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Bruce Toussaint

L’info en klaxonnant

« Je suis très bien payé. Je suis payé… à ma valeur, on va dire. » (« Le Grand 8 », D8, 19/09/13)

Né en octobre 1973, Bruce Toussaint est un journaliste, animateur de radio et de télévision. Prototype du journaliste surpayé dont la bobine inonde les écrans et les ondes, il excelle dans l’art de provoquer des catastrophes d’audience dont les conséquences ne sont jamais tirées. Les unes après les autres, ses émissions « originales » (qui se ressemblent toutes) tombent comme des dominos. Mais au fil des saisons, le mystère veut qu’il soit toujours là, sur vos écrans, dans vos postes de radio.

Sym­pa­thique et con­vivial pour les uns, hau­tain et méprisant pour les autres, il présente la par­tic­u­lar­ité d’avoir les chevilles qui enflent à mesure que ses audi­ences plon­gent. Car Bruce Tou­s­saint fait ce qu’il sait faire de mieux : ani­mer le néant. Ani­mer encore et tou­jours des émis­sions au con­cept jamais renou­velé, con­traire­ment à ses con­trats, gravis­sant les éch­e­lons d’échec en échec et s’étonnant à peine que rien n’arrête cette curieuse ascen­sion descen­dante…

Formation

Bruce Tou­s­saint est diplômé de l’Institut d’études poli­tiques de Bor­deaux ain­si que du Cen­tre de for­ma­tion pro­fes­sion­nelle des jour­nal­istes (CFPJ) de Mont­pel­li­er.

Parcours

Il fait ses débuts dans le jour­nal­isme en inté­grant O’FM en 1991. O’FM est la radio de la ban­lieue chic des Hauts-de-Seine. Il rejoint, trois ans plus tard, Canal+ en tant que jour­nal­iste sportif lorsque son prési­dent, André Rous­se­let, est évincé. Durant cette péri­ode, il col­la­bore notam­ment à « Nulle part ailleurs » et présente même l’émission les week-ends lors de la sai­son 2001/2002.

Lorsqu’en 2001, les rédac­tions d’I-Télé et de Canal+ fusion­nent, suite à un plan social, il suit nom­bre de ses col­lègues en rejoignant la rédac­tion de la chaîne d’information. Il présente, dès jan­vi­er 2002, le jour­nal de la mi-journée, avec Stéphane Renou­vin. En 2003, le jour­nal est sup­primé. Bruce Tou­s­saint s’oriente alors vers la tranche info du soir (18h-21h).

En sep­tem­bre 2004, il ani­me briève­ment « N’ayons pas peur des mots », une émis­sion de débat. Dès le mois d’octobre, lors du départ de Thier­ry Gilar­di sur TF1, il reprend « La Mati­nale », une émis­sion dif­fusée en clair sur Canal+. Par­al­lèle­ment, il écrit trois épisodes d’une série télévisée sur les couliss­es de Matignon. En 2007, l’élection prési­den­tielle approchant, Tou­s­saint ani­me chaque dimanche trois débats entre des per­son­nal­ités poli­tiques.

Il présente en juin 2008 sur Jim­my deux émis­sions d’anticipation qui com­mentent des événe­ments fic­tifs : « Break­ing News. » Il y évoque l’arrestation d’Oussama Ben Laden puis une attaque ter­ror­iste avec un virus mor­tel.

Lors du même mois de juin, il quitte enfin la « Mati­nale » pour suc­céder à Samuel Éti­enne à la présen­ta­tion de « L’Édition spé­ciale », l’émission de la mi-journée de Canal. C’est Maïte­na Biraben qui prend sa suite à la « Mati­nale ». En sep­tem­bre 2010, celui qui avait con­fié « avoir Canal dans son ADN » refuse de présen­ter le futur jour­nal de 20h de M6. Il reste dans le groupe Canal et présente le « News Show », un jeu télévisé basé autour de ques­tions d’actualité et dif­fusé pen­dant les vacances.

Il lance égale­ment sur Canal « Tout le monde il est beau, tout le monde il est gen­til », une émis­sion au « ton léger » dif­fusée le dimanche et qui revis­ite l’actualité de la semaine. L’émission fera un bide en ter­mes d’audience.

C’est en août 2011 qu’il quitte le groupe Canal pour aller présen­ter la mati­nale d’Europe 1, en rem­place­ment de Guil­laume Cahour. « Ce qui m’a plu, c’est de rejoin­dre la rédac­tion d’Europe 1 qui pour moi est un mod­èle », con­fie-t-il alors. Au même moment, il se rap­proche du ser­vice pub­lic et lance, en octo­bre, un mag­a­zine sur France 2 inti­t­ulé « Un monde six jeunes » qui sera qual­i­fié d’« échec », de « flop » et même de « cat­a­stro­phe indus­trielle ». Bruce Tou­s­saint s’en va alors ani­mer l’émission« Vous trou­vez ça nor­mal ?! », tou­jours sur France 2. Là aus­si, les audi­ences sont loin d’être au ren­dez-vous. L’émission, trop coû­teuse, est arrêtée en décem­bre 2012. N’ayant plus rien à présen­ter, il quitte France 2 le 21 décem­bre 2012. « J’ai survécu à l’Afghanistan mais pas à France 2, c’est dire le champ de mines qu’est le ser­vice pub­lic aujourd’hui », con­fiera-t-il au micro de Moran­di­ni après avoir fait sa mati­nale sur Europe 1 en direct de Kaboul. Esti­mant que « la chaîne s’est mal com­portée avec (lui) », il se retourne vers la sta­tion de la rue François Ier et déclare : « J’ai la chance de tra­vailler à Europe 1 avec des patrons respon­s­ables, sérieux et intel­li­gents, ça me change de France Télévi­sions. »

Une chance de courte durée. Dès la ren­trée, il est écarté de la mati­nale, tou­jours pour les mêmes raisons d’audience. C’est Thomas Sot­to qui le rem­place à la présen­ta­tion. Déchu d’Europe 1 et du ser­vice pub­lic, il retourne alors au sein du groupe Canal où il présente, depuis la ren­trée 2013, la mati­nale d’i>Télé.

Vie privée

Il est mar­ié à la jour­nal­iste lit­téraire de RFI Cather­ine Tou­s­saint avec qui il a deux enfants.

Ce qu’il gagne

Invité de l’émission « Le Grand 8 » sur D8 le 19 sep­tem­bre 2013, il refuse de don­ner son salaire mais con­fie : « Je suis très bien payé. Je suis payé… à ma valeur, on va dire. »

Il l’a dit

« À chaque fois que je vois quelqu’un de mon méti­er don­ner son salaire dans la presse, je sais que c’est faux »,« Le Grand 8 », D8, 19/09/13.

« Vu “24 jours” d’Arcady sur l’affaire Ilan Hal­i­mi. Boulever­sant. Cast­ing impec­ca­ble. Z. Bre­it­man excep­tion­nelle. À voir absol­u­ment », sur Twit­ter, 25/04/14.

« Le matin, à la radio, la con­cur­rence est ter­ri­ble. On ne peut plus se con­tenter de dire aux gens : “Bon­jour, fig­urez-vous qu’il s’est passé ça.” Les choix édi­to­ri­aux d’Europe 1 sont plus mar­qués qu’auparavant et ils sont les mêmes dans toutes les édi­tions de la mati­nale. Nous avons choisi de dévelop­per des “dom­i­nantes” dans l’information. C’est ce que j’appelle faire de l’info en klax­on­nant », Le Point, 12/09/12.

« On s’est beau­coup croisés, mais jamais vrai­ment par­lé. Je le regrette ter­ri­ble­ment aujourd’hui car je n’ai jamais pu lui dire à quel point il a été un mod­èle pour moi. (…) On voulait tous ressem­bler à Delarue au début des années 1990 ! Même physique­ment, avec sa cas­quette NYC, ses chemis­es blanch­es et ses cheveux en arrière ! », Le Point, 24/08/12.

« Ma cible, c’est le jour­nal de Jean-Pierre Per­naut, qui nous annonce tous les ans l’arrivée du gel à Ville­franche-les-Alou­ettes. TF1 aurait mieux fait de garder PPDA et de vir­er ce type, parce que son tra­vail, c’est 90% de non-jour­nal­isme. Le 13 heures est devenu une sorte de reflet de la France assoupie, idéal pour com­mencer la sieste. Que Per­naut soit de droite, con­ser­va­teur et réac’, ça ne me pose pas de prob­lème. Le souci, c’est qu’il exprime ses opin­ions dans le JT. Il ferait mieux de nous expli­quer pourquoi sa femme a les dents aus­si blanch­es », Teck­nikart, sep­tem­bre 2008.

Ils l’ont dit

« Je ne le con­nais pas. Mais j’ai lu ses pro­pos sur Inter­net. La preuve d’un manque de matu­rité et d’intelligence évi­dent. J’espère qu’un per­son­nage qui s’en prend à ma vie privée n’a pas de carte de presse. Et qu’il va appren­dre son méti­er. Il faut que je regarde à quoi il ressem­ble. S’il s’intéresse aux dents de ma femme, il n’a peut-être pas grand-chose à faire… », Jean-Pierre Per­naut, Télé 7 jours, sep­tem­bre 2008.

« Bruce il est ras­sur­ant. Quand on tra­vaille avec lui, on peut par­tir à la guerre. Il a les épaules. Ensuite il est chaleureux ; pour nous sur le plateau mais aus­si pour les téléspec­ta­teurs », Christophe Bar­bi­er, Télé Loisirs, août 2013.

« Si je voulais être vrai­ment méchant je pour­rais me gauss­er de l’expérience de Bruce Tou­s­saint sur France 2 qui est quand même l’exemple même d’une émis­sion où il n’y a pas de con­cept et où, comme par hasard, ça ne marche pas. Ça veut dire quand même qu’il ne suf­fit pas de met­tre six per­son­nes autour d’une table pour faire un suc­cès », Thier­ry Ardion, LCI, jan­vi­er 2013.

« Il y a une vraie cen­sure qui s’est instal­lée dans les médias, à la radio comme à la télévi­sion. J’ai été con­tac­té pour tenir une rubrique deux fois par semaine dans “le Fou du Roi” de Stéphane Bern. J’ai dit oui et je n’ai tou­jours pas de réponse. Bruce Tou­s­saint et son rédac­teur en chef m’ont con­tac­té pour une chronique heb­do­madaire dans sa nou­velle émis­sion sur Canal. Ils veu­lent que je tra­vaille avec eux, mais j’en ai tou­jours pas de con­fir­ma­tion. A moins de deux ans de la prési­den­tielle, les humoristes sont sur une liste noire. C’est de la cen­sure sournoise, de l’autocensure ou bien de l’allégeance », Christophe Alévêque, Le Parisien, juil­let 2010.

« Sym­pa­thique, un humour par­faite­ment maîtrisé, relance ses inter­locu­teurs avec finesse. Loin de cer­tains provo­ca­teurs qui sévis­sent sur la chaîne mère: C+… », un avis sur topjournaliste.com, 26 décem­bre 2013.

« Je trou­ve que c’est un bon jour­nal­iste et bon inter­view­er, il respecte en général ses invités, tout en n’étant pas mièvre avec eux », un avis sur topjournaliste.com, 19 juin 2013.

« Extrême­ment par­tial, désagréable avec qui n’est pas de son bord, méprisant, moqueur. Il se croit drôle mais ne l’est pas », un avis sur topjournaliste.com, 29 mai 2013.

« Jour­nal­iste par­tial et gré­gaire, bobo qui cherche à être sym­pa­thique mais qui au fond ne pense qu’a sa per­son­ne. La province n’existe pas pour ce nou­veau Moran­di­ni », un avis sur topjournaliste.com, 22 jan­vi­er 2013.

« Devenu insup­port­able. Cor­rect à ses débuts. A pris la grosse tête », un avis sur topjournaliste.com, 21 août 2012.

Crédit pho­to : Georges Biard via Wikimé­dia (cc)

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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