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Gabriel Attal, l’ange de Christophe Barbier, vu par la presse

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19 janvier 2024

Temps de lecture : 4 minutes
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Gabriel Attal, l’ange de Christophe Barbier, vu par la presse

Temps de lecture : 4 minutes

Un CV vide avant d’entrer en politique, un communicant plus qu’un politique… à première vue, rien ne semble différencier Gabriel Attal de l’homme politique français moyen version moderne. Enfin, de notre point de vue. Cependant, la véritable opération de propagande qui s’est mise en branle depuis (et un peu avant) la nomination de l’ex ministre de l’Éducation Nationale n’est pas sans rappeler celle qui nous a vendu, il y sept ans, un certain Emmanuel Macron.

Des annonces et peu de réalisations

« L’homme pressé » titre Paris Match, ou, encore, Les Échos évo­quent une « ascen­sion ful­gu­rante », suiv­is par France 24. Les titres de presse ne taris­sent pas d’éloges con­cer­nant le plus jeune Pre­mier min­istre qu’a con­nu la cinquième République. Pour­tant dans leur papi­er, Les Échos nous dressent un por­trait en demi-teinte de Gabriel Attal, évo­quant son pas­sage à l’Éducation nationale comme un grand cham­boule-tout sans véri­ta­ble bilan du fait de la brièveté du man­dat. Plus loin nous lisons qu’il y a eu « beau­coup de dossiers ouverts, aucun mené à terme ». À lire ce papi­er, nous com­prenons surtout que Gabriel Attal est un excel­lent com­mu­ni­quant, sachant se faire un nid dans l’e­space pub­lic à grands coups d’an­nonces, sans aller beau­coup  plus loin.

Frédéric Mitterrand enamouré

Pour­tant, cer­tains voient en lui un homme poli­tique fait d’un autre bois. Citons Frédéric Mit­ter­rand, ancien min­istre de Nico­las Sarkozy, qui souligne au micro de RTL qu’on lui a envoyé un jeune sta­giaire de l’E­NA, Gabriel Attal, et qu’en une demi-heure Mit­ter­rand a com­pris que ce petit jeune n’é­tait pas comme les autres. Il en aurait « pris la mesure », regret­tant même d’être nom­mé min­istre, il aurait plutôt préféré rester avec Attal qui avait, il en est cer­tain, plein de choses à lui appren­dre. Out­re le ridicule de la déc­la­ra­tion, notons que Gabriel Attal n’a jamais fait l’E­NA con­traire­ment à ce que dit Frédéric Mitterrand.

Un peu de chiromancie et un ange passe

Restons dans le domaine du ridicule en citant Le Point qui relate cette scène où Mar­lène Schi­ap­pa, adepte du tarot mar­seil­lais, a prédit à Gabriel Attal son ascen­sion qui se ferait, selon la pré­dic­tion, grâce à une femme. Aujour­d’hui nous savons qu’il s’ag­it d’Élis­a­beth Borne. Et si, finale­ment, la nom­i­na­tion de Gabriel Attal n’é­tait pas une divine sur­prise pour sauver la macronie ?

Une divine sur­prise ? Exagéré diront cer­tains, mais pas Christophe Bar­bi­er. L’édi­to­ri­al­iste s’est fendu d’une inter­ven­tion sur BFMTV, où il fait une métaphore biblique de la sit­u­a­tion, indi­quant qu’en hébreu, Gabriel sig­ni­fie « force de Dieu », que Dieu c’est Macron, et qu’Attal est la force qui doit pro­téger Dieu lors des élec­tions européennes (sic).

La presse internationale réservée

Comme sou­vent, la presse inter­na­tionale reste plus lucide. Beau­coup de titres, Le Times, La Repub­bli­ca, Der Spiegel ou encore The Econ­o­mist y voient la nom­i­na­tion d’une pure créa­tion de Macron, dont l’homosexualité en fait l’une des per­son­nal­ités LGBT les plus influ­entes (CNN) et qui est là pour sauver les meubles lors des européennes. Un con­stat loin des métaphores bibliques de Christophe Barbier.

Le Point souligne que, con­traire­ment à la presse inter­na­tionale, la France met peu en avant l’homosexualité de Gabriel Attal. Ne serait-elle pas plutôt mise sous le bois­seau ? Une séquence ayant eu lieu sur le plateau de LCI le 8 jan­vi­er 2024 met­tait en avant l’ho­mo­sex­u­al­ité d’At­tal comme un fac­teur impor­tant – cepen­dant non déter­mi­nant – dans sa nom­i­na­tion à Matignon. Selon Guil­laume Roquette, qui a tenu ces pro­pos, il incar­ne par son « coté gay » l’é­man­ci­pa­tion, qui est au cœur du pro­jet macro­niste. Hormis ces pro­pos, aucun jour­nal­iste de grand chemin ne sem­ble s’être ques­tion­né sur le lien entre l’homosexualité d’At­tal et sa nom­i­na­tion à Matignon. Notons que la séquence impli­quant Guil­laume Roquette a été supprimée.

Ce bran­le-bas de com­bat à pro­pos de Gabriel Attal, à qui les sondages prê­tent une cer­taine pop­u­lar­ité, lui per­me­t­tra t’il d’être le sauveur de la macronie ou bien un clou de plus sur son cer­cueil poli­tique ? La réponse pour­rait être rapide.

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