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François Ruffin à l’assaut de l’oligarchie et des médias complices

26 février 2016

Temps de lecture : 3 minutes

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François Ruffin à l’assaut de l’oligarchie et des médias complices

26 février 2016

Depuis la sortie de son premier documentaire, mercredi 24 février 2016, François Ruffin fait beaucoup parler de lui dans les médias.

Dans « Mer­ci Patron ! », le fon­da­teur du jour­nal satirique Fakir mon­tre les con­séquences calami­teuses de la ges­tion de LVMH par le mil­liar­daire Bernard Arnault. S’in­téres­sant à la sit­u­a­tion dés­espérée d’une famille du Nord, licen­ciée en 2007 après la délo­cal­i­sa­tion de leur usine tex­tile vers les pays de l’Est, Ruf­fin mon­tre l’en­vers du décors d’un cap­i­tal­isme mon­di­al­isé sans gêne et sans remords.

Mil­i­tant social inspiré notam­ment, à l’in­star de Pierre Car­les, par les travaux du soci­o­logue Pierre Bour­dieu, le jour­nal­iste s’en­gage depuis de nom­breuses années auprès des tra­vailleurs en pro­mou­vant le pro­tec­tion­nisme économique, la pen­sée économique de Frédéric Lor­don ou encore en dénonçant les mul­ti­ples trahisons de la gauche. Con­crète­ment, à la manière de ce que fait Élise Lucet dans « Cash Inves­ti­ga­tion », Ruf­fin s’emploie par­fois, en com­pag­nie de salariés, à acheter des actions dans des multi­na­tionales pour inter­venir lors des assem­blées générales, seul moyen d’in­ter­peller directe­ment les dirigeants sur leurs erreurs.

À tra­vers sa revue Fakir, fondée à Amiens, et ses nom­breux ouvrages engagés, le réal­isa­teur d’un jour souhaite racon­ter l’ap­pli­ca­tion froide et con­crète de la pen­sée libérale. Né à Amiens en 1975, il est entré en 2000 au Cen­tre de for­ma­tion des jour­nal­istes (CFJ) de Paris après avoir obtenu une maîtrise de let­tres. Aus­sitôt ses études ter­minées, il a créé Fakir, jour­nal satirique mil­i­tant tout d’abord local puis, en 2010, nation­al à paru­tion trimestrielle. Jusqu’en 2012, il a par­ticipé à plusieurs émis­sions de « Là-bas si j’y suis », sur France Inter. C’est avec une démarche proche de celle du doc­u­men­tariste améri­cain mil­i­tant Mick­ael Moore qu’il a entre­pris la réal­i­sa­tion de « Mer­ci patron ! », son pre­mier documentaire.

Sa cible : Bernard Arnault, patron de LVMH. « J’ai décou­vert que l’origine de la for­tune de Bernard Arnault, c’était à côté de chez moi », explique-t-il à Libéra­tion. Et d’a­jouter : « Depuis 2005 que je tit­ille Bernard Arnault, il réag­it de façon intel­li­gente : il ne réag­it pas. »

Après un pas­sage remar­qué chez Bour­din sur RMC, François Ruf­fin s’est ren­du sur Europe 1, où il avait prévu de faire un « atten­tat radio­phonique ». Tout d’abord décom­mandé de l’émis­sion de Frédéric Tad­deï, la sta­tion d’Ar­naud Lagardère a été con­trainte de repro­gram­mer son invité, cette fois chez Jean-Michel Aphatie. L’oc­ca­sion rêvée de dénon­cer « l’oli­garchie » sur ses pro­pres ondes. Ain­si celui-ci a‑t-il estimé au micro qu’« un salarié aus­si dés­in­volte qu’Arnaud Lagardère aurait été licen­cié depuis longtemps, en n’assistant pas au con­seil d’administration du fleu­ron de l’aéronautique européenne. Un salarié ferait ça, il serait licen­cié immé­di­ate­ment. Votre patron au lieu d’être licen­cié, il a empoché deux mil­liards de plus-value. »

Face à un Aphatie assez per­tur­bé, le réal­isa­teur n’a rien lâché et a préféré s’en pren­dre directe­ment à Lagardère plutôt que d’évo­quer son film de manière générale, comme il l’avait fait chez Bour­din. L’at­ten­tat ne s’est pas lim­ité aux mots : pen­dant l’émis­sion, Ruf­fin a offert un Maroilles « pour remerci­er Arnaud Lagardère pour le plan com’ qu’il [lui] a assuré » en le décom­man­dant de chez Tad­deï, avant de quit­ter le plateau en lançant un os en plas­tique à Aphatie. Une manière sym­bol­ique d’af­firmer que ce ne sont plus les médias qui, aujour­d’hui lui don­nent un os à ronger.

Dans son pre­mier livre, « Les petits sol­dats du jour­nal­isme », il avait déjà dénon­cé le sys­tème de for­matage que con­sti­tu­aient les écoles de jour­nal­isme (il a lui-même fait le CFJ de Paris), où aucune place n’est don­née à l’en­gage­ment poli­tique et à l’im­per­ti­nence. Pour Ruf­fin, le sujet de son film rejoint par­faite­ment ce con­stat. En effet, ce dernier n’a pas man­qué, récem­ment, de soulign­er la com­plai­sance avec laque­lle les médias présen­taient Bernard Arnault, le mon­trant comme un investis­seur et un entre­pre­neur alors qu’il a « fondé sa for­tune sur un énorme tour de passe-passe, en 1984 : promet­tant de sauver le con­glomérat tex­tile Bous­sac, il en liq­uidera presque tous les act­ifs pour ne garder que Dior. »

Son inter­ven­tion sur RMC :

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