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Accueil | Portraits | Jean-Jacques Bourdin

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26 février 2024

Temps de lecture : 34 minutes

26 février 2024

Accueil | Portraits | Jean-Jacques Bourdin

Jean-Jacques Bourdin

Temps de lecture : 34 minutes

Le pape cévenol de la « talk-radio » abattu en plein vol

« Quand Nico­las Sarkozy donne le 3 juin une con­férence payée par Gold­man Sachs, à Lon­dres, Jean-Jacques Bour­din s’emporte à l’antenne : “Faut pas s’étonner que la finance gou­verne le monde !” Il ne sait pas à quel point il a rai­son : la finance, il lui doit son job » « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013.

Référence des émissions de libre antenne à la radio depuis plus de deux décennies, Jean-Jacques Bourdin cultive une image de journaliste indépendant, enraciné dans son terroir et proche du peuple. Il a longuement été la cible de ses confrères qui l’accusaient d’animer des discussions de café du commerce radiophoniques voire d’être populiste ! Pourtant, même s’il s’en défend en se présentant comme un animateur libre, il distille à ses auditeurs des prises de position plutôt conformes à la pensée unique. Mis en cause dans une affaire fort ancienne de harcèlement sexuel, il sera agressé en direct sur le sujet début 2022 par Valérie Pécresse dans une émission où elle est invitée en tant que candidate à l’élection présidentielle. À la suite de ces accusations, il est mis « au placard » par BFMTV alors même qu’aucune preuve formelle contre lui n’a été apportée, puis licencié le 17 juin suivant. Cela ne ne l’empêche pas de rebondir chez Sud Radio où ce « vieux mâle blanc à abattre » renoue avec l’interview politique.

Né à Alès (ou Bois-Colombes) en juin 1949, Jean-Jacques Bour­din est d’origine cévenole. Aîné de 5 enfants, il a gran­di à Alès, dans une famille protes­tante et « dans un milieu plutôt favorisé ». Son père Louis Bour­din, « avait une petite entre­prise », sa mère Nicole [de son nom de jeune fille : Richard-Chabrol] n’a jamais tra­vail­lé » (source). Auto­di­dacte, il a exer­cé divers métiers (vendeur d’as­sur­ance-vie, chauf­feur livreur, VRP, joueur de pok­er…) avant d’entrer comme sta­giaire à la sta­tion RTL par l’entremise de Ray­mond Cas­tans, directeur des pro­grammes de RTL. En 26 ans, il a « enchaîné sept ou huit ans de jour­nal­isme sportif, du reportage et la présen­ta­tion des dif­férents jour­naux », dévelop­pant « le principe de la parole aux audi­teurs » (source).

Mar­ié une pre­mière fois à Marie-Lau­re Camus – de cette union il a eu deux filles dont l’une, Fan­ny, est jour­nal­iste, actuelle­ment à B&O pro­duc­tion depuis août 2017–, il s’est remar­ié en 2010, selon plusieurs biogra­phies, avec Anne Nivat, une jour­nal­iste ayant notam­ment tra­vail­lé comme reporter de guerre pour Le Point (Prix Albert-Lon­dres 2000), qui a égale­ment col­laboré à plusieurs jour­naux améri­cains (Le Monde, 26 mars 2007). Elle est protes­tante alors que lui se dit athée.

Jean-Jacques Bour­din est par ailleurs gérant de la société HERSCHEL PRODUCTIONS, spé­cial­isée dans la pro­duc­tion audio­vi­suelle. Basée à Mars dans le Gard elle ne pub­lie plus de résul­tats depuis 2014, année où elle a fait 196.100 € de chiffre d’affaires.

Formation

Jean-Jacques Bour­din est tit­u­laire d’un bac­calau­réat lit­téraire obtenu en 1968. Il entame des études de droit à Greno­ble qu’il aban­donne, et pra­tique assidû­ment le pok­er à l’époque.

Parcours professionnel

1970 à 1975

VRP pour l’assureur l’UAP en Sim­ca Ral­lye en Lozère, pour Quelle à Orléans, pour son père grossiste en mer­cerie et bon­né­terie à Alès il vend des sou­tiens-gorges et des chaus­settes en Ardèche…

1975 à 2001 : RTL

Juil­let 1975 : il entre à RTL en tant que sta­giaire, après avoir été intro­duit par le directeur de la radio, Ray­mond Cas­tans qui était l’on­cle de sa petite amie de l’époque, puis intè­gre le ser­vice des sports où il exerce en tant que jour­nal­iste sportif durant 8 ans. Il devient par la suite reporter et présen­ta­teur de journaux.

1990 : Il par­ticipe au lance­ment du mag­a­zine « J’accuse », dont l’intention est d’é­clair­er le labyrinthe judi­ci­aire « en prenant sys­té­ma­tique­ment le par­ti du jus­ti­cia­ble », selon Daniel Péressi­ni, PDG de J’accuse. Les autres par­tic­i­pants sont pour la plu­part mar­qués à gauche voire à l’extrême gauche : « Des jour­nal­istes comme Noël Mamère (Antenne 2). Jean-Pierre Farkas (Radio-France), Jean-Jacques Bour­din (RTL), Frédéric Pot­tech­er, Guy Thomas, Roger Colom­bani, etc., et des écrivains comme Gilles Per­rault ou Jacques de Bonis, ain­si que des auteurs de ” polars ” (Didi­er Daen­inckx, Gérard Del­teil, Thier­ry Jon­quet, etc.) », « Soix­ante ans après le pre­mier Détec­tive, J’ac­cuse, la revue des faits divers », Le Monde, 15/03/1990.

1991 : il devient rédac­teur en chef et présen­ta­teur du jour­nal de la mi-journée.

1994–2000 : présen­ta­teur de l’émission d’in­ter­ac­tiv­ité : « Les audi­teurs ont la parole ».

2001 à aujourd’hui : RMC

2001 : Jean-Jacques Bour­din rejoint RMC en tant que con­seiller d’Alain Weill, le nou­veau prési­dent de la sta­tion. Il devient ani­ma­teur de « Bour­din & Co ».

2007 : Il rejoint BFMTV, chaîne du groupe d’Alain Weill, avec « Bour­din Direct » le matin qui est une dif­fu­sion de l’in­ter­view qu’il fait sur RMC Info dans « Bour­din & Co ».

2010 : Il présente l’émission sur la chaîne TF1 « Abus de con­fi­ance » mais celle-ci sera dépro­gram­mée au bout de quelques mois faute d’audience.

Depuis 2004, il est rédac­teur en chef de RMC Info et ani­ma­teur de l’émis­sion mati­nale « Bour­din & Co ».

Décem­bre 2016 : sur son compte Twit­ter, il lance un sondage « est-ce que les médias nous mentent ? ». Le résul­tat est sans appel : oui à 91% avec près de 8000 votes.

Juin 2017 : « Exas­péré » par la pub­lic­ité, il pique une colère en plein direct et laisse enten­dre qu’il ne revien­dra pas à la radio à la ren­trée. Sa femme affirme dès le lende­main qu’il n’a pas prévu de rac­crocher les crampons.

2018 : Le 15 avril 2018, il ani­me avec Edwy Plenel sur BFMTV, RMC et Medi­a­part une inter­view du prési­dent Emmanuel Macron. L’acrimonie des deux jour­nal­istes est remar­quée par de nom­breux obser­va­teurs, comme l’ex-conseiller en com­mu­ni­ca­tion de Nico­las Sarkozy, Franck Lou­vri­er, qui a aus­si remar­qué que les thèmes qui intéres­saient les Français n’ont pas été abordés.

Octo­bre 2018 : Jean-Jacques Bour­din ani­me un nou­veau talk-show, “Rien n’est impos­si­bl”, tourné en pub­lic et dif­fusé en direct le ven­dre­di soir une fois par mois sur RMC Sto­ry. L’émis­sion est dif­fusée de 21h à 22h30, et oppose deux per­son­nal­ités autour d’un sujet d’ac­tu­al­ité. En octo­bre 2018 il pro­pose aus­si d’organiser, pour les européennes 2019, la « revanche » du débat Le Pen – Macron du sec­ond tour de la prési­den­tielle ; le prési­dent répond par le silence.

Il devient aus­si prési­dent d’honneur du Nîmes Olympique mi-octo­bre 2018. Il était déjà con­seiller du prési­dent Rani Assaf et par­rain du club.

À par­tir de cette péri­ode son émis­sion, Bour­din Direct, dif­fusée sur RMC et BFMTV, est rac­cour­cie d’une heure.

Juil­let 2020 : Il cesse la présen­ta­tion de Bour­din Direct pour ne con­serv­er que l’in­ter­view poli­tique entre 8h35 et 9h.

Jan­vi­er 2022 : En vue de l’élec­tion prési­den­tielle il lance l’émis­sion, La France dans les yeux, dif­fusée en prime-time sur BFMTV, où il reçoit les prin­ci­paux can­di­dats à l’élec­tion prési­den­tielle, face à un pan­el d’une cinquan­taine de citoyens. Pour la pre­mière émis­sion, il reçoit Valérie Pécresse en Cor­rèze. Celle-ci ne lui en sera pas recon­nais­sante en le met­tant en cause en direct dans une accu­sa­tion d’harcèlement sex­uel remon­tant à plusieurs années. Pour les mêmes raisons, il est écarté défini­tive­ment de la sta­tion le 17 juin suivant.

Parcours militant

Lors de la prési­den­tielle de 1965, Bour­din s’engage en faveur du can­di­dat d’extrême-droite, Jean-Louis Tix­i­er-Vig­nan­cour. « J’avais 16 ans et aucune con­science poli­tique. Mon père était très “Algérie française”. Pour moi, ce com­bat rel­e­vait d’une forme de roman­tisme. Se réu­nir le soir chez quelqu’un, atten­dre la tombée de la nuit pour aller coller des affich­es : tout cela m’amusait beau­coup. Mais je me suis vite éloigné de ce mou­ve­ment car je ne partageais pas les idées que j’entendais. Cet épisode a été mon seul et unique engage­ment poli­tique », TéléObs, 13 févri­er 2014.

À la ques­tion : « Vous avez voté Chirac en 2002, Bay­rou en 2007, Hol­lande en 2012. Bour­din est-il de droite ou de gauche ? », il répond : « Ni l’un ni l’autre. Je suis très européen et, en même temps, très lucide et cri­tique sur le fonc­tion­nement de l’Europe », ibid.

Jean-Jacques Bour­din a fait par­tie de la cam­pagne de « lyn­chage médi­a­tique de l’ophtalmo d’Aix-en-Provence » (« Union des Chirurgiens de France »), accusé d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un homme d’origine maghrébine et de sa fille. Le pro­cureur d’Aix-en-Provence a con­fir­mé par la suite : « L’enquête est faite. L’ensemble des témoins ont été enten­dus. Et, en l’absence d’infraction, nous avons décidé de class­er cette plainte sans suite. »

Dans M, le mag­a­zine du Monde (10 octo­bre 2013), le jour­nal­iste vedette de RMC et de BFM-TV indique qu’il a voté au pre­mier tour de l’élection prési­den­tielle de 2012 pour François Bay­rou (comme en 2007) et au sec­ond tour pour François Hol­lande (en 2007, il s’était abstenu).

Le Nou­v­el Obser­va­teur (« Le grand secret sur Cahuzac », 25 avril 2013) le déclare « proche du clan Strauss-Kahn ». En mars 2004, à l’invitation d’Alain Weill (voir « Sa nébuleuse »), il inau­gure une nou­velle for­mule d’émission, en lais­sant les manettes à Dominique Strauss-Kahn. L’ancien min­istre de l’économie répon­dant dès lors directe­ment aux ques­tions des audi­teurs afin de « répon­dre au plus grand nom­bre » et « d’aller au con­tact des Français de façon plus directe », « DSK aux manettes », Le Figaro, 02/03/2004.

En févri­er 2014, Libéra­tion affirme qu’il n’a jamais eu d’en­gage­ment mil­i­tant depuis sa jeunesse, « sauf con­tre l’exploitation des gaz de schistes qui men­ace son Gard natal. Lui vivant, « il n’y aura jamais un der­rick dans les Cévennes ! ».

En avril 2015, il clame avoir été à l’o­rig­ine des dis­sen­sions au FN entre Marine et Jean-Marie le Pen : « Agi­ta­teur de mau­vais­es idées ? J’assume d’avoir provo­qué la scis­sion au sein du FN ».

Aux Échos (11/06/2016), il affirme qu’il a décidé de ne plus inviter « aucun sarkozyste », depuis que Sarkozy a loupé sa réélec­tion en 2012 et n’a pas arrêté la poli­tique comme il l’avait promis.

Fin mai 2017, il affirme ne pas avoir voté à la prési­den­tielle : « Je n’ai pas voté! Vous savez pourquoi ? Parce que j’ai été radié des listes à Paris, voilà ».

Controverses

Au mois d’oc­to­bre 2019, il est rap­pelé à l’or­dre par le CSA après avoir traité Lydia Guirous, alors porte-parole des Répub­li­cains, d’ « imbé­cile » à l’antenne.

Lors de sa venue, le 27 jan­vi­er 2020 dans l’émis­sion Touche pas à mon poste, lui et sa femme Anne Nivat pré­ten­dent avoir été piégés par les équipes de Cyril Hanouna. Dans le taxi les ramenant chez eux, ils sont filmés en train d’in­sul­ter vio­lem­ment, selon un salarié de H20 Pro­duc­tions, Cyril Hanouna. La caméra cachée était placée en prévi­sion d’une prochaine émis­sion du présen­ta­teur de Touche pas à mon poste, inti­t­ulée La Grande Rass­rah. Ces insultes sont con­testées par l’épouse de Jean-Jacques Bour­din sur l’an­tenne d’Europe 1. Elle déclare : « C’é­tait un faux chauf­feur et un piètre acteur embauché par les équipes de Cyril Hanouna pour nous faire tomber dans ce piège. Il ne nous a absol­u­ment pas posé cette ques­tion sinon nous nous en seri­ons ren­dus compte. ». Quoiqu’il en soit les ban­des vidéos de la caméra cachée sont détru­ites à la demande du cou­ple et l’affaire jette un froid entre eux et Cyril Hanouna.

Enfin en févri­er 2021, il prend à par­tie Apolline de Mal­herbe dans les colonnes du JDD, pour ses audi­ences sur l’In­ter­view poli­tique, où elle rem­place occa­sion­nelle­ment Bour­din. Celle-ci lui répond vive­ment, lui faisant remar­quer les audi­ences en baisse, avant même son arrivée.

Début 2022, il est mis en cause, comme tant d’autres, par Medi­a­part pour de pos­si­bles har­cèle­ments sex­uels. Dans un entre­tien Valérie Pécresse crée volon­taire­ment un inci­dent en évo­quant l’affaire en direct. Une retombée inat­ten­due de sa cam­pagne élec­torale qui provo­quera sa chute.

En effet, Fan­ny Agos­ti­ni, anci­enne présen­ta­trice météo sur RMC, porte plainte con­tre le jour­nal­iste en févri­er 2022 pour « agres­sion sex­uelle », les faits incrim­inés remon­tant à 2013, lors d’un séjour pro­fes­sion­nel dans un hôtel de Calvi, en Corse. Medi­a­part révèle en out­re cer­tains mes­sages à con­no­ta­tion sex­uelle trans­mis par l’animateur (« Tu me tentes tous les matins… Jaime ton regard »). La rédac­tion de Radio France emboîte rapi­de­ment le pas à Medi­a­part et obtient d’autres témoignages malen­con­treux. Cet afflux pousse sa rédac­tion à dili­gen­ter une enquête interne, au cours de laque­lle pas moins de 35 per­son­nes seront auditionnées.

Si l’enquête judi­ci­aire est classée sans suite pour pre­scrip­tion et que les con­clu­sions de l’enquête interne ne sont pas ren­dues publiques, l’étau se resserre autour du pape de l’interview poli­tique. Son con­trat n’est donc logique­ment pas renou­velé par Altice Media qui, en juin 2022, le prie d’aller voir ailleurs. La case du « vieux mâle blanc » évincé est désor­mais, en toute logique là aus­si, attribuée à la pim­pante quar­an­te­naire Apolline de Mal­herbe.

Il rebon­dit chez Sud Radio dès sep­tem­bre 2022, où il présente « Par­lons Vrai », une émis­sion quo­ti­di­enne de débats et de dia­logue autour de l’actualité, dif­fusée de 10h30 à 12h30.

L’année suiv­ante, il renoue avec l’interview poli­tique de 8h30 à 9h00 lors de la mati­nale de Sud Radio, ani­mée par Patrick Roger, qui est aus­si le dirigeant de la sta­tion. Il se trou­ve alors en con­cur­rence directe avec le « Face-à-face », présen­té par son anci­enne col­lègue Apolline de Mal­herbe à la même heure sur BFMTV.

Publications

  • À l’é­coute, Jean-Jacques Bour­din (avec Anne Nivat), édi­tions Anne Car­rière, 2007.
  • L’homme libre, Jean-Jacques Bour­din (avec Anne Nivat), Cherche midi, 2014.

Collaborations

Juin 2012 : il par­ticipe à l’inauguration et au cock­tail organ­isé par la mai­son de ventes Europ Auc­tion en com­pag­nie de Pierre Lel­louche (député de Paris), Karine Fau­vet (LCI), Philippe Seguy (Point de Vue), Armelle Malvoisin (Jour­nal des Arts), Alexan­dre Cro­chet (Le Quo­ti­di­en de l’Art), Olivi­er Lange (Gazette Drouot) et les experts Car­o­line Her­rburg­er, Lau­re Nej­man et Bill Pallot.

Novem­bre 2011 : il est invité au lance­ment de la mar­que « Alès avec un A comme Audace ».

2010 : il par­ticipe à la cam­pagne de sen­si­bil­i­sa­tion aux besoins en matière de réin­ser­tion réal­isée par « Les pris­ons du cœur » avec Yan­nick Noah, l’ac­teur Pierre Ardi­ti, les ani­ma­teurs Michel Druck­er et Jean-Pierre Foucault.

2007 : Jean-Jacques Bour­din fait par­tie du comité édi­to­r­i­al « Man­i­feste 2007 » avec Frédéric Fil­loux, Nico­las Ger­bert et François Miquet-Mar­ty. Ce man­i­feste expose « 4 ten­dances de notre société : un désir de change­ment ; la demande d’un cer­tain retour de l’au­torité ; une prise de con­science du fait économique ; une exi­gence de par­tic­i­pa­tion et de respon­s­abil­ité ».

Novem­bre 2002 : ani­ma­teur d’une table ronde sur le thème « la prise de risque raison­née, élé­ment de la con­struc­tion iden­ti­taire de l’adolescence. » à l’oc­ca­sion de la journée com­mé­mora­tive de la déc­la­ra­tion inter­na­tionale des droits de l’en­fant organ­isée par Chris­t­ian Jacob, Min­istre délégué à la famille.

Ce qu’il gagne

Il refuse de s’étendre sur la ques­tion. Chal­lenges (28/02/2014) avançait que « son salaire – qu’il refuse de divulguer – serait le plus élevé du groupe, supérieur à celui de Frank Lanoux, directeur général de RMC ». Les Échos (11/06/2016) pré­cisent qu’il « touche une rémunéra­tion de salarié pour sa presta­tion radio et détient une société, Her­schel, domi­cil­iée dans le sud de la France qui fac­ture ses pas­sages sur les chaînes de télé du groupe — elle ne tra­vaille pour aucune autre société. Là aus­si, le secret est bien gardé, puisqu’il n’y a pas d’informations publiques sur les comptes ces dernières années ».

Selon Street­Press, qui assure se fonder sur « plusieurs sources con­cor­dantes à Altice », il aurait perçu une rémunéra­tion men­su­elle équiv­a­lente à 70 000 euros par mois, primes et bonus inclus, lorsqu’il offi­ci­ait sur BFM et RMC.

Dans le sil­lage des Drahi Leaks, Street­Press exploite égale­ment un con­trat de presta­tion de ser­vices con­clu entre Bour­din, via sa société Her­schel Pro­duc­tions, et Altice. À la lec­ture de ce dernier, il appa­raît que l’homme aurait touché 1,4 mil­lions d’euros lors de l’année 2018 pour faire « béné­fici­er ALTICE de son expéri­ence au prof­it des chaînes dinfor­ma­tion en con­tinu du Groupe News12 à New York, I24 en Israël et aux États-Unis ain­si que pour la chaîne dinfor­ma­tion de Media Cap­i­tal Groupe, média por­tu­gais en cours dacqui­si­tion par ALTICE ».

Distinctions

En 2010, il se voit décern­er le prix Philippe Caloni récom­pen­sant le meilleur inter­vieweur de l’an­née. Selon un sondage du Parisien, il est con­sid­éré comme le meilleur inter­vieweur radio de la cam­pagne prési­den­tielle 2012.

Il l’a dit

« Son côté cévenol, Bour­din le définit comme suit : “Je suis un des seuls de la pro­fes­sion à refuser caté­gorique­ment les invi­ta­tions à l’Elysée. C’est mes racines cévenoles ! Si le prési­dent veut me voir, ça sera chez moi, dans mon stu­dio et selon mes con­di­tions. Je tiendrai bon.”», « La vie cévenole de Jean-Jacques Bour­din », levigan.blogs.midilibre.com, 09/11/2010.

« Des hommes et des femmes qui ont envie d’enrichir le pays. (…) Nous allons nous appau­vrir en fer­mant nos fron­tières. (…) Pour don­ner du tra­vail aux Français, aus­si aux Français, et bien on accueille des hommes et des femmes qui sont prêts à venir tra­vailler dans notre pays », « Bour­din & Co », RMC, 12/04/2011.

« La France est par­fois raciste », « Bour­din & Co », RMC, 03/06/2011.

Nom­iné aux Bobards d’Or 2012 pour : « Marine Le Pen défend la pri­or­ité nationale […] réservée aux Français de souche », BFMTV, 10 jan­vi­er 2012.

« Je préfère voir une Marine Le Pen, un Dominique de Villepin, un Philippe Poutou can­di­dats, plutôt que de voir de faux can­di­dats ! Qui s’appellent Mme Boutin, M. Chevène­ment, M. Morin, qui ont négo­cié des postes de député ou des mis­sions qui leur seront con­fiées par ceux qui seront élus ! », « Bour­din & Co », RMC, 17/02/2012.

« Il y avait en 1931 deux fois plus d’Italiens qu’il n’y avait d’Algériens en 2007 », « Bour­din & Co », RMC, 25/04/2012.

« Si j’étais électeur là bas [troisième cir­con­scrip­tion du Vau­cluse, ndlr], je ne voterais pas pour elle [Mar­i­on Maréchal Le Pen] (…) C’est moi qui choi­sis, et c’est moi qui décide. Et c’est pas une jeune fille de 22 ans qui débute en poli­tique qui va choisir pour moi qui com­mence et quelles sont les ques­tions qu’on peut lui pos­er. Mais qu’est-ce que c’est que ça ! Qu’est-ce que c’est que ces pra­tiques ! Je vais vous dire une chose : si j’étais électeur de la 3e cir­con­scrip­tion du Vau­cluse, jamais je ne voterais pour elle. Jamais », « Bour­din & Co », RMC, 15/06/2012.

« Sur RMC, nous allons défendre la mar­que France. Et je serai le pre­mier à le faire. C’est du pro­tec­tion­nisme ? Eh bien oui », « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013

« Quelles valeurs avez-vous hérité de la cul­ture protes­tante dans laque­lle vous avez été élevé ? Le goût de la tolérance. Mon livre de chevet est d’ailleurs Let­tre sur la tolérance de John Locke. Tolér­er ne veut pas dire adopter ni accepter, mais écouter. Et ça ne me gêne pas de recueil­lir les pro­pos les plus vio­lents, « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », ibid.

« Vous voyez que les pen­sées xéno­phobes sont quand même très présentes ! Vous voulez que je vous les mon­tre, les mails ? Vous voulez que je vous mon­tre qu’il y en a, des pen­sées xéno­phobes ? Il suf­fit que j’accumule les mails que je reçois tous les matins ! », « Bour­din & Co », RMC, 07/11/2013.

« Quand je pra­tique une inter­view, je ne peux pas avoir le moin­dre sen­ti­ment. Et pour­tant, ce n’est pas mon car­ac­tère, je suis obligé de me faire vio­lence », Libéra­tion, 23/02/2014.

« Nico­las Can­teloup com­mence à me fatiguer. Si ça con­tin­ue, je prendrai les déci­sions qu’il faut, j’i­rai l’at­trap­er au col­let et lui dire ce que je pense, ce n’est pas un homme. Atta­quer les gens basse­ment, alors que je ne l’ai jamais ren­con­tré de ma vie. Si ça con­tin­ue, je réa­gi­rai comme un mec. Mon­sieur Can­teloup fait un sketch pathé­tique sur moi. C’est insul­tant, je n’aime pas me faire insul­ter. Et si ça con­tin­ue, je ferai ce qu’il faut, que ce soit bien enten­du M. Can­teloup ? Vrai­ment je me mets en colère, je suis calme jusqu’à main­tenant, mais met­tre en doute mon intégrité pro­fes­sion­nelle, ça suf­fit ! Vous ne me con­nais­sez pas mais je me lais­serai pas faire. » RMC, 09/09/2014

En réac­tion aux cri­tiques de Nico­las Can­teloup, accu­sant Bour­din de com­plai­sance envers le Front Nation­al : « Si ça con­tin­ue comme ça je prendrai les déci­sions qu’il faut. J’i­rai l’at­trap­er au col­let et j’i­rai lui dire ce que je pense ! Je ne pense pas que ça soit un homme, franche­ment. Atta­quer les gens basse­ment et lâche­ment sans même que je l’ai ren­con­tré une fois dans ma vie. Moi, si ça con­tin­ue, je réa­gi­rai comme un mec ! Vous m’avez com­pris ! » RMC, 10 sep­tem­bre 2014

« Il est sous influ­ence juive ? », au sujet de Manuel Valls, au cours d’un entre­tien avec Roland Dumas. Une ques­tion qui a débouché sur une procé­dure du CSA, qui a émis une mise en demeure à l’en­con­tre de BFMTV. BFMTV, 16 févri­er 2015.

« Agi­ta­teur de mau­vais­es idées ? J’as­sume d’avoir provo­qué la scis­sion au sein du FN. » Twit­ter, 8 avril 2015.

« Je vais revenir sur les liens entre Daesh et le Front Nation­al. Enfin pas les liens directs mais ce repli iden­ti­taire, qui finale­ment est une com­mu­nauté d’e­sprits, parce que l’idée pour Daesh, c’est de pouss­er la société française au repli iden­ti­taire. » 16 décem­bre 2015, BFMTV/RMC

« L’au­di­ence ne dégringole pas vrai­ment quand je ne suis pas là, per­son­ne n’est irrem­plaçable », Les Échos, 11/02/2016.

« Je suis très indépen­dant ici tant du point de vue édi­to­r­i­al que de mes équipes, je n’au­rais jamais l’équiv­a­lent ailleurs », ibid.

« Nico­las Sarkozy est le seul qui refuse de venir, peut-être parce qu’il avait dit chez moi qu’il arrêterait la poli­tique s’il per­dait en 2012. Il m’avait assuré qu’il reviendrait. Promesse non tenue, racon­te-t-il. Depuis, je suis très ferme, j’ai décidé de ne plus inviter aucun sarkozyste », ibid.

« On est manip­ulé en per­ma­nence, alors quand ça va dans l’autre sens, c’est pas mal non plus. Le citoyen a quand même le droit de se défendre », Tech­nikart, mai 2010.

« On n’a pas favorisé sa mon­tée [au Front Nation­al, ndlr], il est d’ailleurs redescen­du, pro­por­tion­nelle­ment à la per­cée de l’expression publique. À l’époque, don­ner la parole aux audi­teurs était con­sid­éré comme incon­gru. C’était ôter aux jour­nal­istes leurs prérog­a­tives. Et puis, au début des émis­sions inter­ac­tives, seules les extrêmes s’exprimaient. Les débuts ont été dif­fi­ciles, il a fal­lu du temps pour impos­er ce type de radio. Ensuite, on s’est aperçu qu’au-delà de ces intolérances, il y avait des témoignages de souf­france, de réus­site… Il y avait la vie », Ibid.

« Entre deux pages de pubs, on va essay­er de faire un peu de radio, ça va pas être facile. À mon âge main­tenant, ou je reste à l’an­tenne et je dis ce que je pense ou je me casse. Ou je me me barre… J’en ai assez. Et je com­mence vrai­ment à en avoir marre de tout ça. Je respecte l’au­di­teur et je me mets à la place de l’au­di­teur… Alors juste­ment, peut-être que je ne reviendrai pas après les vacances, car main­tenant ça suf­fit et je com­mence à en avoir ras le bol », sur RMC, 13/06/2017.

« Mon­sieur le prési­dent […] n’êtes-vous qu’un illu­sion­niste sor­ti du néant ? […] Est-ce que vous n’êtes pas dans une illu­sion puérile de toute-puis­sance ? », à Emmanuel Macron le 15 avril 2018.

« On ne pour­ra plus voir » ces « inter­views où l’on prend ses dis­tances et surtout où l’on ménage », sur RMC au sujet de l’interview d’Emmanuel Macron la veille, 16/04/2018.

« [Hol­lande] C’est un homme qui ne tient jamais ses promess­es, a‑t-il ful­miné ce mar­di 20 novem­bre. Je vais vous racon­ter quelque chose : ça fait trois mois qu’il me répond : “Oui, oui, je viens la semaine prochaine… Je vais venir bien­tôt.“ Il n’est jamais venu. Et je ne sais pas pourquoi. » L’animateur a ensuite taclé l’ancien chef de l’État sur son ambi­tion de revenir dans la poli­tique. « Quand on ne tient pas ses paroles, com­ment voulez-vous qu’on ait l’e­spoir de revenir au plus haut niveau ?! », RMC, 20/9/2018.

« Je ne m’en­gage pas poli­tique­ment, je ne veux pas m’en­gager poli­tique­ment, même si j’ai mes con­vic­tions, mes idées », dans C à Vous, 31/05/2021.

« Il arrive qu’en inter­view on s’a­ban­donne à une pul­sion, une émo­tion, parce qu’on ne sup­porte plus ce qui est dit », Ibid.

« Je pense avoir très large­ment con­tribué non seule­ment au suc­cès de RMC, mais égale­ment à celui des chaînes de télévi­sion qui m’ont emboîté le pas », dans le JDD cité par Le Point, 07/03/2021.

« Je remar­que sim­ple­ment que RMC a tou­jours été une radio pop­u­laire, proche de l’au­di­teur, loin de l’en­tre-soi parisien. Et je ne souhaite pas qu’elle [Apolline de Mal­herbe] s’é­gare. » dans le JDD cité par Le Figaro, 08/03/2021.

« Jai tou­jours été très indépen­dant […] per­son­ne nest jamais venu sinsér­er dans mon tra­vail. Je nai jamais accep­té cela. […] Et Marc-Olivi­er Fogiel sans cesse mappelait en me dis­ant il faut appel­er untel… Je ne peux tra­vailler comme ça […] Si Marc-Olivi­er Fogiel sen va, jirai à BFM »», “C médi­a­tique », France 5, 29/10/2023.

Sa nébuleuse

Philippe Labro, Alain Weill. Sa femme Anne Nivat, qu’il ren­con­tre dans le stu­dio de RMC, alors qu’elle vient faire la pro­mo­tion de son livre « Lende­mains de guerre en Afghanistan et en Irak ». Ensem­ble, ils ont un garçon, Louis, né en 2006. Ils se mari­ent qua­tre ans plus tard en 2010.

Le 26 févri­er 2007, Jean-Jacques Bour­din a été fait cheva­lier de la Légion d’hon­neur par Dominique de Villepin.

Alain Weill (mem­bre du Club Le Siè­cle), prési­dent du groupe Nex­tRa­dioTV, pro­prié­taire de RMC, BFM Busi­ness, BFMTV, du Groupe 01 (ex Groupe Tests). « En 2000, Alain Weill recrute Frank Lanoux, ancien de NRJ et actuel directeur général de RMC. Il l’envoie aux Etats-Unis pour étudi­er le principe des talk-radios, qui don­nent la parole aux audi­teurs. Avec un con­sul­tant améri­cain, ils met­tent en place une grille très lis­i­ble partagée en deux grandes tranch­es : actu de 5 heures à 14 heures, sport de 16 heures à minu­it. (…) Le sec­ond élé­ment clé, c’est la libéra­tion de la parole. Tan­dis que la crise fait rage, RMC fait témoign­er des per­son­nes pré­caires qui posent une réal­ité pal­pa­ble sur des chiffres et des dis­cours. (…) Aux accu­sa­tions de dém­a­gogie, Jean-Jacques Bour­din répond : “Le tra­vail d’enquête et de recoupe­ment du jour­nal­iste demeure le com­plé­ment du témoignage.” Le prob­lème, c’est que pour l’enquête et le recoupe­ment, il faut chercher ailleurs », « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013.

Décrit comme un proche de Dominique Strauss-Kahn avant qu’il ne devi­enne infréquentable, son nom avait été cité par un témoin dans l’affaire dite du « Carl­ton de Lille ». « Ce témoin est une anci­enne stan­dard­iste de RMC, sur laque­lle DSK aurait “flashé” un jour de 2007, alors quil était venu par­ticiper à une émis­sion. À la demande de celui qui n’était pas encore patron du FMI, Jean-Jacques Bour­din avait don­né le numéro de la jeune femme […] La jeune femme, âgée de 24 ans, se retrou­ve alors entraînée dans les soirées lib­ertines de DSK, dans ce quune salariée de RMC de l’époque qual­i­fie de “descente en enfer” pour la jeune sta­giaire. » (France Inter).

Il a con­nu le patron actuel de Sud Radio, Patrick Roger, lorsque ce dernier était directeur de la rédac­tion de BFMTV (2009–2010).

Ils ont dit

« Quand Nico­las Sarkozy donne le 3 juin une con­férence payée par Gold­man Sachs, à Lon­dres, Jean-Jacques Bour­din s’emporte à l’antenne : “Faut pas s’étonner que la finance gou­verne le monde !” Il ne sait pas à quel point il a rai­son : la finance, il lui doit son job », « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013.

« Jour­nal­iste qui ne laisse per­son­ne indif­férent, fuyant toute con­nivence, n’épargne aucun con­ser­vatisme poli­tique ou citoyen, rap­pelle à cha­cun ses respon­s­abil­ités », Jean-Jacques Bour­din à pro­pos de lui-même dans son livre L’Homme libre, 2014.

« Tous les matins, dans son émis­sion Bour­din & Co, l’homme à la voix de bronze prend en ligne des audi­teurs qui lui con­fient leurs bon­heurs et leurs mal­heurs. Il a fait de sa prox­im­ité avec les Français son argu­ment de vente. Un dém­a­gogue, dis­ent les uns. Un homme libre, répon­dent les autres. Qu’on l’ad­ule ou qu’on le déteste, Bour­din est devenu une star. Plus per­son­ne n’ig­nore sa “gueule”, ses yeux noirs perçants, son sourire d’en­fant, ses cheveux en brous­saille, ses cos­tumes trop larges, sa voix surtout, une excep­tion­nelle voix de radio, grave et légère­ment rocailleuse, où pointe un reste d’ac­cent mérid­ion­al », Chal­lenges, 28/02/2014.

« Au début des années 1970, Bour­din débute en ven­dant des assur­ances‑vie pour l’UAP, par­courant la Lozère au volant de sa Sim­ca 1000 Ral­lye 2 orange à ban­des noires. Inspecteur com­mer­cial pour la société de VPC Quelle, il sil­lonne la région d’Or­léans dans une Opel Ascona bleue, déje­une dans les routiers et dort dans les hôtels étapes VRP. Le jeune céli­bataire se mon­tre habile à recueil­lir les con­fi­dences de ses clientes, et par­fois davan­tage… Pour l’en­tre­prise de son père, grossiste en mer­cerie et bon­neterie à Alès, il vend des sou­tiens-gorge et des chaus­settes entre l’Ardèche et l’Hérault. Gliss­er le pied dans la porte, inspir­er con­fi­ance, faire l’ar­ti­cle, amen­er son inter­locu­teur à se décou­vrir : tout ce que Jean-Jacques Bour­din a appris à ses débuts lui sert aujour­d’hui, qu’il dia­logue avec une auditrice de la Creuse ou avec le min­istre du Bud­get », ibid.

« Depuis trente ans, Jean-Jacques Bour­din se lève à l’aube. Tous les matins, à 4h15, ses deux réveils son­nent. Tous les matins, il tient l’an­tenne pen­dant qua­tre heures, dont une ving­taine de min­utes con­sacrées à l’ex­er­ci­ce très physique de l’in­ter­view poli­tique. A moins d’un mètre de son inter­locu­teur, le jour­nal­iste porte ses coups, tel un boxeur, ne per­dant pas un instant de vue son adver­saire, atten­dant que celui-ci baisse la garde », ibid.

« Dif­fusé sur RMC et BFMTV à l’heure des embouteil­lages du matin, c’est le ren­dez-vous éprou­vant mais incon­tourn­able des min­istres et des can­di­dats. Pour aller à ce casse-pipe, il faut se déplac­er aux aurores, au fin fond du XVe arrondisse­ment de Paris. S’asseoir «à portée de baffes » du boss, devant un micro vin­tage style la Guerre des mon­des. Et s’attendre à tout, même au jeu des mille euros sans euros », Libéra­tion, 23/02/2014.

« Il lui arrive de met­tre les dirigeants en quar­an­taine, comme le député PS Bruno Le Roux, ban­ni pour avoir com­paré BFM à la radio pop­uliste améri­caine Fox News. Sur son plateau, le patron, c’est Bour­din. Et le roi n’est pas l’invité, mais l’auditeur », ibid.

« Dans son cos­tume noir, il fait son auto­pro­mo en fumant un havane dans le restau­rant d’un ami corse. Là, rive gauche de la Seine, à côté de chez lui, il joue au pok­er avec ses copains, 400 euros maxi la mise. Le week-end, quand il n’est pas dans sa mai­son deMars (Gard), c’est pétanque au Champ-de-Mars à Paris. «Sport de beauf», juge sa femme Anne Nivat, jour­nal­iste réputée pour sa con­nais­sance de la Russie et son car­ac­tère bien trem­pé », ibid.

« Un bouf­feur de micro, très pro. Et très séduc­teur, mal­gré son look de représen­tant en vins fins », un ancien de RTL à son sujet, ibid.

« Forte per­son­nal­ité, jour­nal­iste incon­testable­ment libre, pas cal­cu­la­teur », Alain Weill à son sujet, ibid.

« Avec son émis­sion mati­nale sur RMC, mais aus­si BFMTV et RMC Décou­verte, Jean-Jacques Bour­din est devenu un act­if stratégique de Nex­tRa­dioTV », Les Échos, 11/2/2016.

« Il y a un côté très incar­né chez RMC avec une forte per­son­nal­i­sa­tion, alors que d’autres mati­nales ont, elles, plutôt une équipe avec un ani­ma­teur et plusieurs per­son­nal­ités », ibid.

« Chaque matin, Bour­din réus­sit l’ex­ploit de tenir 4h l’an­tenne (de 6h à 10h), la plus longue tranche d’une radio général­iste. Les con­cur­rents ont beau jeu de dire que les audi­ences se tassent sur la sta­tion RMC et qu’elle n’est que 5ème sur la tranche 7h-9h en audi­ence moyenne. Bour­din, qui prof­ite de la puis­sance des chaînes de télévi­sion du groupe Nex­tRa­dioTV sur lesquelles il inter­vient, affiche une audi­ence cumulée de 2,5 mil­lions d’au­di­teurs sur RMC, 1,2 mil­lion sur BFMTV entre 8h30 et 9h, et 431.000 téléspec­ta­teurs entre 6h et 8h30 sur RMC Décou­verte », ibid.

« Jean-Jacques Bour­din ait fait jusqu’à 4 % de part d’au­di­ence sur RMC Décou­verte (con­tre une moyenne de 1,4 % pour la chaîne en journée) et jusqu’à 28 % sur BFMTV (con­tre une moyenne d’un peu plus de 2 % pour la chaîne) », ibid.

« Il a pour règle de ne jamais déje­uner ou pren­dre de café avec aucun homme poli­tique. « Je ne suis pas jour­nal­iste poli­tique, je suis jour­nal­iste tout ter­rain », ibid.

« C’est un prob­lème, dès que Jean-Jacques dit quelque chose qui sort un peu du cadre (…), tout est com­men­té immé­di­ate­ment », Anne Nivat, Le Figaro, 14/06/2017.

« Jean-Jacques était très énervé parce qu’il y avait trop de pub. Voilà, c’est tout!». Et de ras­sur­er: «Il ne s’est rien passé de spé­cial, il avait envie de dire des choses. Jean-Jacques Bour­din sera bien là à la ren­trée après s’être bien reposé », ibid.

« Depuis leur ren­con­tre, en 2004, sur le plateau radio de Bour­din, on a vu plusieurs fois le cou­ple, ensem­ble, à la télé ou la radio, pour com­menter leur tra­vail respec­tif, racon­ter leur his­toire d’amour, ou… parce que Bour­din rece­vait Anne Nivat dans sa mati­nale à l’oc­ca­sion de la sor­tie de son dernier livre. Ils sont beaux, amoureux, et ils sont tous les deux jour­nal­istes. Jean-Jacques Bour­din, inter­vieweur de la mati­nale de RMC et BFMtv et Anne Nivat, reporter de guerre respec­tée, étaient cette semaine dans la mati­nale de RMC. Invités ? Oui, mais seule­ment Anne Nivat. Elle était inter­viewée par son mari, Bour­din, à pro­pos de son dernier livre, Dans quelle France vit-on. Man­i­feste­ment, le cou­ple était à l’aise », Arrêts sur Images, 07/04/2017.

« C’est là [à RMC] que Bour­din crée le style qui fera son suc­cès : un ton sans con­ces­sion et l’organisation de son plateau pou­vant sus­citer une cer­taine ten­sion entre l’invité et le présen­ta­teur, face à face à moins d’un mètre de dis­tance. Cri­tique vis-à-vis de ses con­frères aux­quels il reproche leur prox­im­ité, voir leur con­nivence avec la classe poli­tique, Jean-Jacques Bour­din refuse les invi­ta­tions à déje­uner ou à dîn­er », Entreprendre.fr, 24/05/2017.

« Bour­din, c’est la voix de la France qui grogne, celle des mutins soli­taires qui pes­tent en écoutant leur autora­dio dans les bou­chons, celle des « tout-fout-le camp », Pierre Jax­el-Truer inter­rogé par Entreprendre.fr, op. cit.

« Jean-Jacques Bour­din est sym­pa­thique mais il déval­orise le niveau des débats. Avec lui, c’est intéres­sant sur le fond 5 min­utes, mais ensuite, il dérive très vite vers la con­ver­sa­tion de bistrot, sym­bol­isée par son fameux « Les Français veu­lent savoir ! » Et durant la cam­pagne prési­den­tielle, avec le titre de son émis­sion « Entre­tien d’embauche », Bour­din s’est un peu pris pour le futur recru­teur du chef de l’État. Une démarche que j’ai trou­vée dém­a­gogique et sim­pliste… », un lieu­tenant de Mélen­chon, op. cit.

« C’est la pire émis­sion que je n’ai jamais vue. L’émission répondait aux ques­tions des Français. Ce soir, on par­le de tout, sauf de ce qui les préoc­cupe. [Edwy Plenel et Jean-Jacques Bour­din] écoutent davan­tage leurs ques­tions que les répons­es de Macron. On voit bien que ce sont deux jour­nal­istes qui n’ont pas suff­isam­ment tra­vail­lé pour ren­dre le débat flu­ide », Franck Lou­vri­er au sujet de l’interview d’Emmanuel Macron, Le Parisien 15/04/2018.

« Face à deux inter­vieweurs très pugnaces, le chef de l’État n’a, lui non plus, pas retenu les coups. Dans ce con­texte, l’en­tre­tien a par­fois ressem­blé à un com­bat de boxe entre Jean-Jacques Bour­din, Edwy Plenel et Emmanuel Macron », Europe 1, 15/04/2018.

« Un peu vexés de se voir col­lec­tive­ment ren­voyés dans un monde ancien où la presse serait néces­saire­ment com­plaisante et déférente, plusieurs jour­nal­istes ont con­staté que l’exercice tenait moins de l’interview que du débat, et que Macron était plus traité en can­di­dat qu’en chef de l’État », Libéra­tion, 16/04/2018.

« A une époque, le sport ryth­mait vrai­ment sa vie. Car avant d’être con­sid­éré comme l’un des meilleurs inter­vieweurs poli­tiques de France, Bour­din a d’abord fait ses armes comme jour­nal­iste sportif. Il a même essayé d’in­té­gr­er la rédac­tion du jour­nal [l’Equipe] par l’in­ter­mé­di­aire de Jean Sadoul, alors prési­dent du Groupe­ment, l’ancêtre de la Ligue de foot­ball pro­fes­sion­nel. En vain. Ten­ta­tive de pis­ton ? », L’Équipe, 06/11/2018.

« Je me suis déjà agacée parce qu’il siphon­nait des infos que j’avais sor­ties”, con­firme une jour­nal­iste indépen­dante à pro­pos des mau­vais­es habi­tudes de Bour­din. “Et ce qui est cer­tain, c’est qu’il siphonne Le Parisien comme jamais : l’é­couter, c’est presque lire Le Parisien !” Dans le plus nation­al des quo­ti­di­ens régionaux, avec son édi­tion Aujour­d’hui en France, les jour­nal­istes inter­rogés font part de leur agace­ment envers le plus célèbre inter­vieweur de France… qui ne voit pas vrai­ment les choses de la même manière. “Ce matin, effec­tive­ment, j’ai oublié de citer Le Parisien”, recon­naît Bour­din, affir­mant cepen­dant dans la foulée : “Je ne pique jamais leurs infor­ma­tions.” », Arrêts sur image, 13/12/2020.

« Les audi­ences de son inter­view de 8h35 con­tin­u­ent d’ailleurs aujour­d’hui à chuter sur l’an­tenne, davan­tage que ne baisse la tranche 6 heures – 8h35. » Apolline de Mal­herbe dans un mail interne, cité par Le Figaro, à pro­pos des audi­ences de Jean-Jacques Bour­din. », Le Figaro, 08/03/2021.

« Je ne pen­sais pas sim­ple­ment que l’an­cien buteur chercherait à mar­quer con­tre son camp. » Ibid.

Je me suis claire­ment posé la ques­tion de ma par­tic­i­pa­tion à cette émis­sion ce soir, en rai­son de l’ou­ver­ture d’une enquête par la jus­tice à la suite d’une plainte déposée con­tre Mon­sieur Bour­din pour ten­ta­tive d’a­gres­sion sex­uelle. Si ces accu­sa­tions sont avérées, elles sont graves et elles doivent être condamnées…La loi du silence, c’est fini…pour que la parole se libère, il fal­lait que les femmes se sen­tent soutenues. Et avec moi, elles le seront. Je voulais dire les choses en face parce que je suis franche et que je suis sans détour (sic) » Valérie Pécresse sur BFMTV, 18 jan­vi­er 2022.

« Le «cou­ple extrême­ment fusion­nel» (dix­it Nivat) a par­fois pris de la place dans les rédac­tions de RMC et BFMTV. La jour­nal­iste indépen­dante sinvi­tait de temps à autre en stu­dio pour coach­er son mari. Une ex-mem­bre de la rédac­tion de RMC les dépeint en « cou­ple tox­ique », s’étant forgé une image « pop­u­lo » proche des gens, loin de la réal­ité de leur apparte­ment du VIe arrondisse­ment », Libéra­tion, 14/02/2023.

« [La] rédac­tion était pour lui un ter­rain de jeu, pas un ter­rain de chas­se. Il essayait. Des fois ça mar­chait, des fois ça ne mar­chait pas. Il pou­vait être lourd, insis­tant, col­lant […] Il y avait une ques­tion demprise, notam­ment pour les jour­nal­istes fraîche­ment sor­ties d’école », France Inter, 15 févri­er 2022.

« Jean-Jacques Bour­din a décidé qu’il bouf­ferait de l’Obono, Danièle, en fines lamelles, au petit déje­uner. ““Pour vous le Hamas est un mou­ve­ment de résis­tance ? Je cherche l’ex­pli­ca­tion” ”demande-t-il le 17 octo­bre à la députée insoumise.“ “Oui, c’est…c’est…” “C’est un mou­ve­ment de résis­tance ?” “C’est néces­saire d’avoir, euh…” “Est-ce que c’est un mou­ve­ment de résis­tance ?” “C’est néces­saire d’avoir des clar­i­fi­ca­tions…” “À pro­pos de clar­i­fi­ca­tions, est-ce que c’est un mou­ve­ment de résis­tance ?”” Six relances. Pas une de moins. Et à la cinquième, Obono : “”…qui résiste à une occu­pa­tion…”” Elle l’a dit ! Bour­din, haus­sant le ton pour l’esto­cade : “donc c’est un mou­ve­ment de résis­tance !” “Oui…qui se définit comme tel, qui est recon­nu comme tel par les instances inter­na­tionales…”” C’est bon. C’est dans la boîte. Vous m’emballez ça avec un tweet men­songer recou­sant grossièrement des répons­es décousues, et inven­tant au pas­sage une phrase non-pronon­cée : ““Oui, le Hamas est un mou­ve­ment de résis­tance. Cest un groupe poli­tique islamiste qui a une branche armée, et qui résiste à l’Is­raël”” et vous me l’en­voyez sur les réseaux » Daniel Schnei­der­mann, Arrêts sur image, 18/10/2023.

Crédit pho­to : RTS via Youtube (DR)

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