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Laurence Ferrari

Le politiquement correct en talons aiguilles

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 03/06/2018

Laurence Ferrari, née le 5 juillet 1966 à Aix-les-Bains (Savoie). Fille de Gratien Ferrari, maire d’Aix-les-Bains de 1987 — 1995, député RPR de la Savoie de mars 1986 à mai 1988 et de mars 1993 à avril 1997 député de la Savoie (première circonscription), UDF-AD. Président du Parti Républicain de Savoie de 1980 à 1983. Conseiller municipal d’Aix-les-Bains depuis 1971 et maire-adjoint de 1977. Condamné en 2000 à cinq mois de prison avec sursis et 30 000 F d’amende pour prise illégale d’intérêt et abus de confiance. Trois faits étaient reprochés à l’ancien maire : avoir installé sa permanence parlementaire dans un immeuble réservé aux associations, sans payer de note d’électricité et de loyer entre 1993 et 1995, avoir réglé un loyer trimestriel de 330 francs à la suite de critiques, d’avoir versé, en 1995, à la société Socorex, dirigée par l’un de ses amis, 160 000 Francs pour avoir édité un livre de prestige sur Aix-les-Bain, livre qui n’était jamais paru, la société ayant fait faillite, et avoir influencé l’attribution du marché public sur les repas des cantines scolaires (notamment France-Soir, 11 septembre 2000).

Nom­inée aux Bobards d’Or 2010. Le 3 avril 2009, TF1 dif­fu­sait dans son jour­nal de 20 heures, présen­té par Lau­rence Fer­rari, des images biaisées au sein d’un reportage cen­tré sur le vote du pro­jet Hadopi ou Créa­tion et Inter­net. Les images en ques­tion mon­traient en fait l’hémicycle de l’Assemblée Nationale plein à cra­quer, alors qu’en réal­ité, lors du vote en ques­tion l’hémicycle était occupé par 16 députés seule­ment. Le Con­seil supérieur de l’audiovisuel (CSA) impose la lec­ture d’un com­mu­niqué à TF1 pour sig­ni­fi­er que “dans un jour­nal du 3 avril 2009, pour illus­tr­er l’adoption du pro­jet de loi Hadopi, TF1 a dif­fusé des images de l’Assemblée Nationale qui ne cor­re­spondaient pas à la séance invo­quée et pou­vaient induire en erreur sur le nom­bre de députés présents”.

Mar­iée une pre­mière fois en 1993 au jour­nal­iste Thomas Hugues dont elle se sépare à l’amiable en 2007, elle s’est remar­iée en juil­let 2009 avec le vio­loniste Renaud Capuçon à la mairie du 16e arrondisse­ment de Paris et sous l’autorité du maire Claude Goas­guen. Le cou­ple s’est ren­con­tré en 2008, lors d’un dîn­er de Savo­yards organ­isé par Michel Barnier, alors min­istre de l’Agriculture.

Formation

Quand Lau­rence Fer­rari est inter­rogée sur son enfance, elle préfère met­tre en avant ses « par­ents profs » (Ques­tions de femmes, 22 juin 2004), plutôt que l’activité poli­tique de son père. Après son bac D, elle com­mence des études de médecine, mais échoue en pre­mière année. Elle ren­tre donc à l’EFAP, l’école française des attachées de presse. Elle obtient, en 1992, un DESS de com­mu­ni­ca­tion poli­tique et sociale à la Sor­bonne.

A l’automne 2018 elle révèle le sui­cide de sa mère, dépres­sive, alors qu’elle n’avait que 22 ans et tra­vail­lait à Europe 1.

Parcours militant

Si son père était élu RPR, Lau­rence Fer­rari ne sem­ble pas avoir été mem­bre d’un par­ti poli­tique, ni avoir eu d’engagement poli­tique.

En revanche, elle milite ouverte­ment en faveur du mariage pour tous. Le 27 jan­vi­er 2013, c’est elle qui ani­me la grande soirée peo­ple en faveur de la loi Taubi­ra, organ­isée par Pierre Bergé au théâtre du Rond Point à Paris. Dans une inter­view à Têtu.com, elle jus­ti­fie ain­si son engage­ment : « je trou­vais logique à un moment de m’engager, de porter les valeurs qui moi m’animent. À savoir : la tolérance, l’égalité des droits, la sol­i­dar­ité… J’ai ressen­ti le besoin d’apporter ma voix à ceux qui sou­ti­en­nent le mariage pour tous ».

Quinze jours après la mobil­i­sa­tion mas­sive des familles con­tre la loi Taubi­ra, Lau­rence Fer­rari con­tin­ue : « je ne suis pas une mil­i­tante dans l’âme, c’est vrai […]. Mais je trou­ve que cette cause – le mariage pour tous — est telle­ment impor­tante que je ne pou­vais plus rester dans mon coin sans rien dire ».

Un engage­ment très vis­i­ble, notam­ment lorsque les invités sont hos­tiles au pro­jet de loi. Frigide Bar­jot, pre­mière égérie de la Manif pour tous, en fera notam­ment les frais à deux repris­es : une pre­mière fois sur le plateau du « Grand 8 », face aux cinq ani­ma­tri­ces toutes favor­ables au mariage homo­sex­uel et une deux­ième fois sur le plateau de « Tirs croisés », face à une Lau­rence Fer­rari « vin­dica­tive ». « Per­son­ne ne revien­dra sur cette réforme. La droite l’a dit ; les respon­s­ables de droite l’ont dit », assène la jour­nal­iste.

Son mari le vio­loniste Renaud Capuçon a été reçu à l’Élysée début octo­bre 2018 dans le cadre des « jeu­di de l’Élysée », organ­isés une fois par mois par Brigitte et Emmanuel Macron autour d’un musi­cien… de cour ?

Elle même été con­viée à l’Élysée, notam­ment le 19 mars 2018 avec d’autres poli­tiques et stars du PAF pour une récep­tion en l’honneur du Grand Duc et de la Grande Duchesse du Lux­em­bourg. Et pen­dant la cam­pagne prési­den­tielle, elle a trou­vé « absol­u­ment génial » l’engagement de sa con­sœur et col­lègue Lau­rence Haïm aux côtés d’Emmanuel Macron.

Parcours professionnel

En 1986, Lau­rence Fer­rari, alors âgée de 20 ans, devient pigiste à l’AFP et au Figaro Mag­a­zine Rhône-Alpes. Elle intè­gre, la même année Europe 2 Lyon, où elle présente les flashs d’information. La même année, elle ren­tre à Europe 1, où elle est en charge de la cir­cu­la­tion routière depuis Ros­ny-sous-Bois, mais aus­si de la rubrique san­té.

À par­tir de 1994, elle com­mence à « piger » au ser­vice poli­tique du Point, tout en faisant ses début à la télévi­sion, avec Michel Druck­er dans « Stu­dio Gabriel », et Jean-Pierre Per­naut, dans « Com­bi­en ça coûte ».

En 1997, elle devient pigiste au ser­vice poli­tique de L’Express et chroniqueuse pour une émis­sion de mode sur M6. À la fin de la même année, elle présente les jour­naux du matin (entre 6 et 10 heures) sur LCI.

À par­tir de sep­tem­bre 2000 et jusqu’en 2006, elle ani­me avec son mari, Thomas Hugues, (mar­iés en 1994, ils divor­cent en 2007), le mag­a­zine heb­do­madaire « Sept à Huit ». L’année suiv­ante, elle ani­me « Vis ma vie », tou­jours sur TF1 puis, en juin 2002, elle est nom­mée « jok­er » de Claire Chaz­al, pour présen­ter le jour­nal de 20 heures de TF1, le week-end et durant les vacances.

C’est à cette époque que Lau­rence Fer­rari sort réelle­ment de l’anonymat. Elle mul­ti­plie les inter­views dans les mag­a­zines peo­ple et se laisse inter­roger sur deux thèmes prin­ci­paux : son cou­ple avec Thomas Hugues, « unis à la ville comme à l’écran » (Téléloisirs, 26 novem­bre 2005), les « ken et bar­bie de l’information », et sa rival­ité avec Claire Chaz­al. Lau­rence Fer­rari assume d’ailleurs par­faite­ment la médi­ati­sa­tion de son cou­ple, dans le but de faire con­naître son émis­sion : « Au début, Sept à Huit n’existait pas, c’était une émis­sion qui démar­rait, il fal­lait bien « ven­dre » quelque chose entre guillemets, j’aime pas le terme, mais bon quand même, il fal­lait faire par­ler de l’émission… » (Match TV, 21 sep­tem­bre 2003)

En 2004, elle présente Ques­tion de famille sur RTL qui sera rem­placée l’année suiv­ante par « Tête à tête ».

Pre­mier réel fait d’arme de sa car­rière, le 30 octo­bre 2005, quand elle glisse, à la fin d’un entre­tien avec Nico­las Sarkozy, alors min­istre de l’Intérieur, « c’était Nico­las Sarkozy, can­di­dat à la prési­den­tielle pour 2007 ». Pour Le Monde, « TF1 tou­s­sote devant tant d’audace : Lau­rence Fer­rari n’est pas qu’un char­mant sourire. »

En mai 2006, blo­quée dans sa car­rière, elle quitte TF1, en même temps que son mari – dont elle se sépare à l’amiable en 2007. À par­tir de sep­tem­bre, elle ani­me « Dimanche+ » sur Canal+. Pour cela, elle crée sa pro­pre mai­son de pro­duc­tion, Sto­ry Box, avec Thomas Hugues et Lor­raine Willems. Elle présente égale­ment « Le jour­nal inat­ten­du », sur RTL.

Deux ans plus tard, en 2008, elle retourne à TF1, pour présen­ter le jour­nal de 20 heures, en lieu et place de Patrick Poivre d’Arvor. L’éviction de PPDA et la pro­mo­tion de Lau­rence Fer­rari donne lieu à une médi­ati­sa­tion impor­tante, qual­i­fiée de « Fer­rari-pro­mo », par la rédac­tion d’« Arrêt sur images » : « com­ment mul­ti­pli­er les inter­views pro­mo­tion­nelles dans la presse française et fran­coph­o­ne, quand on a stricte­ment rien à dire ? C’est le prob­lème ren­con­tré par Lau­rence Fer­rari, qui doit “créer l’évènement” autour de sa pre­mière présen­ta­tion (comme tit­u­laire) du 20 Heures de TF1 ».

Selon Renaud Rev­el, c’est Nico­las Sarkozy lui-même, alors prési­dent de la République, qui serait inter­venu pour faciliter le retour de Fer­rari sur la pre­mière chaine, en manœu­vrant avec Mar­tin Bouygues, pour rem­plac­er le présen­ta­teur vedette du 20 heures.

C’est d’ailleurs ce que sem­ble con­firmer Anne Ful­da, jour­nal­iste au Figaro (et anci­enne con­quête de Nico­las Sarkozy). Inter­rogée par Renaud Rev­el pour son livre Les Ama­zones de la République, celle-ci déclare : « en restant dix-huit mois aux côtés de Nico­las Sarkozy, j’ai gag­né un bil­let d’humeur dans les colonnes du Figaro, quand d’autres, qui l’ont fréquen­té deux mois, ont hérité d’un JT. » Dans son livre, le même Renaud Rev­el évoque, quant à lui, les « liens d’amitié, rela­tions de con­nivences, com­plic­ité ou plus encore… » entre Fer­rari et Sarkozy.

D’ailleurs, dès novem­bre 2007, le tabloïd anglais The Dai­ly mail, évo­quait la rumeur d’une liai­son entre Lau­rence Fer­rari et Nico­las Sarkozy. Une infor­ma­tion reprise par Metro et Clos­er, qui seront con­damnés respec­tive­ment à 5 000 et 12 000 euros de dom­mages et intérêts.

La presse européenne va dans le même sens. Le Cor­riere de la Sera, du 10 juin 2008, titre « Sarkozy lance Lau­rence au jour­nal de 20h ». The Inde­pen­dent titre, quant à lui, « la favorite de Sarkozy rem­place le plus con­nu des présen­ta­teurs français ». Enfin, le Dai­ly Tele­graph : « le présen­ta­teur le plus con­nu de la télévi­sion va être rem­placé par une blonde très glam­our, après, dit-on, qu’elle a reçu le sou­tien ent­hou­si­aste du prési­dent Nico­las Sarkozy ».

Libéra­tion résume ain­si les rela­tions entre Nico­las Sarkozy et Lau­rence Fer­rari : « leurs itinéraires se croisent, leurs intro­n­i­sa­tions se suc­cè­dent et leurs intérêts se recoupent. Jeune jok­er des JT, elle tit­ille un rien le pré­ten­dant élyséen et en récolte l’onction d’impertinence cal­i­brée sans laque­lle il n’est pas de car­rière flat­teuse. Automne 2007, le Nico­las d’avant Car­la B. aurait côtoyé la Lau­rence d’après Thomas H. Cha­cun, cha­cune a beau avoir droit à sa lib­erté chérie, elle dément en grand, entonne l’air de la calom­nie. La main sur le cœur, elle affirme : « qu’est ce qu’on peut faire con­tre une rumeur ? Il ne sert à rien de la démon­ter. J’ai lais­sé dire. » Recon­nais­sons que sa nom­i­na­tion comme prési­dente de la République des images n’avait pas for­cé­ment besoin du blanc-seing sarkozien ».

Pour pro­fes­sion­nalis­er son jour­nal, Lau­rence Fer­rari va aux États-Unis et vis­ite les rédac­tions de chaines améri­caines ABC, NBC, CBS, « his­toire de voire com­ment se con­fec­tion­nent les jour­naux de ces grands net­works ». En 2009 elle épouse le musi­cien Renaud Capuçon et a un enfant avec lui.

Les débuts à TF1 ne sont pour­tant pas faciles, « tem­pétueux », même pour Libéra­tion: « audi­ence en baisse, procès en usurpa­tion instru­it par PPDA, inter­ro­ga­tion sur son charisme ». « En qua­tre édi­tions, le JT de Lau­rence Fer­rari a per­du un mil­lion de téléspec­ta­teurs » souligne Emmanuel Berret­ta dans Le Point, du 29 août 2008, et d’appuyer notam­ment sur « un style d’interview qui a choqué ». « Le rebou­ti­quage cos­mé­tique du jour­nal télévisé appa­raît dès lors pour ce qu’il est : un plan com’ dans la ren­trée télé. Tout le tra­vail reste à faire ».

Deux mois après ses débuts, Lau­rence Fer­rari répond dans le Jour­nal du Dimanche : « j’en ai marre de ces attaques compt­a­bles stériles. L’information mérite mieux qu’une sem­piter­nelle bataille de chiffres. Ce n’est pas un pro­duit mar­ket­ing, mais une matière noble ». Au bout d’un an, elle con­sid­ère sa pre­mière année aux com­man­des du JT comme « une épreuve du feu » : « dès que vous posez un pied au jour­nal de 20 heures d’une chaine comme TF1, croyez-moi, tout s’efface, les comp­teurs se met­tent soudaine­ment à zéro. […] D’un jour à l’autre, ce qui fai­sait votre notoriété, ou votre image glam­our, ne vaut plus un sou : vous démar­rez de rien ».

En sep­tem­bre de la même année, elle est la pre­mière présen­ta­trice de jour­nal à ouvrir un compte twit­ter.

Nou­velle polémique, pour cette jour­nal­iste qui se plait à ne pas faire d’histoire, en juin 2010, lorsqu’elle inter­roge, à Téhéran, Mah­moud Ahmadine­jad, le prési­dent iranien. Pour l’occasion, la jour­nal­iste porte le voile. L’affaire fait scan­dale. « Est-ce qu’on est obligé de se déguis­er dans l’accoutrement exigé par un dic­ta­teur non-élu ? » tonne Bernard-Hen­ri Lévy au Grand Jour­nal de Canal+. Pour Lau­rence Fer­rari, la cause est enten­due : « le devoir d’information prime donc sur mes con­vic­tions per­son­nelles ». « Je respecte les règles des pays où je me rends. Je ne me suis pas posée la ques­tion de savoir si cela m’était agréable ou désagréable », se jus­ti­fie-t-elle au Figaro.

En 2011, les audi­ences du JT du 20 heures sont tou­jours en berne. Chaque mois, il perd des téléspec­ta­teurs (7,2 mil­lions en jan­vi­er, 6,8 en mars). Au même moment, dans un sondage pub­lié par Télé 2 semaines, Fer­rari ne recueille que 12% des répons­es à la ques­tion « qui préfèreriez-vous voir présen­ter le jour­nal de 20h de TF1 en semaine ? »

Le 8 mai 2012, Renaud Rev­el, sur son blog Immé­dias, pose la ques­tion : « sommes-nous à la veille d’un cat­a­clysme dans le paysage télé ? Pour la pre­mière fois depuis la pri­vati­sa­tion de TF1, en 1987, le jour­nal de 20 heures de cette chaine a fait pra­tique­ment jeu égal, hier soir, avec celui de France 2, avec un écart infinitési­mal de 143 000 téléspec­ta­teurs ».

Trois semaines plus tard, le 31 mai, elle présente son dernier jour­nal et rejoint D8, chaine reprise par le groupe Canal+. À par­tir du 8 octo­bre 2012, elle ani­me une émis­sion quo­ti­di­enne Le Grand 8 avec Audrey Pul­var, Élis­a­beth Bost, Hap­satou Sy et Rose­lyne Bach­e­lot. Pour Lau­rence Fer­rari, cette émis­sion d’« une heure et demie de direct chaque jour, du lun­di au ven­dre­di. Rien que des femmes, aucun sujet tabou », est un « gros chal­lenge ».

Les débuts sont plus que laborieux. « Pointu sur l’actu, de per­ti­nence vari­able sur des sujets féminins d’un intérêt relatif, le club des cinq se cherche encore. […] Citoyennes, mais com­plices, c’est le con­cept. Donc Lau­rence et son big band se tutoient et évo­quent leurs expéri­ences per­so, papa émi­gré, gamin en CP, pareil que des copines en goguette chez Ladurée. Sauf que Pul­var a le doigt sur la gâchette et Fer­rari, le sourire crispé ».

Avec cette émis­sion, Lau­rence Fer­rari quitte le reg­istre de l’information pour celui de l’info­tain­ment. Aus­si, en 2013, elle se voit refuser le renou­velle­ment de sa carte de presse par la Com­mis­sion de la carte d’identité des jour­nal­istes pro­fes­sion­nels (CCIJP), qui con­sid­ère Le Grand 8, comme une émis­sion de diver­tisse­ment. Une déci­sion qu’elle con­sid­ère comme injuste.

Cette émis­sion vau­dra aus­si, fin 2012, à Lau­rence Fer­rari, qua­tre nom­i­na­tions à la céré­monie par­o­dique des Gérards de la télévi­sion, pour un « Gérard de l’accident indus­triel », « Gérard de l’ambulance dans laque­lle on va tir­er quand même », « Gérard de la plus mau­vaise ani­ma­trice » et « Gérard de l’émission de bonnes femmes qui don­nent leur opin­ion » ! Au final, la jour­nal­iste n’obtient que les deux dernières dis­tinc­tions.

En 2013, elle obtient, tou­jours pour Le Grand 8, le « Gérard de l’émission où les chroniqueurs ser­vent à rien, mais comme l’animateur non plus, ça se voit moins ».

Cepen­dant, après de nom­breux amé­nage­ments (change­ment de décors, etc.), le Grand 8 gagne peu en parts d’audience.

Seule­ment quelques jours après la polémique sur la carte de presse de Lau­rence Fer­rari – son émis­sion est qual­i­fiée de « diver­tisse­ment » par la com­mis­sion de la carte d’identité des jour­nal­istes pro­fes­sion­nels, celle-ci annonce com­mencer une nou­velle émis­sion quo­ti­di­enne d’actualité, « Tirs croisés », sur i>Télé. Avec elle, deux inter­venants : Audrey Pul­var et Jean-Claude Dassier. C’est dans ce cadre retrou­vé de jour­nal­iste, qu’elle ani­me, par exem­ple, des débats pour les élec­tions munic­i­pales de Paris et les soirées élec­torales pour la chaine d’information du groupe Canal+. Élargie de 18 à 20 heures à la ren­trée 2015, elle est renom­mée Le direct Fer­rari.

En 2016, le Grand 8 est arrêté le 30 juin faute d’audience. Tirs croisés con­tin­ue sur I-Télé, et une nou­velle émis­sion est mise en place sur C8 à la ren­trée, Punch­line – pro­duite par la société Ele­phant d’Emmanuel Chain.

Punch­line est arrêtée une fois de plus faute d’audience en juin 2017 et Lau­rence Fer­rari reprend alors le Grand Ren­dez-vous, dif­fusé en simul­tané sur Europe 1, après le départ d’Audrey Pul­var de C News. En sep­tem­bre 2017 elle devient aus­si jok­er d’Yves Calvi dans l’Info du vrai.

A la ren­trée 2018 elle arrive sur Radio Clas­sique où elle ani­me chaque jour en semaine Entrée des artistes, émis­sion dans laque­lle elle fait décou­vrir de jeunes musi­ciens.

Publications

Poulenc : L’Histoire de Babar — Debussy : La boite à jou­joux, inter­prété par Lau­rence Fer­rari et son mari, le vio­loniste Renaud Capuçon, Era­to, 2012

Collaboration

Comme beau­coup de jour­nal­istes, Lau­rence Fer­rari « fait des ménages ». Ain­si, en avril 2007, elle ani­me le forum élec­tions, organ­isé par le jour­nal Elle. En 2013, elle ani­me égale­ment, le col­loque « Familles mono­parentales : sor­tir de l’impasse », en présence, notam­ment de Chris­tiane Taubi­ra, min­istre de la Jus­tice.

Ce qu’elle gagne

« Je gagne très bien ma vie, c’est vrai. […] Je suis gâtée car des maisons de cou­ture me prê­tent des habits, alors pas de coups de folie dans les mag­a­sins », Télé 2 semaines, du 20 août au 2 sep­tem­bre 2005.

En 2008, Lau­rence Fer­rari obtient 143 000 euros de dom­mages et intérêts pour atteinte à la vie privée, soit plus que n’importe qui en France, dans le cadre de 16 procès con­tre des jour­naux.

En 2010, alors qu’elle inter­roge Nico­las Sarkozy sur le salaire d’Henri Proglio, alors patron d’EDF, le Prési­dent de la République lui répond : « Bien sûr que je pour­rais vous deman­der votre salaire,… Je suis sûr que si je le com­para­is à un smi­card, cela cho­querait beau­coup de Français. Ne jouons pas à ce jeu-là ».

Le 26 octo­bre 2010, sur RMC, Jean-Luc Mélen­chon s’en prend au salaire de Lau­rence Fer­rari : « elle gagne 1,1 mil­lion d’euros par an. Elle va en con­gé mater­nité pen­dant que des mater­mit­tentes (sic!), par cen­taines sur son pro­pre média, n’ont même pas le droit d’être au chô­mage ni en con­gé mater­nité ».

Bien enten­du, TF1 dément « Lau­rence Fer­rari ne gagne pas 1,1 mil­lion d’euros par an ». Pour Le Point, « la rémunéra­tion de la jour­nal­iste, elle se situe plutôt autour de 30.000 euros par mois. Donc, sur 13 mois, le salaire de Lau­rence Fer­rari s’élèverait à 400.000 euros annuels (sans compter l’intéressement, etc.) »

Sur son blog, Mélen­chon per­siste : « Allez hop ! Je repro­duis l’article du « Matin » suisse. «  La nou­velle recrue de charme du 20 h de TF1 toucherait une for­tune pour lire un promp­teur. Gré­goire Corthay – le 02 sep­tem­bre 2008, 21h33. Le Matin Bleu. À TF1, Lau­rence Fer­rari gag­n­erait un revenu aligné sur celui de son prédécesseur, Patrick Poivre d’Arvor, selon Renaud Rev­el, rédac­teur en chef à «L’Express». Elle toucherait 115 000 francs par mois ain­si qu’une prime annuelle de 418 600 francs, soit un revenu annuel total de 1,8 mil­lion!  Selon Renaud Rev­el, la jolie Savo­yarde a pu négoci­er ce pont en or dans la mesure où, en quit­tant Canal+, elle a fait une croix sur une par­tie des revenus de sa société de pro­duc­tion. Inter­rogé sur RTL, David Pujadas, jour­nal­iste du 20h de France 2, a avoué que le salaire sup­posé de Lau­rence Fer­rari le « fai­sait rêver », pré­cisant qu’à France Télévi­sions « ce ne sont pas du tout les mêmes ordres de grandeur… »

Un an plus tard, tou­jours sur TF1, Jean-Luc Mélen­chon retir­era ses pro­pos après que la jour­nal­iste lui ait dit : « Vous avez dit beau­coup de bêtise sur mon salaire, M. Mélen­chon ».

En 2015 Télé2Semaines révèle qu’elle gagne entre 10.000 et 15.000 euros par mois – hors primes d’antenne, con­tre 50.000 à l’époque où elle présen­tait le JT de TF1.

Nébuleuse

Jacques Duquesne, Jean Pierre Mon­tanay, Thomas Hugues, Lor­raine Willems avec lesquels elle partage le cap­i­tal de Sto­ry Box, une mai­son de pro­duc­tion, Laeti­cia Hal­ly­day, Cather­ine Nay, Jean-Claude Dassier, Audrey Pul­var, Rose­lyne Bach­e­lot, Élis­a­beth Bost, Hap­satou Sy, Emmanuel Macron.

Elle a dit

« Je ne pense pas que lorsqu’on fait de l’antenne, on puisse être pro­fondé­ment dérangeant. La présen­ta­tion de cer­taines émis­sions implique d’être con­sen­suel : il nous faut rassem­bler le plus grand nom­bre », Ques­tions de femmes, 22 juin 2004.

« Ce qu’on vous demande avant tout (même si le physique compte, c’est évi­dent !), c’est d’être une bonne jour­nal­iste. C’est la com­pé­tence qui prime, on ne fait pas une car­rière de jour­nal­iste sur un physique », Ques­tions de femmes, 22 juin 2004.

« Moi, je suis une fille de l’école publique, fer­vente défenseur de l’école laïque. Mes par­ents étaient profs. Pour­tant, j’ai mis mes enfants dans le privé. […] parce que je pense qu’ils sont mieux encadrés, que l’on exige plus de rigueur », Top famille, jan­vi­er 2005.

« Oui, je suis ambitieuse ! J’irai aus­si haut que je peux aller », Télé 2 semaines, du 20 août au 2 sep­tem­bre 2005.

« Je vous inter­dis de me faire pass­er pour la nou­velle « bombe » de Canal ! Je suis avant tout une jour­nal­iste poli­tique », Télé 7 jours, novem­bre 2006.

À la ques­tion : « Trou­vez-vous que les infor­ma­tions à la télévi­sion sont impar­tiales ? » Elle répond : « cela dépend de la chaîne, des horaires, des émis­sions et des jour­nal­istes. Ces derniers, dont je suis, ne sont peut-être pas com­plète­ment impar­ti­aux, car cha­cun a son style, sa couleur… Mais je crois que, en regar­dant ce qui se fait sur l’ensemble des chaînes, on arrive à se faire une opin­ion objec­tive », TV Mag­a­zine, 15 au 21 avril 2007.

« C’est vrai que la bulle dans laque­lle nous évolu­ons nous fait par­fois pass­er à côté de la réal­ité de ce pays », L’Express, 21 décem­bre 2009.

« Je pars du principe que nos enfants sont des citoyens du monde », Psy­cholo­gie mag­a­zine, mars 2011.

« Pas ques­tion d’inviter Marine Le Pen à tout bout de champ, pour faire de l’audience et, au pas­sage le lit du FN », L’Express, 11 mai 2011.

Ils ont dit

« Mélange de Cen­drillon pour la grâce et de Robo­cop pour la volon­té de fer », VSD, 6 juil­let 2005

« Une femme à l’ambition chique­ment pure et aux straté­gies évi­dentes der­rière une banal­ité sym­pa », Luc Le Vail­lant, Libéra­tion, 20 jan­vi­er 2010.

« Le pla­fond de verre, elle ne con­naît pas. Ça a l’air d’être une blonde qui sourit, en fait c’est une brune à poigne. Elle est en aci­er trem­pé. Et, elle est sans com­plexe dans le plaisir qu’elle prend à y arriv­er », un jour­nal­iste cité par Libéra­tion, 20 jan­vi­er 2010

« Le pire c’était cette per­ruche de Lau­rence Fer­rari péro­rant que je n’ai “ni idée, ni pro­gramme” et donc que je voulais juste qu’on par­le de moi. Mais c’est elle qui en par­lait! Et qui aurait osé lui dire, sur ce plateau de fruits de mer, que, pré­cisé­ment, le livre que je viens de pub­li­er en est un, à sa façon, et que de toutes façons j’en ai déjà écrit dix autres, des livres, et quelques mil­liers de pages de blog! On me dira d’accord mais il n’y a avait aucune page à col­o­ri­er dedans. Je le recon­nais. Et ce n’est pas écrit en corps 92 comme sur un promp­teur. Tout s’explique ! », Jean-Luc Mélen­chon, sur son blog, 17 octo­bre 2010

« Cette femme a osé dire, sur un plateau de télé, sans qu’un seul de ses con­frères lui dis­ent qu’elle est dev­enue folle : “les poli­tiques passent, les chaînes restent”. C’est du Mau­r­ras traduit dans la langue de 2010 ! », Jean-Luc Mélen­chon, 26 octo­bre 2010, sur RMC

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo TF1 via Youtube (DR)

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