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LVMH reprend Pour l’Éco, un titre de plus pour le journalisme économique libéral

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12 mai 2024

Temps de lecture : 3 minutes
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LVMH reprend Pour l’Éco, un titre de plus pour le journalisme économique libéral

Temps de lecture : 3 minutes

Le 18 avril 2024, un article de l’OJIM relatait l’intégration du nouveau média 2050Now au sein du groupe Le Parisien-Les Échos, filiale du géant LVMH. Avec Pour l’Eco le géant du luxe fortifie ses positions dans l’univers des médias et s’impose comme un acteur incontournable de la presse française.

Pour l’Eco rejoint l’empire Arnault

Pour l’Éco s’apprête à faire séces­sion pour rejoin­dre His­to­ria, Medici et Radio Clas­sique alors que sa mai­son mère, Humen­sis, est au cœur d’une procé­dure de vente qui « sus­cite déjà les con­voitis­es d’Edi­tis, Hachette, Albin Michel et Madri­gal » selon La Let­tre. Jour­nal papi­er et numérique à des­ti­na­tion des jeunes, en par­ti­c­uli­er des lycéens et des étu­di­ants, Pour l’Éco se décrit lui-même comme « le média économique de nou­velle généra­tion qui pro­pose une vision dynamique, pos­i­tive et respon­s­able de l’économie » et tente de pro­pos­er une cer­taine « péd­a­gogie économique qui veut aider les lycéens, mais aus­si les étu­di­ants, les enseignants et tous ceux que l’é­conomie intéresse, à com­pren­dre en pro­fondeur les ressorts économiques de l’ac­tu­al­ité ». Le jour­nal, com­posé en grande par­tie par de jeune jour­nal­istes, s’est aus­si dévelop­pé sur les réseaux soci­aux tels que YouTube, X ou Insta­gram où il trou­ve une part impor­tante de son audience.

Humensis et Pour l’Éco en pertes

Appré­cié pour son aspect pra­tique, abor­d­able et con­cret, le média, « dans l’in­cer­ti­tude sur son avenir, » vit une péri­ode de déficit budgé­taire qui risquait de lui être fatale d’après La Let­tre : « Le mag­a­zine représente en effet un véri­ta­ble gouf­fre dans les finances d’Hu­men­sis. Sa société éditrice accu­sait 3 mil­lions d’eu­ros de pertes nettes en 2021, après en avoir déjà per­du 3,4 mil­lions en 2020. » Et ce, mal­gré de solides sou­tiens tels que l’ancien directeur du Monde en tant que prési­dent du comité édi­to­r­i­al et sci­en­tifique, l’ancien vice-prési­dent du MEDEF et directeur de la com­pag­nie d’assurance Scor Denis Kessler (décédé depuis) et l’économiste Pierre Cahuc. De manière générale, la société mère Humen­sis « a annon­cé [en 2023] à ses action­naires avoir enreg­istré un résul­tat défici­taire de plus de 5 mil­lions d’eu­ros l’an passé. ».

Un soutien discret qui devient officiel et utile

Si LVMH « est déjà un solide parte­naire […] et le finançait dis­crète­ment depuis sa créa­tion », la reprise à 100% reste le seul moyen de survie du média d’après les sources de La Let­tre. LVMH y trou­ve un moyen astu­cieux de garan­tir la défense plus ou moins directe de ses intérêts. A tra­vers ce quo­ti­di­en qui a pour objec­tif « d’in­car­n­er une oppo­si­tion libérale au mag­a­zine d’é­conomie cri­tique Alter­na­tives économiques », LVMH s’assure de la survie d’un impor­tant écho favor­able au libéral­isme économique et au cap­i­tal­isme respon­s­able — du nom du de l’institut de Stéphane Marc­hand, directeur de la rédac­tion de Pour l’É­co : l’Insti­tut du Cap­i­tal­isme Respon­s­able.

Un intérêt politique pour LVMH

La reprise du jour­nal mar­que la volon­té de la part de LVMH de répon­dre aux nou­velles deman­des de la société et aux nou­veaux besoins liés au change­ment cli­ma­tique ain­si que d’innover en matière de stratégie poli­tique et économique en se ser­vant des médias comme d’une base idéologique favor­able à ses intérêts.

Voir aus­si : LVMH, info­gra­phie