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Contraste : Jean-François Achilli licencié par Radio France, Guillaume Meurice soutenu par les syndicats

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8 mai 2024

Temps de lecture : 4 minutes
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Contraste : Jean-François Achilli licencié par Radio France, Guillaume Meurice soutenu par les syndicats

Temps de lecture : 4 minutes

Sur Radio France vous pouvez mettre une moustache à la Hitler à Éric Zemmour comme l’a fait Charline Vanhoenacker, vous pouvez traiter Jésus de PD comme l’a fait Frédéric Fromet, vous aurez une tape sur la main. Mais si vous avez envisagé (sans même commencer) d’écrire un livre pour Jordan Bardella, vous serez licencié, avec l’approbation ravie de vos confrères.

Achilli, victime expiatoire

Jean-François Achilli est réputé pour avoir été proche de Nico­las Sarkozy. S’il avait été proche de Raphaël Glucks­mann (com­pagnon de Léa Salamé) ou de Bernard Guet­ta (ex jour­nal­iste devenu n°2 de la liste Renais­sance aux élec­tions européennes), il aurait eu une chance de s’en tirer.

Mais il a aggravé son cas, émet­tant des avis et faisant des retours sur un man­u­scrit écrit par Jor­dan Bardel­la, retraçant l’itinéraire de ce dernier. Un ouvrage non ter­miné, sobre­ment inti­t­ulé (titre pro­vi­soire) « Jor­dan » et sous-titré « venu d’ailleurs, devenu d’ici » en référence à ses orig­ines italiennes.

Dénonciation des confrères

Con­va­in­cu d’intelligence avec l’ennemi, Achilli a été con­vo­qué puis licen­cié fin avril 2024 pour man­que­ment à la déon­tolo­gie. Remar­quons au pas­sage que c’est une dénon­ci­a­tion du jour­nal Le Monde que l’affaire a démar­ré en mars avec le relais d’un arti­cle sous forme d’exécution de Libéra­tion paru le 17 avril. Ajou­tons qu’aucun con­frère, aucun syn­di­cat de jour­nal­istes n’est venu le défendre. Ni aucun mou­ve­ment poli­tique, ce qui n’est pas le cas de Guil­laume Meurice large­ment soutenu.

Guillaume Meurice, récidiviste et adulé par ses confrères

Une des cau­tions gauchis­es de France inter, Guil­laume Meurice s’est fait con­naître par des micro-trot­toirs où les blagues sont aus­si ado­les­centes que les idées poli­tiques qui les sous-ten­dent. Du haut de sa chaire de bouf­fon, il ful­mine avec un sourire en coin sur le bon sens pop­u­laire français à la manière de Char­lie Heb­do, sa matrice idéologique à tous égards. Trai­tant à l’antenne, le 29 octo­bre 2023, le pre­mier min­istre israélien de « nazi mais sans prépuce » l’amuseur provoque un scan­dale qui ne lui vaut qu’un sim­ple aver­tisse­ment de sa direc­tion. Il récidive en 2024 et est cette fois-ci sus­pendu pro­vi­soire­ment d’antenne et con­vo­qué pour une sanction.

En rangs ser­rés les habituels censeurs des idées con­ser­va­tri­ces ont exprimé leur sol­i­dar­ité avec le trublion. San­drine Rousseau, la LFI Manon Aubry (tête de liste aux élec­tions européennes de juin), et même Clé­ment Beaune de Renais­sance sont venus à son sec­ours au nom d’une lib­erté d’expression qu’ils dénient aux autres. Sa com­pagne de radio Char­line Van­hoe­nack­er con­sacr­era une émis­sion entière à le défendre. Mieux, un mou­ve­ment de grève est prévu dimanche 12 mai pour « la fin de la répres­sion de l’insolence et de l’humour ». Achilli n’aura pas eu droit à tant de sollicitude.

Voir aus­si : Guil­laume Meurice, portrait

Chloé Morin conclut

Lais­sons le mot de la fin à la poli­to­logue Chloé Morin, com­pagne de Jean-François Achilli, dans Le Figaro :

« Quand un homme est à terre, quand il ne peut pas riposter, deux atti­tudes sont pos­si­bles : lui ten­dre la main, l’é­couter, ou lui foutre un coup de pied dans la gueule. Les car­ac­tères et la valeur des hommes et des femmes se révè­lent dans ces moments-là avec une grande clarté. Le temps vien­dra bien­tôt où Jean-François Achilli pour­ra dire publique­ment sa vérité, et plac­er son employeur, Radio France, comme ses pro­cureurs médi­a­tiques face à leurs respon­s­abil­ités. Pour ma part, je tiens à dire mon hor­reur et mon dégoût devant ce que nous sommes col­lec­tive­ment en train de faire de ce bien pré­cieux qu’est le débat pub­lic. L’at­mo­sphère de cet espace où se déroule la bataille d’idées, celle-là même qui fait la vie de notre démoc­ra­tie, est de plus en plus irres­pirable. Il n’est pas éton­nant que par mil­lions, des Français se dis­ent fatigués de tant de bassess­es, de tant de médi­ocrité, et de tant de violence ».

Voir aus­si : Jean-François Achilli, portrait