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Guillaume Roquette

Discrétion et courtoisie

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 17/08/2018

La nomination de Guillaume Roquette à la tête de la rédaction du Figaro magazine est le couronnement d’un parcours discret mais sans faute. Elle est aussi le signe d’un durcissement de la presse de « droite » du à l’alternance, avec le passage du directeur de la rédaction de Valeurs actuelles au Figaro magazine, et du directeur du Figaro magazine (Alexis Brézet) au Figaro.

Famille et formation

Né à Lille en 1965, Guil­laume Roquette est mar­ié, père de famille et fidèle pra­ti­quant catholique de l’Église de la Trinité à Paris. Il est diplômé de l’Institut d’Études poli­tiques de Paris.

Expérience professionelle

Guil­laume Roquette a débuté sa car­rière de jour­nal­iste dans les pages saumon du Figaro (ser­vice économique), dont il devient rédac­teur en chef adjoint. Il sera ensuite nom­mé à la tête du mag­a­zine L’Entreprise du groupe Express-Roular­ta.

C’est en 2006 que Guil­laume Roquette prend la tête du groupe Val­monde (Valeurs actuelles, dont il est égale­ment directeur de la rédac­tion, Spec­ta­cle du monde et Jours de chas­se) avec la mis­sion de redress­er les chiffres d’un groupe en perte de vitesse. Pour ce faire, il s’appuie sur le directeur de la rédac­tion de «VA», Éric Bran­ca, auquel il laisse les mains libres pour redy­namiser la ligne édi­to­ri­ale de l’hebdomadaire. Mis­sion accom­plie avec suc­cès, puisque la dif­fu­sion de Valeurs actuelles va aug­menter de 17 % en 5 ans, ce qui représente un record unique dans un secteur en grande dif­fi­culté.

Pour relancer le men­su­el Spec­ta­cle du monde, dure­ment affaib­li par l’épisode Gon­zague Saint-Bris (2001–2003), qui avait voulu trans­former cette éli­tiste revue de com­bat en cat­a­logue pub­lic­i­taire, Roquette fait d’abord con­fi­ance à l’homme en place, Gérald Olivi­er. Sans suc­cès. En 2010, il décide de licenci­er Gérald Olivi­er et de con­fi­er le redresse­ment du men­su­el à Bran­ca, qui devient « con­seiller de la direc­tion ». Celui-ci s’appuie sur le secré­taire général de la rédac­tion, Chris­t­ian Bro­sio, qui a l’avantage de con­naître par cœur le fonc­tion­nement du men­su­el et les attentes de ses lecteurs. Roquette, Bran­ca et Bro­sio met­tent en place une for­mule gag­nante reposant sur de grands dossiers thé­ma­tiques rompant franche­ment avec le ton « libéral bon teint » et atlantiste jusqu’alors en vigueur. Très vite, Spec­ta­cle du monde aug­mente ses ventes en kiosques et redresse la barre sur les abon­nements. Bien qu’il redresse la revue, elle rep­longe à son départ. En 2014, elle n’a plus que 16.500 abon­nés en 2014 et pub­lie son dernier numéro en juil­let de cette année.

En juil­let 2012 il devient directeur de la rédac­tion du Figaro Mag­a­zine, où il rem­place Alex­is Brézet.

Il tient une chronique heb­do­madaire sur France Inter dans la mati­nale d’Audrey Pul­var, qu’il arrête de mars à sep­tem­bre 2011 devant l’avalanche de cour­ri­ers hos­tiles d’auditeurs, puis qu’il reprend et arrête défini­tive­ment en juin 2013.

En sep­tem­bre 2013 il rejoint l’émission 28 Min­utes sur Arte, où il inter­vient tous les mer­cre­dis en com­pag­nie d’Élis­a­beth Quin et de Nadia Daam.

Depuis début 2018, il inter­vient régulière­ment sur RTL et écrit des bil­lets sur le site, en rem­place­ment d’Éric Zem­mour tout d’abord.

Parcours militant

On ne con­nait aucun passé mil­i­tant à Guil­laume Roquette. Dis­cret et cour­tois, il ne ressent pas le besoin d’exprimer publique­ment ses con­vic­tions per­son­nelles, mais écoute atten­tive­ment celles de ses inter­locu­teurs, qu’il analyse intel­lige­ment. À Valeurs actuelles, il réus­sit l’exploit de recueil­lir le respect et la con­sid­éra­tion des deux pôles de la rédac­tion : libéraux et con­ser­va­teurs, qui ne cohab­itent pour­tant pas sans heurts !

Collaborations

Guil­laume Roquette était jusqu’ici le vis­age de Valeurs actuelles dans les médias (avec François d’Orcival, prési­dent du comité édi­to­r­i­al de Valeurs actuelles, qui com­mente égale­ment l’actualité poli­tique, mais dans une moin­dre mesure). Il par­ticipe régulière­ment aux débats poli­tiques organ­isé sur Europe 1, France Inter, LCI, et aux émis­sions émis­sions d’Yves Calvi sur France 2 et France 5 : « Mots croisés » et «C dans l’Air ».

Début 2011, il ani­me chaque jeu­di une chronique régulière dans le 6h/7h d’Audrey Pul­var sur France Inter. Il annon­cera finale­ment y renon­cer, affec­té par les mails hos­tiles reçus des audi­teurs de la radio (classée claire­ment à gauche) qui jugent ses pro­pos trop à droite… Il s’explique ain­si : « Il y avait un décalage entre ce que j’exprimais et l’antenne. C’était ce que voulait Audrey [Pul­var], c’est elle qui m’a demandé de venir, mais je me sen­tais décalé par rap­port à la ten­dance poli­tique de l’antenne. Je rece­vais env­i­ron une dizaine de mails par chronique. J’avais des réac­tions agres­sives. Je me suis dit que si je les fai­sais réa­gir comme ça, c’est que je n’y avais pas ma place. C’est au moment de la réforme des retraites que j’ai reçu le plus de réac­tions (…) Je ne me sen­tais pas com­plète­ment à l’aise, je suis un affec­tif, j’aime énor­mé­ment Audrey [Pul­var], j’ai tra­vail­lé avec elle sur i>Télé. J’avais une lib­erté absolue, je fai­sais ce que je voulais mais je me sen­tais loin de mes bases ». Et il ajoute : « Je suis d’un naturel cour­tois. Peut être que je n’étais pas prêt à ça. J’ai beau­coup de mal avec l’agressivité, il y avait des pro­pos très déplaisants dans ces mails. Je ne le sen­tais plus, et dans la vie, il faut faire les choses qu’on sent ». (source : arretsurimages.net).

Il ani­me ensuite, en alter­nance avec Christophe Bar­bi­er, la chronique poli­tique de la mati­nale de LCI, qui com­prend un com­men­taire de l’actualité et l’interview d’une per­son­nal­ité du monde poli­tique ou économique. Il a ain­si reçu l’ancien min­istre libéral Alain Madelin, Alain Minc, l’ancien min­istre Alain Lam­bert, ou encore Mon­seigneur Vingt-Trois.

En sep­tem­bre 2011, il reprend finale­ment sa chronique mati­nale dans le jour­nal d’Audrey Pul­var sur France Inter.

Il fait aus­si des con­férences pour com­pléter ses revenus – il fig­ure notam­ment dans les pro­fils de Speak­ers Enter­tain­ment et de CESAM Inter­na­tion­al, deux organ­ismes qui four­nissent des con­férenciers clés en mains.

Il l’a dit

Sur les 35 heures : « [En France] per­son­ne n’a envie de tra­vailler ; il suf­fit de regarder les réac­tions face à la retraite à 62 ans. Mais la France n’est pas une île, isolée du reste du monde !», sur France Inter, en jan­vi­er 2011.

Sur le com­mu­nau­tarisme : « J’ai le sen­ti­ment que, même s’il n’existe pas de mul­ti­cul­tur­al­isme au sens juridique du terme en France, il existe un com­mu­nau­tarisme de fait qui se développe de plus en plus (…) Il y a des acco­mode­ments juridiques avec les com­mu­nautés : par exem­ple à l’école, des sujets d’histoire sont dif­fi­cile­ment évo­qués (…) Si les pra­tiques sont minori­taires, il y une gêne et une cul­pa­bil­i­sa­tion de la société française par rap­port à ces pra­tiques qui se font et qui sont poten­tielle­ment dan­gereuses », au cours d ‘un débat organ­isé par le site Enquête et Débat sur le com­mu­nau­tarisme, juil­let 2011.

Sur la presse : « Je me sens dis­crim­iné, en tant que jour­nal­iste de droite. Je ren­con­tre des jour­nal­istes qui me dis­ent qu’ils sont de droite mais qui ne le dis­ent pas car cela nuirai à leur car­rière », idem.

Sur François Hol­lande : « François Hol­lande nous dit aujourd’hui qu’il con­naît la recette pour nous en sor­tir sans douleur, deux doigts (voire qua­tre ou cinq…) de hausse d’impôts et un zest de crois­sance. Qu’il y croie vrai­ment ou – hypothèse plus prob­a­ble – qu’il entre­ti­enne les Français dans l’illusion le temps d’une élec­tion lég­isla­tive, il ne rend pas ser­vice au pays. Plus cet état d’apesanteur économique et sociale dur­era, plus il sera dif­fi­cile à François Hol­lande de faire accepter une poli­tique de rigueur et de diminu­tion sub­stantielle de la dépense publique. Le précé­dent de 1981 nous apprend que les états de grâce finis­sent par se pay­er. Cash ». Valeurs actuelles, 17 mai 2012

Sur les atten­tats : « Ce que je trou­ve incroy­able, c’est qu’après chaque atten­tat, c’est le même dis­cours “On ne peut rien faire”. Depuis 6 ans, il y a eu 250 morts. On s’est soumis. On aura de nou­veau cette dis­cus­sion après le prochain atten­tat et de nou­veaux morts.», LCI, 26 mars 2018

Sur l’antisémitisme islamique : « Le déni de réel, c’est la dif­fi­culté de la société française à recon­naître l’existence d’une haine des juifs dans l’islam rad­i­cal, qui s’est large­ment sub­sti­tuée à l’antisémitisme d’extrême droite. […] sans doute est-il plus facile, ou plus ras­sur­ant, de qual­i­fi­er de déséquili­brés ou de loups soli­taires ceux qui attaque­nt des Français juifs. Et il ne faut pas entretenir les amal­games. Mais on ne peut pas nier non plus que l’islam rad­i­cal est por­teur d’un anti­sémitisme qui peut par­fois devenir vio­lent, voire meur­tri­er », RTL, 1er mars 2018

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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