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Frédéric Haziza épinglé pour manquements à la déontologie

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19 avril 2024

Temps de lecture : 4 minutes
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Frédéric Haziza épinglé pour manquements à la déontologie

Temps de lecture : 4 minutes

À l’occasion du rendu de ses avis sur les saisines dont il a fait l’objet, le Conseil de déontologie journalistique et de médiation (CDJM) est revenu sur des griefs à l’encontre des médias Le Point, France Inter, Médiavenir et le journaliste Frédéric Haziza, déjà connu pour ses frasques.

Frédéric Haziza : un journaliste qui confond « exposé des faits et commentaires »

C’est à l’occasion d’une man­i­fes­ta­tion propales­tini­enne que le jour­nal­iste Frédéric Haz­iza a dif­fusé sur son compte X une vidéo où il abor­de un pas­sant. Le déten­teur du micro, qui se présente sur X comme un « Jour­nal­iste #Forum­Ra­dioJ, #LesEn­fants­De­LaRépublique #LEDLR », a ain­si demandé au man­i­fes­tant : « Qu’est-ce que vous pensez du mas­sacre par le Hamas de 1 400 Israéliens ? » [Son inter­locu­teur lui répond que] « le mas­sacre, c’est pas bien, tuer des gens c’est pas bien » [et argu­mente en évo­quant ce qu’on] « lui a dit à l’école : regardez la Shoah, c’est pas bien, on a tué des mil­lions de per­son­nes c’est pas bien », [puis affirme que] « on fait la même chose… ». [M. Haz­iza le coupe à nou­veau : ]« Non mais je par­le du mas­sacre par le Hamas de 1 400 Israéliens… Le Hamas… Le Hamas… ». Puis de repren­dre : « Organ­i­sa­tion ter­ror­iste ou pas, le Hamas ? ». [Réponse] : « Organ­i­sa­tion ter­ror­iste ? … Heu… com­ment il s’appelle ? Tsa­hal [nom de l’armée israéli­enne, ndlr] ! Oui, Tsa­hal ter­ror­iste ! » [M. Haz­iza] : « Et le Hamas non ? »  [Le pas­sant] : « Organ­i­sa­tion poli­tique qui a une branche armée, qui a effec­tive­ment com­mis des crimes de guerre. » [M. Haz­iza] : « Là vous par­lez un peu comme Mathilde Pan­ot… » [Le pas­sant] : « Vous, vous par­lez un petit peu comme BFM / CNews. Vous tra­vaillez pour CNews, c’est ça ? … BFM ? ». [M. Haz­iza ]: « Radio J, Radio J ». »

Intention de nuire

Saisi par le pas­sant, le CDJM a demandé des expli­ca­tions à Radio J et son jour­nal­iste, mais n’a pas reçu de réponse. Après cette sai­sine, la vidéo en cause a été sup­primée du compte du jour­nal­iste. Le CDJM, saisi sur la com­mis­sion poten­tielle de con­fu­sion des faits et du com­men­taire de la part du jour­nal­iste, a estimé que la ques­tion « du mas­sacre par le Hamas de 1 400 israéliens » était rev­enue « à cinq repris­es, sans aucune ques­tion sur l’événement qui jus­ti­fie le reportage [et que] le jour­nal­iste ne cherch[ait] pas à recueil­lir un témoignage sur un événe­ment, mais exclu­sive­ment à con­fron­ter son inter­locu­teur aux mas­sacres com­mis par le Hamas. » Soulig­nant que cette démarche s’apparente « à « l’intention de nuire » classée par la Charte d’éthique pro­fes­sion­nelle des jour­nal­istes français (SNJ 2011) comme une des « plus graves dérives pro­fes­sion­nelles », le CDJM a estimé que Frédéric Haz­iza n’avait pas respec­té ses oblig­a­tions déontologiques.

Médiavenir : une vidéo tronquée, un propos altéré

Médi­avenir a égale­ment été pointé du doigt par le CDJM pour avoir pub­lié une vidéo d’un entre­tien de Céline Pina sur CNews, dans lequel celle-ci évo­quait la guerre entre Israël et le Hamas. La jour­nal­iste a déploré qu’en « enl­e­vant le moment où [elle expri­mait] qu’une vie pales­tini­enne et une vie israéli­enne avait la même valeur, [Médi­avenir] a délibéré­ment déséquili­bré la teneur de son pro­pos qui por­tait sur la dif­férence entre crime con­tre l’hu­man­ité et vic­times de con­flit armé ». Elle a égale­ment regret­té d’avoir dû « inter­rompre ses activ­ités pro­fes­sion­nelles ». Le CDJM a indiqué observ­er une « altéra­tion sig­ni­fica­tive de son pro­pos » et que le mon­tage « sem­bl[ait] avoir été réal­isé pour pro­duire un effet nar­ratif et accroître la dimen­sion polémique des pro­pos ». Le CDJM a jugé à l’unanimité que « les règles déon­tologiques d’exactitude et de non-altéra­tion d’un doc­u­ment ont été enfreintes » par le média.

Le Point et France Inter

Enfin, le CDJM a noti­fié au Point qu’il n’avait pas respec­té l’obligation déon­tologique d’exactitude et la vérac­ité pour qua­tre des six points soulevés par le requérant de la sai­sine à l’occasion d’un arti­cle. Il a aus­si fait savoir à France Inter que sa jour­nal­iste Léa Salamé aurait dû « cor­riger les pro­pos inex­acts » du min­istre Aurélien Rousseau, qui avait indiqué à son antenne qu’il n’y avait pas eu d’effets sec­ondaires sur les vac­cins con­tre le Covid-19 alors que « la ques­tion des effets sec­ondaires [est] documenté[e] notam­ment par les organ­ismes de san­té publique ».

Voir aus­si : Le Point et la guerre russo-ukrainienne

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