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Radio France : six candidatures et autant de projets pour succéder à Matthieu Gallet
Publié le 

30 mars 2018

Temps de lecture : 10 minutes
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Radio France : six candidatures et autant de projets pour succéder à Matthieu Gallet

Le CSA n’a aucun humour – en ne retenant pas les candidatures des « humoristes » de France Inter Charline Vanhoenacker, trop belge pour être vraie, Guillaume Meurice et Alex Vizorek, le CSA a privé les auditeurs et contributeurs de la taxe audiovisuelle d’une partie de rigolade (autorisée). Quitte à payer, autant en rire. Mais six candidats ont tout de même été retenus pour prendre en charge la délicate succession de Matthieu Gallet et réformer la maison tout en résistant aux multiples grèves, dissensions, blocages – psychologiques et physiques – et autres inerties d’un paquebot que Gallet aurait voulu faire évoluer comme une goélette.

Matthieu Gallet, un bilan positif sur le plan de l’audience, négatif pour le pluralisme des opinions

Révo­qué de Radio France après sa con­damna­tion pour des marchés publics passés alors qu’il dirigeait l’I­NA, Matthieu Gal­let aura réus­si à fâch­er Jupiter, alias Macron, sur­vivre à la plus longue grève de l’his­toire de la radio – un mois – et défris­er la chronique avec l’his­toire de la réno­va­tion de son bureau (100 000 €) qui a fait polémique. Pour­tant, cette polémique a été bien pra­tique pour nom­bre de cadres de l’au­dio­vi­suel pub­lic dérangés par les inno­va­tions insuf­flées par Matthieu Gal­let et qui se sont ingéniés à souf­fler sur les brais­es – pen­dant que l’on par­lait du bureau et de la com’ à prix d’or de Matthieu Gal­let, leurs salaires mirobolants restaient hors des radars médi­a­tiques. Rien qu’à France Télévi­sions, 191 salariés touchent plus de 120 000 € par an – et ils ne sont pas les seuls priv­ilégiés de l’au­dio­vi­suel pub­lic.

Mal­gré la forte con­cur­rence des autres chaînes, Matthieu Gal­let quitte Radio France sur un bon bilan d’audience, que seuls quelques médias comme Le Parisien ont l’hon­nêteté de rap­pel­er : 650 000 audi­teurs en plus en qua­tre ans pour France Inter, qui atteint son meilleur niveau depuis 15 ans, 350 000 de plus pour France Info, 300 000 de plus pour France Cul­ture et 250 000 pour France Musique, sta­bil­ité pour France Bleu, et aug­men­ta­tion de 0,3 à 0,7% d’au­di­ence pour Le Mouv’ – soit un dou­ble­ment pour cette radio mori­bonde. En tout, 800 000 audi­teurs de moins de 35 ans ont été gag­nés depuis qua­tre ans.

Du côté financier, après avoir enreg­istré un déficit de 21 mil­lions d’€ en 2015 à cause du déra­page des coûts de réno­va­tion de la Mai­son de la Radio, un plan de 170 sup­pres­sions de postes en trois ans ponc­tué par un mois de grève et d’in­nom­brables polémiques sur Matthieu Gal­let et son entourage, le bud­get est à l’équili­bre mal­gré 16 mil­lions d’eu­ros de nou­velles coupes budgé­taires décidées depuis l’ar­rivée de Macron. Si bien que Matthieu Gal­let laisse une mai­son en ordre et a fait preuve de sa solid­ité face aux con­flits soci­aux et aux cam­pagnes de presse – ce qui devrait lui assur­er une recon­ver­sion sans prob­lème dans le privé.

Un point très négatif pour­tant – et qui reste étrange­ment peu souligné – c’est le manque total de plu­ral­isme idéologique de Radio France, englué dans la pen­sée con­forme. Le rem­place­ment de Patrick Cohen, par­ti à Europe 1, n’a pas changé le ton de la mati­nale de France Inter. L’arrivée de Guil­laume Ern­er au 7/9 de France Cul­ture a coïn­cidé avec tou­jours plus d’esprit d’entre soi et de con­nivence con­formiste.

Sybile Veil : « révolution numérique » et pour « sortir de la culture de la gratuité »

Six can­di­dats ont été retenus. Sybile Veil, direc­trice déléguée en charge des finances de Radio France depuis 2015, issue de la même pro­mo­tion ENA que Macron (Sen­g­hor) et dite proche de lui, a for­mé un tick­et avec Lau­rent Guimi­er, actuel directeur des antennes, très respec­té en interne car il a réus­si la relance de France Info pen­dant que Matthieu Gal­let était PDG. Sybile Veil a aus­si été anci­enne con­seil­lère de Nico­las Sarkozy au tra­vail, à la san­té, au loge­ment et aux sol­i­dar­ités entre 2007 et 2010 et dirigeante de l’AP-HP.

Leur pro­jet stratégique prévoit d’am­pli­fi­er le renou­velle­ment des audi­teurs pour « s’im­pos­er comme la référence du pub­lic ». Selon le pro­jet, « France Inter peut et doit encore pro­gress­er », alors qu’elle atteint 11,3% d’au­di­ence cumulée. Il impose la con­ti­nu­ité autour des fon­da­men­taux pour France Cul­ture et France Info, ain­si que la néces­sité de « reviv­i­fi­er l’idée de prox­im­ité » pour France Bleu – par­ti­c­ulière­ment en crise pour France Bleu Occ­i­tanie, de l’avis général. FIP doit quant à elle « dévelop­per sa fonc­tion de label » pour « devenir un média puis­sant en terme d’affinité », quant à Mouv’, elle doit miser sur la vidéo, l’événe­men­tiel et « une offre numérique per­for­mante » notam­ment sur Snapchat et Insta­gram pour con­tin­uer son rebond.

Le pro­jet prévoit aus­si d’embrasser la dou­ble révo­lu­tion liée à la dif­fu­sion de con­tenus radio­phoniques par des assis­tants vocaux et la « révo­lu­tion con­nec­tée » qui passe par la radio per­son­nal­isée pour « don­ner à chaque audi­teur la pos­si­bil­ité de con­stru­ire lui-même sa radio à par­tir des émis­sions préférées d’une antenne voire de toutes les antennes de Radio France ». Moins évi­dent, « le label Fran­ce­In­fo doit être la garantie pour le pub­lic d’une infor­ma­tion 100% véri­fiée » avec Radio France comme « piv­ot de la véri­fi­ca­tion de l’in­for­ma­tion ». Une mis­sion con­fiée à « l’hu­moriste » Frédéric Fromet, celui qui voit la vie en rose, rose social­iste nuance Macron ? Tout comme l’ob­jec­tif de « sor­tir de la cul­ture de la gra­tu­ité ancrée dans les usages de Radio France ».

Jérôme Batout : « cœur radio » et levier de diversification

Suit Jérôme Batout, directeur général de Pub­li­cis Media et con­seiller de la revue Le Débat, philosophe et écon­o­miste de for­ma­tion et ancien con­seiller spé­cial et chef de la stratégie et de la com­mu­ni­ca­tion de Jean-Marc Ayrault lorsqu’il fut pre­mier-min­istre. Débu­tant comme expert en fusions-acqui­si­tions du Crédit Suisse à Lon­dres en 2003, il a enseigné l’é­conomie à la Lon­don School of Eco­nom­ics (2004–2009), qui l’a détaché à Bangkok et Pékin – et il fut directeur financier du PS de 2006 à 2009. Après la sou­te­nance d’une thèse de doc­tor­at en 2010, admin­is­tra­teur de mis­sion pour MSF (2010) dans les zones trib­ales entre Afghanistan et Pak­istan, puis entre chez Pub­li­cis Groupe en 2011 où il tra­vaille auprès de Mau­rice Lévy (2011–2013) puis, après son retour de Matignon, est directeur de la com­mu­ni­ca­tion de crise chez Pub­li­cis Con­sul­tants.

Son pro­jet est cen­tré sur la « dis­rup­tion du média radio » avec la 5G : « ce qui ne primera ne sera pas la sta­tion, mais le con­tenu » prédit-il, et la « radio sera un média de demande » tan­dis que l’a­van­tage con­cur­ren­tiel des antennes radio dis­posant de fréquences hertzi­ennes va s’ef­fac­er. Prob­lème : « la radio publique doit s’ef­forcer de demeur­er coûte que coûte un vrai média d’of­fre, un vrai média de des­ti­na­tion, un vrai média de masse et non d’atomi­sa­tion des usages ». Mis­sion impos­si­ble ?

Pas si on définit, selon lui, un « cœur radio », c’est à dire « un média qui fait sens pour les publics et aide à faire société ». Or, il se trou­ve que « le son n’est pas invasif : on peut con­tin­uer à vivre, à agir lorsqu’on écoute la radio ». Il veut éviter de courir vers les webra­dios, les pod­casts, de « céder aux sirènes de la con­som­ma­tion de con­tenus ». Sur le web, les sites des sta­tions seront regroupés « vers un seul et unique site en forme de vais­seau ami­ral » et idem pour les appli­ca­tions mobiles.

Autour de ce vais­seau, il veut con­fig­ur­er un « levi­er de diver­si­fi­ca­tion capa­ble de génér­er 50 mil­lions d’eu­ros en rythme annuel », cen­tré sur le son, mais où « tout reste gra­tu­it pour le citoyen ». Objec­tif : « imag­in­er un monde où une mar­que a besoin d’un flux audio direct pour se con­necter à ses clients dans un univers où l’at­ten­tion est tou­jours plus recher­chée et dis­putée », plutôt que de moné­tis­er le ser­vice pub­lic.

Bruno Delport : l’enjeu de la capture du temps et l’anticipation de la ville connectée

Bruno Del­port, actuel directeur de TSF Jazz depuis 1999 et ancien patron de Ouï FM (1991–1997) et Radio Nova 1998–2016), gérant depuis 2000 des Molam­bakais, la société de pro­duc­tion de Kad Mer­ad et Olivi­er Bar­roux. Ancien mil­i­tant PS, il s’est fait une place dans l’élite dirigeante d’EELV, d’abord directeur de l’as­so­ci­a­tion de finance­ment d’E­va Joly en 2012, puis directeur de cam­pagne des européennes de 2014.

Son pro­jet s’in­ter­roge sur « l’en­jeu de la cap­ture du temps » : les sup­ports, les sol­lic­i­ta­tions, les inter­ac­tions aug­mentent, mais la journée ne fait tou­jours que 24 heures. Et pour lui, cela passe par les assis­tants vocaux, « plate-formes de con­som­ma­tion du futur ». Il faut aus­si « anticiper la place de la radio dans la ville con­nec­tée, en pro­posant des ser­vices micro-locaux, appor­tant un mieux-être », dit-il sans apporter d’ex­em­ples pré­cis. Puisque « trans­met­tre est une mis­sion essen­tielle de Radio France », il pro­pose la créa­tion d’une « Ecole Radio France, ouverte à tous, où les for­ma­teurs seraient issus des équipes de Radio France ». Et pose les JO de Paris en pro­jet mobil­isa­teur et fédéra­teur des années à venir.

François Desnoyers : spécificité locale du réseau Bleu et prise en compte des réseaux sociaux

François Desnoy­ers, ex-directeur en charge de la stratégie et directeur en charge des antennes de Radio France, dont il avait été cadre dirigeant en 1998–2004 et 2009–2010 ; il est actuelle­ment directeur général de l’a­gence Pub­li­cis.

Inti­t­ulé « tran­former et agir », son long pro­jet s’in­téresse au rôle de « lien social » de l’au­dio­vi­suel pub­lic, et notam­ment aux audi­ences des locales France Bleu, qui atteignent  30% dans la Creuse, 24% en Périg­ord, 20% en Mayenne, 18% au Pays Basque et dans le Doubs, 17% en Picardie et dans le Ter­ri­toire de Belfort, 15% dans le Rous­sil­lon, 14% en Corse, Vau­cluse et Landes…Problème : « au-delà d’un cer­tain seuil de niv­elle­ment nation­al, la sta­tion locale perd son iden­tité et sa prox­im­ité avec les publics, seule rai­son d’être du réseau BLEU ». C’est à cette iden­tité locale qu’il souhaite revenir.

Autre axe, recon­quérir le jeune pub­lic, car « les plus jeunes per­dent très vite (ou n’ac­quièrent pas) l’usage de la radio de flux ». Solu­tion : « les choix édi­to­ri­aux des radios doivent évoluer vers une prise en compte essen­tielle de ce qui retient l’at­ten­tion sur les réseaux soci­aux ». Comme les médias main­stream le font aus­si – sauf lorsque cela con­tre­vient au prêt-à-penser médi­a­tique, le vivre-ensem­ble par exem­ple, ne va-t-on pas vers une uni­formi­sa­tion de l’in­for­ma­tion ? Il souhaite aus­si « ren­forcer la puis­sance et l’i­den­tité » de cha­cune des chaînes, enfin non des « mar­ques-médias ».

Guillaume Klossa : si le public se détourne de Radio France, c’est que ça manque de jeunes de banlieue et de migrants !

Guil­laume Klos­sa est le fon­da­teur du cen­tre de réflex­ion pro Union Européenne EuropaNo­va qu’il a présidé de 2003 à 2005. Il est DG de Euro­pean Broad­cast­ing Union qui gère Euro­vi­sion and Euro­ra­dio à Genève ; proche d’En Marche, le par­ti de Macron, il avait été ani­ma­teur de télévi­sion sur Direct 8 et Itélé de 2004 à 2010.

Son pro­jet, inti­t­ulé comme une liste aux munic­i­pales « pour tous et cha­cun, aujour­d’hui et demain », a l’am­bi­tion de ne décevoir per­son­ne en con­stru­isant un média « puis­sant […], créant du désir […], agile qui se con­stru­it dans la con­fi­ance avec ses publics, trans­mé­dia per­me­t­tant à cha­cun d’ac­céder à l’ensem­ble de ses con­tenus […] moteur d’une dynamique col­lec­tive […], média de référence ». On croirait vrai­ment une présen­ta­tion de bud­get dans une com­mu­nauté de com­munes !

Il met en avant les défis : social d’abord, pour « rassem­bler les divers­es com­posantes de notre société qui se frag­mente », mais avec une réponse somme toute très clas­sique : si l’é­coute s’ef­fon­dre, c’est qu’il n’y a pas assez de « diver­sité » : « une part crois­sante de nos conci­toyens, notam­ment les jeunes, se détourne des médias tra­di­tion­nels car ils […] ne tien­nent pas suff­isam­ment compte de la diver­sité des orig­ines de la pop­u­la­tion de notre République ». La France passe à la trappe aus­si, tout comme le manque de plu­ral­isme poli­tique prég­nant dans les médias, quels que soient leurs sup­ports du reste – et par­ti­c­ulière­ment dans l’au­dio­vi­suel pub­lic où même le « médi­a­teur » est en réal­ité un censeur.

A cela s’a­joutent les défis tech­nologiques – avec « la guerre de l’at­ten­tion » et les plate formes glob­ales, le défi tech­nologique avec de néces­saires inter­ac­tions entre les plate formes, le défi de la réforme de l’au­dio­vi­suel enfin. Rien de nou­veau sous le soleil. Plus nova­teur, « créer de puis­santes dynamiques de con­quête pour France Bleu et le Mouv’ », placées au cœur du pro­jet par le « poten­tiel d’au­di­ence large­ment sous-exploité » de la pre­mière et « l’en­jeu majeur » du jeune pub­lic pour la sec­onde.

Quant à France Musique, il y a de quoi faire grimper aux rideaux les habitués puisque elle devra « touch­er un pub­lic plus large, plus jeune et moins éli­tiste » et « faire place dans ses pro­grammes aux tal­ents clas­siques des rues (jeunes de ban­lieue, migrants) ». Sans vouloir décevoir Guil­laume Klos­sa, ça existe déjà, ça s’ap­pelle le Mouv’.

Christophe Tardieu : pour l’expérience, le développement des ressources propres et les langues régionales

Christophe Tardieu enfin, haut fonc­tion­naire dans la cul­ture et directeur général du Cen­tre nation­al du ciné­ma depuis 2014, Offici­er des Arts et des Let­tres. Ce dernier fait fig­ure auprès des obser­va­teurs d’une solu­tion alter­na­tive face au duo Veil – Guimi­er qui incar­ne la con­ti­nu­ité. Il est « très soutenu » selon la CGC-Médias. « Inspecteur général des finances, il a fait sa car­rière à des postes de direc­tion dans les insti­tu­tions cul­turelles comme le château de Ver­sailles, l’Opéra de Paris et le min­istère de Cul­ture, époque Nico­las Sarkozy et Chris­tine Albanel (2007–2009). Rue de Val­ois, il avait super­visé les lois audio­vi­suelle et Hadopi », pré­cise Libéra­tion, qui en prof­ite pour le flinguer en rap­pelant qu’il avait été sus­pendu un mois pour avoir trans­mis aux dirigeants de TF1 le mail d’un de leurs salariés qui con­tes­tait le bien-fondé de Hadopi.

Son pro­jet fait état de ses « excel­lentes rela­tions avec mes prési­dents, essen­tielle­ment des femmes, que ce soit à la Douane, à Ver­sailles, au min­istère de la Cul­ture ou au CNC », sa « capac­ité de ges­tion d’équipes impor­tantes : plus de 800 agents à Ver­sailles, 1800 à l’Opéra Nation­al avec des statuts très divers » et de bud­gets « très élevés : 100 mil­lions d’€ à Ver­sailles, 200 mil­lions d’€ à l’Opéra de Paris et 650 mil­lions d’€ au CNC » ain­si que ses capac­ités à dévelop­per des ressources pro­pres au milieu de fortes con­traintes. Un argu­men­taire qui peut trou­ver des oreilles sen­si­bles au plus haut niveau de l’État où l’on aimerait bien que l’au­dio­vi­suel pub­lic rap­porte plus et coûte moins.

Par­mi les évo­lu­tions qu’il veut met­tre en place, une plus grande place à la chan­son française, le développe­ment des langues régionales «langue corse, bre­tonne, alsa­ci­enne, basque, langues des out­re-mer » et faire des antennes de Radio France « la radio de l’E­d­u­ca­tion artis­tique et cul­turelle pour les jeunes ». Favor­able au développe­ment des assis­tants vocaux et de l’ac­ces­si­bil­ité depuis les voitures con­nec­tées, il s’op­pose « fer­me­ment à l’idée de ren­dre payant les pod­casts ou de met­tre en place des abon­nements payants », car le tout étant payé par la con­tri­bu­tion à l’au­dio­vi­suel pub­lic, les Français paieraient deux fois. Par­mi les aug­men­ta­tions de ressources pro­pres, il pro­pose que « Radio France puisse devenir pro­duc­teur audio­vi­suel ».

Nouveau PDG le 14 avril

Le CSA a une nou­velle fois changé de procé­dure de nom­i­na­tion, la troisième selon la CGC-Médias qui dénonce « un jeu de Lego à géométrie vari­able donc qui parvi­enne à créer 3 fig­ures dis­tinctes avec les mêmes blocs d’une loi pour­tant pré­cise ». Le 4 avril, il pré­cis­era ceux qu’il va audi­tion­ner dans la semaine du 9 au 13 avril, et le 14 avril au plus tard, le nou­veau PDG sera nom­mé. L’in­térim est assuré jusque là par le doyen des admin­is­tra­teurs de Radio France, Jean-Luc Vergne.

Pen­dant la procé­dure de nom­i­na­tion, Sybile Veil a déjà écrit aux salariés : «  j’ai souhaité à la fois pour­suiv­re le tra­vail accom­pli avec l’ensemble des équipes de con­struc­tion d’un média glob­al et aus­si dévelop­per, dans le doc­u­ment stratégique remis à l’appui de ma can­di­da­ture, un pro­jet nou­veau d’affirmation du rôle de Radio France au cœur des médias de ser­vice pub­lic », a‑t-elle expliqué son pro­jet. Elle a annon­cé aus­si qu’elle se met­trait en retrait « sur cer­tains sujets qui seraient sus­cep­ti­bles d’interférer avec la procé­dure de sélec­tion en cours ».

Mais la ques­tion qui intéresse le micro­cosme médi­a­tique, c’est l’i­den­tité du futur « super-PDG » de l’au­dio­vi­suel français, ain­si que son salaire, qu’Em­manuel Macron souhait­erait forte­ment relever. Pour­tant la liste des salaires des PDG de l’au­dio­vi­suel peut faire rêver – surtout pour France Télévi­sions : « le salaire de Del­phine Ernotte a été calqué sur celui de son prédécesseur, Rémy Pflim­lin (400 000 euros annuels). Quant aux autres dirigeants du secteur, les rémunéra­tions vari­ent : Marie Chris­tine Saragosse de France Médias Monde touche 260 000 euros (annuels), Véronique Cay­la d’Arte France 255 000 euros, Math­ieu Gal­let (le PDG démis­sion­né de Radio-France) 222 000 euros et Yves Big­ot de TV5 190 000 euros ».

Titre cor­rigé le 01/04/2018 suite à coquille. Il fal­lait bien sûr lire “Radio France” et non “France Inter”. L’O­jim

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