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Michel Onfray lance une nouvelle revue, Front Populaire

16 avril 2020

Temps de lecture : 3 minutes

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Michel Onfray lance une nouvelle revue, Front Populaire

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Michel Onfray lance une nouvelle revue, Front Populaire

16 avril 2020

Présentée sous la forme de « mook », hybridation entre livre, revue et magazine, le premier numéro de cette publication trimestrielle est prévu pour juin 2020.

Dimanche 12 avril, le philosophe nor­mand a annon­cé sur les réseaux soci­aux le lance­ment de Front Pop­u­laire, qu’il présente lui-même comme « une nou­velle revue pour les jours d’après ». Souhai­tant s’affranchir des finance­ments pub­lic­i­taires pour con­serv­er son indépen­dance, ce lance­ment s’accompagne d’une forme de finance­ment par­tic­i­patif avec divers­es for­mules d’abonnement (papi­er ou numérique) et des priv­ilèges accordés aux pre­miers souscrip­teurs (dédi­caces, remer­ciements nom­i­nat­ifs ou encore invi­ta­tion au dîn­er de lance­ment de la revue avec Michel Onfray). En plus des abon­nements, cette pub­li­ca­tion qui a voca­tion d’être acces­si­ble au plus grand nom­bre sera disponible dans les librairies et les maisons de la presse, sur l’ensemble du territoire.

« Mener le combat des idées pour retrouver notre souveraineté »

L’objectif de Front Pop­u­laire est de pro­pos­er une réflex­ion intel­lectuelle sur les thèmes de prédilec­tion du philosophe qu’il énumère dans sa présen­ta­tion : « sauvagerie de la mon­di­al­i­sa­tion, dévoiement de l’Europe, arro­gance des gou­ver­nants, appau­vrisse­ment des class­es pop­u­laires, col­lu­sion des médias et du pou­voir, casse de l’hôpital pub­lic, séces­sion des ter­ri­toires per­dus de la République ».

Pour étay­er ces sujets, Michel Onfray annonce s’entourer d’auteurs à sen­si­bil­ité sou­verain­iste, de gauche comme de droite, issus de dif­férents corps de la société, par­mi lesquels on pour­ra retrou­ver « d’anciens élus, des gilets jaunes, des enseignants, des juristes, des jour­nal­istes, des démo­graphes… ».

Le secret étant pour le moment bien gardé, les noms des par­tic­i­pants ne seront dévoilés qu’au compte-goutte dans les jours qui vien­nent. Seule la chroniqueuse et essay­iste Céline Pina, col­lab­o­ra­trice du Figaro, Causeur ou encore Mar­i­anne, sem­ble indi­quer sa par­tic­i­pa­tion à ce pro­jet par un tweet du 13 avril.

Stéphane Simon à la manœuvre

Aux côtés de Michel Onfray, l’autre grand pro­mo­teur de ce pro­jet est Stéphane Simon, qui col­la­bore avec le philosophe depuis main­tenant quelques années. Cet ancien jour­nal­iste passé par Pèlerin mag­a­zine, Libéra­tion ou encore France Soir a égale­ment été pro­duc­teur d’émission de télévi­sion, en créant la société Télé­paris, dans laque­lle étaient notam­ment asso­ciés Éric Brunet ou Thier­ry Ardis­son et à qui l’on doit des émis­sions comme “Paris Dernière” ou “93, faubourg Saint-Honoré”.

Depuis 2015, il s’est lancé dans les WebTV et a créé en 2016 le site web de Michel Onfray pour met­tre en avant ses réflex­ions. En 2017, il lançait la WebTV de Nat­acha Polony puis en 2019 celle d’Aymeric Caron, mais surtout REAC­n­ROLL, en parte­nar­i­at avec Causeur et qui se présente comme « la WebTV des mécon­tem­po­rains ». Par­mi les inter­venant réguliers de ce média : Élis­a­beth Lévy, Alain Finkielkraut, Bar­bara Lefeb­vre, Math­ieu Bock-Coté, Ivan Rioufol ou encore Régis de Castel­nau. Il est égale­ment le pro­duc­teur de Gold­nadel TV de l’avocat Gilles-William Goldnadel.

Un équilibre des points de vue ?

Si l’intention de créer une plate­forme de réflex­ion prô­nant une ouver­ture aux penseurs des « deux rives », selon la for­mule con­sacrée par Chevène­ment, est louable, elle sous-tend aus­sitôt une inter­ro­ga­tion sur le futur équili­bre des forces en présence. Sur Twit­ter, l’ancien respon­s­able du FNJ Julien Rochedy n’a d’ailleurs pas man­qué de le faire remar­quer en s’interrogeant notam­ment sur le nom retenu pour ce projet :

Des doutes auquel Michel Onfray tente de répon­dre en dévelop­pant un long argu­men­taire sur le site inter­net de la revue, dans lequel il explique le choix du nom Front Pop­u­laire en oppo­si­tion à un Front pop­uli­cide incar­né par l’État maastrichtien :

« il faut regarder ce qu’Emmanuel Macron a obtenu avec son élec­tion à la prési­dence de la République: il est par­venu à cristallis­er toutes les forces du Front pop­uli­cide sous son seul nom ».

Il développe égale­ment de manière un peu plus pré­cise son posi­tion­nement poli­tique, arguant que le cli­vage à pren­dre en compte aujourd’hui relève bien plus de l’opposition entre girondins et jacobins que dans la dichotomie droite / gauche, qu’il ne nie pas mais qu’il appelle à dépass­er, et se revendique même du pop­ulisme sans hésitation.

Repenser le débat d’idées autour d’une nou­velle struc­tura­tion sera-t-il suff­isant pour « rebâtir notre monde » comme le souhaite désor­mais Michel Onfray ? Réponse dans les mois qui viennent.

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