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Bernard Arnault veut croquer Croque Futur (et Challenges)

13 juin 2024

Temps de lecture : 3 minutes
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Bernard Arnault veut croquer Croque Futur (et Challenges)

Temps de lecture : 3 minutes

La défiance vis-à-vis des médias traditionnels a des conséquences financières concrètes pour les rédactions. La crise atteint leur porte-monnaie, comme le montre le feuilleton ouvert en 2021 pour le rachat de Croque Futur, la holding de Claude Perdriel qui possède Challenges.

Le Croque Futur de Claude Perdriel

Depuis 2021, Bernard Arnault lorgne sur les édi­tions Croque Futur, détenues par Claude Per­driel et qui déti­en­nent cer­tains titres comme l’Histoire, Sci­ences et Avenirs ou encore Chal­lenges. Depuis cette date, Bernard Arnault et LVMH ont injec­té 12,8 mil­lions d’euros afin de garder en vie les édi­tions qui ne cessent pour­tant d’aligner les mau­vais bilans. Sur l’année 2022, 5,5 mil­lions d’euros, et pour 2023 le chiffre est grim­pé à six millions.

Beau­coup de ces pertes provi­en­nent de Chal­lenges qui, à lui seul, a per­du 4,2 mil­lions d’euros. Si la vente d’His­to­ria à LVMH a épongé une par­tie des dettes, l’argent de Bernard Arnault reste bien­venu. Ain­si, d’ici fin 2024, ce sont sept mil­lions d’euros qui seront néces­saires pour de nou­veau sauver Chal­lenges ain­si que Sci­ences et Avenir. Sur ces sept mil­lions, UFIPAM, une hold­ing de LVMH, va en inve­stir 2,8, tan­dis que SFA, groupe appar­tenant à Claude Per­driel, va en débours­er 4,2. Chal­lenges tente de trou­ver une solu­tion pour se relancer. Dans l’immédiat, cela passe par une refonte du site orchestrée par la société Pen­ta­log. Cette refonte doit per­me­t­tre un meilleur référence­ment du site dans les moteurs de recherche, accroître le nom­bre de vues du site et, donc, ses revenus.

Une sorte de viagier qui s’éternise

Der­rière ces coquettes sommes, une lutte entre deux hommes pour le con­trôle des édi­tions Croque Futur. En 2021, nous appro­chions des prési­den­tielles de 2022, un moment que Bernard Arnault a jugé oppor­tun pour asseoir davan­tage son empire médi­a­tique en investis­sant dans Chal­lenges et les autres titres de Croque Futur. A l’heure où nous écrivons ces lignes, en juin 2024, Arnault ne détient tou­jours que 40% des parts du groupe. Son cal­cul pre­nait sans doute en compte l’âge Claude Per­driel, 95 ans à l’époque. Trois ans plus tard et mal­gré ses presque 98 ans, l’actuel patron de Chal­lenges ne songe qu’à quit­ter les affaires à ses 100 ans révo­lus, en 2027. Par ailleurs, il exclut cer­tains titres du rachat prévu en les inclu­ant à sa hold­ing SFA. C’est ce qu’il a fait avec la revue his­torique L’Histoire. L’offensive de Bernard Arnault ressem­ble à un viager qui s’éternise…

Voir aus­si : LVMH, info­gra­phie