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Alexis Brézet

6 septembre 2019

Temps de lecture : 7 minutes
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Alexis Brézet

Le classicisme journalistique

Nommé en juillet 2012 directeur de la rédaction du Figaro en remplacement d’Étienne Mougeotte, Alexis Brézet clôt un mandat de cinq ans passés à la tête du Figaro Magazine.

Formation

Alex­is Brézet est né le 24 août 1962 à Toulouse, dans une famille bour­geoise de tra­di­tion mil­i­taire. Il fait son hypokhâgne dans la ville rose, avant d’intégrer Sci­ences-Po Paris. De l’avis unanime de ses col­lègues jour­nal­istes, Alex­is Brézet se dis­tingue par une solide cul­ture his­torique et un style d’écriture de grande qual­ité : « clair, sere­in, de qual­ité, vif et gai de sur­croît », selon François d’Orcival, qui fut son men­tor à ses débuts. De nature dis­crète et polie, il est catholique, mar­ié, père de qua­tre filles et réside dans un quarti­er dis­cret du 17e arrondisse­ment de Paris.

Parcours professionnel

Le nou­veau directeur de la rédac­tion du Figaro tire son excel­lente con­nais­sance des milieux, réseaux et per­son­nal­ités poli­tiques français d’un par­cours exclu­sive­ment poli­tique, passée entre le groupe Val­monde et Le Figaro. Il com­mence en tant que sta­giaire au Figaro, où il est repéré par Alain Peyr­ef­fite pour la qual­ité de son écri­t­ure. L’Académicien le recom­mande à François d’Orcival alors directeur de la rédac­tion de Valeurs actuelles, qui le fait entr­er à Spec­ta­cle du Monde en 1987, puis à Valeurs actuelles. Là, il suit pen­dant plus de dix années les poli­tiques de droite, comme de gauche, pour le ser­vice poli­tique dont il devient rédac­teur en chef, puis, en 1999, directeur de la rédac­tion. En 2000, il quitte Valeurs Actuelles en lais­sant un excel­lent sou­venir à ses anciens jour­nal­istes, dont l’un d’eux affirme aujourd’hui que « c’est l’un des meilleurs jour­nal­istes que j’ai croisé ». Il devient alors directeur adjoint de la rédac­tion du Figaro chargé des rubriques Poli­tique et Société, aux­quelles s’ajoute la rubrique Sci­ence et médecine en 2004. A par­tir de 2007, sa car­rière est indis­so­cia­ble de celle d’Étienne Mougeotte, dont il pren­dra sys­té­ma­tique­ment la suite dans ses change­ments de fonc­tions suc­ces­sifs : il devient ain­si directeur délégué de la rédac­tion du Figaro mag­a­zine, puis directeur, et enfin directeur de la rédac­tion du Figaro en juil­let 2012.

Le 27 Juil­let 2016, une polémique exis­ten­tielle sec­oue le lan­derneau jour­nal­is­tique français pour savoir s’il faut oui ou non divulguer les noms et les pho­tos des ter­ror­istes jihadistes. Alex­is Brézet pré­cis­era ain­si la poli­tique du Figaro : « Il est impor­tant de nom­mer et d’i­den­ti­fi­er ceux qui nous com­bat­tent » « Le nom des ter­ror­istes est un élé­ment d’in­for­ma­tion objec­tif essen­tiel pour com­pren­dre ce qui se joue sur notre sol, et notre devoir est de le porter à la con­nais­sance de nos lecteurs ou de nos inter­nautes. Ne pas le faire, ce serait ali­menter les fan­tasmes com­plo­tistes de tous ceux qui esti­ment que les médias « nous cachent la vérité » ».

À l’occasion de la mort de Serge Das­sault sur­v­enue le 28 mai 2018, il écrira avec Marc Feuil­lée le directeur général du Figaro : « Serge Das­sault por­tait sur notre groupe et ses col­lab­o­ra­teurs un regard chaleureux et atten­tif. Sa légendaire ténac­ité, sa con­vic­tion que les efforts de long terme payent, dans tous les métiers, nous don­naient une grande con­fi­ance dans l’avenir ».

Parcours militant

Alex­is Brézet est avant tout un jour­nal­iste obser­va­teur, plutôt qu’engagé. Ain­si, on ne lui con­naît pas d’expérience mil­i­tante dans un quel­conque mou­ve­ment, par­ti ou syn­di­cat comme l’UNI (auprès duquel il n’est même jamais inter­venu, à la dif­férence de nom­bre de ses col­lègues). Il ne ressent aucun besoin d’exprimer publique­ment ses opin­ions, unique­ment son analyse. Si la presse y voit un « jour­nal­iste aux con­vic­tions de droite assumées » (Chal­lenges, le 13 juil­let 2012), elle se fonde avant tout sur sa car­rière effec­tuée exclu­sive­ment dans des jour­naux classés à droite. Mal­gré sa dis­cré­tion, qu’il étend à son entourage pro­fes­sion­nel, un de ses anciens jour­nal­istes à Valeurs actuelles le définit comme étant de droite « clas­sique » : libéral dans le domaine économique, con­ser­va­teur sur les sujets de société.

Son attache­ment aux ques­tions de société et à l’éducation, qui s’exprimait déjà dans Le Figaro mag­a­zine, per­me­t­tra au Figaro de présen­ter une ligne d’opposition intel­li­gente aux mesures promis­es dans ce domaine par le gou­verne­ment social­iste, que ce soit sur l’instauration de cours de « morale laïque », ou la légal­i­sa­tion du mariage homo­sex­uel, et de l’euthanasie. Sur ces sujets, Alex­is Brézet pour­rait égale­ment rompre avec la ligne très sarkoziste et pro-UMP entretenue jusqu’ici par le quo­ti­di­en de Serge Das­sault, en intro­duisant un regard plus cri­tique sur les incer­ti­tudes qui règ­nent encore à l’UMP à ce sujet, affirme un jour­nal­iste proche de lui.

Collaborations

Comme Ari­ane Chemin le révèle dans un por­trait paru dans Le Monde (30 juil­let 2012) cet ancien jour­nal­iste de Valeurs actuelles a signé pen­dant plusieurs années la dernière et fameuse page de l’hebdomadaire : « La let­tre de M. de Rasti­gnac ». Un feuil­leton poli­tique balza­cien dans lequel il décrit, à la façon de la Comédie humaine et dans un style volon­taire­ment suran­né, les jeux de pou­voir. Il y donne notam­ment la part belle aux influ­ences exer­cées dans l’ombre, que ce soit celle des vis­i­teurs du soir, des con­seillers offi­cieux ou des femmes et maîtress­es !

Chaque same­di matin, Alex­is Brézet livre son analyse de l’actualité poli­tique dans une chronique sur RTL.

Il par­ticipe égale­ment chaque semaine au grand Jury RTL-LCI-Le Figaro le dimanche soir de 18h30 à 19h30.

Alex­is Brézet a coécrit trois ouvrages poli­tiques. « Les grands duels qui ont fait la France : l’art de la guerre poli­tique » paru en 2014 en col­lab­o­ra­tion avec Jean-Christophe Buis­son, « Les grands duels qui ont fait le monde » en 2016 en col­lab­o­ra­tion avec Vin­cent Tremo­let de Vil­liers et « Le deuil du pou­voir : les cent derniers jours à l’Elysée » en col­lab­o­ra­tion avec Solenn de Roy­er en 2017.

Il l’a dit

Au sujet des alliances entre l’UMP et le FN : « Le seul moyen d’éviter cette ten­ta­tion, c’est que l’UMP campe bien sa droite. Ceux qui plaident pour son recen­trage seront les arti­sans et les respon­s­ables de ces alliances », cité par Ari­ane Chemin dans Le Monde, le 30 juil­let 2012.

« La droite est entre deux posi­tions qui sont impos­si­bles : une majorité de ses électeurs deman­dent des alliances avec le Front nation­al (…) mais cette sit­u­a­tion là est impos­si­ble pour la rai­son com­plé­men­taire que si 60 % des électeurs de la droite sont pour, presque 40 % sont con­tre, et 99,9% des dirigeants sont con­tre… Et si jamais l’un d’eux com­mençait à dire cela, la droite exploserait et perdrait les élec­tions. C’est donc une posi­tion qui n’est pas ten­able (…) L’UMP n’en veut pas, et le FN non plus. L’autre posi­tion est de dire : on va vot­er pour les social­istes… Mais la droite entre dans l’opposition, et pour l’incarner elle com­mencerait par dire : nous votons social­istes ? Mais ses électeurs vont fuir en masse vers le Front nation­al, en se dis­ant que finale­ment, la vraie oppo­si­tion, c’est le Front nation­al ! », sur France 2, dans l’émission « Mots Croisés », entre la prési­den­tielle et les lég­isla­tives, juin 2012

Sur la polémique née des pro­pos de Claude Guéant sur la supéri­or­ité de la civil­i­sa­tion occi­den­tale : « Qu’est-ce qu’on va faire en Lybie ? Qu’est-ce qu’on est allé faire en Afghanistan ? Qu’est-ce qu’on voudrait faire en Syrie ? Qu’est-ce qu’on va faire sinon défendre la supéri­or­ité de nos valeurs ? (…) On y va avec un cer­tain nom­bre de valeurs : de démoc­ra­tie, de droits de la femme, de l’homme (…) Si nous faisons ça c’est que nous avons le sen­ti­ment –à tort ou à rai­son, on peut en dis­cuter – que nous avons des valeurs de civil­i­sa­tion qui sont supérieures à cer­taines autres. Et du point de vue des droits de l’Homme, je le pense. », sur LCP, févri­er 2012.

Sur Nico­las Sarkozy : « (Nico­las Sarkozy a) eu le pressen­ti­ment en 2007 de cette vague droitière qui touche aujourd’hui l’Europe, mais il a cru, à tort, que le verbe suf­fi­rait à l’endiguer », dans Le Figaro mag­a­zine, édi­to­r­i­al du 1er avril 2011.

Sur la taxe car­bone : « La taxe car­bone n’au­ra aucune influ­ence sur le réchauf­fe­ment cli­ma­tique, elle ne dimin­uera guère notre con­som­ma­tion d’én­ergie fos­sile et elle ne rap­portera rien à l’État. Mais, alors, à quoi sert-elle ? Dis­ons-le franche­ment : pour ses insti­ga­teurs, de Nico­las Hulot à Daniel Cohn-Ben­dit, elle a une portée essen­tielle­ment sym­bol­ique. Il s’ag­it, en frap­pant les esprits, de man­i­fester l’avène­ment d’une human­ité nou­velle, con­sciente des enjeux cli­ma­tiques et prête enfin à «chang­er de com­porte­ment». C’est une vision religieuse ; comme telle, elle ne saurait être dis­cutée. Pour Nico­las Sarkozy, l’en­jeu est un rien plus prosaïque. Ce n’est pas un hasard si le chef de l’État a relancé l’af­faire au lende­main des élec­tions européennes mar­quées par le suc­cès des Verts : en prévi­sion des échéances élec­torales futures (régionales et surtout prési­den­tielle), le chef de l’État veut annex­er la bonne con­science écol­o­giste et détach­er l’élec­torat Vert du Par­ti social­iste. Quitte à mécon­tenter durable­ment ses sou­tiens tra­di­tion­nels : élec­torat pop­u­laire, ruraux, familles, per­son­nes âgées ? C’est toute l’in­con­nue — et le risque — de son cal­cul poli­tique. », dans Le Figaro mag­a­zine, le 5 sep­tem­bre 2009.

Sur la ges­tion de l’ « affaire Léonar­da » par François Hol­lande : « Pitoy­able habileté des­tinée à ne mécon­tenter per­son­ne et qui réus­sit in fine à exas­pér­er tout le monde. Faible dans ce qu’elle a de fort, mesquine dans ce qu’elle a de généreux, la « déci­sion » du prési­dent ajoute l’ar­bi­traire à la faib­lesse et le sen­ti­men­tal­isme à l’in­sen­si­bil­ité. Injus­ti­fi­able du point de vue du droit comme de celui de la sim­ple human­ité, elle fera date, à n’en pas douter. Au-delà du cas Leonar­da, elle révèle et cristallise la fail­lite poli­tique d’un quin­quen­nat tout juste com­mencé et qui, noyé d’indé­ci­sion et d’im­puis­sance au som­met, a déjà comme un air de fin de règne. ». Le Figaro, 20 ccto­bre 2013.

Sur la prési­dence de François Hol­lande : « Par quel ahuris­sant mys­tère un homme qu’on dis­ait intel­li­gent, sub­til — et qui l’est assuré­ment — a‑t-il pu à ce point s’abîmer dans le ridicule et l’in­curie d’une prési­dence sans grandeur ni vision ? Les his­to­riens essaieront peut-être de tranch­er le point, qui relève plus sûre­ment des psy­cho­logues. La France, elle, a déjà tourné la page. Elle sait bien qu’hi­er soir François Hol­lande n’a pas renon­cé à briguer un sec­ond man­dat. En vérité, il n’a jamais été prési­dent. » Le Figaro, 2 décem­bre 2016.

À pro­pos de la poli­tique d’immigration de la France, Alex­is Brézet réagis­sait ain­si à la Une du jour­nal L’Obs du 11 Jan­vi­er 2018 : « Dire que la France n’est pas accueil­lante c’est une blague. […] Ce que pense l’immense majorité des français c’est qu’aujourd’hui la France n’a pas les moyens d’accueillir à la fois des réfugiés poli­tiques bien réels, et il y en a, et d’y ajouter l’immense masse des réfugiés économiques. » Figaro­Live, 11 Jan­vi­er 2018.

Lors d’une émis­sion poli­tique sur LCI le soir des élec­tions européennes du 26 mai 2019, il désign­era Emmanuel Macron comme le grand gag­nant de ces élec­tions, lui qui aura créé les con­di­tions favor­ables à un duel entre le par­ti de Marine Le Pen et son par­ti La République En Marche. « La vic­toire stratégique c’est celle de Macron. Pour lui, l’objectif c’est d’être face à Marine Le Pen. Aujourd’hui finale­ment entre lui et Marine Le Pen il n’y a plus per­son­ne. » « Macron a pris un risque mais ce risque est couron­né par un suc­cès. » Figaro­Live, 26 mai 2019.

Il l’a fait

Le 1er sep­tem­bre 2012, Le Figaro pub­lie une inter­view de l’ancien directeur de la sûreté générale libanaise, Jamil Sayyed, sur le con­flit syrien inti­t­ulée : «Sayyed : l’écroulement de la Syrie serait cat­a­strophique ».

Crédit pho­to : Europe 1

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