Léa Salamé

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Dernière modification le 30/06/2016

Léa Salamé,
brillante amazone du journalisme

« Je ne suis absolument pas idéologue. On est dans une société qui se radicalise un peu plus ? Je revendique le gris, la nuance, la complexité. »

Journaliste franco-libanaise née en octobre 1979 à Beyrouth, Léa Salamé, de son vrai nom Hala Salamé (nom inscrit dans l’annuaire de Science Po, promotion 2002), est l’étoile montante de l’information depuis qu’elle a arbitré les débats entre Éric Zemmour et Nicolas Domenach sur i>Télé. Issue de la haute bourgeoisie affairiste libanaise, elle ne cache pas, malgré son image d’objectivité incarnée auprès des médias, une idéologie libérale-libertaire, cosmopolite et mondialiste.

Le 11 septembre 2001, elle est présente à New-York lors de l’attentat sur le World Trade Center et sera blessée par la conflagration. Forte de cette expérience, elle se spécialisera dans les questions internationales, en plus de bâtir une véritable story-telling personnel (parfois contradictoire) autour de cet événement.

Sa famille

Elle est la fille du politologue franco-libanais, directeur de recherches au Centre d’Études et de recherches internationales, professeur à Sciences Po, Ghassan Salamé, et de Mary Boghossian, une Arménienne née à Alep (Syrie) issue d’une très grosse famille de diamantaires avec des ramifications à Londres, Bruxelles et Rio de Janeiro.

Léa Salamé est donc la petite fille du joaillier Robert Boghossian. De religion catholique grecque (melkite), la famille Salamé a quitté le Liban pour la France en 1984 au début de la guerre civile. Arrivée à 5 ans en France, elle a été naturalisée en 1988, passant son enfance dans le XVIème arrondissement de Paris.

Dans un entretien, elle indique : « Je viens du Liban, 17 communautés réunies sur un territoire de la taille de deux départements français. Les tourments identitaires, je connais. Ces thèmes me touchent. Un jour, j’écrirai un livre sur le sujet. Je suis un mille-feuille d’identités. Je suis fière de mes origines : libanaise, arménienne, française. » Un métissage ethnico-culturel qui l’a complexé lorsqu’elle a débuté à la télévision se demandant « pourquoi [elle] ne faisait pas Française comme les autres, pourquoi [elle] n’avai[t] pas les yeux bleus […] et pourquoi [elle] n’étai[t] pas plus formatée pour la télé». « Qui est Léa Salamé ? » (TV Mag, 14/05/2016)

Né au Liban en 1951, Ghassan Salamé est titulaire d’un doctorat en lettres, d’un doctorat en sciences politiques et d’un DEA en droit. Sympathisant des idées d’extrême gauche au début des années 70, il fuit son pays natal en 1984, au moment du retrait de la force multinationale, devant « l’insécurité de Beyrouth-Ouest ». Puis il atterrit « à Paris, avec femme et enfants, après un détour par Washington » et devient, comme l’écrit La Croix du 21 octobre 2010, le « poisson pilote des élites émergentes »… et mondialisées. Sa carrière universitaire l’a conduit de l’université Saint-Joseph de Beyrouth (1978-1985) à l’Université Paris I (1985-87), puis au CNRS (1986-2004) et à Sciences-Po, où il est professeur des universités.

De 2000 à 2003, il a été ministre de la Culture du Liban et président du Comité d’organisation du Sommet arabe (mars 2002) et du Sommet de la francophonie (octobre 2002). Il a ensuite été nommé conseiller politique de la Mission de l’ONU à Bagdad (juin-octobre 2003) puis conseiller spécial du secrétaire général de l’ONU (2003-2006). Il est à présent membre du conseil d’administration de : The International Crisis Group (Bruxelles), The International Peace Institute (New York), Bibliotheca Alexandrina (Alexandrie), The Open society Institute (New York) et de plusieurs autres organisations non gouvernementales. Il préside l’Arab Fund for Arts and Culture (Amman) et le comité consultatif du Programme Alliance (qui regroupe l’université Columbia avec Sciences-Po, Polytechnique et Paris 1). Il est conseiller spécial de Kofi Annan, ancien secrétaire général des Nations unies.

Depuis septembre 2010, il dirige la Paris School of International Affairs de Sciences Po, « financée par la Fondation Mac Arthur à hauteur de 80 000 dollars, où les cours sont dispensés en anglais et où la quasi-totalité des étudiants sont étrangers, car le programme ambitionne de former les élites mondialisées des pays émergents », comme le note l’archiviste Emmanuel Ratier. Il publie régulièrement dans la Revue française de science politique, Foreign Policy, The Middle East Journal et Security Dialogue. Depuis 2001, Ghassan Salamé est un des rares étrangers à être membre du club Le Siècle.

Léa Salamé a une sœur, Louma, qui s’est mariée en juillet 2011 avec l’influent comte Raphaël de Montferrand (L’Orient du 18 juillet 2011), énarque du Quai d’Orsay et président de la Société des Cincinnati de France et de Platform, le regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain (Frac). Elle est actuellement chargée de communication à l’Agence France-Muséums Louvre Abou-Dabi. Ce cadre familial au cœur de l’hyperclasse mondiale n’empêchera pas Technikart d’écrire au sujet de Léa Salamé : « Immigrée, elle garde la rage de réussir » (juillet 2014). Plus réaliste, Le Monde Magazine du 30 août 2014 dira d’elle qu’elle a grandi dans « l’intelligentsia globalisée ».

Formation universitaire

Dès son plus jeune âge, elle a été inscrite dans les écoles de la capitale réservée à l’élite : Saint-Louis de Gonzague puis l’École Alsacienne. « Le jour de la rentrée, c’est le festival de Cannes, le lendemain c’est l’Assemblée générale des Nations unies », note Le Monde Magazine à propos de cette école.

En 2001, elle fait un an à New York University, collège en troisième année ou Master (semestre hors les murs). Elle rejoint ensuite Paris II-Assas puis Sciences Po « où elle côtoie, dans la même promo, l’écrivain Florian Zeller et l’élu socialiste, “français de relativement fraîche date”, Eduardo Rihan-Cypel. » (« Qui es-tu, Léa Salamé ? », Lesinrocks.com, 17 septembre 2013).

Parcours professionnel

C’est lors de son passage à New-York qu’elle vit les attentats du 11 septembre aux premières loges. « “J’ai erré en pyjama dans la rue, jusqu’à l’effondrement d’une tour. Là, j’ai cru qu’on nous tirait dessus.” Blessée par la conflagration, elle sera évacuée par les secours », confiera-t-elle dans la presse (Télé Star, Grazia, Europe 1, Pure People…). Cependant, elle fournit une version différente à Libération : « Il faisait un temps sublime. Je découvrais la ville en folie. Je planais, le bonheur absolu. J’ai cru que c’était un accident de camion. »

Quoi qu’il en soit, de cette expérience naîtra un goût pour les questions internationales. « Lorsque j’avais 20 ans, je voulais être le Thierry Ardisson de la période “Rive droite/rive gauche”. Après le 11 septembre à New York, je rêvais d’être Christiane Amanpour, journaliste et reporter vedette de CNN », explique-t-elle dans Le Monde du 18 mai 2014.

Grâce à de puissants appuis familiaux, et notamment ceux de son père, elle est lancée à la télévision par Jean-Pierre Elkabbach, qui lui confie, en 2004, le flash de LCP/Public Sénat. Elle présente ensuite avec lui « Paroles du Monde », toujours sur LCP/Public Sénat.

Elle intègre France 24 en 2007. Avec Antoine Cormery, elle présente « La Soirée », tranche d’information en direct de 21h à minuit ; puis de 20h à minuit à partir d’octobre 2010. Elle présente également « Une semaine aux Amériques », magazine consacré à l’actualité américaine ; puis l’émission « Paris Direct », la tranche d’information phare de la chaîne.

En décembre 2010, elle fait un essai sur France 3 pour être la nouvelle présentatrice du « Soir 3 ». La chaîne souhaitait promouvoir un présentateur « plutôt de sexe féminin » et « issu de la diversité ».

Contactée par un Pierre Fraidenraich admiratif, Léa Salamé rejoint finalement i>Télé. De janvier 2011 à mai 2012, elle y présente « Élysée 2012 », avec Michel Dumoret, chef du service politique. Depuis septembre 2011, elle assure la présentation du « 17-20 » avec Marc Fauvelle.

Depuis septembre 2012, elle dirige « On ne va pas mentir », un débat « avec le sourire et sans langue de bois ».

Dès la rentrée 2013, elle anime l’émission de débats « Ça se dispute », sur i>Télé, où elle arbitre chaque semaine les échanges entre Éric Zemmour et Nicolas Domenach. En juin 2014, Le Point révèle qu’elle prendra la place, à la rentrée de la même année, de Natacha Polony dans l’émission « On n’est pas couché », diffusé sur France 2 le samedi soir.

En août 2014, elle anime l’entrevue politique de 7h50 sur France Inter au sein de la matinale de Patrick Cohen.

En novembre 2015, elle interroge pour le magazine GQ le banquier Matthieu Pigasse. « Parce que Léa est virevoltante et sexy », c’est ainsi qu’aurait justifié le choix de Léa Salamé pour interviewer le président de la République, François Hollande, en avril 2016, le nouveau patron de l’info de la chaîne publique française, Michel Field.

Selon la Lettre A (n°1726, du 14 avril 2016), Léa Salamé a accompagné son directeur de la rédaction de France Inter, Jean-Marc Four, afin de rencontrer en décembre 2015 l’ambassadeur du Qatar à Paris, Meshal bin Hamad al-Thani. Cette entrevue a été organisée par la société Edile Consulting, choisie par ailleurs en 2016 par l’Arabie Saoudite afin de redorer sa mauvaise image en France, et dont Sihem Souid est la directrice générale. Le but de cet entretien est d’infléchir la mauvaise image du Qatar dans les médias, notamment sur des liens supposés entre cet émirat et le financement de l’État Islamique (Daech).

Prix et récompenses

« Femme de l’année 2014 » par le magazine GQ.

Convictions politiques

Les opinions politiques de Léa Salamé sont un secret de polichinelle, tant elles transparaissent dans ses prises de positions. Lorsqu’on l’interroge sur ce sujet, elle souhaite apparaître comme neutre : « je ne suis ni à droite, ni à gauche : je suis journaliste.» Pourtant, selon sa meilleure amie, Lisa Friedlander : « Moi, mon cœur penchait à gauche. Celui de Léa n’était pas de droite, non plus. Mais elle n’aime pas qu’on en parle. » (voir § Ils ont dit). Sans même s’apercevoir de son parti-pris idéologique libéral-libertaire, elle indique dans un entretien que « l’enjeu du XXIe siècle sera de trouver une nouvelle manière de vivre ensemble. On ne peut pas revenir en arrière comme le prônent les “déclinistes”. La France n’est pas une île. Nous vivons dans un univers mondialisé. Je regrette qu’il ne soit pas davantage régulé, mais nous n’allons pas fermer les frontières. » Et lors de son interview de Natacha Polony, plutôt classé à Droite, Léa Salamé a montré sa véritable idéologie : « au patriotisme souverainiste et donc exclusif » l’ancienne chroniqueuse de « On n’est pas couché », Léa Salamé « oppose un patriotisme cosmopolite. » Avant d’ajouter « le problème de l’intégration, c’est après, c’est au moment de chercher un travail ou un logement. (…) Il y a quatre fois plus de difficultés pour un Mohammed que pour un Charles ou David de trouver du travail. » Ne parler donc pas de souverainisme, de frontières ou de Nation, car si cette « idée de nation allait parfaitement au XIXème siècle», le XXIème siècle doit voir l’avènement des sociétés ouvertes et mondialisées. Des thèses que partage son compagnon Raphaël Glucksmann (voir portrait) et très proche des écrits du philosophe allemand du XIXème siècle, Johann Gottfried Herder.

En mai 2016, Léa Salamé a participé aux cinq ans du site d’informations, plutôt orienté à droite, Atlantico, présidé par Jean-Sébastien Ferjou, et ce en présence de Bernard-Henri Lévy, David Pujadas, de Jean-Pierre Chevènement ou du député Christophe Borgel.

Elle l’a dit

« A la fin, j’ai fini par me dire : “C’était quoi ton rêve à 15 ans?” Mon rêve, c’était d’être Anne Sinclair, et dans ce cas, comment passer à côté de l’émission politique phare d’une présidentielle? » « Léa Salamé, l’interview exclusive : “Laurent Ruquier savait que j’allais partir » lesinrocks.com, 07/06/2016.

« Que ce soit Emmanuel Macron ou Nuit debout, je pense que toute expérimentation politique nouvelle peut nous faire du bien. » lesinrocks.com, 07/06/2016.

« Je lui dois beaucoup » (à propos de Jean-Pierre Elkabbach), Les Inrockuptibles, 26 juin 2014

« J’ai des convictions mais, contrairement à Zemmour et à Polony, je ne suis pas une idéologue. Je suis pragmatique et je veille à ma neutralité politique. Ça ne m’empêche pas de penser que la France traverse une crise identitaire très forte et que les réponses qu’apportent Zemmour et Polony ne sont pas les bonnes, que ce pays est très dur à réformer, même si je suis très heureuse en France et très pro-européenne. » Ciné TéléObs, 27 septembre 2014

« Les gens sont pas des cons. Faut pas avoir peur d’être sérieux et de l’assumer. » TéléSphère TV – 12 novembre 2011

« J’ai fait péter le décolleté » (en off), i>Télé, août 2013

« Marine Le Pen se réfère souvent à des experts, à des spécialistes qu’on ne connaît pas mais qui défendent une France fermée, une France nostalgique, où l’on paierait sa baguette en francs. Elle a réponse à tout, elle rabroue souvent les journalistes, toujours ses opposants, cette femme est un bulldozer qui fait trembler la classe politique. » i>Télé, « Élysées 2012 » – 4 avril 2012

« La campagne présidentielle a bel et bien commencé en France et Claude Guéant en rajoute une petite couche sur les musulmans. » i>Télé, « Élysées 2012 » – 4 avril 2012

« Vous voulez tellement, vous, le juif, vous faire plus goy que le goy, c’est-à-dire plus français que français » On n’est pas couché, France 2, 4 octobre 2014

« L’émission est un vrai débat d’idées, ce n’est pas du buzz ! Zemmour et Domenach ne sont pas des imposteurs de la télé : l’un est un vrai idéologue, l’autre un humaniste militant. On y entend deux voix de la France d’aujourd’hui. » Le Monde, 16 mai 2014

« Lorsque j’avais 20 ans, je voulais être le Thierry Ardisson de la période “Rive droite/rive gauche”. Après le 11-septembre à New York, je rêvais d’être Christiane Amanpour, journaliste et reporter vedette de CNN. » Le Monde, 16 mai 2014

« Le 11 septembre 2001, à quelques rues des deux tours, une gamine de 21 ans est réveillée en sursaut par un bruit violent. La veille, Léa Salamé a fait la fête. Etudiante à Sciences-Po, elle vient d’arriver pour un stage de six mois, et profite : “Il faisait un temps sublime. Je découvrais la ville en folie. Je planais, le bonheur absolu. J’ai cru que c’était un accident de camion.” Elle enfile une jupe, des tongs, un tee-shirt “et pas de soutif”, pour aller chercher en bas de l’immeuble son pain aux raisins, quand une Noire frappe à la porte : “Go down ! Go down !” Elle prend un dollar et ses clefs, achète son pain aux raisins puis «regarde la tour cramer, sans comprendre». Sans portable, elle fait la queue devant une cabine pour appeler : “Et là, un énorme tsunami de poussière nous est tombé dessus. J’ai couru vers le Nord en pensant qu’on nous tirait dessus. Je voyais des oiseaux tomber : c’étaient des hommes, mais je ne le comprenais pas”. » « Léa Salamé, timbale libanaise », liberation.fr, 14 décembre 2014

« Le jour de l’élection d’Obama, j’étais là-bas pour France 24 et c’est moi qui ai dit en direct : “Le premier président noir américain est élu.”» Idem

« C’était mon obsession en négociant avec Ruquier. Je leur ai dit : “Je ne veux pas me situer politiquement, je ne jouerai pas la fille de droite.” Journaliste, je suis neutre. Je ne suis absolument pas idéologue. On est dans une société qui se radicalise un peu plus ? Je revendique le gris, la nuance, la complexité. » Idem

« Quand on me voit à l’écran, on sent bien que je n’ai pas un père issu de la Creuse et une mère vendéenne. C’est la première fois que je clarifie ça, il n’y a aucune honte. Mais le plus important est surtout de dire que j’ai grandi ici, en France et que ma vie est à Paris. » « Qui es-tu, Léa Salamé ? » Lesinrocks.com, 17 septembre 2013

« J’ai été invitée à deux reprises à l’Élysée, à déjeuner avec François Hollande. C’est une personne humainement très sympathique. On peut lui reprocher plusieurs choses sur le plan politique stricto sensu, mais ni sa répartie, ni son capital sympathie. Je me suis retrouvée à sa table, à l’écouter me confier qu’il m’écoute chaque matin sur France Inter, explique-t-elle. Je peux légitimement en douter mais quand il fait référence à trois de mes récentes interviews, ça montre sa maîtrise. François Hollande peut se montrer plutôt charmant et c’est bien le vrai danger de ce genre de rencontres », « Léa Salamé : “Je dois ma carrière à la télévision à Michel Charasse. », Charles, n°15

« Pour Florian Philippot, qui m’a donné l’exclu sur France Inter au sujet de la révélation de son homosexualité par Closer, c’est différent. Il faut remonter à 2013, je présentais un débat d’actualité “On ne va pas se mentir” sur i-Télé. À l’époque, Philippot m’appelait régulièrement pour y participer, pour me dire qu’il était “scandaleux qu’un parti représentant 25 % des Français n’ait pas la parole.” J’étais de son avis mais la politique de la chaîne à l’époque était de ne pas inviter le FN. Je me suis battue avec ma direction pour infléchir cette position », Idem.

« Notre échange était serré. Mais outre la tension, c’est peut-être la première fois où je me suis sentie seule sur le plateau. Je le dis d’autant plus que j’estime Aymeric Caron pour son professionnalisme. Il fait le job, il mord au mollet et ne lâche jamais. Je me rappelle sa passe d’armes avec Najat Vallaud-Belkacem au sujet de l’éducation. Mais face à Taubira, je trouve qu’il a troqué sa casquette de journaliste pour celle de militant. Je pense qu’il ne s’en est pas rendu compte, tout comme Laurent Ruquier. J’ai au final eu le sentiment de me trouver ce soir-là sur un plateau Taubira-compatible », Idem.

« Quand j’ai annoncé à mon père que je voulais faire du journalisme télé, il a levé les yeux au ciel. Il me rêvait diplomate, avocate, à la rigueur journaliste, mais alors de presse écrite, au New Yorker ou au Monde. Quand je lui ai dit plus tard que j’avais signé pour rejoindre Laurent Ruquier dans On n’est pas couché, je crois l’avoir achevé. » « Léa Salamé : la belle ambitieuse que l’on s’arrache » (Télé 2 semaines, n°321 du 16 au 29 avril 2016)

« Cette situation [concentration des médias] me conforte dans l’une de mes convictions : le service public est aujourd’hui le seul lieu d’indépendance absolue. Je travaille à la fois sur France 2 et sur France Inter, et je peux le vérifier tous les jours. Que ce soit chez Ruquier ou sur Inter, des lieux pourtant hautement exposés, je n’ai jamais reçu une injonction ni une remarque ni un texto de l’un de mes patrons. » « Léa Salamé : « Ma génération a dit : « la connivence, ça suffit ! » teleobs.nouvelobs.com, 26/12/2015

Ils l’ont dit

Lisa Friedlander, sa meilleure amie : « Moi, mon cœur penchait à gauche. Celui de Léa n’était pas de droite, non plus. Mais elle n’aime pas qu’on en parle. » « Léa Salamé : la belle ambitieuse que l’on s’arrache » (Télé 2 semaines, n°321 du 16 au 29 avril 2016)

« Selon nos informations, la journaliste Léa Salamé a été interpellée lundi, en milieu d’après-midi, alors qu’elle circulait à bord de sa voiture dans le 7e arrondissement de Paris. Les policiers, qui effectuaient un contrôle de routine, ont constaté que son permis de conduire avait été invalidé faute de points, et que son véhicule n’était pas assuré », « Léa Salamé interpellée pour conduite sans permis ni assurance » leparisien.fr, 17/02/2016

« L’étoile montante. Il y a un mystère Léa Salamé (…) Certes, la trentenaire formée à l’école Elkabbach ne manquait pas d’ambition, mais sa notoriété se bornait alors aux mordus de l’info et aux aficionados des matchs Zemmour-Domenach, qu’elle arbitrait avec pugnacité et un certain talent. Brusquement, sa cote a grimpé en flèche et tout le monde se l’est arrachée. De bonnes fées se sont penchées sur son cas. D’abord Catherine Barma et Laurent Ruquier, qui l’ont propulsée sniper du samedi soir dans leur machine cathodique On n’est pas couché (France 2). Puis Laurence Bloch, patronne de France Inter, qui lui a confié les clés de l’interview de 7 h50. Bref, une trajectoire fulgurante qui mérite bien la première place de notre classement. D’autant que nous avons la vague impression que Léa Salamé est là pour longtemps », Ciné TéléObs, 30 décembre 2014, où Léa Salamé est classée « révélation de l’année 2014 »

« De sa bouche entrouverte, souriante, à l’américaine, sort par exemple ceci : “Le jour de l’élection, d’Obama, j’étais là-bas pour France 24 et c’est moi qui ai dit en direct : ’Le premier président noir américain est élu.’” Le vocabulaire n’est jamais tout à fait à la hauteur de la présence ni de la notoriété. Il accompagne les rondeurs vives et l’ingénuité carrossée de Léa Salamé, nouvelle reine intermédiaire des ondes et de l’image. […] Elle aime Bret Easton Ellis “à ses débuts”, Dalva de Jim Harrison et Emmanuel Carrère comme tout le monde. Quand elle parle de Lydie Salvayre, qu’elle interviewe le jour du Goncourt, elle emploie une expression à la mode et à la con : “C’est une grande dame.” » Libération, 14 décembre 2014

« Immigrée, elle garde la rage de réussir. » Technikart, juillet 2014

« On la verra encore longtemps […] Il faut avertir le téléspectateur, c’est l’an I de Léa Salamé » Pierre Fraidenraich, Ciné TéléObs, 27 septembre 2014

« À sa sortie de Sciences-po, entre deux soirées chez Castel ou au Mathi’s, une organisation de concerts à la Cigale et pas mal de virées avec la bande d’Inculte (Olivier Rohe, dont la mère est libanaise arménienne, François Bégaudeau, Jérôme Schmitt), elle confie à son daron [père] son envie de journalisme. » Les Inrockuptibles, 26 juin 2014

« On ne sait jamais si c’est par manque d’idée ou par excès de prudence, ou les deux : Léa parle d’elle comme si elle était importante et comme si elle avait 10 ans. Son père, l’intellectuel et homme politique libanais Ghassan Salamé, aurait préféré qu’elle soit journaliste à New York. C’est là, d’une certaine façon, que tout a commencé. » « Léa Salamé, timbale libanaise » liberation.fr, 14 décembre 2014

« Pas de malentendu : Léa Salamé a le droit de poser les questions qu’elle veut, c’est entendu. Mais il est urgent qu’elle-même, Laurent Ruquier et France 2 cessent de la présenter comme une journaliste neutre, désengagée, « objective », à rebours de ce que furent ses prédécesseurs dans le fauteuil de droite de ONPC, Natacha Polony et Eric Zemmour. Que cesse la tromperie sur l’emballage journalistique. Que Léa Salamé assume son habitus. Que l’on cesse enfin sur France 2 (et ailleurs) de présenter, de manière frauduleuse et hypocrite, l’objectivité journalistique comme une valeur de droite. » Bruno Roger-Petit, « Christiane Taubira face à Léa Salamé et Aymeric Caron : le petit jeu truqué de France 2 ? » Challenges, 23 février 2015

Sa nébuleuse

Félix Marquardt

Elle fréquente le milieu de la nuit parisien, et en particulier les dîners très prisés de Félix Marquardt. Elle dit pouvoir compter sur ses amis « à la vie à la mort ». Parmi eux figurent Alexandra Sprung, connue à Sciences Po, qui après avoir débuté chez Publicis, codirige une entreprise de conseil en communication, Lisa Friedlander, chirurgien dentiste, ainsi que ses amis de la revue Inculte.

Olivier Guez et Raphaël Glucksmann

Léa Salamé aurait été, selon la presse people, en couple avec Olivier Guez. Journaliste et écrivain, Olivier Guez assure la correspondance de la Frankfurter Allgemeine Zeitung pour la culture à Paris (voir sa biographie). « Il est juif, ce qui “ne rend pas les choses simples, sans commentaire”. Elle préfère qu’on n’écrive aucun des deux noms. Pourquoi ? “Trop tôt pour faire mon outing. Vous ne vous rendez pas compte. Ils ne nous lâcheraient plus.” Ils : la bande tabloïd à lèche-people.» « Léa Salamé, timbale libanaise » (libération.fr, 14/12/2014). Lors de la 23ème édition des Femmes en Or, en décembre 2015, elle lui rend hommage : « c’est la personne qui me supporte tous les jours et qui ne comprend pas pourquoi je me réveille à 5 heures du matin, pourquoi je travaille autant, pourquoi je croule sous le travail, qui ne comprend pas pourquoi on ne va pas plus souvent se promener, voir les églises en Italie ou se balader à Buenos Aires. » Une déclaration contredite quelques semaines plus tard par les révélations et les photos du magazine Voici, en janvier 2016 (16 janvier), montrant Léa Salamé embrassant Raphaël Glucksmann. Selon l’hebdomadaire, « les deux trentenaires ont flashé en direct l’un sur l’autre, le 14 novembre dernier, lors de l’émission spéciale On n’est pas couché, spécial attentats. »

Ses amis

Eduardo Rihan Cypel : le député socialiste, porte-parole du Parti Socialiste, fut l’un de ses très proches camarades à Sciences-Po. Léa Salamé affirme : « oui, je parle aux politiques. Oui, il m’arrive de déjeuner avec eux. Mais j’essaie de le faire le moins possible. J’en ai connu quelques-uns à Sciences-Po : Geoffroy Didier, Eduardo Rihan Cypel… Mais, globalement, je n’ai aucun ami dans ce milieu. Je ne les ai quasiment jamais au téléphone. »

Photo : Léa Salamé, interviewée en compagnie de Marc Fauvelle pour TéléSphère TV. Capture d’écran.

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