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Réforme de l’audiovisuel public : Macron sous le feu de la critique de Médiapart

3 février 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Réforme de l’audiovisuel public : Macron sous le feu de la critique de Médiapart

Macron l’a annoncé – il a dans l’intention de réformer l’audiovisuel public, plombé par un climat social tendu, des déficits conséquents, une PDG contestée dès sa nomination, des audiences en chute libre et des statuts bien trop favorables (surtout pour les dirigeants) au vu des résultats dégagés. Cette initiative a d’emblée placé Macron sous le feu des critiques, résumée sur Mediapart.

Pour le cofon­da­teur du média d’in­ves­ti­ga­tion, le trot­skiste Lau­rent Mauduit, Macron, voilà l’en­ne­mi. « Le chef de l’État se méfie des jour­nal­istes et va jusqu’à s’afficher avec Cyril Hanouna ». Haro sur ce chef de l’État qui préfère un pseu­do-jour­nal­isme du vide dont les audi­ences car­ton­nent, notam­ment chez ceux qui ne votent pas ou plus et sont déçus de tout, aux médias publics dont les audi­ences sen­tent le vide – et le bide. Bref, Macron va là où on le regarde, plutôt que là où il doit aller parce que c’est le média d’État.

Pis, le 4 décem­bre 2017, il a con­fié aux jour­nal­istes que l’au­dio­vi­suel pub­lic était «  la honte de la République ». Ne cherchez pas plus : c’est un facho. Et Lau­rent Mauduit ouvre le feu : « Si “honte” il y a, elle peut être imputée à de nom­breux acteurs. Au PDG de Radio France, Math­ieu Gal­let, comme à la dirigeante de France Télévi­sions, Del­phine Ernotte ; au prési­dent du Con­seil supérieur de l’audiovisuel (CSA), Olivi­er Schrameck, et aux mem­bres de cette instance, qui ont instal­lé ces deux PDG dans leur fonc­tion et qui sont à l’origine de ce désas­tre de l’audiovisuel pub­lic ; à la haute fonc­tion publique de Bercy, qui ne s’est jamais intéressée au dossier de l’audiovisuel pub­lic autrement que pour lui faire ren­dre gorge, et l’étrangler finan­cière­ment ; mais tout autant au chef de l’État ».

Un bilan calamiteux

Out­re le bilan jugé « calami­teux » de Del­phine Ernotte et de Michel Field – qui en dépit de toutes leurs erreurs ne sont pas respon­s­ables d’un audio­vi­suel pub­lic plom­bé par des années de mau­vais­es habi­tudes et d’ar­rosage à tire-lar­ig­ot par les robi­nets à sub­ven­tions éta­tiques, Macron s’est ren­du coupable de crime de lèse-majesté. Il est proche de Hanouna, qui, rap­pelons-le, a des audi­ences solides mal­gré un con­tenu qui relève plus du diver­tisse­ment que du jour­nal­isme. Mais créa­ture médi­a­tique lui même, Macron va là où il est vu.

« Emmanuel Macron […] a aus­si affiché sans la moin­dre gêne son sou­tien à ce que l’univers télévi­suel a pro­duit de pire : l’émission pop­uliste “Touche pas à mon poste” ani­mée par Cyril Hanouna sur la chaîne C8. Le 21 décem­bre, on a ain­si pu assis­ter à une scène pro­pre­ment sur­réal­iste sur la chaîne du mil­liar­daire Vin­cent Bol­loré. L’animateur a appelé en direct au télé­phone Emmanuel Macron pen­dant son émis­sion, pour lui souhaiter bon anniver­saire », mitraille Lau­rent Mauduit.

Pis, il va accorder des entre­tiens à des pure-play­ers, où va-t-on ? « Autre exem­ple : le chef de l’État a accordé un entre­tien stupé­fi­ant de con­nivence au pure play­er Konbini.fr, lors de son déplace­ment le 23 décem­bre, lors de la soirée de Noël organ­isée à Niamey avec les sol­dats français engagés au Niger. Les images se passent de com­men­taires ! Elles ont été aus­si retweet­ées par le compte Twit­ter du par­ti prési­den­tiel La République en marche ». Bref, Macron est… on a com­pris.

Le spectre de l’ORTF…

Enfin, pour blo­quer la réforme, Lau­rent Mauduit veut faire peur : en agi­tant de nou­veaux pro­jets de fusion – alors que France Télévi­sions n’a pas digéré les précé­dentes – ou en faisant croire que Radio France sera démon­tée « brique par brique » en agi­tant le spec­tre de l’ORTF : « on se croirait bel et bien revenu au temps de l’ORTF, quand le prési­dent de la République, Georges Pom­pi­dou, le 2 juil­let 1970, revendi­quait le sys­tème de tutelle qui pesait sur les jour­nal­istes ». Pour lors, on n’en sait rien. Seul un doc­u­ment évo­qué par Le Monde le 13 novem­bre fait état d’un pro­jet de « de regrouper France Télévi­sions, Radio France et les autres sociétés du secteur au sein d’une struc­ture com­mune, une “hold­ing”, mais aus­si de sup­primer France Ô, la chaîne des out­re-mer, ou de can­ton­ner les médias jeunesse France 4 et la radio Le Mouv’ à une dif­fu­sion seule­ment numérique ».

L’ar­ti­cle va jusqu’à atta­quer Eric Zem­mour et Alain Finkielkraut – tant qu’à faire – puisque le pre­mier « a longtemps eu son rond de servi­ette au sein même du ser­vice pub­lic, comme chroniqueur de “On n’est pas couché”, l’émission de France 2 ani­mée par Lau­rent Ruquier », bien avant cepen­dant ses con­damna­tions pour délit d’opin­ion – enfin « inci­ta­tion à la haine raciale ».

Surtout, Lau­rent Mauduit fait la réclame pour deux mesures qui n’ont vis­i­ble­ment pas retenu l’at­ten­tion de l’État : indépen­dance et statut juridique pour les rédac­tions du ser­vice pub­lic (en quoi cela les empêchera de dif­fuser des « fake news » comme les rédac­tions « indépen­dantes » des médias main­stream privés ?) et une nom­i­na­tion du PDG moins sous la coupe du CSA, donc du prési­dent, surtout s’il est idéologique­ment à l’op­posé de l’idéolo­gie dom­i­nante. Bref, Macron est un facho, car la réforme de l’au­dio­vi­suel pub­lic ne se déroule pas comme le souhait­eraient les jour­nal­istes de gauche. Et ils n’ont pas ou peu de con­trôle dessus.

Crédit pho­to : Lionel Allorge via Wiki­me­dia (cc)

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