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Frédéric Taddeï

27 août 2020

Temps de lecture : 12 minutes
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Frédéric Taddeï

L’inclassable : « Je suis illisible… »

Frédéric Taddeï est né en janvier 1961. Son père est un banquier d’origine italienne, sa mère, femme au foyer, est lorraine. Frédéric Taddeï a deux sœurs, Marie-Isabelle et Sandrine, avec qui il travaille depuis des années à la préparation de ses émissions. Il est depuis 1994 le compagnon de l’actrice Claire Nebout. L’écrivain Marc-Edouard Nabe est le parrain de leur fils.

Formation universitaire

Frédéric Tad­deï n’a aucune for­ma­tion. Il dit avoir recom­mencé six fois une pre­mière année uni­ver­si­taire, dans dif­férentes dis­ci­plines (deux ans de droit, his­toire, sémi­olo­gie).

Parcours professionnel

Dix ans de péré­gri­na­tions ont suivi son bac. Dix ans pen­dant lesquels il voy­age et se cul­tive. Après quoi, se con­sid­érant comme ayant été jusqu’à lors un « touriste dans sa pro­pre vie », il lance la revue Main­tenant en 1990, reprenant (fait exprès ou non) le même titre que celle qu’avait fondée le boxeur poète Arthur Cra­van au début du 20ème siè­cle (Main­tenant, 5 numéros de 1912 à 1915). Repéré par l’homme de presse Jean François Bizot (1944–2007), il débute à Radio Nova avant de piger pour le Mag­a­zine Actuel, le mag­a­zine branché des années 70 et 80 qui dis­paraitra en 1994. Il fréquente un temps L’Idiot Inter­na­tion­al, jour­nal pam­phlé­taire culte de l’avant-garde et de la con­tre-cul­ture, avant que son directeur de pub­li­ca­tion, Jean-Edern Hal­li­er, ne soit con­traint de met­tre la clé sous la porte suite à de mul­ti­ples con­damna­tions judi­ci­aires (févri­er 1994).

En 1994, à Canal+, il présente une chronique lit­téraire pour l’émission « Nulle Part Ailleurs », même s’il le nie aujourd’hui en affir­mant qu’il s’est tou­jours refusé à l’exercice de la chronique.

En 1998, Thier­ry Ardis­son lui cède l’émission « Paris Dernière » sur la chaine Paris Pre­mière. Caméra au poing, il filme la nuit parisi­enne et les adress­es branchées de la cap­i­tale. Le for­mat de l’émission est tout à fait nova­teur, réal­isé entière­ment en caméra sub­jec­tive, et détour­nant les codes du reportage. De cette émis­sion, il estime alors qu’elle est la seule à pou­voir offrir dans trente ans, un por­trait de ce que furent les années 2000. Ses pre­mières années dans le monde du jour­nal­isme et de la télévi­sion sont donc signées par le sceau de l’avant-garde et de la nou­veauté.

S’en suit « D’art d’art » à par­tir de 2000, un pro­gramme d’une minute trente présen­té sur France 2, où il relève le pari d’intéresser le spec­ta­teur à l’histoire d’une œuvre d’art. On lui recon­nait le mérite d’avoir inven­té un nou­veau genre, dans lequel le spé­cial­iste et l’érudit, d’ordinaire mis en avant, cèdent la place à l’amateur. L’émission est suiv­ie par quelques cinq mil­lions de français chaque semaine.

En 2005, il ani­me sur Europe 1 « Regarde les hommes chang­er », émis­sion d’une heure avec un seul invité qui devient « Regarde le monde chang­er » en 2009 et ne dure plus que quinze min­utes.

En 2006, il lance sur France 3 une émis­sion quo­ti­di­enne, « Ce soir (ou jamais !) » dans laque­lle il invite des intel­lectuels et des artistes à débat­tre de l’actualité. À ce sujet, il déclare qu’il souhaite « rétablir la démoc­ra­tie dans cet univers qu’est la télévi­sion ».

En sep­tem­bre 2010, Frédéric Tad­deï tient, dans le Figaro Mag­a­zine, ses « car­nets de voyageur mod­erne ». De 2010 à 2011, il présente sur Europe 1 « Le Débat des grandes voix ». A la ren­trée 2011, « Ce soir (ou jamais !) » passe à un rythme heb­do­madaire. Tad­deï quitte défini­tive­ment Europe 1 pour France Cul­ture et présente l’émis­sion « Tête-à-tête » dans laque­lle il échange avec son invité pen­dant une heure, le dimanche à 17h. La même année, il rem­place Frédéric Beigbed­er dans le mag­a­zine GQ, son rôle con­sis­tant alors à inter­roger des per­son­nal­ités dans un restau­rant. Il devient en out­re le « mon­sieur ciné­ma » de France 3, le jeu­di soir, en présen­tant « La grande soirée ciné­ma ».

En octo­bre 2011, Tad­deï lance dans l’ombre de « Ce soir (ou jamais !) » un pure play­er inti­t­ulé News­ring, pour lequel il obtient une lev­ée de fond record pour un site par­tic­i­patif : 3,5 mil­lions d’euros. L’objectif est de créer un véri­ta­ble site de débat où la parole n’est con­fisquée par per­son­ne.

En mars 2013, l’émission passe sur France 2.

Frédéric Tad­déï est l’objet de polémiques récur­rentes. Il lui est régulière­ment reproché d’inviter à son émis­sion des per­son­nal­ités « con­testées » ou « sul­fureuses », telles que Marc-Edouard Nabe, Tariq Ramadan, Dieudon­né M’Bala M’Bala, Alain Soral ou Alain de Benoist. Le 15 sep­tem­bre 2009, suite au scan­dale créé par le comé­di­en et réal­isa­teur Math­ieu Kasso­vitz qui remet en ques­tion l’interprétation offi­cielle des atten­tats du 11 sep­tem­bre 2001 sur le plateau de « Ce soir (ou jamais !) », une petite cabale médi­a­tique se développe, visant à sup­primer son émis­sion, dont Tad­déï ressort néan­moins indemne. Deux ans plus tard, son émis­sion cessera cepen­dant d’être quo­ti­di­enne pour devenir heb­do­madaire.

En mars 2013, invité dans l’émission « C à vous » à l’occasion du trans­fert de son émis­sion de France 3 à France 2, le jour­nal­iste Patrick Cohen [por­trait] lui reproche d’inviter « des gens qu’on n’entend pas ailleurs [mais] aus­si des gens que les autres médias n’ont pas for­cé­ment envie d’entendre ». « Est-ce que vous con­tin­uerez à inviter Tariq Ramadan, Dieudon­né, Alain Soral ? » lui demande Cohen. « Vous, vous faites le jour­nal, vous ne faites pas une émis­sion de débats intel­lectuels, lui répond Tad­déï. Je suis sur le ser­vice pub­lic, ce n’est pas à moi d’inviter les gens en fonc­tion de mes sym­pa­thies ou de mes antipathies ». Mais l’allusion au ser­vice pub­lic ne trou­ble pas Cohen, lequel offi­cie sur France Inter, qui réplique : « ce n’est pas une ques­tion de sym­pa­thie ou d’antipathie ! On a une respon­s­abil­ité, quand on ani­me une émis­sion de débats publics, de ne pas propager des thès­es com­plo­tistes ou de ne pas don­ner la parole à des cerveaux malades »…

Dans une chronique parue quelques jours plus tard dans Libéra­tion et inti­t­ulée « La liste de Patrick Cohen », Daniel Schnei­der­man estime que « se priv­er d’invités intéres­sants parce qu’on n’est pas d’accord avec eux est, pour un jour­nal­iste payé par le con­tribuable, une faute pro­fes­sion­nelle ».

En juin 2017, il décide d’ar­rêter son émis­sion Hier aujour­d’hui demain sur France 2, après que la chaîne ait changé son horaire (minu­it plutôt que 22h30) et sup­primé les ban­des annonces. En par­al­lèle, il suc­cède à son ami et acolyte noc­tam­bule Frédéric Beig­bei­der à la rédac­tion du péri­odique Lui, mag­a­zine éro­tique-chic, réplique hexag­o­nale de Play­boy au moment de sa créa­tion dans les années 60.

En juin 2018, après 16 ans de présen­ta­tion de l’émis­sion D’art d’art, il est rem­placé par Adèle Van Reeth. Del­phine Ernotte con­tin­ue sa chas­se aux « hommes blancs de plus de cinquante ans » et aux ani­ma­teurs his­toriques… Il n’a appris son évic­tion que trois semaines avant la reprise des enreg­istrements, de son pro­duc­teur, et s’est résigné – peut-être à cause du sort d’Hi­er aujour­d’hui demain en 2017.

À la ren­trée 2018 il passe sur l’an­tenne française de Rus­sia Today, où il ani­me une émis­sion de débats cul­turels et de société d’une heure, qua­tre fois par semaine. Il ani­me aus­si depuis novem­bre 2018 une émis­sion heb­do­madaire au titre huys­man­sien, “En bal­lade”, le dimanche sur Europe 1.

Son ral­liement à RT France n’est pas sans provo­quer de remous au sein de l’intelligentsia, qui voit là un pré­texte idéal pour dis­créditer un jour­nal­iste dont l’attachement à la lib­erté d’expression ne pou­vait qu’être sus­pect. Les procès d’intention pleu­vent, il est som­mé de ce qui est con­sid­éré comme un sou­tien tacite du régime pou­tinien. Toute­fois, la rhé­torique de la chaîne, volon­tiers anx­iogène, fait mouche alors que la France offre au monde le spec­ta­cle con­tinu et inébran­lable de sa désagré­ga­tion et elle est plébisc­itée par les Gilets Jaunes, ce qui con­fère à la chaîne le statut de « média d’opposition ». Tad­deï, quant à lui, con­tribue à la nor­mal­i­sa­tion de la chaîne en invi­tant des per­son­nal­ités de bor­ds poli­tiques divers (Juan Bran­co, Jean-François Kahn, Fer­gane Azi­hari, Emmanuel Todd) et des représen­tants poli­tiques, notam­ment issus de la France Insoumise (Djord­je Kuz­manovic en tête) dont les réti­cences ini­tiales cèdent devant le con­stat la bonne tenue des débats et le nom­bre de vues.

Parcours militant

Non ren­seigné

Publications

  • Frédéric Tad­deï et Marie-Isabelle Tad­deï, D’Art d’Art !, vol. 1, Paris, Édi­tions du Chêne, 2008
  • Frédéric Tad­deï et Marie-Isabelle Tad­deï, D’Art d’Art !, vol. 2, Paris, Édi­tions du Chêne, 2009

Ce qu’il gagne

Out­re son salaire pour ses émis­sions, il inter­vient dans des con­férences à « rai­son de trois par an » . Mais aus­si des soirées dans les entre­pris­es – il aurait ain­si touché 6000 € pour une remise de prix chez Lidl.

Récompenses

  • Prix Philippe-Caloni (2007)
  • Prix Roland-Dorgelès (2014)

Sa nébuleuse

- Jean François Bizot (1944–2007), essay­iste, romanci­er, homme de presse et de radio (Radio Nova, Actuel…), l’homme qui l’a lancé.

- Nathalie Boels-Kugel : pro­duc­trice d’origine hol­landaise, elle est à l’initiative de « D’Art d’Art » :  « À l’époque, j’étais chroniqueur dans l’émission « Nulle Part ailleurs » sur Canal+, et il m’arrivait de par­ler d’un tableau pen­dant cinq min­utes. Natal­ie Boels-Kugel a pen­sé qu’un mod­ule d’émission encore plus court, pour par­ler d’art de façon haut de gamme, per­me­t­trait une dif­fu­sion à des heures de très grande écoute. »

- Jean-Pierre Elk­a­b­bach et Thier­ry Ardis­son qui lui ont con­fié l’émission « Paris Dernière » (« On hési­tait à l’époque entre Le Bolloc’h, Beigbed­er et Tad­déï », con­fiera plus tard Thier­ry Ardis­son)

- Rachel Kahn, respon­s­able de l’unité diver­tisse­ments de France 3 à par­tir de 2000, qui pro­pose à Frédéric Tad­déï de créer l’émission « Ce soir (ou jamais !) »

- Jean-Luc Hees : c’est à la faveur d’un coup de fil de l’ancien prési­dent de Radio France qu’il se décide à rejoin­dre France Cul­ture. À ce sujet, l’intéressé déclare : « Je sais que je vais avoir l’air un peu léger en arrivant à Cul­ture, qui m’a tou­jours épaté par le niveau de ses pro­grammes. Y venir est une gageure. J’en suis ravi ! ». Il dirige actuelle­ment le comité d’éthique de la chaîne RT France à titre bénév­ole.

- Bruno Gas­ton : Fon­da­teur des Inrock­upt­ibles et ancien pro­duc­teur de Nulle Part Ailleurs, il con­va­inc Tad­deï de revenir sur Europe 1 en 2013 alors qu’il assure la direc­tion des pro­grammes.

- Jean-Yves Le Fur : homme d’affaires ayant fait for­tune dans la mode (pro­prié­taire de l’a­gence Mad Agency, chargée de la com­mu­ni­ca­tion de Zadig&Voltaire) et l’événementiel, patron de presse (DS, Numéro) et fig­ure incon­tourn­able du monde de la nuit parisi­enne, il rachète le mag­a­zine Lui en 2013 dans des con­di­tions rocam­bo­lesques, mais se voit dans l’obligation de reven­dre ses parts quelques années plus tard alors que le mag­a­zine est pour­suivi pour impayés. Ami com­mun de Frédéric Beig­bei­der et Frédéric Tad­deï, son nom appa­raît dans le car­net noir du mil­liar­daire ama­teur de mas­sages Jef­frey Epstein.

Il l’a dit

À propos de l’émission « Ce soir (ou jamais !) » :

« Je défie qui que ce soit de dire ce que je pense des sujets, des débats que j’anime. Je suis illis­i­ble. […] J’invite des artistes et des intel­lectuels représen­tat­ifs. Je prends garde à ce qu’il y ait des antag­o­nismes, des cen­tristes et des excen­triques, des con­tes­tataires, des hommes et des femmes, des vieux et des jeunes. Bref, la con­fig­u­ra­tion idéale. Je veux qu’ils aient le temps de par­ler et qu’ils aient le temps de finir leur phrase. Je rends la parole à celui qui a été coupé. Quand on ani­me une émis­sion comme celle-ci on doit bien con­naître la loi… », Ago­ravox, 15 juin 2010

« Légitim­ité ? C’est un mot qui n’existe pas. Qui est légitime ? Un écon­o­miste serait légitime pour par­ler d’économie, mais un artiste ne le serait pas… c’est un gag ! Prenons un exem­ple : la crise de 1929 ; à votre avis, qui dit les choses les plus intéres­santes sur la crise économique ? Le chroniqueur économique du San Fran­cis­co Exam­in­er, ou Char­lie Chap­lin ? », Enquête&Débat, 23 juin 2012

« Dans les autres émis­sions de télé, le pub­lic est payé. Il sif­fle ou applau­dit quand on lui dit. C’est en fonc­tion du chauf­feur de salle. On les prend pour pire que des potich­es. Mon pub­lic n’est pas payé, il n’intervient pas pour don­ner son avis et dire ce qui est bien ou mal. Au cen­tre du débat, ce n’est pas un com­bat de glad­i­a­teur. Il n’y a pas de prime à dire “la guerre c’est moche”, “la mort c’est pas bien”. Partout ailleurs, le mec qui dit cela est applau­di ! », Ibid.

« Il n’y a pas de cen­sure à la télévi­sion. Il n’y a que de l’autocensure. Des gens qui se dis­ent “ah ! mais je ne peux pas inviter celui-là ou celui-ci, sinon on va penser que je pense comme lui”. Moi j’invite tout le monde ! », Ibid.

« J’attends de mes invités que sur un sujet rebat­tu, c’est-à-dire l’actualité, ils dis­ent quelque chose de non con­venu. Il faut du courage et de la mod­estie durant une inter­view. Oser pos­er cer­taines ques­tions, ne pas avoir peur de pass­er pour un imbé­cile. Il faut garder en tête que si un jour il reste quelque chose de votre tra­vail, ça sera les répons­es et non les ques­tions. », Le Jour­nal du Dimanche, 13 mars 2010.

« Je croy­ais naïve­ment que B‑H Lévy voulait être le Sartre de son époque. Je me trompais. Il se con­tente d’un rôle moins ambitieux : agent de la cir­cu­la­tion médi­a­tique. Il sif­fle quand ça lui déplaît, agite son bâton, demande les papiers, fait souf­fler dans le bal­lon. Heureuse­ment que nous vivons en démoc­ra­tie, sinon il nous passerait à tabac ! », Le Point, 8 juil­let 2010.

« Ceux qui pensent que tout se ramène à un affron­te­ment UMP/PS n’ont rien com­pris à notre époque. », Le Nou­v­el Obser­va­teur, 21 avril 2011.

« Toutes les opin­ions autorisées par la loi sont défendues par la con­sti­tu­tion. Tout ce qui n’est pas inter­dit est autorisé et ce n’est pas à moi, ani­ma­teur de télévi­sion, qui vais décider de ce qu’on a le droit de dire (…) Je m’interdis d’être le pro­cureur ou le défenseur des uns et des autres (…) Il y a des gens que ça choque, je le com­prends, mais il ne faut pas regarder l’émission », sur le plateau de« C à vous » 12 mars 2013.

« Je ne vois pas l’intérêt de faire une émis­sion dont tout le monde ignore l’existence. J’en ai trop fait qui ont eu un gros impact comme Ce soir (ou jamais !) ou mar­qué les esprits comme Paris dernière, pour avoir envie de pour­suiv­re… Je n’ai pas com­pris l’obstination de France 2 à pro­gram­mer cette émis­sion si tard, et à la dén­i­gr­er, alors qu’elle coû­tait quand même assez cher à fab­ri­quer ! Mais atten­tion, je n’en veux à per­son­ne. Je trou­ve même cela amu­sant : ça vous apprend l’humilité. J’ai été choyé pen­dant assez longtemps à la télé, je ne le suis plus, aujourd’hui, voilà ! », Téléra­ma, 1er juin 2017.

« Del­phine Ernotte est en train de cass­er France Télévi­sions. [Elle] ne con­naît rien à la télé et est en train de cass­er le groupe. Xavier Cou­ture, qui tra­vaille à ses côtés, est atter­ré et tente de lui faire com­pren­dre cer­taines choses, mais cela paraît com­pliqué », Le Monde 4 novem­bre 2017.

« Dans un paysage télévi­suel sin­istré, où les intel­lectuels, les chercheurs, les savants, les con­tes­tataires n’ont plus la parole et où les vrais débats ont totale­ment dis­paru, c’est la seule chaîne de télévi­sion qui m’ait don­né carte blanche pour faire ce que je fai­sais dans Ce soir ou jamais : des émis­sions intel­li­gentes, sans par­ti pris, dans lesquelles on pour­ra dis­cuter de tout, entre gens qui savent de quoi ils par­lent, qu’on ne voit pas ailleurs, et qui ne sont pas d’ac­cord entre eux », Libéra­tion, 16 juil­let 2018.

À PROPOS DE RT FRANCE

« La ques­tion que vous devriez me pos­er, c’est : com­ment se fait-il que Frédéric Tad­deï, pour faire ce qu’il a fait pen­dant dix ans, telle­ment libre­ment et avec beau­coup de suc­cès, sur France Télévi­sions, soit obligé d’aller le faire aujourd’hui sur une chaîne russe ? », France Inter, 21 sep­tem­bre 2018.

« Je me fiche com­plète­ment de qui me paye du moment qu’on me laisse libre de faire ce que je veux, d’inviter qui je veux et de par­ler de ce que je veux. », Causeur, 4 sep­tem­bre 2018.

« Cer­taines per­son­nes pensent qu’on ne veut plus de débats. Je l’avais déjà dit en sep­tem­bre dernier à mon arrivée sur RT. Trois mois plus tard, les «gilets jaunes» arrivent et la réponse d’Emmanuel Macron a été… un grand débat. On voit bien qu’il y a une ver­tu à débat­tre. Quand il n’y en a pas, les gens le ressen­tent. Et les téléspec­ta­teurs ne sont pas dupes: ce qui est présen­té comme des débats aujourd’hui à la télévi­sion, ce sont des émis­sions avec des chroniqueurs ou des édi­to­ri­al­istes payés par la chaîne, qui se ressem­blent et qui tien­nent des rôles. Ce n’est pas ça, des vrais débats. Sur le ser­vice pub­lic par­ti­c­ulière­ment, je pense qu’il y a une peur, une aver­sion pour le risque. On préfère le clash: ça génère des clics et c’est ras­sur­ant puisqu’il y a un gen­til et un méchant. Alors que dans les vrais débats, vous êtes obligé d’écouter tout le monde. », Le Figaro, 30 juil­let 2019.

Ils l’ont dit

« Il n’appartient à aucun milieu réper­torié. Il est réelle­ment, dans le monde médi­a­tique, une fig­ure alter­na­tive », San­drine Trein­er (jour­nal­iste ayant tra­vail­lé avec lui de 2005 à 2009), Le Jour­nal du Dimanche, 13 mars 2010.

Frédéric Tad­déï est « plutôt proche de la ten­dance “Indigènes de la République” », Car­o­line Fourest [por­trait], dans son auto­bi­ogra­phie pub­liée sur son blog.

« Juste­ment, quand j’ai appris que Frédéric Tad­deï, pour lequel j’ai de l’ad­mi­ra­tion pro­fes­sion­nelle (et de la sym­pa­thie per­son­nelle), allait sur Rus­sia Today, c’est la pre­mière ques­tion qui m’est venue à l’e­sprit — et que nous lui avons posée: était-il gêné par le fait d’être payé par Pou­tine (ou, plus pré­cisé­ment, par l’É­tat russe qui est l’ac­tion­naire de RT). Eh bien, il le proclame en Une de Causeur, il s’en fout! Cette indif­férence au qu’en-dira-t-on est rafraîchissante. J’au­rais peut-être eu plus de scrupule à sa place et j’au­rais peut-être eu tort car ses argu­ments sont assez con­va­in­cants. Tout d’abord, l’im­por­tant est qu’il soit libre. J’imag­ine qu’il aura à cœur très vite d’or­gan­is­er un débat sur la Russie et d’y inviter des adver­saires de Pou­tine, les sujets ne man­quant pas, par exem­ple, le sort du cinéaste Oleg Sentsov (dont nous avons oublié de lui par­ler). Mais surtout, Tad­deï a beau jeu de se moquer de notre arro­gance sur le sujet, et de notre propen­sion à penser qu’il y a d’un côté la vertueuse infor­ma­tion, la nôtre, et de l’autre l’hor­ri­ble pro­pa­gande. Il suf­fit d’é­couter France Inter pour com­pren­dre que cette pieuse dis­tinc­tion ne tient pas la route. » Élis­a­beth Lévy, Le Figaro Vox, 21 sep­tem­bre 2018.

« La dis­cus­sion, tech­nique et cor­diale, tourne autour de la spécu­la­tion finan­cière, de « la régu­la­tion des pro­duits dérivés » ou de « la réduc­tion des marchés de dettes ». Et le con­traste est sai­sis­sant entre le débat et ceux qui le suiv­ent. Sur le chat de YouTube, un « zététi­cien » (tels que se nom­ment les pro­fes­sion­nels du scep­ti­cisme sci­en­tifique) demande une émis­sion sur les ovnis ; des « réin­for­ma­teurs » com­pul­sifs récla­ment Alain Soral, Dieudon­né, mais aus­si le YouTubeur d’extrême droite Rap­tor Dis­si­dent ou le cortège des can­di­dats à moins d’1% (François « Frex­it » Asse­lin­eau ou Jacques Chem­i­nade). On y retrou­ve les codes de l’infréquentable forum 18–25 de jeuxvideo.com – « yo les kheys » pour se saluer – et d’inquiétantes décharges anti­sémites con­tre les ten­ants sup­posés de la finance mon­di­ale, à base de « Juden Raus » (« dehors les Juifs », un slo­gan nazi) ou de hash­tags #gas­the­mall qui ne méri­tent aucune tra­duc­tion. On ferme la fenêtre, nauséeux. », Téléra­ma, 5 novem­bre 2018.

« Com­ment a‑t-on glis­sé de France 3 vers Rus­sia Today ? Est-ce le monde qui a changé, ou la télévi­sion ? C’est le coup de génie de RT : trop maligne pour être un bête organe de pro­pa­gande, la chaîne veut porter la voix des par­tis d’opposition et des fac­tions minori­taires, comme une ver­sion coag­ulée du Média insoumis (les accrochages financiers en moins). », Ibid

« En France, la chaîne a com­mencé par approcher la polémiste Nat­acha Polony, sans suc­cès. Puis elle a embauché l’ancien chroniqueur économique de TF1, Jean-Marc Sylvestre, avant de jeter son dévolu sur Frédéric Tad­deï. L’ex-animateur de « Ce soir ou jamais », poussé vers la sor­tie par France Télévi­sions, présente alors un pro­fil idéal pour la chaîne : cul­tivé, hors courant et provo­ca­teur. En plus, il fait savoir qu’il a besoin d’argent. Xenia Fedoro­va lui pro­pose un con­trat sur mesure, avec une émis­sion quo­ti­di­enne mali­cieuse­ment bap­tisée « Inter­dit d’interdire » », Van­i­ty Fair, 19 juin 2019.

« Il a tenu bon envers et con­tre tout sur le ser­vice pub­lic. Mais, telle la Chèvre de mon­sieur Seguin, il a fini par se faire bouf­fer par le poli­tique­ment cor­rect. Et s’il a rejoint RT, c’est parce que c’est la seule chaîne qui l’ait accueil­li », Thier­ry Ardis­son, Straté­gies, 17/09/2019.

Crédit pho­to : Siren-Com via Wiki­me­dia (cc)

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