Audrey Pulvar

Audrey Pulvar

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Audrey Pulvar,
journaliste engagée à gauche, militante communautariste

“C’est un papier de merde, imbécile et raciste”, Audrey Pulvar le 26 janvier à RTL, propos d’un article de mode sur la “blackgeoisie” paru dans l’hebdomadaire Elle.

Audrey Pulvar est née le 21 février 1972 à Fort-de-France (Martinique). Son père, Marc Pulvar, est le fondateur du Mouvement indépendantiste martiniquais et secrétaire de la centrale syndicale des travailleurs martiniquais (CSTM). En 1963, il fut membre de l’Organisation de la jeunesse anticolonialiste de la Martinique et signataire du Manifeste intitulé « La Martinique aux Martiniquais ».

Formation universitaire

Après un DEUG de sciences économiques obtenu à Rouen, elle entre à l’ESJ Paris dont elle sortira major de sa promotion en 1994.

Parcours professionnel

Audrey Pulvar débute sa carrière journalistique sur la chaîne de télévision antillaise ATV comme journaliste reporter d’images et devient, dès 1995, présentatrice du journal du soir. En 1999, elle est nommée rédactrice en chef adjointe de la chaîne tout en continuant d’assurer ses fonctions de présentatrice. Elle quitte les Antilles et ATV en avril 2002 pour rejoindre LCI comme pigiste. À partir de décembre, elle travaille simultanément à TV5.

À la suite d’une rencontre avec Rémy Pflimlin, directeur général de France 3, elle obtient le poste de présentatrice du journal télévisé régional de France 3 Marseille en novembre 2003. Après quelques remplacements sur l’antenne nationale, elle présente Soir 3 à partir de septembre 2004, devenant ainsi la première femme noire à présenter un journal télévisé sur une chaîne hertzienne française. À partir de septembre 2005, toujours sur France 3, elle présente le journal du soir, le 19/20.
En 2006, elle anime le magazine mensuel Parlez-moi d’ailleurs, sur la Chaîne parlementaire.
En juillet 2009, elle quitte France 3 pour rejoindre la chaîne d’information en continu i>télé afin d’y présenter la tranche 18/20h en semaine, assortie d’une interview politique hebdomadaire.
En septembre 2010, elle prend les rênes de la tranche matinale de France Inter (6/7h), moment fort de la journée d’une radio.
Fin 2010, lorsque Arnaud Montebourg, son compagnon, annonce sa candidature aux primaires socialistes, i>télé suspend son émission d’actualité par « prudence » « éthique » et « déontologie ». France Inter lui retire l’interview politique qu’elle présente chaque matin à 7h50.
En septembre 2011, en remplacement d’Éric Zemmour et Éric Naulleau, Audrey Pulvar devient chroniqueuse, aux côtés de Natacha Polony, dans l’émission “On n’est pas couché” présentée par Laurent Ruquier sur France 2.
Le 16 mai 2012, à la suite de la nomination d’Arnaud Montebourg au gouvernement du premier ministre Jean-Marc Ayrault, France Inter lui retire la présentation de la tranche 6/7h. Par un texto transmis à l’AFP, Audrey Pulvar a annoncé le 18 novembre 2012 la fin de sa relation avec Arnaud Montebourg.

Plusieurs personnalités dénoncent l’esprit partisan avec lequel elle exercerait son métier.
Pour l’hebdomadaire Télérama (n°3255, 2 juin 2012) : « La journaliste de France Inter et de France 2, compagne du ministre Arnaud Montebourg, prête le flanc, par son intransigeance, aux accusations de mélange des genres ».
Le 7 juin, sur i>télé, chez Robert Ménard, elle est mise en cause par Dominique Pradalié, porte parole du Syndicat national des journalistes, premier syndicat de journalistes de France, qui dénonce les « conflits d’intérêts » que représentent, selon elle, la poursuite de la carrière journalistique d’Audrey Pulvar (et des trois autre journalistes vivant actuellement en couple avec des membres du gouvernement). Selon Mme Pradalié, ce genre de liaison journalistico-politique s’avère « déontologiquement intenable ».
Audrey Pulvar a quitté l’émission “On n’est pas couché” à la fin du mois de juin 2012, à l’issue de la saison. Dans la foulée elle est nommée directrice du développement éditorial des Inrockuptibles, poste qu’elle n’occupera que six mois. Le vendredi 21 décembre 2012, elle annonce en effet sa démission, confirmant la rumeur qui depuis quelques semaines évoquait des relations tendues avec le propriétaire du titre, le banquier Matthieu Pigasse.

Parcours militant

Audrey Pulvar est une militante communautariste engagée à gauche. Fille d’un leader indépendantiste martiniquais, elle est proche du Club du XXIème siècle (visant à promouvoir le communautarisme sur critères ethniques). Elle a ainsi été marraine, en 2009, des « Entretiens de l’excellence » (sessions d’orientation professionnelle auprès des jeunes collégiens et lycéens « issus des quartiers défavorisés »). Elle est également membre du « Comité permanent de la diversité de France Télévision » (installé en juin 2009 pour promouvoir la variété ethno-culturelle à l’écran et au sein du groupe public et présidé par Hervé Bourges).

Le 26 janvier 2012, elle a déclenché une polémique autour d’un article paru dans l’hebdomadaire Elle, consacré à la « blackgeoisie » et aux codes vestimentaires de la bourgeoisie afro-américaine. Dans sa chronique quotidienne sur France Inter, Audrey Pulvar attaque l’auteur du papier, la journaliste Nathalie Dolivo, qui serait une abrutie malhonnête présentant la communauté noire comme « une entité moutonnière » sous-développée. Or, ajoute Audrey Pulvar, « les noires ont-elles attendu le couple Obama pour mettre au placard la ceinture de bananes et les soutiens gorges en noix de coco ? » Et de dénoncer « la bêtise et l’inanité » d’un « papier de merde » « imbécile et raciste ».

Le 31 janvier, Audrey Pulvar cosigne une tribune libre dans Le Monde, avec divers activistes du communautarisme noir. La tribune, qui obtient un retentissement international, dénonce le « racisme » de l’article incriminé et affirme, force exemples à l’appuis, que les Noires s’habillent en fait comme les Blanches. Menacée de perdre des budgets publicitaires aux États-Unis (où des vedettes Noires protestent contre un magazine supposé raciste), la direction de Elle présente finalement des excuses au Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN) et s’engage à accorder plus de place aux femmes issues de la diversité.

Publications

L’Enfant-Bois, Paris, Mercure de France, 2003.

Collaborations

- Colloque de la LICRA, « La tragédie des harkis: crime contre l’humanité ? » (animation d’une table ronde consacrée aux nationalistes algériens et aux supplétifs pendant la guerre) – 4 février 2012.
- Colloque régional sur l’histoire de l’immigration afro-antillaise en France – 16 janvier 2012 – DRJSCS et DRAC.
- Colloque « Jeunes filles et enjeux de population : les leviers oubliés du développement » – 16 mai 2011.
- Observatoire de la Parité – table ronde, intitulée « Égalité professionnelle : trop de lois ou pas assez » 13 décembre 2010.
- Institut Montaigne – Colloque « Qu’est-ce qu’être Français ? » – vendredi 4 décembre 2009
- « Choisir la cause des femmes » – colloque organisé dans le cadre de la présidence française de l’Union européenne – animation d’une table ronde – 28 novembre 2008
- IXème forum sur l’actualité de la langue française – Centre international d’études pédagogiques – 12 février 2007
- colloque de la fondation Nicolas Hulot – 13 juin 2009

Ce qu’elle gagne

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Elle l’a dit

« Moi, je suis pour l’indépendance de la Martinique. Ça n’arrivera probablement pas de mon vivant, mais je pense que c’est un horizon accessible, et souhaitable. » Respect-Mag – 7 octobre 2011

« La société française, comme d’habitude, va plus vite que son monde politique. Dans la réalité des faits, elle a bougé. Mais l’exemple doit venir d’en haut, des partis politiques, de la représentation nationale, qui reste majoritairement celle d’hommes blancs, au-delà de 40 ans, issus d’un parcours universitaire et politique bien précis. C’est ça qui doit changer. » Respect-Mag – 7 octobre 2011

« Et bien le nègre, il t’emmerde » à propos de l’affaire Guerlain, citant Aimé Césaire – France Inter – 18 octobre 2010

« Nous ne sommes pas nombreux dans la sphère médiatique à avoir mon histoire, mon parcours, mes ramifications familiales, à pouvoir dire des choses, les dire fort. Si je ne dis rien, je déçois beaucoup de gens. Ce qui me fatigue, c’est que d’autres personnes pourraient parler mais ne le font pas. J’ai une dimension de porte-parole, même si ce n’est pas le rôle que je préfère… » Les Inrockuptibles – 27 mars 2012

Sa nébuleuse

Compagne d’Arnaud Montebourg, elle préside avec le producteur Louis Dreyfus et le professeur d’économie des médias (Paris II Panthéon-Assas) Nathalie Sonnac, une commission du think tank progressiste Terra Nova sur le thème : « Le rôle de l’État sur le marché des médias ».

Audrey Pulvar est très proche de Terra Nova, dont l’objectif est de récupérer le vote des « minorités » : le fondateur du think tank socialiste était en effet Olivier Ferrand, intime de son compagnon, Arnaud Montebourg (Olivier Ferrand décédé en juin 2012 est remplacé par François Chérèque).

Audrey Pulvar publiera sous peu un Manuel de combat pour résister à vingt idées reçues (chez Flammarion). L’auteur prétend y démonter vingt clichés émanant aussi bien des partis de droite que de gauche.

Photo © Hegor, CC-BY