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Audrey Pulvar, censeur en 2021 et déjà en 2012

13 juin 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Audrey Pulvar, censeur en 2021 et déjà en 2012

Audrey Pulvar, censeur en 2021 et déjà en 2012

Benjamin Dormann est l’auteur d’un remarque essai sur les médias, Ils ont acheté la presse, publié en 2014 aux éditions Jean Picollec. Il revient sur une censure à son égard effectuée en 2012 à la demande d’Audrey Pulvar alors journaliste à France Inter, à propos d’un entretien accordé au média Enquête et Débat.

Il avait pub­lié sur Dai­ly­mo­tion une vidéo étab­lis­sant que Madame Pul­var était bien mem­bre des très atlantistes Young Lead­ers, qu’elle tra­vail­lait pour Ter­ra Nova tout en rece­vant aimable­ment à l’antenne Hen­ry Her­mand, mécène de Ter­ra Nova sans men­tion­ner leurs liens. Que pensez-vous qu’il arrivât ? Dai­ly­mo­tion sup­pri­ma la vidéo. Nous pub­lions une let­tre de Ben­jamin Dormann.

Comment Pulvar m’a fait taire.
Par Benjamin Dormann

En l’entendant inviter les hommes blancs à se taire lors de débats racisés, de nom­breux Français ont pu appréci­er l’aversion d’Audrey Pul­var pour la lib­erté d’expression. Elle n’en n’est pour­tant pas à son coup d’essai.

Durant de nom­breuses années, Madame Pul­var a nié être une « jour­nal­iste de gauche », s’énervant sur sa poli­ti­sa­tion sup­posée, dans un por­trait de Libéra­tion (22 octo­bre 2008) : « Qu’est-ce que ça veut dire jour­nal­iste de gauche ? On est jour­nal­iste ou on ne l’est pas » !

Peu de temps après ce por­trait, j’ai pub­lié une enquête con­tenant des infor­ma­tions sur son impli­ca­tion mécon­nue dans deux réseaux poli­tiques. À peine un jour­nal­iste mit il en ligne une inter­view de moi sur ces révéla­tions qu’il fut aus­sitôt était con­tac­té par le respon­s­able des con­tenus de Dai­ly­mo­tion : « Nous avons une demande urgente de sup­pres­sion de cette vidéo. Demande faite de la part d’Au­drey Pul­var ».

Alors que l’interviewer rétorque : « le prob­lème c’est qu’il n’y a pas diffama­tion puisque le jour­nal­iste indique des faits, que se passe-t-il si je la remets ? », la men­ace se fait immé­di­ate­ment plus pres­sante : « si vous souhaitez remet­tre la vidéo en ligne, nous devri­ons vous met­tre en con­tact avec l’av­o­cat d’Au­drey Pul­var ».

Quelles sont les trois infor­ma­tions sur Madame Pul­var que révélait cet essai, et qu’elle ne voulait pas que l’on diffuse ?

  • Pre­mière­ment, le rôle act­if qu’elle a joué dans le think tank social­iste Ter­ra Nova, dont en était co-prési­dente du « groupe de tra­vail Média», alors que dans le même temps elle sévis­sait à la rédac­tion de France Télévi­sion, et que les téléspec­ta­teurs n’en savaient rien.
  • Deux­ième­ment, son manque de déon­tolo­gie lorsqu’elle invi­ta Hen­ry Her­mand sur France Inter, en le présen­tant unique­ment comme un « grand patron de gauche, prési­dent du groupe Prog­est », oubliant d’informer les audi­teurs que celui-ci est aus­si un rocar­di­en act­if, admin­is­tra­teur et mécène de Ter­ra Nova pour lequel elle travaillait.
    Les Français appren­dront plus tard qu’Henry Her­mand fut égale­ment témoin de mariage et prin­ci­pal mécène du jeune Emmanuel Macron, se van­tant dans le Figaro de ne « jamais le quit­ter » et d’être à l’o­rig­ine de l’adop­tion par Macron de l’ex­pres­sion « pro­gres­siste » à la place de « social-libéral­isme ».
  • enfin, tout est fait par ailleurs pour qu’on ignore aujourd’hui encore que Madame Pul­var est Young Leader, pro­mo­tion 2009, ce réseau fran­co-améri­cain de jeunes décideurs (poli­tiques-média-indus­triels et financiers).

Le site inter­net Français des Young Lead­ers a retiré depuis bien longtemps toute référence à ce fait. Quant au site Améri­cain, le ménage a égale­ment été fait, plus récem­ment. Mais les com­mu­niqués de presse de l’époque et d’autres sites lais­sent des traces …

Bref on l’aura com­pris, la can­di­date aux élec­tions régionales 2021 Audrey Pul­var est une mil­i­tante social­iste de longue date, dont le sec­tarisme s’accommode mal de la lib­erté d’expression de ceux qui la cri­tiquent, surtout s’ils sont blancs. Pour eux, son pro­jet poli­tique est con­nu : les faire taire.

Ben­jamin Dormann

Pièces jointes

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