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Radio France évacue Lyon

25 février 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Radio France évacue Lyon

La chanteuse Cascada voulait évacuer le dancefloor, Radio France marche sur ses brisées en évacuant… Lyon. Depuis le 1er janvier 2018 les troupes de la station à Lyon ne se résument plus qu’à… un seul journaliste, également en charge du sport ; il est le dernier du bureau local de France Inter – France Info, promis à la fermeture, et qui était censé jusque là répondre aux commandes des rédactions nationales. C’est ce qui ressort d’un communiqué du SNJ, qui s’indigne de la situation.

Paris Centrisme

« Con­séquence, si on veut traiter un événe­ment lyon­nais, il va fal­loir sys­té­ma­tique­ment dépêch­er des reporters de Paris, s’il y en a de disponibles, pour un coût évidem­ment plus impor­tant », relève le syn­di­cat. Avec les coûts sup­plé­men­taires que cela induit, alors même que l’au­dio­vi­suel pub­lic cherche des économies. Et la vision parisiano-cen­trée qui en découle, puisque même à l’heure d’in­ter­net, il n’y a aucun média général­iste français à voca­tion nationale qui soit implan­té en province.

Radio France explique de son côté ces coupes som­bres par la volon­té d’im­planter à Lyon une 45e locale de France Bleu. La com­bine est révélée par le SNJ : « lorsque France Bleu ouvri­ra son antenne à Lyon, l’idée lumineuse de cette direc­tion est d’y adjoin­dre un huitième jour­nal­iste ». En échange France Bleu devra « devra répon­dre 7 jours sur 7 aux com­man­des des rédac­tions parisi­ennes », un « mod­èle irréal­iste » selon le syn­di­cat.

Toulouse : France Bleu s’étend à la région sans augmentation de moyens

Il n’empêche que le même scé­nario est prévu pour Mar­seille et Toulouse, dès la dis­pari­tion des bureaux Radio Franceannon­cée cet été, affirme encore le SNJ. Qui laisse aus­si plan­er la pos­si­bil­ité que les moyens des sta­tions soient affec­tés à la pro­duc­tion de mati­nales de France 3. La fusion du site de France Bleu – dont les équipes ne sont fortes que de trois jour­nal­istes, plus un rédac-chef et un rédac-adjoint – avec celui de France 3 serait aus­si prévis­i­ble, selon le syn­di­cat.

Toulouse est aus­si le ter­rain d’ex­péri­ence d’une exten­sion de la locale à toute l’Oc­c­i­tanie, sur sept départe­ments, mais sans évo­lu­tion de moyens. La logique du nom elle-même est dou­teuse, puisque les locales France Bleu Gard-Lozère, France Bleu Rous­sil­lon et France Bleu Hérault ont été main­tenues, et font elles aus­si par­tie de l’Oc­c­i­tanie, dont elles cou­vrent l’est cor­re­spon­dant à l’an­ci­enne région Langue­doc-Rous­sil­lon.

Il n’y a, pour une région qua­tre fois plus vaste que l’Ile de France, que six jour­nal­istes flan­qués d’un autre en CDD pour le sport, sept ani­ma­teurs qui n’ont comme « source qua­si-exclu­sive » d’in­for­ma­tion que la presse régionale, autrement dit le groupe La Dépêche de Jean-Michel Baylet et ses proches, sept tech­ni­ciens, deux voitures de reportage unique­ment et un infor­tuné régis­seur. Autant de per­du pour le plu­ral­isme et le temps disponible pour traiter l’in­for­ma­tion, notam­ment celle de la ville de Toulouse.

Au pas­sage, France Bleu a ren­du sa fréquence toulou­saine (90.5) à son plus proche con­cur­rent, Radio 100%, qui atteint 157.000 audi­teurs sur la zone et doit une bonne par­tie de son suc­cès à l’in­stal­la­tion de reporters en rési­dence (RER) dans les villes où elle émet. Radio France sem­ble y avoir renon­cé, trop cher, après avoir envis­agé de créer trois postes de RER à Cas­tres, Pamiers et Mon­tauban pour recas­er trois des qua­tre jour­nal­istes du bureau de France Inter-France Info. « Donc Radio France ne peut plus dépenser 300 euros par mois, mon­tant de l’in­dem­nité à vers­er à un jour­nal­iste qui accepte d’in­staller un bureau à son domi­cile, plus éventuelle­ment le prix d’un Numéris pour les directs », s’émeut le SNJ. Serait-ce le début de la réforme de l’au­dio­vi­suel pub­lic… en marche ?

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