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Laurent Mauduit

6 janvier 2019

Temps de lecture : 11 minutes
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Laurent Mauduit

Le journalisme à la sauce Trotski

Écrivain et journaliste français, Laurent Mauduit est l’un des cofondateurs du média d’investigation en ligne Mediapart, marqué à gauche. Il est le petit-fils de Roger Mauduit, mort le 17 février 1944 à Buchenwald, et fils de Bertrand Mauduit qui a passé presque deux dans le même camp de concentration en Allemagne, pour faits de résistance.

Ancien mil­i­tant trot­skiste-lam­bertiste, il occupe une place de pre­mier plan dans le jour­nal­isme français grâce à Medi­a­part, engagé dans une triple croisade – si utile pour un pou­voir social­iste esseulé – con­tre les dérives sup­posées ou réelles du quin­quen­nat Sarkozy, le Front Nation­al et les libéraux en tous gen­res, dont leur porte-dra­peau actuel, l’an­cien min­istre Emmanuel Macron. Redresseur des comptes de la gauche, dont il traque, en « spé­cial­iste de la trahi­son », selon François Bazin, les moin­dres renon­ce­ments, il fait sou­vent preuve d’un esprit plus mil­i­tant que jour­nal­iste.

Formation

Hypokhâgne et khâgne au lycée Châteaubriand à Rennes, pre­mière année, à l’In­sti­tut d’Études Poli­tiques de Greno­ble, puis deux­ième année, à l’In­sti­tut d’Études Poli­tiques de Paris, dont il sort diplômé en juin 1974.

Parcours professionnel

Il entre au Quo­ti­di­en de Paris en 1979, puis à l’Agence cen­trale de presse où il reste jusqu’en 1984. Il se spé­cialise en économie, à la Tri­bune de l’é­conomie (1984–1990), puis passe jusqu’en 1994 au ser­vice économique de Libéra­tion qu’il dirige.

Il entre au Monde fin 1994 où il s’occupe de la poli­tique économique française jusque fin 1999. Il devient rédac-chef du ser­vice des Entre­pris­es de 2001 à 2003, directeur adjoint de la rédac­tion de 2003 à 2005 puis édi­to­ri­al­iste en 2006. Alors qu’il s’op­pose en 2005 à l’en­trée du groupe Lagardère au cap­i­tal du Monde, il quitte le jour­nal en décem­bre 2006 suite à la cen­sure d’un de ses arti­cles sur les Caiss­es d’Epargne.

En 2008, avec François Bon­net, Gérard Desportes et Edwy Plenel il cofonde le média d’in­ves­ti­ga­tion Medi­a­part.

Il écrit plusieurs livres d’enquête sur les hommes et femmes poli­tiques français. En 2013 avec L’É­trange Capit­u­la­tion il s’intéresse au fait que François Hol­lande ait con­tin­ué lors de sa pre­mière année de man­dat la poli­tique sociale et économique du quin­quen­nat de Nico­las Sarkozy. En 2014 avec À tous ceux qui ne se résig­nent pas à la débâ­cle qui vient,il enfonce le clou en expli­quant le « naufrage social­iste » qui est aus­si celui de la généra­tion social­iste de Cam­badélis et Manuel Valls.

En 2016 avec Main basse sur l’in­for­ma­tion il s’intéresse à la con­cen­tra­tion de la presse et des médias en France – qui se dou­ble selon lui d’une « nor­mal­i­sa­tion édi­to­ri­ale », c’est à dire d’une cen­sure pure et sim­ple pour ne pas fâch­er annon­ceurs, puis­sants et entre-soi de la caste dirigeante.

En 2018 il pour­suit logique­ment par une enquête sur les dirigeants français, La Caste qui vient de porter au pou­voir l’un des siens – Emmanuel Macron – le plus mal élu de la 5e république et qui fait main­tenant face, fort logique­ment, à l’ire du peu­ple réel avec le con­flit des Gilets jaunes. Cette « caste » qui a détourné à son prof­it les pri­vati­sa­tions et fait des allers-retours inces­sants entre la fonc­tion publique et les grandes entre­pris­es privées.

Il a pub­lié divers­es infor­ma­tions sur des mem­bres de la caste, comme le salaire de Harlem Désir, « 10 182€/mois pour un ex de la généra­tion Mnef, qui a naufragé le social­isme français » ou des patrons d’Arkéa qui essaient de faire une séces­sion – sous cou­vert de région­al­isme bre­ton – au sein du groupe Crédit Mutuel.

Parcours militant

Mil­i­tant de l’U­nion nationale des étu­di­ants de France (Unef-Souf­flot), il est le secré­taire général du syn­di­cat étu­di­ant en 1975.

En 1978, il devient jour­nal­iste à Infor­ma­tions ouvrières, qui est à l’époque le jour­nal de l’Or­gan­i­sa­tion com­mu­niste inter­na­tion­al­iste (OCI), la for­ma­tion trot­skiste d’obé­di­ence lam­bertiste, dont il est mem­bre jusqu’en 1986. Il est aus­si rédac­teur à Rouge, l’heb­do­madaire de la LCR, de 1976 à 1980 (voir l’article de Causeur du 4 juin 2013).

Collaborations

Il a coécrit avec le réal­isa­teur Thomas John­son un doc­u­men­taire, Tapie et la République — Autop­sie d’un scan­dale d’État.

Publications

  • His­toire secrète des dossiers noirs de la gauche (en col­lab­o­ra­tion), Édi­tions Alain More­au, 1986.
  • La Grande Méprise (avec Olivi­er Bif­faud), Gras­set, 1996.
  • La Gauche imag­i­naire et le nou­veau cap­i­tal­isme (avec Gérard Desportes), Gras­set, 1999.
  • Voy­age indis­cret au cœur de l’État (en col­lab­o­ra­tion), Édi­tions Le Monde — Le Pré aux Clercs, 2000.
  • Les Stock-options (avec Philippe Jaf­fré), Gras­set, 2002.
  • L’Adieu au social­isme (avec Gérard Desportes), Gras­set, 2002. Dans ses deux livres coécrit avec Gérard Desportes, il dénonce l’im­puis­sance crois­sante des social­istes français, à l’époque du gou­verne­ment de Lionel Jospin, de 1997 à 2002, face à la mon­tée en puis­sance en France du cap­i­tal­isme anglo-sax­on.
  • Jacques le Petit, Stock, 2005.
  • Petits Con­seils, Stock, 2007.
  • Sous le Tapie, Stock, 2008.
  • Les 110 propo­si­tions, 1981–2011 — Manuel cri­tique à l’usage des citoyens qui rêvent encore de chang­er la vie (ouvrage col­lec­tif de la rédac­tion de Medi­a­part), Don Qui­chotte, 2011.
  • Les Impos­teurs de l’é­conomie, édi­tions Gawse­witch, 2012. Réédité par les Édi­tions Pock­et en 2013. Il y dénonce les liens trou­bles et inces­tueux entre experts économiques français et le monde financier.
  • L’Étrange Capit­u­la­tion, édi­tions Gawse­witch, 2013. L’ou­vrage a été réédité en 2015 en ver­sion numérique par les édi­tions Don Qui­chotte. Il y dresse le bilan de la pre­mière année du man­dat de François Hol­lande.
  • Tapie, le scan­dale d’E­tat, Stock, 2013.
  • A tous ceux qui ne se résig­nent pas à la débâ­cle qui vient, Don Qui­chotte, 2014.
  • Main basse sur l’in­for­ma­tion, Don Qui­chotte, 2016.
  • La Caste. Enquête sur cette haute fonc­tion publique qui a pris le pou­voir, La Décou­verte, sep­tem­bre 2018.

Ce qu’il gagne

Non ren­seigné

Sa nébuleuse

François Bon­net, Gérard Desportes et Edwy Plenel à Medi­a­part.

Il l’a dit

« Après l’échec des social­istes aux munic­i­pales, et par le seul fait du Prince, j’ai vu ressur­gir des fan­tômes : Manuel Valls, Jean-Marie Le Guen, Jean-Christophe Cam­badélis. Des fan­tômes de mon passé incar­nant, à mon sens, ce qu’il y a de pire en poli­tique », dans son livre A tous ceux qui ne se résig­nent pas à la débâ­cle qui vient (2014)

« Je pense que Bernard Tapie est dans une posi­tion très défa­vor­able. Bernard Tapie estime que le Crédit Lyon­nais l’a floué lors du rachat d’Adidas en 1993. C’est sa thèse depuis des années. Pour­tant il n’avait que des amis dans cette banque et ses fil­iales. Si le Crédit lyon­nais a fait un mon­tage financier lors de ce rachat c’était pour pro­téger Bernard Tapie et non pour l’arnaquer. Je rap­pelle qu’a l’époque, Bernard Tapie était min­istre de François Mit­ter­rand. Le prési­dent ne voulait pas voir l’un de ses min­istres en fail­lite », Pub­lic Sénat 25 sep­tem­bre 2015

« Tapie a des ami­tiés de tous côtés. Il com­mence à faire for­tune sous Mit­ter­rand et il finit de faire for­tune sous Nico­las Sarkozy. Il a tou­jours survécu en par­tie à cause de ses ami­tiés. Il y en a beau­coup à droite, Sarkozy et ses proches comme Brice Hort­e­feux. Mais il est aus­si un très proche du prési­dent de l’Assemblée nationale, Claude Bar­tolone », ibid.

« Avec Macron, il y a pour­tant une nou­veauté rad­i­cale. Jamais, jusqu’à présent, les mem­bres de sa caste n’étaient entrés en poli­tique directe­ment. Il y a certes des inspecteurs des finances qui ont fait ce choix, tel Alain Jup­pé, mais tou­jours en respec­tant les codes tra­di­tion­nels de la vie poli­tique : en se met­tant au ser­vice d’un par­ti, en l’occurrence le RPR, jamais en défi­ant les par­tis poli­tiques instal­lés. Mais dans la plu­part des cas, les oli­gar­ques français de l’Inspection des finances se sont tou­jours tenus dans les couliss­es du pou­voir, préférant jouer les con­seillers de l’ombre, plutôt que de pren­dre en main eux-mêmes les com­man­des publiques », Medi­a­part, « Macron, le can­di­dat de l’oli­garchie », 11 juil­let 2016

« Emmanuel Macron a lui-même joué les essuie-glaces : il a com­mencé à faire car­rière sous Sarkozy ; et a con­tin­ué sous Hol­lande, en défen­dant exacte­ment les mêmes idées, ce qui lui a per­mis de pren­dre son envol. Voici ce qu’incarne Emmanuel Macron : d’une cer­taine manière, c’est la fin de la poli­tique ; c’est l’oligarchie qui survit à toutes les alter­nances. C’est la mise en œuvre du si ter­ri­ble pré­cepte que Tan­cre­di souf­fle à l’oreille de son oncle, le prince de Sali­na, dans Le Gué­pard de Lampe­dusa : ” Il faut que tout change pour que rien ne change”. Car c’est cela même, le ressort d’un sys­tème oli­garchique : ceux qui y par­ticipent sont insub­mersibles », ibid.

« Depuis la fin de la Sec­onde Guerre mon­di­ale, jamais la lib­erté et le plu­ral­isme de la presse n’ont à ce point été men­acés. Depuis quelques années d’un quin­quen­nat laborieux et lib­er­ti­cide, pire encore peut-être que celui de Nico­las Sarkozy, nous avons vécu un véri­ta­ble tour­nant. En 2012, la con­cen­tra­tion de la presse entre les mains de quelques mil­liar­daires a atteint en France des pro­por­tions inimag­in­ables. Ils con­trô­lent à eux seuls la qua­si-total­ité des grands médias nationaux, de la presse écrite ou de l’au­dio­vi­suel. Des mil­liar­daires qui ont de sur­croît presque tous comme point com­mun de ne pas avoir la presse ou l’in­for­ma­tion pour méti­er. Des mil­liar­daires qui ont presque tous acquis des jour­naux non selon des logiques pro­fes­sion­nelles mais d’in­flu­ence ou de con­nivence », Le Huff­in­g­ton Post, 8 sep­tem­bre 2016.

« Cette caste de hauts fonc­tion­naires, issus pour beau­coup de l’In­spec­tion des finances –mais aus­si du Con­seil d’E­tat et de quelques autres grands corps de l’E­tat- qui a pro­gres­sive­ment réal­isé un dou­ble hold-up en France, d’abord sur la vie des affaires, puis sur la vie publique, avant de par­venir à hiss­er l’un des siens, Emmanuel Macron, au som­met de l’E­tat », Le Huff­in­g­ton Post, 03/10/2018.

« Au fil des pri­vati­sa­tions qui se sont suc­cédé depuis plus de trente ans, beau­coup de ces hauts fonc­tion­naires chargés de les met­tre en œuvre ont appliqué la détestable for­mule de Ben­jamin Con­stant, ral­liant l’Em­pire: “Ser­vons la bonne cause! Et ser­vons-nous!” Beau­coup sont ain­si devenus les PDG de ces entre­pris­es pri­vatisées et, renonçant à servir l’in­térêt général, se sont au pas­sage for­mi­da­ble­ment enrichis. Ce mou­ve­ment d’ap­pro­pri­a­tion a été si mas­sif qu’on en voit aujour­d’hui le résul­tat: une bonne par­tie du CAC 40 est com­posé de groupes dont les PDG sont des Inspecteurs des finances, issus donc de la sphère publique. Le cas du secteur de la banque est par­ti­c­ulière­ment éclairant: toutes les grandes ban­ques privées sont dirigées par des fig­ures émi­nentes de cette caste », ibid.

« Qui pré­side ain­si aux des­tinées du groupe Car­refour? Un Inspecteur des finances qui a longtemps fait par­tie des oblig­és de Nico­las Sarkozy, Alexan­dre Bom­pard. Qui dirige Casi­no? Un autre Inspecteur des finances, Jean-Charles Naouri, qui fut en d’autres temps le directeur de cab­i­net du social­iste Pierre Béré­gov­oy. Et chez qui les deux hommes se ren­con­trent-ils secrète­ment, quand ils envis­agent de mari­er leurs deux groupes? Dans le bureau de l’en­tremet­teur du cap­i­tal­isme parisien, Alain Minc, qui, lui aus­si, a fait ses class­es à l’In­spec­tion des finances. Ain­si est la caste: ten­tac­u­laire! », ibid.

« On com­prend sans peine les con­séquences ter­ri­bles de cette porosité général­isée qui s’est instal­lée entre le privé et le pub­lic. Elle a d’abord con­duit à des sit­u­a­tions gravis­simes de con­flit d’in­térêt, sinon même de prise illé­gale d’in­térêt […] elle con­duit mécanique­ment à une sorte de pri­vati­sa­tion des poli­tiques publiques. Dit plus bru­tale­ment, elle installe défini­tive­ment la tyran­nie du célèbre dik­tat “Tina” ‑pour “There is no alter­na­tive”, ou si l’on préfère “il n’y a qu’une seule poli­tique économique pos­si­ble”- une poli­tique soi-dis­ant réal­iste, ni de gauche, ni de droite, mais qui est en fait très exacte­ment celle qu’ap­pel­lent de leurs veux les cer­cles dom­i­nants de la finance », ibid.

On l’a dit à son sujet

« Un autre fil par­court égale­ment tout le livre. C’est celui de la nos­tal­gie de deux anciens mil­i­tants d’extrême gauche [Gérard Desportes et Lau­rent Mauduit] qui jugent toute “l’histoire des autres” à tra­vers le prisme de leurs engage­ments passés. Tout se passe comme si leur échec poli­tique leur rendait intolérable l’action des autres, c’est-à-dire de ces soci­aux-démoc­rates dont ils espèrent avec tant de force la fail­lite », Alain Bergoug­noux au sujet de l’Adieu au social­isme, Office uni­ver­si­taire des recherch­es social­istes, 2002

« Le livre vire alors à un essai d’auto-analyse qui sert à jus­ti­fi­er les engage­ments de Gérard Desportes et Lau­rent Mauduit. Certes, ils recon­nais­sent que la notion de “trot­skisme cul­turel” est un peu courte, et ne veut pas dire grand-chose de posi­tif aujourd’hui, que les mou­ve­ments anti­mon­di­al­i­sa­tion ont peu de propo­si­tions vrai­ment con­crètes à faire. Peut-être faut-il revenir tout sim­ple­ment à Marx – comme le con­clu­ent les auteurs », ibid.

« Lau­rent Mauduit ne tolère pas qu’on vienne ques­tion­ner la pureté de ses posi­tions d’aujourd’hui au nom de ses posi­tions d’hier — cer­tains born again voudraient n’avoir pas de passé », Frédéric Lor­don, 19 juil­let 2012

« Lau­rent Mauduit a vu le ” quo­ti­di­en de référence” Le Monde se colom­banis­er et s’alainminciser au ser­vice de l’idéologie libérale. Il a ensuite fondé Medi­a­part avec Edwy Plenel », Bertrand Gen­sane, 31 mars 2013

« Matthieu Pigasse, patron de la banque d’affaire Lazard Frères pub­lie un livre inti­t­ulé Révo­lu­tions — Pigasse ! Lazard ! Révo­lu­tions ! C’est sans doute un trait d’époque que ces gens se per­me­t­tent tout et à ce degré d’impudence — Pigasse, goudron, plumes oui ! On gage que même Edwy Plenel et Lau­rent Mauduit doivent trou­ver énorme ce genre d’énormité. Il faut leur dire cepen­dant, dussent-ils en être attristés, qu’il passe par­fois autour d’eux quelque par­fum d’asphalte, sans doute moins fort mais tout de même entê­tant, et quelques plumes vole­tantes. Car c’est une chose qu’ils ne pour­ront pas enlever : avant Medi­a­part de gauche, il y a eu un Monde de droite. Et ils en ont été les chefs », Frédéric Lor­don 19/7/2012

« Quelle a été la ligne du Monde de 1996 (date d’arrivée d’Edwy Plenel à la direc­tion de la rédac­tion) à fin 2004, et, spé­ciale­ment, quelle a été sa ligne économique sous la gou­verne de Lau­rent Mauduit, chef du ser­vice Economie, par­don Entre­pris­es, de 2001 à 2003, puis directeur adjoint de la rédac­tion à par­tir de 2003, enfin édi­to­ri­al­iste à par­tir de 2006 ? Quelles posi­tions Le Monde et ses chefs ont-ils affichées et défendues, pour quoi se sont-ils bat­tus ? les vérités de la mon­di­al­i­sa­tion, l’ineptie de toute idée pro­tec­tion­niste, le poi­son de toute vel­léité sou­veraine, les ver­tus de la con­cur­rence, les charmes du dynamisme entre­pre­neur­ial, l’évidence des déré­gle­men­ta­tions […]. Jour après jour, pen­dant quinze ans, ces couil­lon­nades nous ont été répétées à longueur de colonnes — et MM. Plenel et Mauduit voudraient qu’elles nous soient déjà sor­ties de la tête —, jour après jour ceux qui avaient la moin­dre inten­tion de les con­tester ont été ago­nis pour archaïsme, par­fois pour xéno­pho­bie, quand ils n’étaient pas en fait pure­ment et sim­ple­ment ignorés et brossés à grands coups hors du paysage de la “gauche”, ibid.

« Il y a un Lau­rent Mauduit noc­turne qui, hors du Monde, écrit des livres, un notam­ment dans lequel il dit tout le mal qu’il faut penser du cap­i­tal­isme action­nar­i­al avec ses OPA, ses fonds de pen­sion et ses licen­ciements bour­siers. Nonob­stant, le Lau­rent Mauduit diurne pour­suit dans les colonnes du jour­nal sa cri­tique du “cap­i­tal­isme de con­nivence”, laque­lle, en soi, autorise une dou­ble lec­ture et l’improbable cumul des béné­fices les plus con­tra­dic­toires », ibid.

« Lau­rent Mauduit est à l’image de tous ceux dont il dresse le procès […] l’image que Mauduit partage vrai­ment avec ses ” sujets” est plutôt celle des ajuste­ments pro­cy­cliques de la pen­sée, ral­liement à “ce qu’il faut dire”, dic­té par les con­traintes fluc­tu­antes de la légitim­ité, c’est-à-dire par les néces­sités du moment (et des posi­tions insti­tu­tion­nelles qu’on y occupe) », ibid.

« À la fin des années 1960, la voca­tion du jeune Edwy Plenel était de devenir un “révo­lu­tion­naire pro­fes­sion­nel” à l’ancienne, à l’image de ceux qui peu­plent la légende his­torique et lit­téraire de la pre­mière moitié du XXe siè­cle. Plenel est néan­moins trop jeune pour s’engager dans les luttes étu­di­antes con­tre la guerre d’Algérie, qui furent le creuset de cette “ généra­tion 68″, celle qui allait inve­stir les appareils de pou­voir (poli­tique, cul­turel, médi­a­tique) à par­tir des années 1980. En 1970, âgé de 18 ans, il s’engage dans l’organisation trot­skiste la plus proche de son idéal de révo­lu­tion­naire “sans patrie ni fron­tières”, la Ligue com­mu­niste révo­lu­tion­naire d’Alain Kriv­ine. Ce dernier, s’il remar­que le tal­ent d’organisateur et d’agitateur du jeune mil­i­tant, au point d’en faire un “per­ma­nent”, a suff­isam­ment de per­spi­cac­ité pour s’opposer à son désir d’aller met­tre le feu révo­lu­tion­naire dans les champs de canne à sucre antil­lais. Son champ d’action sera l’université où ses activ­ités, essen­tielle­ment mil­i­tantes, ne lui lais­sent pas le temps de pass­er le moin­dre exa­m­en », Causeur, 4 juin 2013

« A l’Unef, la Mnef et l’OCI (organ­i­sa­tion trot­skyste), il a tou­jours fait par­tie de mon par­cours. Mais voilà! Depuis notre sor­tie de l’OCI en 1985, il instru­it mon procès car je suis entré au Par­ti social­iste qui n’est plus pour lui un par­ti de gauche », Jean-Christophe Cam­badèlis au sujet de Lau­rent Mauduit, 2014.

« Mauduit est un spé­cial­iste de la trahi­son. Il la guette, il la piste, il la ferre comme per­son­ne », François Bazin, 23/12/2014

« Mauduit, et c’est tout le prob­lème de sa démon­stra­tion, ne se veut pas le sim­ple témoin d’un ressen­ti­ment général­isé mais entend en décrire les caus­es, en dégager les racines, en analyser les ressorts cachés. Dans ce type d’ex­er­ci­ce, le risque est tou­jours de se laiss­er aveu­gler par l’e­sprit de sys­tème et le règle­ment de compte. Or dans ce dou­ble piège, Mauduit a sauté à pieds joints avec une audace et un manque de rigueur qui lais­sent sou­vent pan­tois », ibid.

« Mauduit, qui se trompe par esprit de sys­tème lorsqu’il analyse la trahi­son de Hol­lande, s’en­gage sur un ter­rain détestable lorsqu’il veut établir un lien de causal­ité entre les pré­ten­dues turpi­tudes d’un prési­dent et l’am­bi­tion affairiste sup­posée de ceux qui l’en­tourent aujour­d’hui. Taper à côté de la cible quand on vise bas n’est pas for­cé­ment éton­nant. Ne rien com­pren­dre à la péri­ode qui se déroule sous nos yeux quand on est à ce point aveuglé par les a pri­ori et le ressen­ti­ment n’est guère plus sur­prenant », ibid.

« Il se vante notam­ment d’avoir eu la force, au milieu des années 80, de ne plus mélanger jour­nal­isme et mil­i­tan­tisme pour ne pas se trou­ver “en con­flit d’in­térêts”. Cela fai­sait quand même dix ans qu’il le pra­ti­quait sans frémir. Mauduit, qui est égale­ment resté une dizaine d’an­nées à l’O­CI, écrit plus loin que ce courant du trot­skysme était “une secte” aus­si “bru­tale” que “sec­taire” », ibid.

« Les hauts fonc­tion­naires de Bercy ont, à par­tir des années 1980, opéré d’abord un «hold-up sur le CAC 40». Voyez, dit le jour­nal­iste, tous ces pontes du min­istère des finances qui sont devenus, du jour au lende­main, des PDG mul­ti­mil­lion­naires. Puis, forts de ces suc­cès, ils ont ensuite com­mis un «hold-up sur l’Etat», en s’imposant aux postes poli­tiques les plus en vue, jusqu’à la vic­toire suprême du jeune inspecteur des Finances, Emmanuel Macron, «dernier avatar du bona­partisme français», sous la prési­dence duquel l’accaparement «par les oli­garchies com­pé­tentes asso­ciées aux puis­sances d’argent» a atteint son apogée.Voilà pourquoi, écrit Lau­rent Mauduit, il est urgent de refonder la démoc­ra­tie française. En com­mençant par sup­primer «cette machine à hauts fonc­tion­naires», l’ENA, dont la dis­pari­tion est, à son avis, un préreq­uis à ce renou­veau », L’Obs, 05/09/2018.

Crédit pho­to : Mauduit via Wiki­me­dia (cc)

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