Un dossier exclusif sur Quotidien de Yann Barthès

Au moment où Claude Chol­let, directeur de la pub­li­ca­tion de l’Ojim, est mis en exa­m­en pour injures publiques, à la demande de Ramzi Khi­roun, Yann Barthès est sous les feux de la rampe pour d’autres raisons. Son émis­sion Quo­ti­di­en, déjà analysée par Valeurs Actuelles est l’objet d’un dossier com­plet et argu­men­té rédigé par l’Ojim. Pour le recevoir en exclu­siv­ité, rien de plus sim­ple : rejoignez nos dona­teurs (avec un reçu fis­cal de 66%) et vous recevrez ce dossier brûlant par retour. Pour nous soutenir c’est ici.

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Photojournalisme précaire dans une presse en crise

Vendredi 15 février, le journal Libération publiait le portrait d’un photographe de presse, Alain Buu, dont la situation est bien révélatrice de la crise que traverse le monde du photojournalisme.

Car s’il a con­nu les guer­res et les bombes, c’est bien cette crise qui, aujourd’hui, l’oblige à tra­vailler dans des con­di­tions pré­caires. Autre­fois globe-trot­teur infati­ga­ble, il a dû, il y a peu, quit­ter l’agence Gam­ma qui ne l’envoyait plus en mis­sion à l’étranger. Désor­mais 80 % de ses con­trats sont des com­man­des d’entreprise, des « cor­po­rates ». « Des cen­taines de pho­tographes sont dans mon cas », affirme-t-il avant de con­fess­er qu’il tra­vaille sou­vent à perte depuis des années : « Il y a trois ans, je suis allé suiv­re la guerre au Tchad. Cela m’a coûté 5 000 à 6 000 euros, dépen­sés en pure perte car je n’ai pas ven­du de pho­tos. »

Pour la révo­lu­tion égyp­ti­enne, il a dou­blé son investisse­ment (1 500 euros pour les bil­lets d’avion et la vie sur place), « mais cela reste excep­tion­nel ». Sans investisse­ment, pas de déplace­ment. Sans déplace­ment, pas de revenus. La sit­u­a­tion des pho­to­jour­nal­istes est plus qu’une impasse. Ain­si n’a‑t-il pas pu, récem­ment, se ren­dre en Libye et en Syrie. « Avant, c’était dif­férent : l’agence pre­nait en charge la moitié des frais et se rétribuait avec la moitié des ventes de pho­tos », rap­pelle-t-il. Des pro­pos con­fir­més par Marc Rous­sel, autre pho­tographe très au fait de ces ques­tions : « En quinze ans, le nom­bre de com­man­des fer­mes a été divisé par trois, la valeur marchande d’un reportage par deux et le temps qu’il faut y con­sacr­er ne cesse de s’accroître avec le tra­vail de post­pro­duc­tion numérique. Ce qu’autrefois le lab­o­ra­toire — et donc le jour­nal — assumait, c’est aujourd’hui le pho­tographe qui le sup­porte sans con­trepar­tie finan­cière. »

Alain Mingam, ancien patron de Gam­ma, évoque « la pudeur et le silence com­plice, car obligé, des pho­tographes qui n’avouent qu’en privé l’état déplorable de leurs revenus et le traite­ment de leurs images, recadrées sous l’effet d’une “illus­tra­tionnite” aiguë. » Selon ce dernier, pour sur­vivre, les pho­tographes se dirig­eraient désor­mais « vers les fes­ti­vals, fon­da­tions, galeries, musées devenus les refuges nobles ou le “Samu obligé” d’une pho­to de presse malade, car trop mal exploitée dans ses sup­ports d’origine. »

Voir aussi notre vidéo : La photographie, victime de la presse ?

Source : PAJ www.paj-photographe-auteur-journaliste.org

Censure : le magazine Bretons retiré des kiosques

Après avoir fait sa une sur un sondage révélant que 18% des Bretons étaient favorables à l’indépendance de leur région, le magazine Bretons du mois de février a été subitement retiré des kiosques.

Selon la CFDT, l’ordre viendrait du PDG d’Ouest-France, François-Régis Hutin, vis­i­ble­ment dérangé par ce sondage IFOP et sa mise en avant. « On peut penser ce que l’on veut du sujet, le résul­tat d’un sondage, réal­isé dans les règles de l’art, est une infor­ma­tion. Et c’est à ce titre que la rédac­tion de Bre­tons a décidé d’en faire sa Une, lais­sant à ses lecteurs le soin de se faire une opin­ion sur la ques­tion », a indiqué la CFDT d’Ouest-France.

Et l’Agence Bre­tagne Presse, qui a relayé l’information, de s’interroger sur les finance­ments publics reçus par le quo­ti­di­en région­al, ain­si que sur ses liens avec la pré­fec­ture. En 2005, l’ABP avait révélé que la pré­fec­ture com­mandait des arti­cles à Ouest-France. Aus­si, l’agence régionale rap­pelle que le jour­nal est la pro­priété d’une asso­ci­a­tion, SIPA – Ouest-France, ce qui lui per­met de racheter tous ses con­cur­rents dans une appar­ente légal­ité.

Le mag­a­zine Bre­tons est détenu à 30% par cette asso­ci­a­tion, d’où l’influence notable de M. Hutin sur le men­su­el.

Médias : TV Magazine retouche une photo de PPDA

Retoucher ses clichés est une chose ; ne pas se faire attraper en est une autre. C’est une leçon que TV Magazine devrait méditer cette semaine.

Dans son édi­tion du week-end, le mag­a­zine, plus gros tirage de la presse française avec plus de 5 mil­lions d’exemplaires ven­dus, a fait sa une sur la venue de Patrick Poivre d’Arvor au Liban. Dans l’entretien qui lui est con­sacré, l’ancien présen­ta­teur de TF1 appelle à don­ner pour l’Unicef dans le but d’aider les réfugiés syriens. Sur la pho­to de cou­ver­ture, on aperçoit ain­si PPDA, en com­pag­nie d’un enfant, qui porte une veste grise flo­quée d’un gros logo de l’Unicef.

Mais en par­courant les pages intérieures du mag­a­zine, on con­state un autre cliché du jour­nal­iste avec la même veste… sans le logo. Il faut dire que les retouch­es pho­to sont dev­enues telle­ment courantes dans le jour­nal­isme qu’il faut bien, de temps en temps, qu’elles soient remar­quées.

Mon­tage pho­to : Pure Médias

Deux journalistes candidats à l’Académie française

Après l’élection d’Alain Duhamel à l’Institut le 10 décembre dernier, deux journalistes ont déposé leur candidature au fauteuil de Michel Mohrt à l’Académie française : Dominique Bona et Philippe Meyer. L’élection aura lieu le 18 avril prochain.

Née en 1953, Dominique Bona est la fille de l’écrivain Arthur Con­te. Elle fut jour­nal­iste au Quo­ti­di­en de Paris de 1979 à 1985, puis pour le sup­plé­ment lit­téraire du Figaro, dans lequel elle écrit tou­jours. Elle est mem­bre du Jury Renau­dot depuis 1999, et auteur de plusieurs ouvrages primés dont Romain Gary en 1987 (Grand Prix de la biogra­phie de l’A­cadémie française), Les Yeux noirs ou les vies extra­or­di­naires des sœurs Héré­dia en 1990 (Prix de Lutèce), Mali­ka en 1992 (Prix Renau­dot), Le Man­u­scrit de Port-Ebène en 1998 (Prix Renau­dot) et Berthe Morisot, le secret de la Femme en noir en 2000 (Bourse Goncourt de la biogra­phie). Elle a déjà can­di­daté deux fois à l’A­cadémie française, en mars 2004 et jan­vi­er 2008.

Né en 1947, Philippe Mey­er est doc­teur en soci­olo­gie, jour­nal­iste et pro­duc­teur. En 1979, il devient directeur d’é­tudes du pro­gramme “Jour­nal­istes en Europe” et directeur adjoint du CFPJ (Cen­tre de For­ma­tion et de Per­fec­tion­nement des Jour­nal­istes). De 1980 à 1984 il tient la chronique télévi­sion du mag­a­zine L’Ex­press, dont il devient rédac­teur en chef adjoint respon­s­able de la rubrique “Vie cul­turelle”, jusqu’en 1986. Il pro­duit et présente l’émis­sion de musique clas­sique “Revenez quand vous voulez” sur Métro­pole télévi­sion M6 de 1987 à 1989, il est édi­to­ri­al­iste au Point et présen­ta­teur de l’émis­sion “Le Grand Débat” sur France Cul­ture jusqu’en 1989, chroniqueur sur France Inter de 1991 à 2000 dans la rubrique “Choses vues”. Sur France Cul­ture, il pro­duit l’émis­sion “Alle­gro Serioso” de 1991 à 1996 et “L’e­sprit pub­lic” depuis 1998. Maître de con­férences à l’In­sti­tut d’Études poli­tiques de Paris, Philippe Mey­er est égale­ment, depuis 2006, prési­dent de la Com­mis­sion générale de ter­mi­nolo­gie et de néolo­gie, au min­istère de la Cul­ture et de la Com­mu­ni­ca­tion, dont la mis­sion est de favoris­er l’enrichissement de la langue française. Il est l’au­teur de plusieurs ouvrages, dont L’En­fant et la rai­son d’État en 1977, Pointes sèch­es en 1992, Dans cette val­lée de larmes en 1997, Por­traits acides et autres pen­sées édi­fi­antes en 1999, Le Pro­grès fait rage en 1999, L’Avenir peut atten­dre en 2004, ou encore Brusque Cha­grin en 2005. Il a déjà été can­di­dat à l’A­cadémie française, en décem­bre 2011.

Crédit pho­to : mon­tage Ojim. Images sous licence libre (Wikipé­dia)

Le JT de France 2 : pas neutre selon Pujadas

Invité par Ali Baddou dans La Nouvelle Édition ce lundi sur Canal +, David Pujadas, co-auteur avec Hassen Chalghoumi d’Agissons avant qu’il ne soit trop tard (2013), a admis que son journal télévisé n’était pas neutre.

Voici leur échange retran­scrit :

- Du coup, on se dit que David Pujadas n’est pas si neu­tre que ça…

- Mais, hon­nête­ment, je pense que si vous regardez le jour­nal (télévisé), vous sen­tez qu’il n’y a pas for­cé­ment de neu­tral­ité, qu’il y a des con­vic­tions. Alors, ce n’est pas des con­vic­tions comme on les imag­ine : pour tel can­di­dat ou pour tel par­ti ou pour tel truc. Ça, hon­nête­ment, je pense que beau­coup d’en­tre nous… Quand on est jour­nal­iste, on est surtout dans le doute, dans le ques­tion­nement… Mais des con­vic­tions de se dire, sim­ple­ment : atten­tion, il y a un immense malen­ten­du qui est en train de naître, entre la France et sa com­mu­nauté musul­mane. Il y a un risque aus­si, de cette com­mu­nauté musul­mane, qu’elle se rad­i­calise, ces con­vic­tions-là, oui, bien sûr.

Out­re que le doute et le ques­tion­nement amè­nent man­i­feste­ment à vot­er mas­sive­ment à gauche, on com­prend que le choix du reportage dif­fusé en décem­bre 2012 dans le JT de 20h, qui résumait les chômeurs à une mère de famille nom­breuse catholique pra­ti­quante, n’é­tait peut-être pas si inno­cent que cela !

Crédit pho­to : DR

Dossier : La Vague dissidente

Zemmour, Ménard, Lévy, Cohen, Rioufol, Brunet : leur nombre s’accroît et les médias les rassemblent sous l’étiquette de « néo-réacs ». Mais forment-ils, pour autant, une équipe cohérente ? Sont-ils réellement « réactionnaires » ou seulement « réactifs » ? Et comment se cognent-ils au mur de la Pensée Unique ?

Au début des années 90 du siè­cle précé­dent, alors que le mur sovié­tique finis­sait de s’effondrer, un autre achevait de bar­ri­cad­er la nou­velle doxa à l’encontre de tous ceux qui auraient pré­ten­du la remet­tre en cause. Était-ce la con­séquence de la vic­toire occi­den­tale par for­fait du camp adverse ? En tout cas, on baig­nait dans une atmo­sphère de fin de l’Histoire, la dialec­tique idéologique sem­blait désor­mais devoir appartenir à une ère révolue, et un con­sen­sus se met­tait en place, pro­pre à béton­ner tout débat, que cer­tains finirent par nom­mer « Pen­sée Unique » ou « Poli­tique­ment cor­rect », une fois qu’il apparut que les parpaings solide­ment encas­trés étaient égale­ment recou­verts de verre pilé. Cepen­dant, la décen­nie suiv­ante allait peu à peu voir grossir une vaguelette, quoique sécrétée au compte-goutte, de jour­nal­istes cri­tiques ten­tant d’éclabousser le mur de la rec­ti­tude morale offi­cielle. À peine une poignée, ils fer­ont pour­tant telle­ment tâche dans le paysage mono­chrome du dis­cours médi­a­tique, qu’on ne par­lera bien­tôt plus que d’eux, jusqu’à don­ner l’impression d’une grande défer­lante réac­tion­naire s’abattant sur la muraille du Pro­grès. Qu’en est-il réelle­ment ?

Une décennie « néo-réac »

Les atten­tats du World Trade Cen­ter, qui ont ouvert véri­ta­ble­ment le XXIème siè­cle, sem­blent avoir égale­ment relancé le cours de l’Histoire intel­lectuelle. En effet, c’est en 2002 que parais­sent en France deux livres tout à fait symp­to­ma­tiques : d’un côté, la jour­nal­iste Élis­a­beth Lévy pub­lie Les Maîtres censeurs (Lat­tès), attaquant la Pen­sée Unique de manière frontale et dans le champ médi­a­tique ; de l’autre, Daniel Lin­den­berg assène un pam­phlet, Le Rap­pel à l’ordre (Seuil), sur les têtes d’une dizaine d’intellectuels accusés de « réac­tion » (dont la plu­part, c’est à not­er, vien­nent de la gauche ou s’en procla­ment, comme Alain Finkielkraut, Pas­cal Bruck­n­er ou Alain Badiou). Ces deux livres, soule­vant cha­cun de fortes polémiques, vont déter­min­er les modal­ités de l’affrontement. Ceux qui se dressent con­tre la Pen­sée Unique reprochant à ses représen­tants d’entretenir un véri­ta­ble ter­ror­isme intel­lectuel, de refuser le débat et de recourir à des formes insi­dieuses de cen­sure ; ceux qui emboîteront le pas de Lin­den­berg se con­tentant la plu­part du temps de dress­er des listes et d’amalgamer les gêneurs sous le voca­ble de « réac­tion­naires », « néo-réacs », voire, comme Renaud Dély fin 2012 dans Le Nou­v­el Obs, « néo-fachos ».

Tête à clash

En 2006, Lau­rent Ruquier offre un fau­teuil de chroniqueur à Éric Zem­mour, un jour­nal­iste du Figaro à peine con­nu du grand pub­lic pour son livre Le Pre­mier Sexe (Denoël), au sein de son talk-show « On n’est pas couché ». D’abord sys­té­ma­tique­ment hué par les spec­ta­teurs de l’émission, c’est lui qui, par la suite, accom­pa­g­né d’Éric Naul­leau, va assur­er l’immense suc­cès du pro­gramme, notam­ment grâce à un nom­bre con­sid­érable de « clashs » avec les invités qui tour­nent en boucle sur Inter­net. Brisant soudaine­ment à la fois le con­sen­sus pro­mo­tion­nel auquel ont été réduites depuis longtemps les émis­sions cul­turelles et de diver­tisse­ment, et le con­sen­sus idéologique, en assumant des vues de droite dans un milieu uni­for­mé­ment de gauche, Zem­mour fait le show, polémique avec brio, démolit avec humour et devient un véri­ta­ble phénomène de société. Franken­stein échap­pant des mains de ses créa­teurs, une bête médi­a­tique est née, qui dérange un milieu corseté dans le poli­tique­ment cor­rect mais arrange ses employeurs par sa fac­ulté de faire mon­ter l’audimat.

Les mousquetaires des plateaux télé…

Le suc­cès inat­ten­du d’Éric Zem­mour va entraîn­er dans son sil­lage la médi­ati­sa­tion d’autres jour­nal­istes qui, sans doute, seraient restés dans l’ombre si le sys­tème médi­a­tique n’avait pas, grâce au phénomène Zem­mour, repris con­science de quelques équa­tions élé­men­taires : pour qu’il y ait de l’audimat, il faut du spec­ta­cle ; pour qu’il y ait du spec­ta­cle, il faut du débat ; pour qu’il y ait du débat, il faut des con­tra­dicteurs… C’est ain­si qu’Ivan Rioufol, jour­nal­iste au Figaro égale­ment, plus clas­sique, moins flam­boy­ant, mais s’assumant réac­tion­naire (De l’urgence d’être réac­tion­naire, PUF, 2012), va trou­ver égale­ment sa place de mous­que­taire des plateaux télé, à fer­railler seul con­tre tous sur des sujets où l’opinion offi­cielle est par­faite­ment for­matée. Auteur d’Être de droite : un tabou français (Albin Michel, 2006), Éric Brunet va quant à lui car­ré­ment se « ven­dre » sur cette éti­quette tou­jours infâ­mante, mais dev­enue depuis peu asso­ciée à un quo­ta néces­saire à assur­er dans les grandes rédac­tions. Il obtient ain­si une quo­ti­di­enne sur RMC (« Car­ré­ment Brunet ») à par­tir de novem­bre 2010, non sans essuy­er les attaques de l’ACRIMED, l’association bour­dieusi­enne accu­sant tout bon­nement l’un des seuls ani­ma­teurs ouverte­ment de droite de faire une « émis­sion de pro­pa­gande ». À gauche, en effet, on se con­tente de rap­pel­er la Vérité. Prav­da.

Tartuffe démocrate

En 2008, le directeur de Reporters sans fron­tières, Robert Ménard, infati­ga­ble défenseur de la lib­erté d’expression, se con­fronte assez vio­lem­ment à Éric Zem­mour lors de l’émission « On n’est pas couché », au sujet de la Chine. Pour­tant, trois ans plus tard, le pre­mier vient témoign­er en faveur du sec­ond, dans le cadre d’un procès inten­té par plusieurs asso­ci­a­tions sub­ven­tion­nées de lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions. Ménard a‑t-il retourné sa veste ? Changé de camp ? Non, sim­ple­ment, cohérent avec l’intitulé de sa cause, le jour­nal­iste s’attache, surtout depuis qu’il a quit­té RSF, à défendre la lib­erté d’expression à l’intérieur des fron­tières, enfin de ce qu’il en reste. Ain­si s’insurge-t-il – presque naïve­ment -, con­tre tous les tabous qu’il détecte, allant jusqu’à sor­tir, avec sa femme Emmanuelle Duverg­er, un pam­phlet titré : Vive le Pen ! (Mordi­cus, 2011), sans accorder pour autant nul sou­tien au Front Nation­al mais pour soulign­er la tartufferie d’une presse soi-dis­ant démoc­rate qui dia­bolise des par­tis pour­tant autorisés.

Complaisance

Le clan Le Pen incar­nant le pôle nord de la vie intel­lectuelle, médi­a­tique et fan­tas­ma­tique française, en 2012 comme vingt ans plus tôt, c’est encore ce sujet qui va faire naitre le scan­dale autour de Philippe Cohen, auteur, avec Pierre Péan, de Le Pen, une his­toire française (Robert Laf­font). En effet, parce que les jour­nal­istes ont mené une enquête très cri­tique, mais volon­taire­ment dépas­sion­née (et sans « dia­boli­sa­tion », donc), sur les cro­quemi­taines du cirque poli­tique, on les accuse de « com­plai­sance ». Le seul soupçon de com­plai­sance envers ce par­ti, fût-il légal, suff­isant à se voir con­fér­er une répu­ta­tion de nos­tal­gique des camps de la mort, ou presque, et s’appelât-on « Cohen », la polémique enfle au point d’aboutir à la démis­sion du coupable de l’hebdomadaire Mar­i­anne, dont il était pour­tant l’un des fon­da­teurs, après une rude con­tro­verse avec Mau­rice Szafran, PDG de la revue. Une revue dont les objec­tifs ini­ti­aux avaient été juste­ment de lut­ter… con­tre la Pen­sée Unique. Élis­a­beth Lévy, qui y col­lab­o­rait, avait mon­té avec Philippe Cohen la « Fon­da­tion du 2 mars », un think-tank des­tiné à pro­mou­voir les valeurs répub­li­caines, ten­dance gaul­lo-chevène­men­tiste. Cette affaire prou­ve, par ailleurs, que dix ans après ses pre­mières ébul­li­tions vis­i­bles, la « vague dis­si­dente », si elle déchaîne tou­jours davan­tage les réac­tions out­rées des milieux médi­a­tiques offi­ciels, n’a jamais pu con­clure sur un réel ancrage dans cette sphère.

Bilan et perspectives

Si l’on en croit les dis­cours des médias autorisés, les « néo-réacs » (voire « néo-fachos », bref, ces « SS 2.0 »), for­ment un ensem­ble idéologique cohérent, suff­isam­ment cohérent pour être insi­dieuse­ment réductible à une seule chose : la cervelle de la Bête immonde, et un ensem­ble d’autant plus menaçant qu’il aurait peu à peu pris ses mar­ques dans le sys­tème médi­a­tique au point de le gan­grén­er de sa pen­sée « nauséabonde ». Tel serait donc le bilan à tir­er de cette décen­nie qui vit sur­gir les néo-réacs. Or, sur ces deux aspects du phénomène : unité de pen­sée et ancrage dans le sys­tème, il serait bon de se pencher de manière objec­tive.

« Ménard sans interdit »… interdit

Tout d’abord, l’ancrage. Quelle est la sit­u­a­tion pro­fes­sion­nelle réelle de nos pro­tag­o­nistes ? Philippe Cohen, nous venons de le voir, a démis­sion­né de la revue Mar­i­anne dont il avait été plus de dix ans plus tôt, l’un des mem­bres fon­da­teurs. Robert Ménard a été débar­qué d’i>Télé en juil­let 2012 où il ani­mait une émis­sion quo­ti­di­enne, « Ménard sans inter­dit », après avoir été déjà évincé de la sta­tion RTL l’année précé­dente. Il s’est depuis « replié » sur Inter­net en lançant le site d’information Boule­vard Voltaire. Si Éric Brunet con­serve sa quo­ti­di­enne sur RMC, il ne sem­ble pas dépass­er le statut de « quo­ta droiti­er ». Quant à Ivan Rioufol, hormis son « Bloc-notes » au Figaro, il n’est jamais qu’un invité récur­rent des talk-shows, de la même manière qu’Élis­a­beth Lévy, laque­lle n’a plus comme il y a quelques années chez Franz-Olivi­er Gies­bert, un fau­teuil de chroniqueuse télé, et se con­cen­tre sur le développe­ment de sa revue Causeur, qui devrait attein­dre les kiosques en avril 2013. Enfin, Éric Zem­mour, le plus emblé­ma­tique de tous, s’est fait évin­cer d’« On n’est pas couché » en pleine gloire et s’il a relancé une émis­sion avec son com­père Éric Naul­leau (« Zem­mour et Naul­leau »), ce n’est plus que sur le câble qu’il appa­raît, demeu­rant égale­ment chroniqueur sur i>Télé (« Ça se dis­pute »), quand ses chroniques quo­ti­di­ennes sur RTL ont été réduites au rythme de deux par semaine. Par con­séquent, l’idée d’une inva­sion des médias par les néo-réacs, telle qu’elle est véhiculée par des jour­nal­istes dis­posant quant à eux de postes clés dans les chaînes de télévi­sion ou de radio publiques paraît totale­ment dis­pro­por­tion­née, si ce n’est déli­rante, ou encore rel­e­vant du pur fan­tasme ou bien, peut-être, d’un sim­ple « sen­ti­ment d’insécurité » que ceux-ci éprou­veraient sur le plan pro­fes­sion­nel.

Un courant intellectuel défini et organisé ?

Analysons main­tenant cet autre préjugé qui accorderait une unité idéologique aux néo-réacs, comme s’il s’agissait d’un courant intel­lectuel défi­ni et organ­isé, qu’on pour­rait par con­séquent aisé­ment rap­procher d’autres courants ayant ani­mé les « heures les plus som­bres de notre His­toire ». Si l’on use de la typolo­gie établie par René Rémond dans son célébris­sime ouvrage Les droites en France, force est de con­stater qu’un Zem­mour bona­partiste est assez éloigné, d’un point de vue idéologique, des orléanistes libéraux Rioufol ou Brunet, ces trois-là étant les seuls, par ailleurs, à se déclar­er eux-mêmes « réac­tion­naires », quand cette épithète reste en out­re dénuée de réelle per­ti­nence, puisqu’il faudrait encore savoir quel repère est asso­cié à la « réac­tion » : Avant mai 1968 ? Les années 1930 ? 1802 ? L’Ancien Régime ? Quant à Élis­a­beth Levy et Philippe Cohen, les pre­mières plumes de Mar­i­anne ne peu­vent être situées à droite qu’en ver­tu d’un mou­ve­ment « sin­istr­o­gyre » (« gauchi­sa­tion » des cli­vages poli­tiques), qui aurait déplacé le mar­queur à bâbord d’un engage­ment répub­li­cain laï­ciste de gauche tra­di­tion­nel. Ménard, l’ancien trot­skyste qual­i­fié de représen­tant d’une « gauche libérale » au début des années 2000, même s’il est dif­fi­cile de le main­tenir aujourd’hui de ce côté de l’hémicycle, s’en réfère quoiqu’il en soit tou­jours à Voltaire plutôt qu’à Joseph de Maistre.

Scénario complotiste

Il est donc clair que nous ne sommes pas en présence d’une nou­velle idéolo­gie réac­tion­naire con­stru­ite et qui se dif­fuserait par le biais de jour­nal­istes s’implantant avec habileté dans les médias afin de laver le cerveau du peu­ple. Même si ce scé­nario com­plo­tiste est pro­pre à flat­ter les bas instincts de lyn­chage d’une élite ten­ant à ses prérog­a­tives, un min­i­mum d’honnêteté intel­lectuelle exige qu’il soit bat­tu en brèche. La vérité est beau­coup plus sim­ple : depuis dix ans, le mur édi­fié par la Pen­sée Unique a com­mencé de trem­bler. Du haut des miradors, les gar­di­ens grasse­ment payés se voient oblig­és de laiss­er pass­er de temps en temps un réfrac­taire parce qu’une foule trop impor­tante garde les yeux rivés sur lui. S’il fran­chit les bar­belés, on lui tire néan­moins dessus pour crime de « déra­page » en espérant obtenir en con­trepar­tie un brevet de Résis­tance. On explique ensuite au peu­ple qu’une telle sévérité n’est pas exces­sive quand un com­plot réac­tion­naire men­ace le par­adis à venir, après avoir qual­i­fié de « fas­ciste » le pre­mier déviant venu et d’où qu’il vienne. En fin de compte, il sem­blerait qu’en 1991, si le bloc occi­den­tal a vain­cu, ce n’était que pour asseoir sa vic­toire libérale sous une forme sovié­tique. Quant à la « vague dis­si­dente », si elle man­i­feste un élan réel, sa con­sis­tance et sa force de frappe demeurent pour l’heure essen­tielle­ment sous-jacentes. Mais rien ne s’oppose à ce qu’un jour elle explose véri­ta­ble­ment.

MD

Crédit pho­to : mon­tage Ojim

Marie Drucker déshabillée lundi par l’Ojim

Est-elle résolument optimiste ? Endort-elle le bon peuple ? Toujours est-il que ses JT sont de vrais contes de fées…

Engagée dans « la cause des femmes », héri­tière d’une lignée de médi­acrates, Marie Druck­er est aus­si une grande séduc­trice… L’Ojim a lu pour vous le roman d’une de ses rivales, une pure fic­tion bien enten­du !

Avec Marie Druck­er, même l’Ojim est obligé de don­ner dans le peo­ple… Ren­dez-vous lun­di pour en savoir plus…

Crédit phot : Cap­ture d’écran DR France 2

Les Think tanks, des lobbies comme les autres ?

D’« Uni­ver­sités sans enseigne­ment », les think tanks améri­cains seraient en train de se trans­former en « entre­pris­es de lob­by­ing et de rela­tions publiques » avec une action s’appuyant de plus en plus sur la pub­lic­ité et le mil­i­tan­tisme que sur les pub­li­ca­tions et la recherche : tel est le sujet d’un arti­cle con­va­in­quant traduit du jour­nal améri­cain The Fis­cal Times et pub­lié sur l’excellent blog Idiocratie.

Pour en savoir plus, c’est ici : idiocratie2012.blogspot.fr

Médias : Laurent Mauduit pose les bonnes questions

Journaliste à Mediapart et chroniqueur à Marianne, Laurent Mauduit n’y est pas allé avec le dos de la cuillère au Forum de Marianne « Ethique et argent » qui s’est tenu à Nice jeudi 14 février 2013.

Selon lui les médias, rachetés par des grands groupes financiers, sont devenus entière­ment soumis à eux. Ils n’invitent ain­si que des écon­o­mistes, « acteurs et com­men­ta­teurs de la crise » qui délivrent un mes­sage unique con­sis­tant à répéter sur tous les tons que notre sys­tème économique est encore le meilleur qui se puisse imag­in­er et que de toute façon, il n’y a pas d’alternative (le fameux TINA de Mar­garet Thatch­er, cre­do des libéraux : « There is no alter­na­tive »).

Selon lui tou­jours, les jour­nal­istes ne se risquent plus à atta­quer les puis­sants, comme Bernard Arnault car « inves­tiguer sur ce type de per­son­nes est la cer­ti­tude pour le média de con­naître de graves prob­lèmes comme la sus­pen­sion des pub­lic­ités ».

Le jour­nal­iste accuse en out­re ses con­frères d’être « cor­rom­pus ». Active­ment : « dîn­er priv­ilégié avec les grands acteurs économiques et poli­tique, verse­ments d’argent, cof­frets cadeaux, voy­ages… » Ou pas­sive­ment : « le sim­ple désir d’appartenir à ce monde qu’ils côtoient finit par les cor­rompre. » Le résul­tat est qu’ils finis­sent par écrire des arti­cles qui ressem­blent plus à des « pub­lire­portages » qu’à des enquêtes d’investigation.

Pour Lau­rent Mauduit, 12 fois mis en exa­m­en en 2012, ce qui, pour un jour­nal­iste, devrait être un titre de gloire, la presse a été abimée par cette soumis­sion aux puis­sances de l’argent.

Si la charge est salu­taire, on peut se deman­der pourquoi Medi­a­part et Lau­rent Mauduit n’ont jamais ren­du compte du livre d’investigation de Ben­jamin Dor­mann qui décrypte pré­cisé­ment ces rap­ports mal­sains entre les médias et l’argent (Ils ont acheté la presse, édi­tions Jean Picol­lec, 2012). Serait-ce parce que l’auteur mon­tre que Medi­a­part n’est pas exempt de tout reproche en la matière ?

Polémique à Prochoix

Dans leur dernier numéro, Les Dossiers du contribuables accusent Prochoix d’avoir reçu 12 000 euros de subventions de la Ville de Paris alors que le dernier numéro de la revue paru remonterait à novembre 2011.

Une affir­ma­tion con­testée par Car­o­line Fourest qui assure qu’un numéro a été pub­lié le 1er avril 2012, bien que ne fig­u­rant pas sur le site de Pro­choix. Elle explique dans la foulée que le prochain Pro­choix « sort dans 3 semaines », c’est-à-dire au mois de mars 2013. Et affirme : « Nous pub­lions 2 à 4 numéros par an selon les ressources de l’association ».

Sauf qu’en 2012, Pro­choix n’en a pub­lié qu’un seul, plus onze posts sur son blog, dont six recopiés sur d’autres médias. Onze posts aux­quels la revue a rajouté mer­cre­di onze autres posts anti­datés, dénonce le site Nou­velles de France qui s’in­ter­roge : « Pourquoi cette anti­data­tion ? Pour ne pas attir­er l’at­ten­tion du Con­seil de Paris et pou­voir jus­ti­fi­er le fait de touch­er de nou­veau 12 000 euros d’ar­gent pub­lic au print­emps 2013 (c’est-à-dire très bien­tôt) sans don­ner l’im­pres­sion de réa­gir au buzz négatif provo­qué par des “sites ori­en­tés” donc de crain­dre quelque chose/d’avoir quelque chose à se reprocher ? »

Crédit pho­to : mon­tage le-studio-americain.com

La Cour des Comptes épingle sévèrement l’AEF

Dans son rapport intitulé « L’AEF : une réforme chaotique et coûteuse », la Cour des Comptes constate des « surcoûts massifs » estimés à 100 millions d’euros entre 2009 et 2011 pour l’AEF.

L’Audiovisuel Extérieur de la France (AEF), qui chapote France 24, les radios RFI et Monte-Car­lo Doualiya, aurait été « défail­lant » sous la prési­dence d’Alain de Pouzil­hac. Ain­si, la Cour des Compte met l’accent sur une « dérive finan­cière mas­sive », des « plans d’affaire irréal­istes » et une réforme ayant entrainé des « sur­coûts mas­sifs » à la charge de l’État.

Aus­si, l’AEF n’a pas signé de Con­trat d’objectifs et de moyens avec l’État (COM), étant ain­si depuis 2009 dans l’illégalité. La Cour invite les min­istères de tutelle à repren­dre la main après avoir été vis­i­ble­ment lax­istes, alors que Chris­tine Ock­rent était numéro 2 et son mari Bernard Kouch­n­er aux Affaires étrangères… « Dans la sit­u­a­tion actuelle des finances publiques, l’Etat ne pour­ra plus en assur­er la charge », con­clut le rap­port.

De son côté, la nou­velle prési­dente de l’AEF, Marie-Chris­tine Saragosse, a tenu à se désol­i­daris­er de l’action con­duite par Alain de Pouzil­hac et a dénon­cé une « société en état de choc, totale­ment désor­gan­isée : deux plans de départs volon­taires non ciblés por­tant sur 22% des effec­tifs, accom­pa­g­nés d’une fusion bru­tale et insuff­isam­ment pré­parée et d’un démé­nage­ment mal accep­té, auraient pu avoir rai­son de son exis­tence même. » Ambiance…

Crédit pho­to : DR

Critiqué, le patron de LCP pousse un coup de gueule

La Chaîne parlementaire a été la cible de différentes critiques à propos de sa couverture des débats sur le « mariage pour tous ». Gérard Leclerc, son patron, a défendu, très agacé, son dispositif et les efforts qui ont été faits.

Inter­rogé par puremedias.com, le patron de LCP s’est mon­tré très agacé par ces cri­tiques. À deux repris­es, il a assuré avoir fait « le max­i­mum » et a mis en avant le tra­vail qui a été fait mal­gré la petite équipe et le petit bud­get alloué à la chaîne. À la ques­tion de savoir pourquoi il n’avait pas accordé plus de place au débat, Leclerc a répon­du : « Parce que nous n’avons pas les moyens, tout sim­ple­ment ! Sur la TNT, il ne suf­fit pas de dif­fuser le flux de l’Assem­blée comme on l’a fait sur inter­net. Sinon com­ment vous faites pen­dant les nom­breuses inter­rup­tions de séance ? Vous dif­fusez un écran bleu pen­dant 5 min­utes ? Il faut accom­pa­g­n­er le flux comme le font tous les médias. Il faut l’édi­to­ri­alis­er en le faisant com­menter par des jour­nal­istes quand c’est néces­saire. Il faut des tech­ni­ciens pour faire des syn­thés. »

Et ce dernier de pour­suiv­re, tou­jours très remon­té : « Tout ça, ça coûte de l’ar­gent. Je n’ai pas les moyens de faire du direct la nuit. LCP a 16,5 mil­lions d’eu­ros de bud­get annuel, dont 4,5M sont con­sacrés aux frais de dif­fu­sion. C’est cinq fois moins que BFMTV ! »

Après avoir fait part des dif­fi­cultés que con­sti­tu­ait le partage de l’antenne avec Pub­lic-Sénat, le patron de LCP a con­clu : « On nous demande des choses qu’on ne peut pas faire. Nous avons de nom­breuses con­traintes, une toute petite équipe et, très hon­nête­ment, je le redis, je trou­ve qu’on a fait le max­i­mum. Retrans­met­tre 2h30 de débats tous les jours sur notre canal TNT ce n’est pas rien ! Ce sont de gros efforts pour nous. Nous ne pou­vions pas vrai­ment faire plus. Ou alors il faut aug­menter notre bud­get. »

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Qui a dit…

« Moi mon truc, c’est mor­dre la main de celui qui te nour­rit »

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