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France Inter : Frédéric Fromet mis en cause auprès du CSA après avoir attaqué en chanson un torero encorné

28 juin 2017

Temps de lecture : 2 minutes
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France Inter : Frédéric Fromet mis en cause auprès du CSA après avoir attaqué en chanson un torero encorné

Même si le grand n’importe quoi médiatique prospère depuis des années en France, il y a des limites à ne pas franchir. Par exemple, ne pas respecter les morts. C’est ce qu’est en train d’apprendre à ses dépens « l’humoriste » autoproclamé Frédéric Fromet qui sévit régulièrement dans l’émission de Charline Vanhoenacker, temple de l’humour autorisé, « Si tu écoutes, j’annule tout »

Ce spé­cial­iste des gags vaseux, des rimes pau­vres et des blagues faciles, s’est attaqué avec vio­lence au toréador espag­nol Ivan Fandiño, mort après avoir été encorné par un tau­reau à Aire-sur-l’Adour (Lan­des) le 17 juin dernier. Sur les ondes du ser­vice pub­lic – aux frais des con­tribuables donc – le saltim­banque a lais­sé éclater sa joie et son oppo­si­tion à la cor­ri­da en une série de jeux de mots à l’e­sprit dou­teux : « Gicle, gicle tes boy­aux», «t’es par­ti comme une bouse», «le sang en gas­pa­cho», «le foie dans la pael­la», «réduit en chori­zo », sans oubli­er l’inim­itable « tu t’es bien fait encorné, fal­lait pas faire le kéké ».

Deux organ­i­sa­tions tau­rines n’ont pas du tout goûté l’hu­mour et ont saisi le CSA. L’Union des villes tau­rines de France (UVTF) et l’Observatoire nation­al des cul­tures tau­rines (ONCT) ont réclamé en out­re de Frédéric Fromet des excus­es publiques, « pour l’honneur de la radio et pour la crédi­bil­ité de ses pro­grammes ». Dans un com­mu­niqué com­mun, elles se sont demandées com­ment « l’hu­mour » pou­vait cou­vrir tant d’ig­no­minie : « com­ment peut-on per­dre à ce point le sens de l’hu­main et se vautr­er dans la méchanceté gra­tu­ite ? »

Com­ment peut-on aus­si arriv­er à tant d’in­so­lence pour impos­er son opin­ion sur les ondes du ser­vice pub­lic, aux frais des con­tribuables, que cela soit pour lut­ter con­tre des tra­di­tions cul­turelles française, faire la cam­pagne d’un futur prési­dent, marcher sur les ploucs de la France périphérique qui votent FN, ou traîn­er dans la boue un mort ? La ques­tion mérite d’être posée, et à bien d’autres que Frédéric Fromet.

Du reste, celui qui « trou­ve » pour­tant « que l’insulte est tou­jours con­tre-pro­duc­tive, donc évite d’en plac­er dans mes chan­sons » (La Vie nou­velle, 3/11/2015) a l’habi­tude des attaques bru­tales, cyniques et sou­vent gra­tu­ites. Ain­si con­tre le MEDEF, traité entre les lignes de pétain­istes : « C’est pas tes syn­di­cats qui vont me fil­er la frousse/Pas trois bolcheviks à la Bastille/C’est pas ta chien­lit qui va gou­vern­er, allez ouste !/En chœur chan­tons Tra­vail, Patrie, Famille, hop ! », en 2013, ou con­tre Marine le Pen « Maw­ine, Maw­ine, Mawine/Tu me cass­es les woustons/Fifille à papa ou coiffeuse/Tu west­es une gou­osse affoueuse/Dans ton salon, pas de p’tite bite/La fwange on l’aime ou on la quitte/L’entouée est intaidite aux Jouives/Sans l’étoile de Jean-Louis David », en 2015.

Comme un roquet en mal de recon­nais­sance, il s’est aus­si attaqué il y a cinq ans à la chan­son française et à ses fans : « Ils ont des tronch­es de profs/Ils se bran­lent sur une strophe/De Fer­ré, Brel ou Brassens/Ils se retrou­vent à douze/Dans une cave à par­touze […] Don­nez une rime en ul/J’en ai une, j’suis pas sûr qu’ils aiment/Puis j’y con­nais que dalle/En chan­son médié­vale /J’écoute pas les chanteurs morts ». Frédéric Fromet, qui reprend les tubes de la chan­son française qu’il abhorre tant, oublie qu’il est à l’im­age d’un monde dansant au bord du précipice, et qui ne con­stru­it rien, semant chaos, noirceur et tristesse. L’His­toire a retenu Brel, Fer­ré ou Brassens. Dans ses poubelles, sur­nagera Fromet.

Voir aussi : Frédéric Fromet, portrait

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