à HEC Paris.

2012 – 2013

Con­sul­tant poli­tique — Union des Démoc­rates et Indépen­dants.

2010 – 2012

Pro­fesseur chargé de cours de démo­gra­phie à l’université de Pan­théon-Assas.

2011

Con­seiller poli­tique auprès de M. Jean-Louis Bor­loo, ancien min­istre d’État.

2008 – 2010

Con­sul­tant secteur pub­lic au sein de Bear­ing­Point France.

2007

Assis­tant de gérant de fonds auprès de la Ban­ca Leonar­do France (ex-VP Finance).

2007

Assis­tant de gérants de fonds alter­nat­ifs — VP Finance.

2006 – 2007

Maître de con­férences à Sci­ences Po Paris.

2004 – 2005

Chargé d’é­tudes au min­istère de la Défense — DAS-SDTP.

Chargé d’étude sous la direc­tion de M. C.-A. PAILLARD, admin­is­tra­teur civ­il. Auteur de l’étude sur « la stratégie des fonds d’investissement améri­cains en Europe occi­den­tale ».

Parcours militant

Jean-Louis Borloo/UDI

Thomas Guénolé a été con­sul­tant poli­tique auprès de Jean-Louis Bor­loo en 2011. Il con­cède avoir eu un « coup de cœur pour Jean-Louis Bor­loo quand Matignon était promis à ce dernier, sous Sarkozy. Après avoir lu une inter­view de ce min­istrecréatif et icon­o­claste”, il lui fait une “offre de ser­vice” avant de lui fournir des notes pen­dant six mois » sur le posi­tion­nement et les élé­ments de lan­gage, de la doc­u­men­ta­tion sur les thé­ma­tiques poli­tiques les plus por­teuses. En 2012–2013, il devient con­sul­tant poli­tique pour l’Union des Démoc­rates et Indépen­dants (UDI), en tant que par­tic­i­pant à « l’équipe de pré­pa­ra­tion du pro­jet poli­tique de l’U­DI, en qual­ité de chargé de mis­sion sur les thé­ma­tiques de l’Eu­rope, de la mon­di­al­i­sa­tion et du vivre-ensem­ble. » Il est par ailleurs cité comme « une aide pré­cieuse » par Yves Jégo (mem­bre de l’UDI et du Par­ti rad­i­cal), dans son ouvrage Marine Le Pen arrivera au pou­voir. Sauf si.

Quant à une pos­si­ble can­di­da­ture sur des listes « citoyennes », Guénolé n’y est pas opposé : « Je suis dans la mis­an­thropie et la noirceur sur le diag­nos­tic, mais je reste idéal­iste sur les buts à attein­dre. Et si je crois voir les gens comme ils sont, ça ne m’empêche pas de les aimer ».

Club des jeunes actifs démocrates (Jade)

Ancien secré­taire général du lab­o­ra­toire d’idées proche en poli­tique du Cen­tre (UDI et Modem), le Club Jade œuvrant pour une société ouverte mon­di­ale, ce think tank n’a pour seule orig­i­nal­ité que de met­tre l’accent sur l’innovation numérique. Out­re les notes, le Club Jade organ­ise « les petits-déje­uners de l’E‑démocratie » men­su­els. Pour la liste des invités, voir ici.

La France Insoumise

En plus d’être co-respon­s­able de la for­ma­tion poli­tique au sein de la France Insoumise, il était égale­ment can­di­dat en 14ème posi­tion sur la liste du par­ti pour les élec­tions européennes avant de se retir­er puis de quit­ter le mou­ve­ment.

Initiatives

Pétitions

Décem­bre 2014 : Avec Kate­ri­na Ryzhako­va, il lance une péti­tion pour « couper les sub­ven­tions de Clos­er » afin « d’envoyer un mes­sage très clair aux mag­a­zines peo­ple : oui, il y a des lim­ites ; oui, vous devez les respecter. » En 2015, par un cour­ri­er offi­ciel de son chef de cab­i­net, Fleur Pel­lerin, min­istre de la Cul­ture et de la Com­mu­ni­ca­tion, leur répond et déclare souhaiter couper les sub­ven­tions publiques de la presse « récréa­tive », pour réserv­er les sub­ven­tions à « la presse d’information générale, la presse du savoir et de la con­nais­sance. »

Avril 2015 : Péti­tion con­tre la « loi ren­seigne­ment : non au Big Broth­er français ! » : « Nous refu­sons de légalis­er le droit pour les ser­vices secrets de lire tout cour­riel, d’écouter toute con­ver­sa­tion télé­phonique, de lire tout SMS, de met­tre tout espace privé sur écoute. » Les sig­nataires de l’appel sont l’association de poli­tique crim­inelle appliquée et de réin­ser­tion sociale (Apcars) ; l’ordre des avo­cats de Paris, Kate­ri­na Ryzhako­va, direc­trice de Vox Polit­i­ca.

Appels

Novem­bre 2015 : À la suite des atten­tats islamistes du 13 novem­bre à Paris, il lance un appel avec Jérémy Afane-Jacquart (avo­cat au bar­reau de Paris) : « Pourquoi nous deman­dons au Con­seil d’Etat d’annuler les élec­tions régionales. » (fdesouche.com)

Prix annuel du menteur en poli­tique : En 2015, il lance le Prix annuel du menteur en poli­tique, et forme pour le décern­er un jury de jour­nal­istes dont la spé­cial­ité est le fact check­ing poli­tique. La récom­pense vise à « inciter la classe poli­tique à moins men­tir. » (lepoint.fr)

Sig­nataire de l’appel « Nous sommes unis » lancé par « des respon­s­ables asso­ci­at­ifs, des lead­ers poli­tiques, des intel­lectuels, de toutes con­fes­sions appel­lent à ne pas tomber dans le pre­mier piège ten­du par le ter­ror­isme : la divi­sion. » (liberation.fr)

Décem­bre 2017 : Il est en pre­mière ligne pour soutenir et dif­fuser la péti­tion lancée par Jean-Luc Mélen­chon pour instituer un Con­seil de Déon­tolo­gie du Jour­nal­isme sur le mod­èle belge.

Jan­vi­er 2019 : Il est sig­nataire d’une péti­tion deman­dant l’amnistie des Gilets jaunes con­damnés suite aux inter­pel­la­tions mas­sives qui avaient pour objet de bris­er ce mou­ve­ment perçu par l’Etat comme insur­rec­tion­iste.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné. Il affirme à Libé (24 sep­tem­bre 2015) que sa société de con­seil Vox Polit­i­ca est « notre prin­ci­pale source de revenus » pour lui et sa femme.

Publications

  • Nico­las Sarkozy, chronique d’un retour impos­si­ble ? First, 2013, 304 p.
  • Petit guide du men­songe en poli­tique, First, 2014, 157 p.
  • Les jeunes de ban­lieue man­gent-ils les enfants ?, Le Bord de l’Eau, 2015, 214 p., (pré­face d’Em­manuel Todd). Un arti­cle des Inrocks, « Thomas Guénolé est-il vrai­ment un bon soci­o­logue des ban­lieues ? » revient sur les affir­ma­tions con­tenues dans l’ouvrage comme la nais­sance d’un « islam zom­bie en France » (baisse de la pra­tique religieuse) : « Cette affir­ma­tion fait cepen­dant tiquer quelques per­son­nes (…) qui font part d’un con­stat inverse : un islam iden­ti­taire se dévelop­perait, davan­tage qu’un islam spir­ituel, en réac­tion aux clichés. S’il cite un sondage Ifop con­cer­nant la péri­ode 1989–2011, Thomas Guénolé fait abstrac­tion d’études récentes qui con­sta­tent un retour du religieux chez les jeunes musul­mans. Ce n’est pas le seul remous que provoque l’ouvrage de Thomas Guénolé, dans une salle com­posée grosso modo à 50% de jeunes venus de ban­lieue (selon un sondage à bras levé effec­tué en début de con­férence). Pourquoi a‑t-il fait pré­fac­er son livre par Emmanuel Todd, et pas par un ban­lieusard ? Ses sources suff­isent-elles à tir­er des con­clu­sions aus­si tranchées ? Où a‑t-il enquêté pré­cisé­ment ? Pourquoi ne par­le-t-on jamais des ban­lieues de province, où la sit­u­a­tion peut être dif­férente ? Etc. »
  • La mon­di­al­i­sa­tion mal­heureuse, First, 15 sep­tem­bre 2016, 336 p., pré­face de Bertrand Badie.
  • Islam­opsy­chose, Paris, Fayard, 2017, 288 p.
  • Anti­so­cial : la guerre sociale est déclarée, Paris, Plon, 2018, 288 p.
  • La chute de la mai­son Mélen­chon, Paris, Albin Michel, 2019, 256p. Un arti­cle du Point révèle que les avo­cats de la France Insoumise ont envoyé une mise en demeure quelques semaines précé­dant la pub­li­ca­tion du réquisi­toire aux édi­tions Albin Michel, les enjoignant à leur faire par­venir un exem­plaire afin d’« en con­trôler le con­tenu et s’assurer de l’absence de pro­pos illicites. »

Collaborations

Octobre 2018

Invité avec Thomas Porcher, mais en Sor­bonne cette fois, pour devis­er sur la fin immi­nente du cap­i­tal­isme : « Cap­i­tal­isme, la fin de l’Histoire ? ».

Juin 2018

Invité à l’École Nor­male Supérieure pour débat­tre de « La pen­sée économique en économie » avec Aude Lancelin et Thomas Porcher.

Janvier 2016

Invité par la Chaire Tran­si­tions Démo­graphiques Tran­si­tions Economiques à débat­tre sur le thème de « Quelle poli­tique de jeunesse ? » (new.tdte.fr)

Décembre 2015

Mem­bre du jury du « procès du Maréchal Pétain » organ­isé par la Fédéra­tion française de débat et d’élo­quence. (facebook.com/thomasguenole2014)

Octobre 2015

Invité à débat­tre sur le thème « Quelles con­ver­gences des luttes des organ­i­sa­tions européennes antiracistes « unies pour l’égalité ? » lors des uni­ver­sités européennes con­tre le racisme et les dis­crim­i­na­tions organ­isées par Unit­ed For Equal­i­ty (voir liste des parte­naires ici)

Octobre 2015

Invité au col­loque « Audio­vi­suel : com­ment mieux représen­ter la diver­sité de notre société ? » organ­isé par le Con­seil supérieur de l’audiovisuel (CSA) au débat « La lutte con­tre les stéréo­types et les amal­games. »

Octobre 2015

Inter­venant à la con­ven­tion thé­ma­tique sur la lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions organ­isée par la Fédéra­tion Léo Lagrange.

Janvier 2015

Invité par le par­ti Nou­velle Donne lors de leur assem­blée générale à par­ler de stratégie élec­torale.

Il l’a dit

Défendre l’Islam, combattre « l’islamo-psychose »

« En défini­tive, face à une islamo-psy­chose française qui ne peut con­duire qu’à aggraver la per­sé­cu­tion sociale des Français de con­fes­sion musul­mane, seul le poing du réel peut lézarder puis abat­tre le mur du fan­tasme psy­cho­tique », « Islam, voile, ter­ror­isme : la France est en pleine “islamo-psy­chose”. Ces­sons de fan­tas­mer », leplus.nouvelobs.com, 28/09/2015

« Con­stru­isons des mosquées 100% Made in France », « Guénolé, du con­cret », RMC, 12/05/2015

« Bien évidem­ment, si d’aventure les ter­ror­istes [du 13 novem­bre 2015] se revendiquent de l’islam, alors nous aurons le con­cert habituel de som­ma­tions envers les musul­mans en général, les imams en par­ti­c­uli­er, pour qu’ils se désol­i­darisent des atten­tats. C’est aus­si crétin et insul­tant que d’exiger d’un chré­tien améri­cain qu’il se désol­i­darise des atten­tats du Ku-Klux-Klan, qui se revendi­quait du chris­tian­isme, mais peu importe », « Après les atten­tats, le cirque poli­tique va être de sor­tie », slate.fr, 14/11/2015

« Tous ceux qui généralisent le prob­lème des inté­gristes à un prob­lème avec les Français de con­fes­sion musul­mane sont des exé­cu­tants fidèles de la stratégie de Daesh. Il faudrait qu’ils en soient con­scients », « Les Jeunes de ban­lieue s’apprêtent-ils à en pren­dre plein la gueule ? Un entre­tien avec Thomas Guénolé », vice.com, 18/11/2015

« Le point de départ, ce sont les man­i­fes­ta­tions autour du con­flit israé­lo-pales­tinien durant l’été 2004, avec, à la marge, des prob­lèmes de casseurs. Cela avait don­né lieu ici et là à un déluge de mes­sages de haine et de peur, dans cer­tains médias, envers les “jeunes-de-ban­lieue” et “l’is­lam-des-ban­lieues”. Ce déluge m’a don­né la nausée », ibid.

« C’est qu’il y a bel et bien un apartheid en France : c’est-à-dire, au sens strict, un sys­tème cohérent et struc­turé de ségré­ga­tion économique, sociale et cul­turelle. L’a­partheid saute aux yeux, en par­ti­c­uli­er dans le sys­tème édu­catif. Et pour le dire plus crû­ment, tout Noir, tout Arabe, sait par­faite­ment, pour l’avoir vécu, que la France pra­tique l’a­partheid : sournois et non assumé certes, mais bien réel », ibid.

« À cet égard, je pense sincère­ment que les intel­lectuels focal­isés sur le sup­posé com­mu­nau­tarisme mas­sif des pop­u­la­tions d’o­rig­ine arabe ou sub­sa­hari­enne se trompent de cible. Oui, il y a un prob­lème de séparatisme : mais c’est celui des class­es moyennes âgées de cul­ture catholique déchris­tian­isée, qui organ­isent une société ver­rouil­lée, bouchée, où seuls eux et leur progéni­ture ont des chances raisonnables d’é­panouisse­ment socio-économique », ibid.

« J’appelle islam­opsy­chose la représen­ta­tion col­lec­tive délirante, c’est-à-dire décon­nec­tée de la réal­ité, que la société française se fait de sa minorité musul­mane et de l’islam français. Ceux qui ont bas­culé dans cette islam­opsy­chose esti­ment que les Français de con­fes­sion musul­mane ne peu­vent ou ne veu­lent pas s’intégrer et que, par­mi eux, le com­mu­nau­tarisme est en train de devenir dom­i­nant. Or, selon des enquêtes sci­en­tifiques très récentes citées dans mon livre, les trois-quarts des Français de con­fes­sion musul­mane sont en réal­ité déjà totale­ment assim­ilés ou totale­ment inté­grés. », mediapart.fr, 12/04/2017.

Le soir des attaques djihadistes à Paris qui ont fait plus de 130 morts

Au secours des jeunes de banlieue (« balianophobie »)

« Le grand argu­ment des racistes, Eric Zem­mour en tête. (…) L’urgence absolue dans nos ban­lieues, c’est d’abolir les con­trôles au faciès pra­tiqués par la police », « Guénolé, du con­cret », RMC, 26/10/2015

« Dans la dia­boli­sa­tion des jeunes de ban­lieue, il y a aus­si la peur du jeune. Le jeune de ban­lieue, c’est un jeune sauvage, physique­ment puis­sant, qui va vol­er vos biens et vio­l­er votre femme. C’est le point de vue d’une per­son­ne vieil­lis­sante de classe aisée de cul­ture catholique dans ses peurs les plus banales. Ce jeune est par ailleurs arabe et musul­man pour con­cen­tr­er toutes les peurs en une seule. C’est une peur de syn­thèse. Et ce n’est pas réal­iste, car la moitié des jeunes de ban­lieue ne sont ni arabes ni musul­mans… », « Thomas Guénolé : “Zem­mour est un Finkielkraut du pau­vre” », lepoint.fr, 14/10/2015

« Pour déploy­er leur mes­sage de clichés et de haine envers les jeunes de ban­lieue, les dis­coureurs balianophobes dis­posent d’une recette de cui­sine effi­cace et bien rodée. », « “Le jeune de ban­lieue”, cet être “aus­si réal­iste qu’une licorne”», slate.fr, 22/09/2015

«des édi­to­ri­al­istes et autres pro­duc­teurs du dis­cours balianophobe ; — les grands médias et le ciné­ma spé­cial­isé, qui véhicu­lent sur les jeunes de ban­lieue des représen­ta­tions balianophobes ; — le pub­lic français, dont l’écrasante majorité a sur ces jeunes des opin­ions balianophobes », ibid.

« Tou­jours est-il qu’en plus d’être banale­ment réac­tion­naire, le chapelet habituel d’ac­cu­sa­tions anti-rap est faux. Le rap français n’est pas, pour repren­dre les pro­pos du bien­tôt sex­agé­naire Eric Zem­mour, une “sous-cul­ture”. Le par­ler des ban­lieues n’est pas, pour citer le sex­agé­naire Alain Finkilekraut, un “sabir sim­pliste, hargneux, pathé­tique­ment hos­tile à la beauté et à la nuance”. Venu de nos ban­lieues pau­vres, le rap français n’est pas non plus un courant musi­cal fon­cière­ment obsédé par l’ar­gent et les filles faciles, dans une éruc­ta­tion per­ma­nente de sauvagerie matéri­al­iste. Que ce soit pour la beauté des textes ou la pro­fondeur des thèmes abor­dés, nul besoin de chercher longtemps : il suf­fit d’être disponible pour écouter. », Huff­post, 05/01/2016.

« Les crim­inels, les délin­quants et les ban­des glan­dants dehors con­stituent moins de 2% des vrais jeunes de ban­lieue. Il y’a 98% des vrais qui sont pas con­cernés. », TedXReims, 18 avril 2016.

Censurer les médias au service de l’antiracisme

« En plus d’être banale­ment réac­tion­naire, le chapelet habituel d’ac­cu­sa­tions anti-rap est faux. Le rap français n’est pas, pour repren­dre les pro­pos du bien­tôt sex­agé­naire Eric Zem­mour, une “sous-cul­ture”. Le par­ler des ban­lieues n’est pas, pour citer le sex­agé­naire Alain Finkilekraut, un “sabir sim­pliste, hargneux, pathé­tique­ment hos­tile à la beauté et à la nuance”. Venu de nos ban­lieues pau­vres, le rap français n’est pas non plus un courant musi­cal fon­cière­ment obsédé par l’ar­gent et les filles faciles, dans une éruc­ta­tion per­ma­nente de sauvagerie matéri­al­iste. », Le Huff­in­g­ton Post, 5 jan­vi­er 2016.

« Les grands médias devraient assumer de boy­cotter d’office tout auteur de pro­pos incon­testable­ment racistes », « Oui, les Français sont racistes : alors par­lons-en », leplus.nouvelobs.com, 16 avril 2015.

« Un boy­cott médi­a­tique général­isé à son égard serait jus­ti­fié. Il va de soi que le rétab­lisse­ment de cette cen­sure antiraciste ferait hurler plusieurs méga­phones du racisme con­tem­po­rain (…) Cela sup­pose donc que les grands médias assu­ment ceci : oui, la lib­erté d’expression s’arrête là où com­mence la parole raciste », idem.

« Il est vis­i­ble­ment urgent de met­tre à la télévi­sion davan­tage de présen­ta­teurs qui ne soient pas des hommes blancs », idem.

« Oui, il faut rou­vrir ce débat [iden­tité nationale], mais cette fois en lais­sant la société civile – intel­lectuels, asso­ci­a­tions, ONG, etc. – s’en empar­er elle-même, avec les médias, comme l’étymologie de leur nom l’indique, comme inter­mé­di­aires de ce débat », « Rap­port sur l’in­té­gra­tion remis à Ayrault : mais que sig­ni­fie “être inté­gré” en France ? », leplus.nouvelobs.com, 17/12/2013.

« La con­séquence logique de l’effet de sim­ple expo­si­tion est la suiv­ante : effec­tive­ment, parce qu’ils l’ont mas­sive­ment sur­ex­posé pen­dant plusieurs années, les médias ont une part de respon­s­abil­ité directe dans la prop­a­ga­tion, la banal­i­sa­tion et le suc­cès des thès­es d’Eric Zem­mour (…) les médias ont une part de respon­s­abil­ité dans les suc­cès élec­toraux crois­sants de ce par­ti [FN] », « Suc­cès de Zem­mour et mon­tée du FN: Ruquier a rai­son, les médias sont co-respon­s­ables », slate.fr, 01/04/2015.

« Cela fait des années qu’Alain Finkielkraut répand la haine en France. Con­tre les jeunes de ban­lieue, con­tre les musul­mans. Con­tre l’Education nationale. Etc. L’insulter, comme insul­ter quiconque, est con­damnable. Mais le plain­dre, cer­taine­ment pas. », Twit­ter, 16/02/2019.

Les Français sont racistes

« Roms, Arabes, Juifs, homo­sex­uels : pourquoi les Français sont racistes (…) com­pren­dre pourquoi les Français sont racistes ; com­pren­dre pourquoi ce racisme s’exacerbe au point d’être relayé et banal­isé par la classe poli­tique », « Roms, Arabes, Juifs, homo­sex­uels : pourquoi les Français sont racistes », leplus.nouvelobs.com, 08/10/2012

« Oui, les Français sont lour­de­ment racistes. Ce n’est pas une opin­ion : c’est un con­stat sci­en­tifique », « Oui, les Français sont racistes : alors par­lons-en », leplus.nouvelobs.com, 16/04/2015

« Les Français sont beau­coup plus racistes que les Alle­mands à cause de leur manque d’éducation antiraciste », « Guénolé, du con­cret », RMC, 02/09/2015

« Je pense que ce qui a changé, c’est qu’il y a une par­tie de l’antiracisme, et cela me fait beau­coup de peine de dire cela, qui est dev­enue raciste. Je par­le de vous Madame Bouteld­ja », Ce soir ou jamais, France 2, 18 mars 2016.

Déchristianiser la France

« Il faut déchris­tianis­er les jours fériés », RMC, 06/04/2015

« Non, déchris­tianis­er les jours fériés n’est pas un “délire” », slate.fr, 07/07/2015

« Vous m’accorderez néan­moins que la con­tra­dic­tion totale entre le principe de laïc­ité et ces six jours fériés chré­tiens saute aux yeux comme un éléphant dans une salle de bains », ibid.

« Nous pou­vons aus­si les rem­plac­er [les jours fériés chré­tiens] par des jours fériés répub­li­cains. Cela per­me­t­trait de rem­plac­er des fêtes privées de sens pour l’écrasante majorité de la pop­u­la­tion (qui célèbre en France la descente du Saint Esprit sur les apôtres, hormis les chré­tiens pra­ti­quants?), par des fêtes qui auraient un sens pour toute la com­mu­nauté nationale. Nous rem­plac­e­ri­ons par exem­ple l’Assomption, le 15 août, par l’Abolition des priv­ilèges, le 4 août. Autre exem­ple: nous rem­plac­e­ri­ons le Lun­di de Pâques par l’Obtention du droit de vote des femmes, le 21 avril », ibid.

« Bref, con­naître l’Histoire offi­cielle, c’est avoir un men­songe com­mun en partage : par exem­ple, le mythe de Jeanne d’Arc, sous sa forme con­tem­po­raine de Vierge guer­rière de la Nation française, est une fic­tion de fab­ri­ca­tion très récente », « Rap­port sur l’in­té­gra­tion remis à Ayrault : mais que sig­ni­fie “être inté­gré” en France ? », leplus.nouvelobs.com, 17/12/2013

La France de Thomas Guénolé (slate.fr)

- « se préoc­cupe de son tronc laïc et de ses fruits répub­li­cains. »

- « méri­to­cra­tique : elle veut la réus­site de cha­cun stricte­ment selon son tal­ent; elle veut l’intégration de tous, dans l’exigence que tous adhèrent aux valeurs répub­li­caines »

- « a un prob­lème avec tous les inté­grismes, quels qu’ils soient, mais elle n’a aucun prob­lème avec de sim­ples croy­ants, quels qu’ils soient. »

- « ne voit pas de lien entre les préférences sex­uelles et l’aptitude à élever un enfant; elle ne voit pas pourquoi un cou­ple d’adultes ne pour­rait pas se mari­er. »

- « fémin­iste: elle veut l’égalité poli­tique, économique et sociale entre hommes et femmes, ce qui sup­pose le droit pour chaque femme de décider pour son pro­pre corps. »

La lutte contre le Front National

« Quand il s’ag­it de com­bat­tre le FN, c’est tou­jours avec plaisir ! » (facebook.com/thomasguenole2014)

« C’est en par­ti­c­uli­er sur l’im­mi­gra­tion que le FN argu­mente en présen­tant des chiffres faux, des con­stats que les chiffres avérés con­tre­dis­ent, ou des chiffres objec­tive­ment manip­ulés », « 7 tech­niques de men­songe du FN », Huff­in­g­ton Post, 31/05/2014

« Met­tons-nous d’ac­cord. Ceux qui votent FN ne sont pas des pétain­istes. En revanche, le par­ti pour lequel ils votent, lui, il l’est. Le leur expli­quer, ce n’est pas les insul­ter. Le FN n’est ni un par­ti nor­mal, ni un par­ti répub­li­cain. Pour être pré­cis, il s’agit d’un par­ti pétain­iste », « Les électeurs qui votent FN votent pétain­iste », slate.fr, 08/06/2014

« il y a deux FN, l’un est répub­li­cain et l’autre ne l’est pas. Le FN philip­piste est sou­verain­iste, pro­tec­tion­niste et se situe dans le champ répub­li­cain. Le FN lep­éniste est anti­sémite, raciste, homo­phobe et, pour ces motifs, il n’est pas répub­li­cain », « Oui, il y a bien deux FN: l’un est répub­li­cain, l’autre pas », slate.fr, 18/02/2015

« Mar­i­on Maréchal Le Pen est comme son grand-père, mais sans l’an­tisémitisme. Elle est islam­o­phobe, xéno­phobe et homo­phobe », « Zo mooi, zo blond en zo extreem­rechts: dit is rijzende ster Front Nation­al », hln.be, 12/12/2015

Racisme anti-Blanc

« Le racisme anti-blanc à l’embauche, ça n’existe pas. Le racisme anti-blanc dans l’accès aux loge­ments, ça n’existe pas. Le racisme anti-blanc pour l’accès à un prêt ban­caire, ça n’existe pas. Il peut exis­ter des insultes dans la rue, de dire “Sale Blanc”, “Sale Gaulois”, mais pren­dre ça pour ne pas regarder en face la grav­ité de l’apartheid con­tre les Noirs et les Arabes c’est du niveau : écoutez le mec s’est fait tabassé mais à côté il y a un mec qui s’est fait vol­er son goûter, donc match nul. Il y a une impos­ture de met­tre sur le même plan. Les deux phénomènes exis­tent mais les pro­por­tions sont de 1 à 100, ce n’est pas du tout la même chose », « Voulons-nous vrai­ment la mix­ité sociale ? » dans l’émission Ce soir ou jamais, France 2, 30/10/2015

Gramsciste : Livrer la bataille des idées contre les réactionnaires

« Voir des idéo­logues réac­tion­naires à la une de mag­a­zines de référence, être harcelé sur les réseaux soci­aux par la fachos­phère, se faire insul­ter sur leurs sites inter­net, recevoir plus rarement des men­aces de mort : tout cela pour­rait être pesant à vivre, c’est vrai. Mais j’ai déjà accep­té de leur livr­er la bataille des idées », « Thomas Guénolé “Rem­plac­er la nausée par la com­bat­iv­ité”, liberation.fr, 16/10/2015

« Il faut donc accepter d’aller débat­tre. C’est l’équivalent d’une ten­ta­tive de per­cée sur un champ de bataille. En revanche, cela sup­pose d’être capa­ble de tenir sa posi­tion. Sur ce plan, le plus pénible n’est pas le feu roulant réac­tion­naire. Le plus pénible, c’est de con­stater tous les jours à quel point les adver­saires des réac­tion­naires renâ­clent à se soutenir les uns les autres, se cri­tiquent mutuelle­ment, au lieu de tir­er dans le même sens. Les réac­tion­naires ont davan­tage le sens de l’entraide », ibid.

« Ma stratégie ? Jamais de pos­ture d’interdit moral et jamais de langue de bois Bisounours du type “vivre-ensem­ble”. J’argumente, en lais­sant les gens juger par eux-mêmes. Je décon­stru­is la rhé­torique réac­tion­naire à chaque fois que j’en ai l’occasion. Comme elle est intel­lectuelle­ment mal­hon­nête, elle a du mal à tenir debout quand ses mécan­ismes sont exposés au pub­lic », ibid.

« Quand l’actualité le per­met, je leur [aux réac­tion­naires] porte la con­tra­dic­tion sur leurs thèmes cen­traux : racisme, islam, immi­gra­tion, notam­ment », ibid.

« A par­tir du moment où on ne mène pas la bataille des idées de manière organ­isée, en faisant masse, en faisant corps (…) tant que ce tra­vail-là n’est pas fait, le com­bat dans les tranchées va se faire en sen­tant bien qu’autour il y a quelque chose de per­du », « Con­ven­tion thé­ma­tique sur la lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions », leolagrange.org, 08/10/2015.

« Si François Fil­lon gagne au sec­ond tour, ce qui est haute­ment prob­a­ble, cela peut remo­bilis­er la gauche. Son pro­gramme catho-thatch­ériste est un véri­ta­ble repous­soir. », LCI, 21 novem­bre 2016.

Primaire de droite : il la prévoyait écrasée par le duel Juppé – Sarko (raté!)

« Le duel Jup­pé-Sarkozy, qui écrase tout le reste, peut enfin com­mencer », Thomas Guénolé le résume par « la bataille des qua­tre i: islam, insécu­rité, immi­gra­tion, iden­tité. Nico­las Sarkozy utilise ces qua­tre mar­queurs pour dra­guer l’aile droite de son par­ti et les transfuges par­tis au FN. Alain Jup­pé vise, lui, l’aile gauche du par­ti et le cen­tre. Son mes­sage? Nous ne copierons le FN sur aucun des qua­tre i », La Tri­bune de Genève 09/9/2016

Et si Fillon émergeait, ce serait par ses propositions économiques (caramba, encore raté!)

« Sur le volet économie, tous pro­posent la même chose. [Fil­lon] est le seul à sor­tir du lot avec un pro­gramme de rup­ture, un thatch­érisme à la française. » Et il a été finale­ment propul­sé par son posi­tion­nement catholique et provin­cial, con­tre l’estab­lish­ment représen­té par Sarkozy et Jup­pé, plus que par son pro­gramme économique… que per­son­ne n’a lu.

Les électeurs de droite voteront selon la bonne volonté des sondages (plouf!)

« Il ne faut pas oubli­er la vari­able fon­da­men­tale de la stratégie des électeurs. Ils veu­lent telle­ment que la droite gagne, qu’ils vont priv­ilégi­er le can­di­dat de droite qui a le plus de chances, selon les sondages, d’emporter la prési­den­tielle ». Résul­tat : en choi­sis­sant Fil­lon, les électeurs ont totale­ment ignoré les sondages qui lui don­naient 20 points de retard sur Jup­pé et Sarkozy.

Hollande le sage, Valls l’imposteur

« En tant qu’éditorialiste, j’ai été très cri­tique sur son action de prési­dent, mais je tiens à saluer la sagesse de sa déci­sion. Il est raris­sime qu’un homme poli­tique sache quand s’arrête », France 24, 01/12/2016, au sujet de la déci­sion de Hol­lande de ne pas se représen­ter.

« Pour quelqu’un qui dit avoir le sens de l’État, son com­porte­ment a été d’une inélé­gance rare. Il a quand même déployé un plan de com­mu­ni­ca­tion sur plusieurs semaines pour expli­quer que François Hol­lande ne devait pas y aller, avec en point d’orgue son inter­view dans le Jour­nal du Dimanche. Hors micro, lors de leurs réu­nions de tra­vail, je con­viens que c’est quelque chose qu’il pou­vait faire car c’était la bonne analyse, mais la répan­dre publique­ment, c’est médiocre et cela mon­tre que lorsque Manuel Valls pré­tend avoir le sens de l’État, c’est une impos­ture »

Sa nébuleuse

Ekaterina Ryzhakova (elle a plusieurs surnoms : Katerina Ryzhakova ou Katerina Ryzhakova Proshin)

Née le 20 mars 1984 à Nijni Nov­gorod en Russie, de nation­al­ité russe, Thomas Guénolé l’aurait « draguée » à un dîn­er en présence de son pre­mier mari, avant de con­v­ol­er en sec­onde noce à Venise. Asso­ciée à Thomas Guénolé en tant que direc­trice de Vox Polit­i­ca, elle lui aurait imposé selon le jour­nal­iste une « trans­for­ma­tion rad­i­cale » : « il se tond les cheveux pour mas­quer sa calvi­tie pré­coce, choisit des lunettes plus mod­ernes pour struc­tur­er son ovale, passe aux chemis­es Oxford » (Libéra­tion). Selon son CV, elle se présente comme con­sul­tante en com­mu­ni­ca­tion, ayant été chef de pro­jet lors des élec­tions lég­isla­tives 2008 en Russie auprès du député Alex­ey Likhachev (actuelle­ment vice-min­istre du Développe­ment économique du gou­verne­ment de Dmitri Medvedev) et chargée des rela­tions publiques et insti­tu­tion­nelles.

Posi­tion­nement idéologique : Côté pile, Eka­te­ri­na Ryzhako­va prend dans ses écrits publics (essen­tielle­ment sur la Russie) des posi­tion­nements plutôt nuancés (« Quelle bataille les Pussy Riot ont-elles gag­née ? » ; « Vladimir Pou­tine, prési­dent par défaut ? » ; « Ukraine: halte au manichéisme ! »)

Côté face, est-ce la même Kate­ri­na Ryzhako­va qui explique que « lorsqu’il s’agit de com­bat­tre le Front Nation­al c’est avec plaisir », qui se cache der­rière le compte Face­book de Katyusha Guénolé Ryzhako­va ?

Ekaterina Ryzhakova

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Est-ce la femme de Thomas Guénolé qui attaque odieuse­ment le Front Nation­al en dif­fu­sant un pho­tomon­tage faisant le par­al­lèle entre Adolf Hitler et Marine Le Pen ?

Est-ce la même per­son­ne qui adhère au groupe Anti-Facho et qui y relaie sys­té­ma­tique­ment les arti­cles de Thomas Guénolé ? Et qui lance un groupe (aujourd’hui fer­mé) pour « ceux qui sont con­va­in­cus que le FN est un par­ti d’extrême droite » ?

Vox Politica

Cab­i­net de con­seil en com­mu­ni­ca­tion dont Thomas Guénolé est le prési­dent et Eka­te­ri­na Ryzhako­va la dirigeante, avec « d’un côté un expert en stratégie et en pro­duc­tion de mes­sages per­cu­tants » et « de l’autre une pro­fes­sion­nelle de la com­mu­ni­ca­tion mul­ti­canale inté­grée et des rela­tions publiques. » S’adressant aus­si bien aux groupes poli­tiques qu’aux entre­pris­es, il est étrange que per­son­ne n’ait jamais soulevé les pos­si­bles con­flits d’intérêts entre le tra­vail de jour­nal­iste et celui du pub­lic­i­taire, celui-ci étant rétribué par des clients souhai­tant un retour sur investisse­ment dans les médias.

Ils l’ont dit

«[Il] échappe à la grande sépa­ra­tion, à la dou­ble irre­spon­s­abil­ité. Il est, comme les jour­nal­istes, dans le présent et ses crises, mais il est aus­si dans une per­cep­tion soci­ologique et sta­tis­tique des phénomènes et de leur déter­mi­na­tion », Emmanuel Todd dans la pré­face de Les jeunes de ban­lieue man­gent-ils les enfants ? (2015)

« Les Jeunes de ban­lieue s’apprêtent-ils à en pren­dre plein la gueule ? Un entre­tien avec Thomas Guénolé », vice.com, 18/11/2015

« Poli­to­logue de for­ma­tion “mais pas chercheur”, chroniqueur, spin doc­tor et auteur de pro­fes­sion, mais aus­si tri­buni­cien et péti­tion­naire par pas­sion, Thomas Guénolé se définit comme un “four­nisseur de con­tenus” ayant bien inté­gré les codes numériques et médi­a­tiques », « Thomas Guénolé, poli­to­logue pressé », Libéra­tion, 24/09/2015

Libéra­tion le place dans la « nou­velle généra­tion » des « intel­lectuels de gauche » français prêts à « affron­ter » les « polémistes ultra-médi­atisés », in « Libéra­tion (n°10703), « Face aux réacs ils résis­tent », same­di 17 et dimanche 18 octo­bre 2015.

« Sur le plan poli­tique, Thomas Guénolé, qui s’affirme “pas de droite, pas de gauche, et anti-FN”, con­cède un coup de cœur pour Jean-Louis Bor­loo quand Matignon était promis à ce dernier, sous Sarkozy », « Thomas Guénolé, poli­to­logue pressé », Libéra­tion, 24/09/2015

« Quand il ne bataille pas pour la déchris­tian­i­sa­tion des jours fériés ou con­tre la loi ren­seigne­ment, le poli­to­logue Thomas Guénolé écrit », « Les Jeunes de ban­lieue s’apprêtent-ils à en pren­dre plein la gueule ? Un entre­tien avec Thomas Guénolé », vice.com, 18/11/2015

« L’a­partheid saute aux yeux, en par­ti­c­uli­er dans le sys­tème édu­catif. Et pour le dire plus crû­ment, tout Noir, tout Arabe, sait par­faite­ment, pour l’avoir vécu, que la France pra­tique l’a­partheid : sournois et non assumé certes, mais bien réel », ibid.

« L’homme est présent partout et sur tous les médias. Il sévit sur toutes les chaînes de télévi­sion et de radio. Son exper­tise est réclamée par tous et il a un avis sur tout. Cet homme est par déf­i­ni­tion, la sci­ence infuse. Il suf­fit de lui don­ner le micro et il débor­de ! Il sait de fait, et s’autorise à dire son fait à tous. Nul n’est en droit de le con­tredire et d’ailleurs, per­son­ne ne le fait véri­ta­ble­ment. Je suis con­va­in­cu que si on lui posait la ques­tion de la vie sur Mars ou sur toute autre planète, il serait capa­ble de vous sor­tir docte­ment un papi­er énumérant ses cer­ti­tudes et ses con­vic­tions poli­tiques sur le sable rouge », Gérard Bra­zon, 3 novem­bre 2015.

« En tant qu’homme de la gauche, il a le droit de se tromper et surtout de ne pas s’excuser auprès de ceux qu’il a démoli dans un arti­cle ou insulté. Qu’il en prof­ite car à mon sens, cela ne va prob­a­ble­ment pas dur­er. Ce matin sur RMC, dans l’émission du bobo Bour­din, celui qui donne la parole aux petits et aux « sans grade » pour peu qu’ils ne la ramè­nent pas trop, qu’ils soient dans la bien pen­sance, qu’ils n’aient pas l’envie de dire ce qu’ils pensent de l’immigration, de l’islam, de la Russie, de la Syrie, d’Israël, de la Cisjor­danie, des arabes, des musul­mans, des juifs, des chré­tiens d’ici et d’ailleurs. Bref, qu’ils n’aillent pas plus loin que l’entretien des routes et autoroutes, du diesel, de pen­sée asep­tisée et du chat de la voi­sine. », ibid.

« Thomas Guénolé est un petit flic de la pen­sée antiraciste de gauche, qui, comme tous les petits flics comme lui, rap­pel­lent à l’ordre les “déviants” à l’ordre moral antiraciste de gauche. Ain­si, il vient de faire un rap­pel à l’ordre à Houria Bouteld­ja », Enquête et débats, 22/3/2016

« M. Guénolé offi­cie sur France Inter, radio gauchiste par excel­lence, il enseigne la sci­ence poli­tique à Sci­ences Po Paris, tête de pont de l’oligarchie marx­iste française, et il pub­lie des livres pour dédouan­er les immi­grés de ban­lieue de toute faute. Invité per­ma­nent des médias de gauche, dif­fi­cile de croire qu’il n’est pas de gauche, con­traire­ment à ce qu’il pré­tend. », ibid.

« M. Guénolé, il n’y a pas une par­tie de l’antiracisme qui est dev­enue raciste, il y a l’antiracisme de gauche qui est raciste par déf­i­ni­tion, car il hiérar­chise les races (blanc en bas, “minorités” en haut), il n’a pas fait d’aggiornamento sur le racisme his­torique de la gauche jusqu’à Mit­ter­rand, il est lib­er­ti­cide (le terme islam­o­phobe étant un de ses derniers avatars, en atten­dant l’essor de trans­pho­be et véganophobe) et il traite les racistes (réels ou sup­posés) comme des sous-hommes, ne méri­tant aucune pré­somp­tion d’innocence, ni aucun débat (le racisme est un délit, pas une opin­ion, pas vrai), à l’instar de la manière dont les nazis traitaient les juifs. Sim­ple­ment, la peine de mort sociale a rem­placé la peine de mort physique, à gauche c’est ce qu’on appelle le pro­grès. Ras­surez-vous donc M. Guénolé, nous ne vous traiterons pas comme un sous-homme, et nous n’appellerons pas à vous met­tre dans un camp ou un goulag, ni à vous faire vir­er de tous les médias qui vous rémunèrent grasse­ment et vous assurent une pub­lic­ité gra­tu­ite, sur argent pub­lic le plus sou­vent. Par con­tre, per­me­t­tez-nous de dire que vous êtes au moins aus­si raciste que Mme Bouteld­ja, par votre appar­te­nance et votre cau­tion­nement du racisme de la gauche. », ibid.

« Le polémiste Thomas Guénolé tombait des nues sur le plateau de « Ce soir (ou jamais !) ». Con­fron­té à la marx­iste tiers-mondiste Houria Bouteld­ja, Thomas Guénolé décou­vrait que l’antiracisme insti­tu­tion­nel n’était, depuis l’origine, qu’un racisme anti-occi­den­tal mal déguisé. Mou­ve­ment issu des thès­es marx­istes cul­turelles, dévelop­pées notam­ment durant la péri­ode de la décoloni­sa­tion par le philosophe Pierre Bour­dieu, le Par­ti des indigènes de la République est un par­ti qui ne défend que les minorités eth­niques présentes sur le ter­ri­toire nation­al. », Gabriel Robin (RBM) sur Boule­vard Voltaire, 27 mars 2016.

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo RMC

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