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Le “Conseil de Déontologie Journalistique” s’en prend à Éric Zemmour et Christine Kelly

5 février 2021

Temps de lecture : 2 minutes

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Le “Conseil de Déontologie Journalistique” s’en prend à Éric Zemmour et Christine Kelly

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Le “Conseil de Déontologie Journalistique” s’en prend à Éric Zemmour et Christine Kelly

5 février 2021

Créé en 2019, le “Conseil de Déontologie Journalistique et de Médiation” (CDJM) est une association loi 1901 qui donne son avis sur le respect par les différents médias de la “déontologie journalistique”. Très critiqué à sa création (la plupart des médias ont renoncé à y participer) — le journaliste Clément Weill-Raynal l’avait même qualifié de “tribunal suprême et moralisateur de la profession” — le CDJM continue à rendre régulièrement des avis, assez largement pour lui-même.

L’un de ses derniers avis con­cerne des pro­pos d’Éric Zem­mour tenus lors de son émis­sion Face à l’info, sur le mil­i­tant d’ex­trême gauche Taha Bouhafs.

Christine Kelly critiquée par le CDJM pour avoir laissé Zemmour s’exprimer

Cet avis pub­lié le 24 jan­vi­er, est la con­séquence de 80 saisines du CDJM faites suite à un pas­sage de Zem­mour sur CNews, le lun­di 30 novem­bre 2020, lors duquel le jour­nal­iste avait qual­i­fié Bouhafs de “mil­i­tant indigéniste” et “islamiste”.

Le CDJM a rétorqué qu’il s’agissait “d’accusations graves” et “sans preuve” car “on ne trou­ve pas publique­ment trace d’un engage­ment ou d’une opin­ion rel­e­vant de ce qu’on appelle “indigénisme””.

Le Con­seil ne sem­ble pas avoir beau­coup enquêté quand on voit les attaques faites par Bouhafs con­tre Char­lie Heb­do par exem­ple, ou son organ­i­sa­tion avec le mil­i­tant “indigéniste” Youcef Brakni, d’une “Marche con­tre l’islamophobie”.

Mais en plus de jouer les avo­cats pour Bouhafs, le Con­seil con­damne avant tout dans sa con­clu­sion, la jour­nal­iste Chris­tine Kel­ly, qui “n’a pas réa­gi” face à de tels pro­pos et par con­séquent, les aurait indi­recte­ment validés, man­quant ain­si à son devoir jour­nal­is­tique de ques­tion­ner les faits. Pour éviter la con­damna­tion, il fau­dra donc désor­mais réa­gir à tous les pro­pos tenus sur un plateau par les autres journalistes.

Valeurs Actuelles aussi dans le viseur du CDJM

Valeurs Actuelles con­naît aus­si des péripéties avec ces nou­veaux moral­isa­teurs. Suite au réc­it inti­t­ulé “Obono l’Africaine”, écrit dans Valeurs Actuelles en août dernier (voir notre dernier dossier pub­lié dans la Col­lec­tion Dés­in­tox : L’affaire Obono-Valeurs Actuelles), le CDJM avait ren­du un avis esti­mant que cet arti­cle “ne respecte pas la dig­nité humaine et est sus­cep­ti­ble de nour­rir les préjugés”.

En réponse, le média a assigné en référé le CDJM, esti­mant que ce dernier por­tait atteinte à leur “pré­somp­tion d’innocence”. Le syn­di­cat des édi­teurs de la presse mag­a­zine (SEPM) a d’ailleurs apporté son sou­tien au journal.

Une pre­mière audi­ence a eu lieu le 2 févri­er, lors de laque­lle les avo­cats du média et du SEPM ont fustigé “l’impérialisme déon­tologique” du Con­seil, “organ­isme auto­proclamé”, non souhaité par la majorité du secteur médi­a­tique et notoire­ment incom­pé­tent. Ce dernier a donc au moins réus­si quelque chose, celui d’unir la pro­fes­sion con­tre lui. Déci­sion du tri­bunal le 11 mars 2021.

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