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Thomas Sotto

8 octobre 2018

Temps de lecture : 8 minutes
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Thomas Sotto

La force tranquille

Dans le florilège des journalistes animant les débats du matin, Thomas Sotto sort du lot. Fini les journalistes qui haussent la voix pour se faire entendre ; au placard les questions distribuées à l’avance. Par son calme, sa courtoisie et son style bien à lui, Thomas Sotto tranche avec ses confrères. Le « Gilles Bouleau de la radio », comme il est parfois surnommé, est d’une certaine manière l’opposé du journalisme façon Jean-Jacques Bourdin vociférant et coupant sans cesse la parole à son invité.

Thomas Sot­to est né en juil­let 1973 à Paris d’une mère infir­mière dans l’Éducation Nationale et d’un père com­merçant. Jour­nal­iste et ani­ma­teur de télévi­sion et radio, il présente actuelle­ment « la mati­nale » sur Europe 1.

Formation

Thomas Sot­to a été sco­lar­isé au lycée Claude-Bernard dans le 16e arrondisse­ment de Paris. Il décroche son Bac D (S‑SVT) avec un an d’avance et ren­tre à l’Université Pan­théon-Assas à Paris. Il y obtient une licence de droit et une maitrise en sci­ences poli­tiques avant de s’orienter vers le jour­nal­isme en inté­grant l’Institut Français de Presse (IFP) d’où il sor­ti­ra diplômé en 1995 à l’âge de 22 ans.

Parcours professionnel

1995

Thomas Sot­to débute sa car­rière comme reporter sur les ondes de la radio RMC.

1999

Il rejoint Canal J, une chaîne pour la jeunesse, où il présen­tera le « JTJ » (Jour­nal Télévisé des Jeunes) dif­fusé tous les soirs de la semaine à 19h50 en alter­nance avec Eliz­a­beth Tchoun­gui.

2000

Thomas Sot­to subit un grave acci­dent de moto lui sec­tion­nant les nerfs et paralysant son bras gauche. Il quitte alors le « JTJ » de Canal J (qui sera par ailleurs sup­primé quelques mois plus tard). Mais il reprend rapi­de­ment du ser­vice sur les écrans en effec­tu­ant notam­ment un pas­sage sur la chaîne Série Club avant d’intégrer France 3 Lim­ou­sin-Poitou-Char­entes.

2001

Il ani­me avec une de ses amies (Peg­gy Olmi) l’émission « A toi l’actu@ ! » sur la chaîne France 3. Une émis­sion dif­fusée du lun­di au ven­dre­di à 17h30, qui se présente sous la forme de jour­nal télévisé pour les jeunes de 6 à 12 ans (même si les audi­ences mon­treront que ce sont davan­tage les 12–15ans qui suiv­aient ce jour­nal). Une émis­sion en direct se déroulant dans un décor virtuel, qui décrypte l’actualité en une quin­zaine de min­utes. « A toi l’actu@ ! » sera rem­placée en sep­tem­bre 2002 par « Mon Kanar », un autre jour­nal télévisé pour enfants. Dans le même temps Thomas Sot­to offi­cie égale­ment sur TV Breizh comme présen­ta­teur.

2005

Il par­ticipe au lance­ment de la chaîne Direct 8 sur la TNT. Sur cette même chaîne, il présen­tera « la mati­nale » avant de quit­ter Direct 8 pour BFMTV. Cette même année, il par­ticipe en effet égale­ment au lance­ment de la chaîne d’informations en con­tinu sur laque­lle il présente notam­ment les infor­ma­tions sportives.

2006

Il présente « BFM Soir » sur BFMTV, le same­di et le dimanche de 18h à 21h, en com­pag­nie de Céline Couratin, Gaëlle Copi­enne, Valérie Béranger, Maxime Cogny et Simon Rodi­er. Lorsqu’il ne présente pas « BFM Soir », Thomas Sot­to effectue des reportages pour la chaîne. Cette même année, il est en effet l’envoyé spé­cial de la chaîne au Liban où il cou­vre les attaques israéli­ennes. Pour la pre­mière fois Thomas Sot­to se rend sur une zone de guerre.

2007

Il devient le présen­ta­teur du « QG de l’info » sur BFMTV.

2008

Thomas Sot­to présente et ani­me l’émission « Parta­geons nos idées » sur BFMTV. Une émis­sion per­me­t­tant aux inter­nautes d’interagir en direct avec les invités de la chaine à l’aide de leurs web­cams.

2011
Thomas Sotto, à l'époque de Capital © photo : M6

Thomas Sot­to, à l’époque de Cap­i­tal © pho­to : M6

Il quitte BFMTV pour rejoin­dre M6 et suc­céder à Guy Lagache dans la présen­ta­tion de l’émission économique phare de la chaîne, « Cap­i­tal » (et « Cap­i­tal Terre »). Thomas Sot­to dirige alors pour la pre­mière fois une émis­sion dif­fusée à des heures de grande écoute. Il parvien­dra à main­tenir la même audi­ence que ses prédécesseurs.

2012

À l’occasion d’un numéro de « Cap­i­tal » con­sacré à un hypothé­tique retour au franc, Marine Le Pen, invitée de Thomas Sot­to, s’agace des ques­tions du jour­nal­iste qu’elle qual­i­fie de « pénible ». Une année durant laque­lle Thomas Sot­to recevra sur son plateau les can­di­dats à la prési­den­tielle, dont François Hol­lande.

2013

Thomas Sot­to suc­cède à Bruce Tou­s­saint sur Europe 1 pour présen­ter « la mati­nale ». Il restera égale­ment aux com­man­des du mag­a­zine « Cap­i­tal » sur M6.

Cette même année Jean-Jacques Bour­din se félicite ironique­ment que ses slo­gans « inspirent cer­tains, comme Jean-Michel Apathie sur Canal avec “Les yeux dans les yeux”, ou Thomas Sot­to sur Europe 1 avec “tout savoir, tout com­pren­dre”. Je suis heureux qu’ils repren­nent mes idées, ce doit être la rançon du suc­cès ». Une réflex­ion que les intéressés pren­dront sur le ton de l’humour : « C’est une évi­dence, avant Jean-Jacques Bour­din le jour­nal­isme n’existait pas… ».

Un an après l’élection de François Hol­lande à la prési­dence de la République, ce dernier revient sur le plateau de « Cap­i­tal » en com­pag­nie de Thomas Sot­to sur le thème « La France en panne : com­ment faire sauter les ver­rous ? »

2014

Thomas Sot­to quitte M6 et l’émission « Cap­i­tal » pour se con­sacr­er unique­ment à « la mati­nale » d’Europe 1. Il sera rem­placé sur M6 par François-Xavier Ménage qui vient lui aus­si de BFMTV.

Cette même année, Thomas Sot­to reçoit Bernard Tapie et revient à cette occa­sion sur l’af­faire de l’ar­bi­trage du Crédit Lyon­nais et au rôle joué par Claude Guéant et Nico­las Sarkozy dans cette affaire. Un sujet qui n’est pas du goût de l’homme d’affaires qui achève l’interview en quit­tant bru­tale­ment l’émission et même tapotant la tête de Thomas Sot­to pour lui sig­ni­fi­er son ras-le-bol…

À la suite de cette séquence, le jour­nal­iste Bruno Roger-Petit écrira : « À la fin d’une inter­view appelée à devenir légendaire, le pro­prié­taire du groupe de presse “La Provence”, après avoir évo­qué les “jour­nal­istes véreux”, a quit­té le stu­dio de la rue François Ier, excédé par les ques­tions pré­cis­es et inci­sives de celui qui présente la tranche du matin de la sta­tion […] jouant de l’in­tim­i­da­tion physique, tapant sur l’é­paule, puis deux fois sur la tête de Thomas Sot­to, chaque fois plus vio­lem­ment, façon Tony Sopra­no des médias. »

Quelques jours aupar­a­vant c’est l’acteur de ciné­ma Gérard Depar­dieu qui s’emportait face au jour­nal­iste évo­quant ses dif­férentes nation­al­ités et ses liens avec Vladimir Pou­tine. Une inter­view télé­phonique à l’issue de laque­lle l’acteur avait fini par lancer : « tu veux que je vienne à Europe 1 ? Tu veux que je t’allume ? »

En sep­tem­bre de la même année, Thomas Sot­to évoque la loi Alur sur l’accès au loge­ment (aus­si appelée loi Duflot) sur les ondes d’Europe 1. À cette occa­sion, il se fait repren­dre sur le réseau social Twit­ter par l’ancienne min­istre « Dites Thomas Sot­to, faut pas dire des bêtis­es : la loi Alur ne fait pas aug­menter les loy­ers bas ! […] Ce n’est pas du jour­nal­isme que de repren­dre des a pri­ori infondés comme paroles d’é­vangile ! »

2017

En juin il est remer­cié d’Europe 1 au prof­it de Patrick Cohen. En sep­tem­bre 2017 il passe au ser­vice pub­lic et présente l’émission Com­plé­ments d’enquête (France 2). Il devient aus­si jok­er de Lau­rent Dela­housse pour les jour­naux télévisés du dimanche.

2018

En juin, il arrête Com­plé­ments d’Enquête et va en juil­let 2018 dans l’Émission poli­tique de Léa Salamé.

Publications

Thomas Sot­to n’a, à ce jour, écrit aucun ouvrage.

Collaborations

Swatch, avec sa mon­tre orange, offerte par les équipes du mag­a­zine Cap­i­tal quand il est par­ti. Nico­las Can­teloup en a fait un focus, et l’intéressé a relevé le défi en la lui offrant : « comme tout le monde me demandait où elle était passée, Swatch m’en a offert une autre, que je porterai à l’antenne ! », a‑t-il expliqué au Figaro (07/9/2017).

Ce qu’il gagne

D’après Le Canard enchainé daté du 7 juin 2017, Sot­to a perçu un salaire de 455 265 euros net en 2016 sur Europe 1, soit 37 938 euros par mois.

Parcours militant

Non ren­seigné.

Il a dit

« Je ne suis pas là pour être une star, mais pour être au ser­vice des reporters », Le Jour­nal Du Dimanche, 2014.

« Tant que les gens de gauche penseront que je suis de droite et vice ver­sa, ça m’ira très bien », Le Jour­nal Du Dimanche, 2014.

« Mes par­ents ont su m’inculquer des valeurs de respect et de plaisir de la vie. Ce n’était pas mil­i­taire, mais il y avait des règles. La télévi­sion avait une clé », Le Jour­nal Du Dimanche, 2014.

« Mais pour moi, ce n’est pas un clash, juste un show qui l’a amusé aus­si (à pro­pos de son inter­view avec Gérard Depar­dieu). Ce n’est pas la même chose avec Tapie, dont l’attitude est plus incom­préhen­si­ble. Il a d’abord quit­té le plateau furax après la présen­ta­tion de Julie, puis il est revenu après une dis­cus­sion avec les dirigeants d’Europe 1. Je pense qu’il a cru qu’il m’aurait tan­né le cuir, mais j’ai fait exacte­ment l’interview que j’avais prévue, sans agres­siv­ité », Nice-Matin, 2014.

« Cette chas­se hys­térique au buzz est insup­port­able et fait énor­mé­ment de mal à notre méti­er, car on n’a plus le temps de se pos­er ni de hiérar­chis­er l’info, on est dans l’écume des vagues en per­ma­nence », Nice-Matin, 2014.

« Je suis quelqu’un de bor­délique à peu près struc­turé », Le Figaro, 2014.

« On me dit que par­fois je mords aux mol­lets. Je n’aime pas. On peut bien faire son job sans mor­dre », Téléra­ma, 2015.

« Je ne suis pas là pour être ami ou enne­mi avec les gens. Je ne cherche pas à ce qu’ils repar­tent fâchés ni con­tents. Mais je reste per­suadé qu’il faut rester cour­tois en toutes cir­con­stances. Même quand vous avez en face de vous quelqu’un qui ne l’est pas, comme je l’ai vécu par exem­ple avec Bernard Tapie en direct il y a quelques mois… », Le Parisien, 2015.

« Je fais par­tie de ce peu de Français qui vivent du méti­er qu’ils aiment. Mais je suis par­ti sur une audi­ence en hausse, et ça remet les choses à leur place », Le Figaro, 07/09/2017.

« La prin­ci­pale préoc­cu­pa­tion des gens est de savoir com­ment boucler le mois. Il faut garder ça à l’esprit. Mon père était com­merçant de quarti­er, ma mère infir­mière. L’éducation qu’ils m’ont don­née vaut toutes les écoles de jour­nal­isme. Il n’y a que l’école de la vie pour vous rap­pel­er la fragilité des choses », ibid.

« [Lau­rent Dela­housse]fait par­tie des belles ren­con­tres que j’ai faites. Je le con­nais­sais très peu. C’est lui qui a demandé à ce que je sois son rem­plaçant. Et ça me touche. Lau­rent Dela­housse a réus­si à inven­ter quelque chose en télé, et c’est ce qu’il y a de plus dif­fi­cile », ibid.

« Je suis hand­i­capé du bras gauche. Je n’ai pas cher­ché à cacher mon hand­i­cap. J’ai com­pris qu’il fal­lait mieux ne pas le mon­tr­er dans le méti­er que je fais », France Inter, 17/11/2017.

Ils ont dit

« Le “Gilles Bouleau de la radio ” », Le Jour­nal Du Dimanche, 2014.

« Recon­nu pour sa com­pé­tence, sa réac­tiv­ité et sa fine con­nais­sance de l’ac­tu­al­ité, Thomas Sot­to est déjà par­venu à redress­er les audi­ences de la sta­tion de la rue François Ier, avec 7,8% de part d’au­di­ence sur la péri­ode sep­tem­bre-octo­bre (con­tre 7,5% un an plus tôt pour son prédécesseur Bruce Tou­s­saint) », Le Figaro, 2014.

« Thomas Sot­to est à la radio, sur Europe 1, ce que Gilles Bouleau est à la télévi­sion, sur TF1. L’in­car­na­tion d’un mode de jour­nal­isme audio­vi­suel en accord avec la demande de l’époque. Pas d’esbroufe. Pas de leçon. Pas de mise en scène de soi-même », Bruno Roger-Petit, Le Nou­v­el Obs, 2014.

« Faites atten­tion M. Sot­to… Peut-être qu’un jour, vous me retrou­verez… », Nico­las Sarkozy sur Europe 1, 2015.

« Thomas Sot­to, le malin des matins d’Eu­rope 1 », Téléra­ma, 2015.

« Au début, il voulait n’être jugé que sur son boulot de jour­nal­iste, et ne surtout pas vers­er dans l’en­ter­tain­ment. Il a com­pris que laiss­er fil­tr­er son human­ité et sa chaleur pou­vait, en le ren­dant plus agréable à enten­dre, porter son tra­vail. », Fabi­en Namias, Téléra­ma, 2015.

Sa nébuleuse

Fabi­en Namias, directeur général d’Europe 1 ; Jean-Pierre Elk­a­b­bach ; Vic­toire de Rinc­que­sen, jour­nal­iste Europe 1 ; Hélène Zélany, jour­nal­iste à « la mati­nale » d’Europe 1 ; Patrice Thomas, coré­dac­teur en chef de « la mati­nale » d’Europe 1 ; Nat­acha Polony ; Daniel Cohn-Ben­dit ; Franck Fer­rand, écrivain et jour­nal­iste ; Nico­las Can­teloup ; Nico­las Escoulan, directeur de la rédac­tion d’Europe 1 ; Nico­las de Tav­er­nost, prési­dent du direc­toire de la chaîne de télévi­sion M6 ; Anne Sin­clair ; Éliz­a­beth Tchoun­gui, écrivain, jour­nal­iste et ani­ma­trice de télévi­sion ; Céline Couratin, jour­nal­iste avec Thomas Sot­to sur BFMTV ; Gaëlle Copi­enne, jour­nal­iste et coach en prise de parole ; Valérie Béranger, jour­nal­iste pour BFMTV ; Maxime Cogny, jour­nal­iste pour BFMTV ; Olivi­er Maze­rolles ; Ruth Elkrief.

Crédit pho­to : DR Europe 1

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