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Jean-Jacques Bourdin

Le pape cévenol de la « talk-radio »

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 01/12/2018

« Quand Nico­las Sarkozy donne le 3 juin une con­férence payée par Gold­man Sachs, à Lon­dres, Jean-Jacques Bour­din s’emporte à l’antenne : “Faut pas s’étonner que la finance gou­verne le monde !” Il ne sait pas à quel point il a rai­son : la finance, il lui doit son job » « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013.

Référence des émissions de libre antenne à la radio depuis plus de deux décennies, Jean-Jacques Bourdin cultive une image de journaliste indépendant, enraciné dans son terroir et proche du peuple. Il a longuement été la cible de ses confrères qui l’accusaient d’animer des discussions de café du commerce radiophoniques voire d’être populiste ! Pourtant, même s’il s’en défend en se présentant comme un animateur libre, il distille à ses auditeurs des prises de position plutôt conformes à la pensée unique.

Né à Alès (ou Bois-Colombes) en juin 1949, Jean-Jacques Bour­din est d’origine cévenole. Aîné de 5 enfants, il a gran­di à Alès, dans une famille protes­tante et « dans un milieu plutôt favorisé ». Son père Louis Bour­din, « avait une petite entre­prise », sa mère Nicole [de son nom de jeune fille : Richard-Chabrol] n’a jamais tra­vail­lé » (source). Auto­di­dacte, il a exer­cé divers métiers (vendeur d’assurance-vie, chauf­feur livreur, VRP, joueur de pok­er…) avant d’entrer comme sta­giaire à la sta­tion RTL par l’entremise de Ray­mond Cas­tans, directeur des pro­grammes de RTL. En 26 ans, il a « enchaîné sept ou huit ans de jour­nal­isme sportif, du reportage et la présen­ta­tion des dif­férents jour­naux », dévelop­pant « le principe de la parole aux audi­teurs » (source).

Mar­ié une pre­mière fois à Marie-Lau­re Camus – de cette union il a eu deux filles dont l’une, Fan­ny, est jour­nal­iste, actuelle­ment à B&O pro­duc­tion depuis août 2017–, il s’est remar­ié en 2005, selon plusieurs biogra­phies, avec Anne Nivat, une jour­nal­iste ayant notam­ment tra­vail­lé comme reporter de guerre pour Le Point (Prix Albert-Lon­dres 2000), qui a égale­ment col­laboré à plusieurs jour­naux améri­cains (Le Monde, 26 mars 2007). Elle est protes­tante alors que lui se dit athée.

Jean-Jacques Bour­din est par ailleurs gérant de la société HERSCHEL PRODUCTIONS, spé­cial­isée dans la pro­duc­tion audio­vi­suelle. Basée à Mars dans le Gard elle ne pub­lie plus de résul­tats depuis 2014, année où elle a fait 196.100 € de chiffre d’affaires.

Formation

Jean-Jacques Bour­din est tit­u­laire d’un bac­calau­réat lit­téraire obtenu en 1968. Il entame des études de droit à Greno­ble qu’il aban­donne, et pra­tique assidû­ment le pok­er à l’époque.

Parcours professionnel

1970 à 1975

VRP pour l’assureur l’UAP en Sim­ca Ral­lye en Lozère, pour Quelle à Orléans, pour son père grossiste en mer­cerie et bon­né­terie à Alès il vend des sou­tiens-gorges et des chaus­settes en Ardèche…

1975 à 2001 : RTL

Juil­let 1975 : il entre à RTL en tant que sta­giaire, après avoir été intro­duit par le directeur de la radio, Ray­mond Cas­tans qui était l’oncle de sa petite amie de l’époque, puis intè­gre le ser­vice des sports où il exerce en tant que jour­nal­iste sportif durant 8 ans. Il devient par la suite reporter et présen­ta­teur de jour­naux.

1990 : Il par­ticipe au lance­ment du mag­a­zine « J’accuse », dont l’intention est d’éclairer le labyrinthe judi­ci­aire « en prenant sys­té­ma­tique­ment le par­ti du jus­ti­cia­ble », selon Daniel Péressi­ni, PDG de J’accuse. Les autres par­tic­i­pants sont pour la plu­part mar­qués à gauche voire à l’extrême gauche : « Des jour­nal­istes comme Noël Mamère (Antenne 2). Jean-Pierre Farkas (Radio-France), Jean-Jacques Bour­din (RTL), Frédéric Pot­tech­er, Guy Thomas, Roger Colom­bani, etc., et des écrivains comme Gilles Per­rault ou Jacques de Bonis, ain­si que des auteurs de ” polars ” (Didi­er Daen­inckx, Gérard Del­teil, Thier­ry Jon­quet, etc.) », « Soix­ante ans après le pre­mier Détec­tive, J’accuse, la revue des faits divers », Le Monde, 15/03/1990.

1991 : il devient rédac­teur en chef et présen­ta­teur du jour­nal de la mi-journée.

1994–2000 : présen­ta­teur de l’émission d’interactivité : « Les audi­teurs ont la parole ».

2001 à aujourd’hui : RMC

2001 : Jean-Jacques Bour­din rejoint RMC en tant que con­seiller d’Alain Weill, le nou­veau prési­dent de la sta­tion. Il devient ani­ma­teur de « Bour­din & Co ».

2007 : Il rejoint BFM TV, chaîne du groupe d’Alain Weill, avec « Bour­din Direct » le matin qui est une dif­fu­sion de l’interview qu’il fait sur RMC Info dans « Bour­din & Co ».

2010 : Il présente l’émission sur la chaine TF1 « Abus de con­fi­ance » mais celle-ci sera dépro­gram­mée au bout de quelques mois faute d’audience.

Depuis 2004, il est rédac­teur en chef de RMC Info et ani­ma­teur de l’émission mati­nale « Bour­din & Co ».

Décem­bre 2016 : sur son compte Twit­ter, il lance un sondage « est-ce que les médias nous mentent ? ». Le résul­tat est sans appel : oui à 91% avec près de 8000 votes.

Juin 2017 : « Exas­péré » par la pub­lic­ité, il pique une colère en plein direct et laisse enten­dre qu’il ne revien­dra pas à la radio à la ren­trée. Sa femme affirme dès le lende­main qu’il n’a pas prévu de rac­crocher les cram­pons.

2018 : Le 15 avril 2018, il ani­me avec Edwy Plenel sur BFMTV, RMC et Medi­a­part une inter­view du prési­dent Emmanuel Macron. L’acrimonie des deux jour­nal­istes est remar­quée par de nom­breux obser­va­teurs, comme l’ex-conseiller en com­mu­ni­ca­tion de Nico­las Sarkozy, Franck Lou­vri­er, qui a aus­si remar­qué que les thèmes qui intéres­saient les français n’ont pas été abor­dés.

Octo­bre 2018 : Jean-Jacques Bour­din ani­me un nou­veau talk-show, Rien n’est impos­si­ble, tourné en pub­lic et dif­fusé en direct le ven­dre­di soir une fois par mois sur RMC Sto­ry. L’émission est dif­fusée de 21 h à 22 h 30, et oppose deux per­son­nal­ités autour d’un sujet d’actualité. En octo­bre 2018 il pro­pose aus­si d’organiser, pour les européennes 2019, la « revanche » du débat Le Pen – Macron du sec­ond tour de la prési­den­tielle ; le prési­dent répond par le silence.

Il devient aus­si prési­dent d’honneur du Nîmes Olympique mi-octo­bre 2018. Il était déjà con­seiller du prési­dent Rani Assaf et par­rain du club.

Parcours militant

Lors de la prési­den­tielle de 1965, Bour­din s’engage en faveur du can­di­dat d’extrême-droite, Jean-Louis Tix­i­er-Vig­nan­cour. « J’avais 16 ans et aucune con­science poli­tique. Mon père était très “Algérie française”. Pour moi, ce com­bat rel­e­vait d’une forme de roman­tisme. Se réu­nir le soir chez quelqu’un, atten­dre la tombée de la nuit pour aller coller des affich­es : tout cela m’amusait beau­coup. Mais je me suis vite éloigné de ce mou­ve­ment car je ne partageais pas les idées que j’entendais. Cet épisode a été mon seul et unique engage­ment poli­tique », TéléObs, 13 févri­er 2014.

À la ques­tion : « Vous avez voté Chirac en 2002, Bay­rou en 2007, Hol­lande en 2012. Bour­din est-il de droite ou de gauche ? », il répond : « Ni l’un ni l’autre. Je suis très européen et, en même temps, très lucide et cri­tique sur le fonc­tion­nement de l’Europe », ibid.

Jean-Jacques Bour­din a fait par­tie de la cam­pagne de « lyn­chage médi­a­tique de l’ophtalmo d’Aix-en-Provence » (« Union des Chirurgiens de France »), accusé d’avoir proféré des insultes racistes à l’encontre d’un homme d’origine maghrébine et de sa fille. Le pro­cureur d’Aix-en-Provence a con­fir­mé par la suite : « L’enquête est faite. L’ensemble des témoins ont été enten­dus. Et, en l’absence d’infraction, nous avons décidé de class­er cette plainte sans suite. »

Dans M, le mag­a­zine du Monde (10 octo­bre 2013), le jour­nal­iste vedette de RMC et de BFM-TV indique qu’il a voté au pre­mier tour de l’élection prési­den­tielle de 2012 pour François Bay­rou (comme en 2007) et au sec­ond tour pour François Hol­lande (en 2007, il s’était abstenu).

Le Nou­v­el Obser­va­teur (« Le grand secret sur Cahuzac », 25 avril 2013) le déclare « proche du clan Strauss-Kahn ». En mars 2004, à l’invitation d’Alain Weill (voir « Sa nébuleuse »), il inau­gure une nou­velle for­mule d’émission, en lais­sant les manettes à Dominique Strauss-Kahn. L’ancien min­istre de l’économie répon­dant dès lors directe­ment aux ques­tions des audi­teurs afin de « répon­dre au plus grand nom­bre » et « d’aller au con­tact des Français de façon plus directe », « DSK aux manettes », Le Figaro, 02/03/2004.

En févri­er 2014, Libéra­tion affirme qu’il n’a jamais eu d’engagement mil­i­tant depuis sa jeunesse, « sauf con­tre l’exploitation des gaz de schistes qui men­ace son Gard natal. Lui vivant, « il n’y aura jamais un der­rick dans les Cévennes ! ».

En avril 2015, il clame avoir été à l’origine des dis­sen­sions au FN entre Marine et Jean-Marie le Pen : « Agi­ta­teur de mau­vais­es idées ? J’assume d’avoir provo­qué la scis­sion au sein du FN ».

Aux Échos (11/06/2016), il affirme qu’il a décidé de ne plus inviter « aucun sarkozyste », depuis que Sarkozy a loupé sa réélec­tion en 2012 et n’a pas arrêté la poli­tique comme il l’avait promis.

Fin mai 2017, il affirme ne pas avoir voté à la prési­den­tielle : « Je n’ai pas voté! Vous savez pourquoi ? Parce que j’ai été radié des listes à Paris, voilà ».

Publications

À l’écoute, Jean-Jacques Bour­din (avec Anne Nivat), édi­tions Anne Car­rière, 2007.

Collaborations

Juin 2012 : il par­ticipe à l’inauguration et au cock­tail organ­isé par la mai­son de ventes Europ Auc­tion en com­pag­nie de Pierre Lel­louche (député de Paris), Karine Fau­vet (LCI), Philippe Seguy (Point de Vue), Armelle Malvoisin (Jour­nal des Arts), Alexan­dre Cro­chet (Le Quo­ti­di­en de l’Art), Olivi­er Lange (Gazette Drouot) et les experts Car­o­line Her­rburg­er, Lau­re Nej­man et Bill Pal­lot.

Novem­bre 2011 : il est invité au lance­ment de la mar­que « Alès avec un A comme Audace ».

2010 : il par­ticipe à la cam­pagne de sen­si­bil­i­sa­tion aux besoins en matière de réin­ser­tion réal­isée par « Les pris­ons du cœur » avec Yan­nick Noah, l’acteur Pierre Ardi­ti, les ani­ma­teurs Michel Druck­er et Jean-Pierre Fou­cault.

2007 : Jean-Jacques Bour­din fait par­tie du comité édi­to­r­i­al « Man­i­feste 2007 » avec Frédéric Fil­loux, Nico­las Ger­bert et François Miquet-Mar­ty. Ce man­i­feste expose « 4 ten­dances de notre société : un désir de change­ment ; la demande d’un cer­tain retour de l’autorité ; une prise de con­science du fait économique ; une exi­gence de par­tic­i­pa­tion et de respon­s­abil­ité ».

Novem­bre 2002 : ani­ma­teur d’une table ronde sur le thème « la prise de risque raison­née, élé­ment de la con­struc­tion iden­ti­taire de l’adolescence. » à l’occasion de la journée com­mé­mora­tive de la déc­la­ra­tion inter­na­tionale des droits de l’enfant organ­isée par Chris­t­ian Jacob, Min­istre délégué à la famille.

Ce qu’il gagne

Il refuse de s’étendre sur la ques­tion. Chal­lenges (28/02/2014) avançait que « son salaire – qu’il refuse de divulguer – serait le plus élevé du groupe, supérieur à celui de Frank Lanoux, directeur général de RMC ». Les Échos (11/06/2016) pré­cisent qu’il « touche une rémunéra­tion de salarié pour sa presta­tion radio et détient une société, Her­schel, domi­cil­iée dans le sud de la France qui fac­ture ses pas­sages sur les chaînes de télé du groupe — elle ne tra­vaille pour aucune autre société. Là aus­si, le secret est bien gardé, puisqu’il n’y a pas d’informations publiques sur les comptes ces dernières années ».

Sa nébuleuse

Philippe Labro, Alain Weill. Sa femme Anne Nivat.

Il l’a dit

« Son côté cévenol, Bour­din le définit comme suit : “Je suis un des seuls de la pro­fes­sion à refuser caté­gorique­ment les invi­ta­tions à l’Elysée. C’est mes racines cévenoles ! Si le prési­dent veut me voir, ça sera chez moi, dans mon stu­dio et selon mes con­di­tions. Je tiendrai bon.”», « La vie cévenole de Jean-Jacques Bour­din », levigan.blogs.midilibre.com, 09/11/2010.

« Des hommes et des femmes qui ont envie d’enrichir le pays. (…) Nous allons nous appau­vrir en fer­mant nos fron­tières. (…) Pour don­ner du tra­vail aux Français, aus­si aux Français, et bien on accueille des hommes et des femmes qui sont prêts à venir tra­vailler dans notre pays », « Bour­din & Co », RMC, 12/04/2011.

« La France est par­fois raciste », « Bour­din & Co », RMC, 03/06/2011.

Nom­iné aux Bobards d’Or 2012 pour : « Marine Le Pen défend la pri­or­ité nationale […] réservée aux Français de souche », BFMTV, 10 jan­vi­er 2012.

« Je préfère voir une Marine Le Pen, un Dominique de Villepin, un Philippe Poutou can­di­dats, plutôt que de voir de faux can­di­dats ! Qui s’appellent Mme Boutin, M. Chevène­ment, M. Morin, qui ont négo­cié des postes de député ou des mis­sions qui leur seront con­fiées par ceux qui seront élus ! », « Bour­din & Co », RMC, 17/02/2012.

« Il y avait en 1931 deux fois plus d’Italiens qu’il n’y avait d’Algériens en 2007 », « Bour­din & Co », RMC, 25/04/2012.

« Si j’étais électeur là bas [troisième cir­con­scrip­tion du Vau­cluse, ndlr], je ne voterais pas pour elle [Mar­i­on Maréchal Le Pen] (…) C’est moi qui choi­sis, et c’est moi qui décide. Et c’est pas une jeune fille de 22 ans qui débute en poli­tique qui va choisir pour moi qui com­mence et quelles sont les ques­tions qu’on peut lui pos­er. Mais qu’est-ce que c’est que ça ! Qu’est-ce que c’est que ces pra­tiques ! Je vais vous dire une chose : si j’étais électeur de la 3e cir­con­scrip­tion du Vau­cluse, jamais je ne voterais pour elle. Jamais », « Bour­din & Co », RMC, 15/06/2012.

« Sur RMC, nous allons défendre la mar­que France. Et je serai le pre­mier à le faire. C’est du pro­tec­tion­nisme ? Eh bien oui », « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013

« Quelles valeurs avez-vous hérité de la cul­ture protes­tante dans laque­lle vous avez été élevé ? Le goût de la tolérance. Mon livre de chevet est d’ailleurs Let­tre sur la tolérance de John Locke. Tolér­er ne veut pas dire adopter ni accepter, mais écouter. Et ça ne me gêne pas de recueil­lir les pro­pos les plus vio­lents, « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », ibid.

« Vous voyez que les pen­sées xéno­phobes sont quand même très présentes ! Vous voulez que je vous les mon­tre, les mails ? Vous voulez que je vous mon­tre qu’il y en a, des pen­sées xéno­phobes ? Il suf­fit que j’accumule les mails que je reçois tous les matins ! », « Bour­din & Co », RMC, 07/11/2013.

« Quand je pra­tique une inter­view, je ne peux pas avoir le moin­dre sen­ti­ment. Et pour­tant, ce n’est pas mon car­ac­tère, je suis obligé de me faire vio­lence », Libéra­tion, 23/02/2014.

« Nico­las Can­teloup com­mence à me fatiguer. Si ça con­tin­ue, je prendrai les déci­sions qu’il faut, j’irai l’attraper au col­let et lui dire ce que je pense, ce n’est pas un homme. Atta­quer les gens basse­ment, alors que je ne l’ai jamais ren­con­tré de ma vie. Si ça con­tin­ue, je réa­gi­rai comme un mec. Mon­sieur Can­teloup fait un sketch pathé­tique sur moi. C’est insul­tant, je n’aime pas me faire insul­ter. Et si ça con­tin­ue, je ferai ce qu’il faut, que ce soit bien enten­du M. Can­teloup ? Vrai­ment je me mets en colère, je suis calme jusqu’à main­tenant, mais met­tre en doute mon intégrité pro­fes­sion­nelle, ça suf­fit ! Vous ne me con­nais­sez pas mais je me lais­serai pas faire. » RMC, 09/09/2014

En réac­tion aux cri­tiques de Nico­las Can­teloup, accu­sant Bour­din de com­plai­sance envers le Front Nation­al : « Si ça con­tin­ue comme ça je prendrai les déci­sions qu’il faut. J’irai l’attraper au col­let et j’irai lui dire ce que je pense ! Je ne pense pas que ça soit un homme, franche­ment. Atta­quer les gens basse­ment et lâche­ment sans même que je l’ai ren­con­tré une fois dans ma vie. Moi, si ça con­tin­ue, je réa­gi­rai comme un mec ! Vous m’avez com­pris ! » RMC, 10 sep­tem­bre 2014

« Il est sous influ­ence juive ? », au sujet de Manuel Valls, au cours d’un entre­tien avec Roland Dumas. Une ques­tion qui a débouché sur une procé­dure du CSA, qui a émis une mise en demeure à l’encontre de BFMTV. BFMTV, 16 févri­er 2015.

« Agi­ta­teur de mau­vais­es idées ? J’assume d’avoir provo­qué la scis­sion au sein du FN. » Twit­ter, 8 avril 2015.

« Je vais revenir sur les liens entre Daesh et le Front Nation­al. Enfin pas les liens directs mais ce repli iden­ti­taire, qui finale­ment est une com­mu­nauté d’esprits, parce que l’idée pour Daesh, c’est de pouss­er la société française au repli iden­ti­taire. » 16 décem­bre 2015, BFMTV/RMC

« L’audience ne dégringole pas vrai­ment quand je ne suis pas là, per­son­ne n’est irrem­plaçable », Les Échos, 11/02/2016.

« Je suis très indépen­dant ici tant du point de vue édi­to­r­i­al que de mes équipes, je n’aurais jamais l’équivalent ailleurs », ibid.

« Nico­las Sarkozy est le seul qui refuse de venir, peut-être parce qu’il avait dit chez moi qu’il arrêterait la poli­tique s’il per­dait en 2012. Il m’avait assuré qu’il reviendrait. Promesse non tenue, racon­te-t-il. Depuis, je suis très ferme, j’ai décidé de ne plus inviter aucun sarkozyste », ibid.

« On est manip­ulé en per­ma­nence, alors quand ça va dans l’autre sens, c’est pas mal non plus. Le citoyen a quand même le droit de se défendre », Tech­nikart, mai 2010.

« On n’a pas favorisé sa mon­tée [au Front Nation­al, ndlr], il est d’ailleurs redescen­du, pro­por­tion­nelle­ment à la per­cée de l’expression publique. À l’époque, don­ner la parole aux audi­teurs était con­sid­éré comme incon­gru. C’était ôter aux jour­nal­istes leurs prérog­a­tives. Et puis, au début des émis­sions inter­ac­tives, seules les extrêmes s’exprimaient. Les débuts ont été dif­fi­ciles, il a fal­lu du temps pour impos­er ce type de radio. Ensuite, on s’est aperçu qu’au-delà de ces intolérances, il y avait des témoignages de souf­france, de réus­site… Il y avait la vie », Ibid.

« Entre deux pages de pubs, on va essay­er de faire un peu de radio, ça va pas être facile. À mon âge main­tenant, ou je reste à l’antenne et je dis ce que je pense ou je me casse. Ou je me me barre… J’en ai assez. Et je com­mence vrai­ment à en avoir marre de tout ça. Je respecte l’auditeur et je me mets à la place de l’auditeur… Alors juste­ment, peut-être que je ne reviendrai pas après les vacances, car main­tenant ça suf­fit et je com­mence à en avoir ras le bol », sur RMC, 13/06/2017.

«  Mon­sieur le prési­dent […] n’êtes-vous qu’un illu­sion­niste sor­ti du néant ? […] Est-ce que vous n’êtes pas dans une illu­sion puérile de toute-puis­sance ? », à Emmanuel Macron le 15 avril 2018.

« On ne pour­ra plus voir » ces « inter­views où l’on prend ses dis­tances et surtout où l’on ménage », sur RMC au sujet de l’interview d’Emmanuel Macron la veille, 16/04/2018.

« [Hol­lande] C’est un homme qui ne tient jamais ses promess­es, a-t-il ful­miné ce mar­di 20 novem­bre. Je vais vous racon­ter quelque chose : ça fait trois mois qu’il me répond : “Oui, oui, je viens la semaine prochaine… Je vais venir bien­tôt.“ Il n’est jamais venu. Et je ne sais pas pourquoi.  » L’animateur a ensuite taclé l’ancien chef de l’État sur son ambi­tion de revenir dans la poli­tique. « Quand on ne tient pas ses paroles, com­ment voulez-vous qu’on ait l’espoir de revenir au plus haut niveau ?! », RMC, 20/9/2018.

Sa nébuleuse

Le 26 févri­er 2007, Jean-Jacques Bour­din a été fait cheva­lier de la Légion d’honneur par Dominique de Villepin.

Alain Weill (mem­bre du Club Le Siè­cle), prési­dent du groupe Nex­tRa­dioTV, pro­prié­taire de RMC, BFM Busi­ness, BFM TV, du Groupe 01 (ex Groupe Tests). « En 2000, Alain Weill recrute Frank Lanoux, ancien de NRJ et actuel directeur général de RMC. Il l’envoie aux Etats-Unis pour étudi­er le principe des talk-radios, qui don­nent la parole aux audi­teurs. Avec un con­sul­tant améri­cain, ils met­tent en place une grille très lis­i­ble partagée en deux grandes tranch­es : actu de 5 heures à 14 heures, sport de 16 heures à minu­it. (…) Le sec­ond élé­ment clé, c’est la libéra­tion de la parole. Tan­dis que la crise fait rage, RMC fait témoign­er des per­son­nes pré­caires qui posent une réal­ité pal­pa­ble sur des chiffres et des dis­cours. (…) Aux accu­sa­tions de dém­a­gogie, Jean-Jacques Bour­din répond : “Le tra­vail d’enquête et de recoupe­ment du jour­nal­iste demeure le com­plé­ment du témoignage.” Le prob­lème, c’est que pour l’enquête et le recoupe­ment, il faut chercher ailleurs », « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013

Ils ont dit

« Quand Nico­las Sarkozy donne le 3 juin une con­férence payée par Gold­man Sachs, à Lon­dres, Jean-Jacques Bour­din s’emporte à l’antenne : “Faut pas s’étonner que la finance gou­verne le monde !” Il ne sait pas à quel point il a rai­son : la finance, il lui doit son job », « RMC : les recettes d’un fran­chouil­lard suc­cès », lesinrocks.com, 19/06/2013.

« Jour­nal­iste qui ne laisse per­son­ne indif­férent, fuyant toute con­nivence, n’épargne aucun con­ser­vatisme poli­tique ou citoyen, rap­pelle à cha­cun ses respon­s­abil­ités », Jean-Jacques Bour­din à pro­pos de lui-même dans son livre L’Homme libre, 2014.

« Tous les matins, dans son émis­sion Bour­din & Co, l’homme à la voix de bronze prend en ligne des audi­teurs qui lui con­fient leurs bon­heurs et leurs mal­heurs. Il a fait de sa prox­im­ité avec les Français son argu­ment de vente. Un dém­a­gogue, dis­ent les uns. Un homme libre, répon­dent les autres. Qu’on l’adule ou qu’on le déteste, Bour­din est devenu une star. Plus per­son­ne n’ignore sa “gueule”, ses yeux noirs perçants, son sourire d’enfant, ses cheveux en brous­saille, ses cos­tumes trop larges, sa voix surtout, une excep­tion­nelle voix de radio, grave et légère­ment rocailleuse, où pointe un reste d’accent mérid­ion­al », Chal­lenges, 28/02/2014.

« Au début des années 1970, Bour­din débute en ven­dant des assur­ances-vie pour l’UAP, par­courant la Lozère au volant de sa Sim­ca 1000 Ral­lye 2 orange à ban­des noires. Inspecteur com­mer­cial pour la société de VPC Quelle, il sil­lonne la région d’Orléans dans une Opel Ascona bleue, déje­une dans les routiers et dort dans les hôtels étapes VRP. Le jeune céli­bataire se mon­tre habile à recueil­lir les con­fi­dences de ses clientes, et par­fois davan­tage… Pour l’entreprise de son père, grossiste en mer­cerie et bon­neterie à Alès, il vend des sou­tiens-gorge et des chaus­settes entre l’Ardèche et l’Hérault. Gliss­er le pied dans la porte, inspir­er con­fi­ance, faire l’article, amen­er son inter­locu­teur à se décou­vrir : tout ce que Jean-Jacques Bour­din a appris à ses débuts lui sert aujourd’hui, qu’il dia­logue avec une auditrice de la Creuse ou avec le min­istre du Bud­get », ibid.

« Depuis trente ans, Jean-Jacques Bour­din se lève à l’aube. Tous les matins, à 4h15, ses deux réveils son­nent. Tous les matins, il tient l’antenne pen­dant qua­tre heures, dont une ving­taine de min­utes con­sacrées à l’exercice très physique de l’interview poli­tique. A moins d’un mètre de son inter­locu­teur, le jour­nal­iste porte ses coups, tel un boxeur, ne per­dant pas un instant de vue son adver­saire, atten­dant que celui-ci baisse la garde », ibid.

« Dif­fusé sur RMC et BFM TV à l’heure des embouteil­lages du matin, c’est le ren­dez-vous éprou­vant mais incon­tourn­able des min­istres et des can­di­dats. Pour aller à ce casse-pipe, il faut se déplac­er aux aurores, au fin fond du XVe arrondisse­ment de Paris. S’asseoir «à portée de baffes » du boss, devant un micro vin­tage style la Guerre des mon­des. Et s’attendre à tout, même au jeu des mille euros sans euros », Libéra­tion, 23/02/2014.

« Il lui arrive de met­tre les dirigeants en quar­an­taine, comme le député PS Bruno Le Roux, ban­ni pour avoir com­paré BFM à la radio pop­uliste améri­caine Fox News. Sur son plateau, le patron, c’est Bour­din. Et le roi n’est pas l’invité, mais l’auditeur », ibid.

« Dans son cos­tume noir, il fait son auto­pro­mo en fumant un havane dans le restau­rant d’un ami corse. Là, rive gauche de la Seine, à côté de chez lui, il joue au pok­er avec ses copains, 400 euros maxi la mise. Le week-end, quand il n’est pas dans sa mai­son deMars (Gard), c’est pétanque au Champ-de-Mars à Paris. «Sport de beauf», juge sa femme Anne Nivat, jour­nal­iste réputée pour sa con­nais­sance de la Russie et son car­ac­tère bien trem­pé », ibid.

« Un bouf­feur de micro, très pro. Et très séduc­teur, mal­gré son look de représen­tant en vins fins », un ancien de RTL à son sujet, ibid.

« Forte per­son­nal­ité, jour­nal­iste incon­testable­ment libre, pas cal­cu­la­teur », Alain Weill à son sujet, ibid.

« Avec son émis­sion mati­nale sur RMC, mais aus­si BFMTV et RMC Décou­verte, Jean-Jacques Bour­din est devenu un act­if stratégique de Nex­tRa­dioTV », Les Échos, 11/2/2016.

« Il y a un côté très incar­né chez RMC avec une forte per­son­nal­i­sa­tion, alors que d’autres mati­nales ont, elles, plutôt une équipe avec un ani­ma­teur et plusieurs per­son­nal­ités », ibid.

« Chaque matin, Bour­din réus­sit l’exploit de tenir 4h l’antenne (de 6h à 10h), la plus longue tranche d’une radio général­iste. Les con­cur­rents ont beau jeu de dire que les audi­ences se tassent sur la sta­tion RMC et qu’elle n’est que 5ème sur la tranche 7h-9h en audi­ence moyenne. Bour­din, qui prof­ite de la puis­sance des chaînes de télévi­sion du groupe Nex­tRa­dioTV sur lesquelles il inter­vient, affiche une audi­ence cumulée de 2,5 mil­lions d’auditeurs sur RMC, 1,2 mil­lion sur BFMTV entre 8h30 et 9h, et 431.000 téléspec­ta­teurs entre 6h et 8h30 sur RMC Décou­verte », ibid.

« Jean-Jacques Bour­din ait fait jusqu’à 4 % de part d’audience sur RMC Décou­verte (con­tre une moyenne de 1,4 % pour la chaîne en journée) et jusqu’à 28 % sur BFMTV (con­tre une moyenne d’un peu plus de 2 % pour la chaîne) », ibid.

« Il a pour règle de ne jamais déje­uner ou pren­dre de café avec aucun homme poli­tique. « Je ne suis pas jour­nal­iste poli­tique, je suis jour­nal­iste tout ter­rain », ibid.

« C’est un prob­lème, dès que Jean-Jacques dit quelque chose qui sort un peu du cadre (…), tout est com­men­té immé­di­ate­ment », Anne Nivat, Le Figaro, 14/06/2017.

« Jean-Jacques était très énervé parce qu’il y avait trop de pub. Voilà, c’est tout!». Et de ras­sur­er: «Il ne s’est rien passé de spé­cial, il avait envie de dire des choses. Jean-Jacques Bour­din sera bien là à la ren­trée après s’être bien reposé », ibid.

« Depuis leur ren­con­tre, en 2004, sur le plateau radio de Bour­din, on a vu plusieurs fois le cou­ple, ensem­ble, à la télé ou la radio, pour com­menter leur tra­vail respec­tif, racon­ter leur his­toire d’amour, ou… parce que Bour­din rece­vait Anne Nivat dans sa mati­nale à l’occasion de la sor­tie de son dernier livre. Ils sont beaux, amoureux, et ils sont tous les deux jour­nal­istes. Jean-Jacques Bour­din, inter­vieweur de la mati­nale de RMC et BFMtv et Anne Nivat, reporter de guerre respec­tée, étaient cette semaine dans la mati­nale de RMC. Invités ? Oui, mais seule­ment Anne Nivat. Elle était inter­viewée par son mari, Bour­din, à pro­pos de son dernier livre, Dans quelle France vit-on. Man­i­feste­ment, le cou­ple était à l’aise », Arrêts sur Images, 07/04/2017.

« C’est là [à RMC] que Bour­din crée le style qui fera son suc­cès : un ton sans con­ces­sion et l’organisation de son plateau pou­vant sus­citer une cer­taine ten­sion entre l’invité et le présen­ta­teur, face à face à moins d’un mètre de dis­tance. Cri­tique vis-à-vis de ses con­frères aux­quels il reproche leur prox­im­ité, voir leur con­nivence avec la classe poli­tique, Jean-Jacques Bour­din refuse les invi­ta­tions à déje­uner ou à dîn­er », Entreprendre.fr, 24/05/2017.

« Bour­din, c’est la voix de la France qui grogne, celle des mutins soli­taires qui pes­tent en écoutant leur autora­dio dans les bou­chons, celle des « tout-fout-le camp », Pierre Jax­el-Truer inter­rogé par Entreprendre.fr, op. cit.

« Jean-Jacques Bour­din est sym­pa­thique mais il déval­orise le niveau des débats. Avec lui, c’est intéres­sant sur le fond 5 min­utes, mais ensuite, il dérive très vite vers la con­ver­sa­tion de bistrot, sym­bol­isée par son fameux « Les Français veu­lent savoir ! » Et durant la cam­pagne prési­den­tielle, avec le titre de son émis­sion « Entre­tien d’embauche », Bour­din s’est un peu pris pour le futur recru­teur du chef de l’État. Une démarche que j’ai trou­vée dém­a­gogique et sim­pliste… », un lieu­tenant de Mélen­chon, op. cit.

« C’est la pire émis­sion que je n’ai jamais vue. L’émission répondait aux ques­tions des Français. Ce soir, on par­le de tout, sauf de ce qui les préoc­cupe. [Edwy Plenel et Jean-Jacques Bour­din] écoutent davan­tage leurs ques­tions que les répons­es de Macron. On voit bien que ce sont deux jour­nal­istes qui n’ont pas suff­isam­ment tra­vail­lé pour ren­dre le débat flu­ide », Franck Lou­vri­er au sujet de l’interview d’Emmanuel Macron, Le Parisien 15/04/2018.

« Face à deux inter­vieweurs très pugnaces, le chef de l’Etat n’a, lui non plus, pas retenu les coups. Dans ce con­texte, l’entretien a par­fois ressem­blé à un com­bat de boxe entre Jean-Jacques Bour­din, Edwy Plenel et Emmanuel Macron », Europe 1, 15/04/2018.

« Un peu vexés de se voir col­lec­tive­ment ren­voyés dans un monde ancien où la presse serait néces­saire­ment com­plaisante et déférente, plusieurs jour­nal­istes ont con­staté que l’exercice tenait moins de l’interview que du débat, et que Macron était plus traité en can­di­dat qu’en chef de l’Etat », Libéra­tion, 16/04/2018.

« A une époque, le sport ryth­mait vrai­ment sa vie. Car avant d’être con­sid­éré comme l’un des meilleurs inter­vieweurs poli­tiques de France, Bour­din a d’abord fait ses armes comme jour­nal­iste sportif. Il a même essayé d’intégrer la rédac­tion du jour­nal [l’Equipe] par l’intermédiaire de Jean Sadoul, alors prési­dent du Groupe­ment, l’ancêtre de la Ligue de foot­ball pro­fes­sion­nel. En vain. Ten­ta­tive de pis­ton ? », L’Équipe, 06/11/2018.

Crédit pho­to : RTS via Youtube (DR)

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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