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Taha Bouhafs

21 septembre 2020

Temps de lecture : 13 minutes
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Taha Bouhafs

La chicha et la faucille

Taha Bouhafs est né en 1995 à Aïn-Beida (Algérie). La famille Bouhafs immigre en France quatre ans après sa naissance, à Échirolles, près de Grenoble, alors que la guerre civile algérienne entre dans une phase de refroidissement. Ses parents, professeurs, ne peuvent retrouver un emploi équivalent dans l’Hexagone et finissent par exercer des métiers non-qualifiés pour subvenir aux besoins de Taha et de sa sœur jumelle. De coups d’éclat en provocations, le journaliste rejoint Gaspard Glanz et David Dufresne (pour qui son homologue est « la relève de la profession ») au rang des martyrs antifas de la liberté d’informer. À la croisée des mouvements sociaux et communautaires, le jeune Bouhafs mène habilement sa barque en rêvant de ses lendemains qui chantent à lui, un soulèvement des banlieues sous la bannière du croissant islamique. Et il ne recule ni devant les fake news éhontées, ni devant une violence verbale peu commune sur les réseaux sociaux, pour porter cette sixième république sur les fonds baptismaux. Portrait d’un fellaga médiatique.

Formation

Le jeune Bouhafs quitte l’école et sa famille à 16 ans. Il accu­mule les petits boulots en ayant pour seul hori­zon, selon ses dires, « de ranger des surgelés à Car­refour ».

Faits notoires

La rumeur de Tolbiac

Le ven­dre­di 20 avril 2018, les CRS évac­uent les étu­di­ants qui occu­pent les locaux de l’Université Paris I Sor­bonne depuis trois semaines, à l’occasion des man­i­fes­ta­tions con­tre la loi ORE qui instau­re une sélec­tion à l’entrée de l’université. Il affirme alors qu’un étu­di­ant serait mort suite à l’intervention des policiers et qu’on ver­rait même « du sang partout ». Cette fausse infor­ma­tion, relayée prin­ci­pale­ment par le média d’extrême-gauche Reporterre, est démen­tie par la pré­fec­ture de police dans un pre­mier temps, puis par Check­News, l’équipe de fact-check­ing de Libéra­tion, qui met en doute la fia­bil­ité des témoignages. Alors qu’un sec­ond arti­cle du même quo­ti­di­en rap­porte que le témoin prin­ci­pal, mil­i­tante insoumise, aurait recon­nu avoir men­ti, Bouhafs per­siste et signe, accu­sant Libéra­tion de répan­dre « men­songes et calom­nie » sur son pro­fil Face­book. Il recon­naît toute­fois son erreur de mau­vaise grâce et déclare notam­ment à France 24 que “cette erreur est un acte fon­da­teur pour moi, j’ai changé de démarche depuis ». Pour ne rien gâter, Taha Bouhafs est égale­ment aperçu sur une vidéo où il s’interpose entre un polici­er et une man­i­fes­tante avant de hurler « Vous êtes des gross­es merdes ! » au nez de ce dernier.

Origine de l’affaire Benalla

Présent lors d’un apéro mil­i­tant place de la Con­trescarpe, le jeune mil­i­tant cap­ture sur son smart­phone l’intervention mus­clée des CRS et la pub­lie sur Twit­ter. On y voit notam­ment un homme, habil­lé en civ­il et coif­fé d’un casque de moto, maîtris­er vir­ile­ment un man­i­fes­tant et le pla­quer au sol. Deux mois et demi plus tard, Ari­ane Chemin, dans un arti­cle du Monde, divulgue l’identité de ce mys­térieux per­son­nage, qui n’est rien de moins que l’homme de main du prési­dent de la République, Alexan­dre Benal­la. Bouhafs, à son grand regret, n’est pas crédité dans l’article, mais cette heureuse coïn­ci­dence va sign­er le début de sa car­rière promet­teuse de vigie d’extrême-gauche.

Interpellation musclée à Alfortville (Val-de-Marne)

En juin 2019, il est inter­pel­lé alors qu’il cou­vre une man­i­fes­ta­tion de tra­vailleurs sans-papiers devant le cen­tre Chrono­post de Champs-sur-Marne qui les employ­ait illé­gale­ment. Il aurait entravé l’action des forces de l’ordre et a par la suite résisté à son inter­pel­la­tion, exacte­ment comme à Vil­leneuve-la-Garenne quelques mois plus tard lors du con­fine­ment. Suite à l’interpellation, il souf­fre d’une lux­a­tion de l’épaule et son télé­phone est mis sous scel­lés. Cette arresta­tion est à l’origine d’une lev­ée de boucliers d’une grande par­tie de la pro­fes­sion, qui dénonce à l’unisson cette inter­pel­la­tion abu­sive qu’elle con­sid­ère être une atteinte à la lib­erté de la presse. La tri­bune du Monde est signée par pas moins d’une ving­taine de sociétés de rédac­teurs : AFP, Arte, BFMTV, Cour­ri­er inter­na­tion­al, Les Échos, L’Express, France Cul­ture, Franceinfo.fr, France 24, L’Humanité, Libéra­tion, Medi­a­part, Le Monde, L’Obs, Sud Ouest, Téléra­ma, TV5 Monde, la rédac­tion des Jours et la rédac­tion de Reporterre. Alors qu’il est inculpé pour out­rage et rébel­lion, une let­tre de l’IGPN dis­cul­pant Bouhafs et attaquant le dossier de l’accusation est oppor­tuné­ment trans­mise au juge. Bouhafs est tiré d’affaire.

Macron aux Bouffes du Nord

Bouhafs a vent de la présence d’Emmanuel et de Brigitte Macron au théâtre des Bouffes du Nord à Paris. Il s’installe quelques places der­rière eux et annonce sur Twit­ter la présence du cou­ple prési­den­tiel au théâtre, pho­to à l’appui : « Je suis actuelle­ment au théâtre des Bouffes du Nord (métro La Chapelle). 3 rangées der­rière le prési­dent de la République. Des mil­i­tants sont quelque part dans le coin et appel­lent tout le monde à rap­pli­quer. Quelque chose se pré­pare… La soirée risque d’être mou­ve­men­tée ». À l’issue de la représen­ta­tion, alors qu’il fil­mait l’évacuation des man­i­fes­tants qui avaient pénétré par effrac­tion dans le théâtre sous les coups de 22h, le reporter est inter­pel­lé et placé en garde à vue. La juge d’instruction lui accorde le statut de témoin assisté à l’issue de sa garde à vue, dans le cadre d’une infor­ma­tion judi­ci­aire pour « par­tic­i­pa­tion à un groupe­ment for­mé en vue de com­met­tre des vio­lences ou dégra­da­tions » et « organ­i­sa­tion d’une man­i­fes­ta­tion non déclarée ».

Valeurs Actuelles et Zemmour

Après que Valeurs a pub­lié un arti­cle met­tant en lumière l’affinité pro­fonde qui unit Assa Tra­oré et Taha Bouhafs, au point que ces deux révo­lu­tion­naires pub­lient des clichés de leurs vacances bien méritées dans la région de Mar­seille sur Insta­gram, Bouhafs voit rouge. Il qual­i­fie l’auteur de l’article de « pseu­do jour­nal­iste » et pré­cise qu’il n’a « pas de leçon d’antiracisme à recevoir de pro­pa­gan­distes d’extrême droite qui se pig­no­lent sur ce sous-humain de zem­mour ». Fait rare pour être sig­nalé, il sup­prime le tweet devant le tol­lé sus­cité par l’emploi d’un terme qui jure quelque peu avec les tra­di­tions de l’extrême-gauche, surtout si on le traduit en langue tudesque.

Des militantes menacées

Bouafs divise même dans son pro­pre camp, et gare aux mou­tons noirs qui met­tent en péril le réc­it hagiographique de la sainte de l’antiracisme offi­ciel Assa Tra­oré. C’est ce qu’a appris une mil­i­tante à ses dépens quand elle a osé cri­ti­quer l’opportunisme de la porte-parole du clan Tra­oré, accusée de vouloir s’accaparer entière­ment la lutte con­tre les vio­lences poli­cières. (au détri­ment d’associations par­fois plus anci­ennes et mieux implan­tées) et d’en retir­er des béné­fices financiers. Comme le rap­porte Valeurs Actuelles, l’impétrant aurait envoyé des mes­sages fleuris à cette mil­i­tante : « Ça veut porter plainte con­tre un fran­gin [ndlr, Yous­souf Tra­oré, qui avait men­acé les voix dis­si­dentes par mes­sages privés] déjà incar­céré. Bien les mil­i­tants 2.0. […] Je [ne] par­le pas aux col­la­bos, va te cacher et ne te dis plus jamais mil­i­tante, vieille folle ». Met­tre en lumière les com­bines du clan Tra­oré est aus­si défendu que de manger un sand­wich dans la rue pen­dant le ramadan et vau­dra la même sanc­tion, y com­pris pour les frangines !

Parcours militant

Le pre­mier engage­ment mil­i­tant qu’il con­fesse est celui de la par­tic­i­pa­tion aux man­i­fes­ta­tions con­tre la Loi Tra­vail à Greno­ble. Con­statant l’absence d’individus partageant son pro­fil sur place, il crée la Com­mis­sion « Quartiers Pop­u­laires » de Nuit Debout Greno­ble. Sa frus­tra­tion ne s’atténue pas pour autant :

« Je voy­ais pass­er les fémin­istes, les éco­los, tout le monde. Cer­tains trucs me rendaient com­plète­ment ouf ! On me par­lait de planter des carottes, alors qu’il y avait des gens qui mouraient de vio­lences poli­cières chez moi ! Je craquais ! ».

Le jeune homme prend son mal en patience et finit par pren­dre sa carte à La France Insoumise. Il se présente sur la liste du par­ti de Mélen­chon dans sa ville natale (deux­ième cir­con­scrip­tion de l’Isère) en 2017, arrive troisième avec 12 % des suf­frages. L’équipe du can­di­dat LREM lui reproche de venir per­turber des réu­nions publiques, tant et si bien qu’il provoque une alter­ca­tion en pleine rue avec un mil­i­tant LREM, même s’il clame être la vic­time de ce coup de sang. Il finit par porter plainte con­tre le mil­i­tant qui l’a pris à par­tie.

Il met en pra­tique son art con­som­mé de la provo­ca­tion lors de l’Université d’été du par­ti à l’été 2019, alors qu’il tronque et dif­fuse une phrase pronon­cée par l’historien de la laïc­ité Hen­ri Peña-Ruiz : « on a le droit d’être islam­o­phobe ». Cette ini­tia­tive agace pass­able­ment les cadres du par­ti et Bouhafs n’aura d’autre choix que de s’éloigner gradu­elle­ment des Insoumis, chez qui il n’est plus vrai­ment en odeur de sain­teté.

Il est égale­ment l’un des organ­isa­teurs de la man­i­fes­ta­tion con­tre l’islamophobie du 10 novem­bre, ini­tiée en bonne part par le CCIF et soutenue par Yan­nick Jadot et Jean-Luc Mélen­chon, qui fai­sait suite à l’attentat raté sur la mosquée de Bay­onne. « Peu d’hommes poli­tiques ont pris la parole à l’is­sue de la man­i­fes­ta­tion, même si Jean-Luc Mélen­chon a été acclamé par la foule aux cris de « Mélen­chon prési­dent ! » La France Insoumise serait en négo­ci­a­tion avec le prin­ci­pal archi­tecte de cette marche, Mad­jid Mes­saoudene, con­seiller munic­i­pal à Saint-Denis, pour qu’il y porte les couleurs du par­ti aux élec­tions munic­i­pales de mars prochain. Inter­rogé par La Vie, Eric Coquer­el, député FI de Saint-Denis, a refusé de démen­tir cette rumeur. » (La Vie)

Sa nébuleuse

Le jour­nal­iste-mil­i­tant est proche d’activistes indigénistes et islamistes appar­tenant au Comité « La Vérité pour Adama ».

Youcef Brakni, porte-parole du comité, est un ancien mil­i­tant des Indigènes de la République et du Mou­ve­ment Islamique de Libéra­tion, très act­if dans sa ville de Bag­no­let où il est con­nu pour avoir cité des pas­sages du Coran lors du con­seil munic­i­pal et invec­tivé vio­lem­ment des élus qui y siégeaient. « Il fut can­di­dat pour “Français et Musul­mans” aux lég­isla­tives 2017 en Seine-Saint-Denis, soutenu, là encore, par Youcef Brakni. Mélangeant allè­gre­ment reli­gion et poli­tique, le par­ti organ­isa un meet­ing poli­tique dans une mosquée de Mon­treuil le 25 févri­er 2017, avec pour représen­tants Jim­my Parat et Youcef Brakni aux côtés de Noured­dine Aous­sat, un imam-prêcheur ultra con­ser­va­teur, au mépris de l’ar­ti­cle 26 de la loi de 1905. » (Naëm Bestand­ji)

« Entre 2011 et 2013 par exem­ple, sous la précé­dente man­da­ture, de nom­breux équipements munic­i­paux (ciné­ma, gym­nase, salle, etc.) ont été mis à la dis­po­si­tion de Youcef Brakni pour ses activ­ités mil­i­tantes. Sous la houlette de son asso­ci­a­tion, le Groupe des asso­ci­a­tions de Bag­no­let (GAB), il organ­ise ain­si la venue du gratin de l’islamo-indigénisme dans la ville. Avec la béné­dic­tion du maire Marc Ever­becq, des per­son­nal­ités telles que la porte-parole du par­ti des Indigènes de la République Houria Bouteld­ja, Tariq Ramadan ou encore l’an­cien directeur du CCIF Mar­wan Muham­mad — pour ne citer qu’eux — tien­nent durant des heures le cra­choir. En 2012, c’est à l’occasion d’un de ces événe­ments inti­t­ulé “Print­emps des quartiers pop­u­laires”, que Bouteld­ja déclare : « Mohamed Mer­ah, c’est moi. » (Valeurs Actuelles)

Mad­jid Mes­saoudene est la stricte réplique de Brakni dans la ville de Saint-Denis. À ceci près que ce dernier a réus­si à siéger au con­seil munic­i­pal, tout en étant délégué à l’égalité et à la lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions, ce qui lui con­fère un pou­voir de nui­sance plus impor­tant encore. Proche du CCIF et de l’idéologie frèriste, il a con­tribué à faire de Saint-Denis le camp de base de la mou­vance décolo­niale. « L’homme facilite aus­si l’or­gan­i­sa­tion de réu­nions publiques à Saint-Denis, rassem­blant la fine fleur de la sphère « décolo­niale ». Lieu priv­ilégié de ces raouts : la Bourse du tra­vail. Elle a accueil­li le con­grès fon­da­teur du Par­ti des indigènes de la République (PIR) en 2010, un meet­ing du PIR et de l’U­nion des organ­i­sa­tions islamiques de France (UOIF, éma­na­tion des Frères musul­mans) le 18 décem­bre 2016… Le 11 décem­bre 2015, un mois après les atten­tats de Paris, Mad­jid Mes­saoudene réu­nis­sait tout ce petit monde, avec Tariq Ramadan en invité vedette, pour une réu­nion « con­tre l’is­lam­o­pho­bie », évidem­ment, mais aus­si pour dénon­cer des inter­ven­tions poli­cières accusées de « cho­quer les habi­tants »… Comme celle du 18 novem­bre, où les forces de l’or­dre ont appréhendé les ter­ror­istes islamistes. » (Mar­i­anne)

Il est à l’origine de la défaite élec­torale du maire sor­tant de Saint-Denis, Lau­rent Russier (PCF), car l’alliance entre les listes PCF et LFI sup­po­sait que son nom soit effacé de la liste des Insoumis. Saint-Denis, com­mu­niste depuis la Libéra­tion, tombe ain­si dans l’escarcelle du PS.

Daniel Mer­met : l’ancien totem trot­skyste de France Inter, proche du FLN dans sa jeunesse, séduit par la fougue de l’agitateur, décide de l’engager comme reporter à Là-bas si j’y suis après avoir enten­du par­ler de lui suite à la dif­fu­sion de la vidéo de Benal­la. « Après l’avoir reçu dans son émis­sion enreg­istrée à la Fête de l’Humanité en sep­tem­bre 2018, il lui donne sa chance à par­tir du 8 décem­bre. » (Libéra­tion) Une fois son embauche effec­tive, il com­mence par cou­vrir les man­i­fes­ta­tions des Gilets jaunes pour le média.

Arié Ali­mi : avo­cat juif algérien orig­i­naire de Sar­celles et mem­bre du comité cen­tral de la Ligue des Droits de l’Homme, sa con­science poli­tique s’affirme à Assas, alors même que la fac­ulté est tra­ver­sée par des ten­sions entre le GUD et l’Union des Etu­di­ants Juifs de France, auquel il appar­tient. Il défend Taha Bouhafs, ain­si qu’une flopée de mil­i­tants d’extrême-gauche ou pro-pales­tiniens. Ses com­bats le font pass­er pour un « juif hon­teux » aux yeux de la com­mu­nauté juive française. « J’essaie sim­ple­ment de véhiculer une autre vision du judaïsme, qui a déjà existé : un judaïsme éclairé, rationnel, libéré des peurs et des crispa­tions iden­ti­taires. Ma défense de Nabil Koskos­si, mes liens d’amitié avec le jour­nal­iste Taha Bouhafs, avec des gens du Comité Adama, avec des mil­i­tants qui ont des affinités avec la cause pales­tini­enne, ma par­tic­i­pa­tion à l’organisation de la man­i­fes­ta­tion du 10 novem­bre 2019 con­tre l’islamophobie… Tout cela m’a valu des cris, des insultes. Mais l’essentiel est de cass­er les préjugés, les para­noïas, de jeter un pont entre les deux rives. Je veux con­tribuer à cela, fût-ce mod­este­ment. » (Bal­last)

Danièle Obono et Eric Coquer­el : la pre­mière est députée du 18e arrondisse­ment de Paris et le sec­ond de Seine-Saint-Denis. Ils sont tous deux représen­tants d’une atti­tude com­plaisante vis-à-vis de l’islam poli­tique au sein de LFI. « La France insoumise est à la recherche des voix des “quartiers”. Éric Coquer­el, député insoumis, estime que c’est là que se trou­vent les 600.000 bul­letins qui lui ont man­qué pour accéder au sec­ond tour de 2017. “Il faut que les can­di­dats du 93 aient la couleur de peau des gens qui vivent dans le 93.” affirme même M. Coquer­el. » (Mar­i­anne) Ils appor­tent leur sou­tien au jour­nal­iste auto­proclamé à chaque fois que celui-ci ren­con­tre des ennuis judi­ci­aires. Il a même été choisi par Coquer­el, aux côtés de son frère de lutte Youcef Brakni, pour organ­is­er les « États généraux des quartiers pop­u­laires » à Épinay en novem­bre 2018. Il se rend égale­ment, accom­pa­g­né de ses cama­rades « indigénistes com­mu­nau­taristes » aux vœux d’Éric Coquer­el trois mois plus tard à l’Ile-Saint-Denis.

Meh­di Meklat : proches dans la vie, Bouhafs aurait passé des essais pour incar­n­er son ami dans un film retraçant l’affaire Meklat qui doit être réal­isé par Lau­rent Can­tet.

Aude Lancelin : la pas­sion­ar­ia de l’extrême-gauche a appelé à libér­er Bouhafs, selon elle « embastil­lé pour un tweet » après qu’il ait été placé en garde à vue suite à l’épisode des Bouffes du Nord. Ce dernier fig­u­rait par­mi les cosig­nataires du man­i­feste de son nou­veau média, Quarti­er Général, qu’elle a fondé dans la foulée de son évic­tion du Média.

Il l’a dit

« Sale sion­iste veut dire sale juif ? Sacré Benoit, c’est bien­tot le dîn­er du CRIF, et t’as pas envie d’être privé de petits fours, je com­prends. », Twit­ter, 18/02/2019.

« Cer­tains m’ont pro­posé le job en me deman­dant d’être moins mil­i­tant. Mais il y a tou­jours un regard sur l’info, je les trou­ve hyp­ocrites. J’ai refusé. », Street­Press, 19/02/2019.

Au sujet de Nuit Debout : « C’était une ultra-poli­ti­sa­tion hyper rapi­de ! Et puis je n’avais jamais vrai­ment dis­cuté avec des blancs. Les seuls que je con­nais­sais, c’était mes profs ou la police. Que des rela­tions con­flictuelles. », Idem

« Les keufs essayent de m’empêcher de filmer. Me poussent. Un pre­mier n’a pas de matricule. Un deux­ième n’a aucune dis­tinc­tion de police, il me pousse sur quinze mètres et me met un coup de poing au torse. Je m’énerve con­tre eux. Ils déci­dent de m’embarquer. L’un d’entre eux me chope le bras. Je lui dis qu’il va me péter l’épaule. Il con­tin­ue. Mon épaule s’est déboîtée dans ses bras. J’ai hurlé de douleur. Ils m’ont quand même mis par terre, l’un avait un genou sur mon ven­tre, l’autre sur mes jambes, l’autre sur ma tête. J’avais du mal à respir­er. », Les Inrock­upt­ibles, 14/06/2019.

Au sujet de la fake news de Tol­bi­ac : « Je n’étais pas jour­nal­iste à ce moment-là et je ne pen­sais pas que j’allais le devenir. Moi j’y ai cru parce que j’avais toutes les raisons d’y croire. Dans le con­texte des vio­lences de l’évacuation, je suis tombé dans le pan­neau. Ça m’a appris une chose : c’est de véri­fi­er, de recouper et pas de seule­ment croire les gens sur parole. A l’époque, je fil­mais les man­i­fs sur Twit­ter. Ce n’était pas une démarche jour­nal­is­tique assumée. J’ai été trompé comme le Média, comme Mar­i­anne, comme Reporterre.», Libéra­tion, 20/06/2019.

« Les pouilleux de Char­lie Heb­do n’existent qu’à tra­vers notre indig­na­tion. Ces­sons de com­menter leurs unes dégueu­lass­es et ils cesseront d’être. », Twit­ter, 30/10/2019.

« Dans ce télé­phone, assure-t-il à “Quo­ti­di­en”, il y a une vidéo ter­ri­ble. On voit un prési­dent de la République ain­si que la pre­mière dame pren­dre leurs jambes à leur cou. Ils courent. Ils fuient des gens qui sont ren­trés dans le théâtre et qui vien­nent leur deman­der des comptes. Cette image, elle est ter­ri­ble. Elle est dans ce télé­phone et j’ai peur que cette vidéo dis­paraisse. », L’Obs, 21 jan­vi­er 2020.

Ils l’ont dit

 « Il lui a demandé de par­tir. Peut-être qu’ils se sont pris par le bras… Il lui a dit : Pourquoi tu es là ? Pourquoi tu dis des choses par der­rière ? [Taha Bouhafs aurait notam­ment dit ou repris cette phrase : “Macron, c’est une banane”, ndlr]. Il n’y a pas eu d’agression comme il le dit. […] Ma réac­tion est de ne pas réa­gir à cette provo­ca­tion. C’est un inci­dent qu’il est venu créer lui-même pour se faire de la pub et pour, der­rière, venir gon­fler quelque chose qui n’existe pas. Je ne com­prends pas pourquoi il a fait ça. », Jean-Charles Colas-Roy, Place Gre’net, 04/06/2017.

« un véri­ta­ble Rouletabille rad­i­cal, c’est-à-dire qu’il est partout où il faut. Il a une vision de jour­nal­iste mais évidem­ment au ser­vice d’un mil­i­tant poli­tique. Moi je suis assez hal­lu­ciné du six­ième sens qu’il a: il est partout où il faut être » Eric Coquer­el, Le Cour­ri­er de l’Atlas, 13/12/2018.

« Quand l’été dernier, je décou­vre la vidéo de la Con­trescarpe, je regarde qui a filmé. Taha Bouhafs est un mil­i­tant de La France insoumise, mais pour moi, il est alors le garçon qui a inven­té un mort à Tol­bi­ac. Donc je suis méfi­ante. Je cherche à récupér­er d’autres images de la scène, je con­tacte des man­i­fes­tants présents », Ari­ane Chemin, Soci­ety, juin 2019.

« Il fume depuis qu’il a douze ans — désor­mais “tous les jours” — du tabac Adalya de préférence, et c’est au fil­tre de cette vapeur aro­ma­tisée qu’il analyse les rouages du monde qui l’entoure. […] C’est donc logique­ment autour d’un nar­guilé, dans le Xe arrondisse­ment, qu’on retrou­ve Taha Bouhafs ce 13 juin. Il est 18 heures, et le reporter a un petit creux. Il faut dire qu’il se lève rarement avant 13 heures : “Le matin, je con­nais pas”, rigole-t-il. », Les Inrocks, 14/06/2019.

« Les vieux cons vous salu­ent bien et préfèrent aban­don­ner ce méti­er plutôt que de s’associer par lâcheté cor­po­ratiste à une péti­tion qui fait sem­blant de croire que ce mon­sieur est jour­nal­iste. Il a le droit de s’exprimer en tant que mil­i­tant mais il n’est pas jour­nal­iste », Fabi­en Namias, Twit­ter, 15/06/2019

« Grand ama­teur d’assignations iden­ti­taires, ne pou­vant con­cevoir que des Français d’origine maghrébine aient l’outrecuidance de con­damn­er les dérives de l’islam poli­tique – on se sou­vient de son « arabe de ser­vice » à l’attention de l’historien Nad­er Allouche, ou encore de ses alga­r­ades twit­te­ri­ennes con­tre les « col­labeurs » Majid Oukacha, Zohra Bitan ou Zineb el Rha­zoui – Taha Bouhafs pra­tique égale­ment le cyber­har­cèle­ment. Voire même le « doxxing », cette pra­tique qui con­siste à dévoil­er et dif­fuser les coor­don­nées per­son­nelles d’une per­son­ne, dans l’optique de la livr­er en pâture aux réseaux soci­aux. La même Zohra Bitan, chroniqueuse des Grandes Gueules sur RMC, en a d’ailleurs fait les frais en juil­let 2019. », Valeurs Actuelles, 18/01/2020.

« «Touch’mwa pas», alias #TahaBouhafs, roquet islamiste, harceleur et doxxer en ligne, appelle au lyn­chage du prési­dent @EmmanuelMacron avant de se vic­timiser au titre de la lib­erté d’expression. Une lib­erté qu’il com­bat lorsqu’il s’agit de cri­ti­quer l’islam. #FichezS­Ta­ha », Zineb El Rha­zoui, Twit­ter, 18/01/2020.

« À l’issue de ce retour sur le par­cours du jeune homme, une ques­tion s’impose : jusqu’à quand la France va-t-elle tolér­er qu’un par­fait petit sol­dat de la haine anti-flic, qui ne cesse de vio­l­er les lois et de souf­fler sur les brais­es de la guerre civile se cache der­rière l’étiquette de jour­nal­iste ? Autrement dit, quand l’enfumage Taha Bouhafs pren­dra-t-il fin ? Fau­dra-t-il atten­dre que des émeu­tiers tuent des policiers et des gen­darmes à l’arme lourde pour que l’on arrête de prêter l’oreille à tous les char­la­tans qui entre­ti­en­nent un cli­mat de détes­ta­tion envers eux et les lois français­es qu’ils représen­tent ? », L’Incorrect, 23/04/2020.

L'Ojim fait sa rentrée

Bonjour à tous, après quelques semaines de vacances au cours desquelles nous avons sélectionné les meilleurs articles du premier semestre, nous reprenons le cours normal de nos parutions. Bonne rentrée pour certains d'entre vous, bonne fin de vacances pour les autres et bonne lecture pour tous.

Procès Ramzi Khiroun contre Ojim/Claude Chollet : première audience le 7 octobre 2020

Claude Chollet et l’Observatoire du journalisme (OJIM) ont été mis en examen par le procureur de la République à la demande de Monsieur Ramzi Khiroun, ancien chauffeur et garde du corps de DSK et maintenant porte-parole du groupe Lagardère. La mise en examen porte sur le délit d’injures publiques, susceptible d’une amende de 12.000 € et de dommages et intérêts supplémentaires. La première audience a lieu le 7 octobre. Pour nous aider à nous défendre et à nous développer, rejoignez nos donateurs.