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Éric Brunet

Prince de la droite décomplexée et sarkozyste chimiquement pur

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 30/07/2015

« Un jour­nal­iste est tenu à une cer­taine objec­tiv­ité. Moi, je suis dans l’opinion. On est dans un autre exer­ci­ce. »

Né en juillet 1964 à Chinon (Indre et Loire) d’un père ingénieur à EDF et d’une mère comptable, Éric Brunet est un chroniqueur, animateur radio et essayiste français connu pour son engagement à droite et son soutien inconditionnel à Nicolas Sarkozy. Pratiquant le mélange des genres, il est également directeur de publication du magazine des cliniques Vitalia, 2ème groupe d’hospitalisation privée en France dont il a même été le directeur de communication avant de devenir chroniqueur à RMC. Dans son ouvrage « Pourquoi Sarko va gagner » paru en 2012, et dont le titre sonne un peu ridicule aujourd’hui, il déclare qu’il ne se considère pas comme un journaliste mais plutôt comme un polémiste, ce qui l’autorise à exprimer ses opinions en toute liberté. Au lendemain de la défaite de Sarkozy, alors que le titre de son livre est raillé de toute part, il explique ainsi dans une tribune donnée à Atlantico, « Pourquoi Nicolas Sarkozy a gagné la présidentielle »… Outre ses activités de journaliste et de « communicant » pour les cliniques Vitalia, il effectue régulièrement des « ménages », comme des animations de congrès, pour des entreprises.

Formation

Après être entré à l’École publique de jour­nal­isme de Tours, il obtient son diplôme en 1985. Il effectue un stage en entre­prise au quo­ti­di­en nan­tais Presse-Océan. Éric Brunet entre ensuite à l’Institut Français de Presse de l’Université Paris II Pan­théon-Assas. Il en sort avec un DEA de soci­olo­gie de l’information et passe égale­ment une maîtrise de sci­ences poli­tiques.

Parcours professionnel

Éric Brunet com­mence sa car­rière en 1987 en tant que présen­ta­teur du jour­nal télévisé de France 3 Bre­tagne. Il tra­vaille égale­ment pour le mag­a­zine Tha­las­sa. Il quitte ensuite le ser­vice pub­lic en 1988 pour devenir reporter pour la chaîne La Cinq jusqu’en 1992. A la dis­pari­tion de La Cinq, il fait son retour à France 3 en présen­tant le mag­a­zine « Lit­toral » jusqu’en 1995. Éric Brunet par­ticipe ensuite à une émis­sion humoris­tique quo­ti­di­enne, « Drôles de cro­cos », aux côtés de Jacques Mail­hot. En 1997, il devient présen­ta­teur d’une émis­sion heb­do­madaire de défense des con­som­ma­teurs, « Sans con­ces­sions » (rebap­tisée en 2001 « Vérité Oblige ») sur France 3 Paris Île-de-France. En 1999, il par­ticipe à la créa­tion d’une société de pro­duc­tion, Télé­paris, aux côtés de Stéphane Simon et Thier­ry Ardis­son, qui fab­rique plus de 20 émis­sions pour le ser­vice pub­lic, Canal+ ou Paris Pre­mière, telles que « Faubourg Saint Hon­oré », « Paris dernière » ou « Salut les ter­riens ! ». Entre 2000 et 2006, il ani­me l’émission « La vie d’ici » sur France 3 le same­di après-midi en com­pag­nie de Sonia Dubois et de Peg­gy Olmi. En jan­vi­er 2006, il devient l’animateur d’une émis­sion heb­do­madaire con­sacrée au pat­ri­moine français, « Le plus grand musée du monde », dont la dif­fu­sion s’arrête en juin 2012. En 2007, il créé une entre­prise, Pre­mier réflexe, spé­cial­isée dans la pro­duc­tion de films insti­tu­tion­nels et pub­lic­i­taires. Depuis le 8 novem­bre 2010, il ani­me une émis­sion quo­ti­di­enne, « Car­ré­ment Brunet », sur RMC de 13h à 14h. Chaque jour, il affronte plusieurs con­tra­dicteurs issus du monde poli­tique ou syn­di­cal. Un sondage accom­pa­gne l’émission : Les audi­teurs sont invités à se pronon­cer pour ou con­tre l’animateur sur rmc.fr à l’occasion d’une con­sul­ta­tion appelée « Le Brunet­métrie ». Éric Brunet inter­vient aus­si régulière­ment sur BFMTV en tant que débat­teur et chroniqueur. Depuis jan­vi­er 2012, il présente notam­ment, un soir sur deux, « Direct de droite », pen­dant que le directeur de la rédac­tion du Nou­v­el Obser­va­teur Renaud Dély présente en alter­nance « Direct de gauche ». Ce dernier sera rem­placé par Syl­vain Courage puis Lau­rent Neu­mann, rédac­teur en chef de Mar­i­anne, en 2013. On peut du reste se deman­der depuis les munic­i­pales de mars 2014 et la fin de la bipo­lar­i­sa­tion de la vie poli­tique française si ce droite/gauche à la papa ne devrait pas être amené à évoluer… Invité réguli­er de Philippe Labro (« Langue de bois s’abstenir » sur Direct 8) et de Valérie Expert (LCI), il affronte en face à face sur Europe 1 des adver­saires de gauche dans « Le grand direct » de Jean-Marc Moran­di­ni ou sur Paris Pre­mière dans « Le comité de la carte », ani­mé par Philippe Van­del. En 2012, il est fait cheva­lier de la légion d’honneur sur le con­tin­gent du min­istère de la cul­ture et sur propo­si­tion du député UMP de l’Oise Édouard Cour­tial. Depuis 2012, il col­la­bore au site inter­net de Robert Ménard, Boule­vard Voltaire. En 2013, il a pub­lié un livre inti­t­ulé Sauve qui peut (Albin Michel, 2013) dans lequel il prône l’émigration des jeunes français comme solu­tion au chô­mage et à la crise économique. En jan­vi­er dernier, en pleine affaire Dieudon­né, il s’exprime sur BFMTV, prenant par­ti pour l’interdiction des spec­ta­cles de l’humoriste et don­nant rai­son au min­istre de l’intérieur Manuel Valls. Récem­ment, il a pris publique­ment par­ti pour Nico­las Sarkozy dans l’affaire des écoutes, esti­mant que la com­para­i­son qu’il a établi entre le sys­tème judi­ci­aire et la Stasi à l’époque de l’Allemagne de l’Est dans sa tri­bune n’était pas exagérée…

Controverses

En 2011, en pleine affaire Dominique Strauss Kahn, il prend le par­ti de lire chaque jour une let­tre de sou­tien à Nafis­satou Dial­lo sur RMC, ce qui lui vau­dra trois mis­es en demeure de la part du CSA pour non-respect de la pré­somp­tion d’innocence. Par ailleurs, en 2012, Éric Brunet affirme dans son livre Pourquoi Sarkozy va gag­n­er (Albin Michel, 2012) avoir ren­du sym­bol­ique­ment sa carte de presse en 2003 pour pro­test­er con­tre sa mise à l’index en tant que jour­nal­iste de droite. En réal­ité, comme le révèlera un arti­cle de Rue 89, il ne l’a pas vrai­ment ren­du comme il le pré­tend mais a juste cessé d’en deman­der le renou­velle­ment auprès de la com­mis­sion de la carte de presse, ce qui représente une nuance de taille. D’autant qu’il n’aurait vraisem­blable­ment pas pu la faire renou­vel­er, la lég­is­la­tion oblig­eant les déten­teurs de la carte de presse à tir­er plus de 50% de leurs revenus du jour­nal­isme… En out­re, les jour­nal­istes sont tenus de ne pas exercer de sec­ond méti­er dans la com­mu­ni­ca­tion ou les rela­tions publiques. Or, Éric Brunet tra­vaille pour le groupe Vitalia, qui est pro­prié­taire d’une cinquan­taine de clin­iques privées, sans pour autant en être salarié. Il en a même été le directeur de com­mu­ni­ca­tion, fonc­tion qu’il assure avoir aban­don­né depuis qu’il donne ses chroniques sur RMC. Plus tard, en févri­er 2014, un arti­cle du site de cri­tique des médias Acrimed l’accusera de con­flit d’intérêt et de man­que­ment à la déon­tolo­gie de jour­nal­iste en ayant fait l’éloge du secteur hos­pi­tal­ier privé le 6 févri­er dernier sur les ondes de RMC alors qu’il tire une part de ses revenus en tra­vail­lant pour le compte des clin­iques Vitalia, ce qui pose en effet un prob­lème sérieux. Dans un autre reg­istre, en juin 2013, l’émission « Car­ré­ment Brunet » dif­fuse en direct un titre de Dr Mer­lin, chan­son­nier bien con­nu des milieux nation­al­istes. Inti­t­ulée Y’a bon la sécu, il s’agit d’une par­o­die de zouk dénonçant le poids de l’immigration sur le déficit de la sécu­rité sociale. C’est le blog fdes­ouche qui a révélé l’information. Devant le tol­lé sus­cité par cette dif­fu­sion, RMC sup­primera la séquence de son pod­cast et à son tour, Éric Brunet présen­tera bien mal­adroite­ment ses excus­es sur les ondes, pré­ten­dant même qu’il igno­rait que le Dr Mer­lin était un chanteur nation­al­iste !

Au print­emps 2015, il pub­lie Un mon­stre à la française, un réc­it his­torique romancé, qui dresse le por­trait de Joseph Dar­nand, héros de la guerre de 14–18, puis patron de la Mil­ice française sous l’Occupation.

Parcours militant

Non ren­seigné

Ce qu’il gagne

Le chiffre d’affaires de sa société Pre­mier réflexe, à laque­lle est fac­turé l’ensemble de ses presta­tions comme chroniqueur, « polémiste » ain­si que dans le domaine de la com­mu­ni­ca­tion s’élevait à 301 800 euros en sep­tem­bre 2012.

Sa nébuleuse

Éric Brunet est mem­bre depuis 2009 du comité d’honneur du syn­di­cat étu­di­ant d’inspiration gaulliste UNI (Union Nationale Interuni­ver­si­taire), réputé proche de l’UMP. Ont été mem­bres de l’UNI par le passé des per­son­nal­ités comme Nico­las Sarkozy, Éric Raoult, Guil­laume Pelti­er (actuelle­ment vice-prési­dent de l’UMP après un détour par le FN) ou le député Bernard Debré. De son pro­pre aveu, il est un proche depuis sa jeunesse de Franck Lou­vri­er, prési­dent de Pub­li­cis Events (fil­iale pour l’évènementiel du groupe de com­mu­ni­ca­tion Pub­li­cis), ancien con­seiller en com­mu­ni­ca­tion de Nico­las Sarkozy. C’est grâce à lui et à Alain Carignon, ancien min­istre et con­seiller offi­cieux du prési­dent pour la cam­pagne prési­den­tielle de 2012, qu’il a ren­con­tré Nico­las Sarkozy avec lequel il s’est entretenu pen­dant une heure à l’Élysée alors qu’il tra­vail­lait encore sur la rédac­tion de son ouvrage paru en 2012, Pourquoi Sarko va gag­n­er. Le fait qu’Éric Brunet ait reçu la légion d’honneur la même année n’a cer­taine­ment rien d’un hasard, ce que dément pour­tant l’intéressé en affir­mant qu’Édouard Cour­tial lui avait fait la propo­si­tion bien avant que naisse le pro­jet de son livre.

Publications

  • Enquête chez les S.M. : Six mois chez les sado­ma­sos, Albin Michel, 1996
  • Bêtise admin­is­tra­tive, Albin Michel, 1998
  • 60 mil­lions de cobayes, Albin Michel, 1999
  • Être de droite : un tabou français, Albin Michel, 2006
  • Être riche : un tabou français, Albin Michel, 2007
  • Dans la tête d’un réac, Édi­tions Nil, 2010
  • Pourquoi Sarko va gag­n­er, Albin Michel, 2012
  • Sauve qui peut !, Albin Michel, 2013
  • Un mon­stre à la française, JC Lat­tès, 2015.

Il l’a dit

« Être de droite, en lit­téra­ture comme en poli­tique, c’est avoir le goût du panache. Et ne pas crain­dre de revendi­quer sa sin­gu­lar­ité, ce qui passe sou­vent par l’affirmation de valeurs somme toute très acces­si­bles : l’homme de droite préfère le mérite à la répar­ti­tion ; il est moins cartésien que pas­calien ; il aspire à la tran­scen­dance. Et, con­traire­ment à la gauche, il voy­age léger : pas de fonds dog­ma­tique pesant, pas de rit­uels sacrés, pas de jar­gon. L’homme de gauche met de la grav­ité partout, l’homme de droite met de la légèreté en tout », Dans la tête d’un réac, 2010.

« J’ai ren­du ma carte de presse. Ce n’est pas que sym­bol­ique. Je ne béné­fi­cie plus de la déduc­tion sup­plé­men­taire d’impôts de 7650 euros. J’ai vu trop d’ignorants, d’aveugles et de mil­i­tants de gauche dans cette cor­po­ra­tion. Qu’ils s’amusent entre eux, moi je sors du jeu », Pourquoi Sarkozy va gag­n­er, 2012.

« Allez, 6% seule­ment des jour­nal­istes en France sont de droite », « Salut les ter­riens », 23 octo­bre 2010.

« L’égalité prend chez nous une forme sin­gulière : l’aversion pour celui qui réus­sit, qui génère de la crois­sance, qui fait for­tune ; en d’autres ter­mes la défi­ance du riche », Sauve qui peut, 2013

« Être un jour­nal­iste éti­queté de droite a été pour moi un vrai cal­vaire. On me regar­dait comme un spéci­men rare, on me con­sid­érait comme un gen­til los­er, à qui l’on con­fi­ait les fonds de tiroirs. Il m’a fal­lu beau­coup d’abnégation et un pre­mier livre — Être de droite, un tabou français - pour ne pas cra­quer, à l’époque. Et je traîne ça depuis comme un fardeau », L’Express, Octo­bre 2012.

Ils l’ont dit

« Renonçant à ta car­rière de Nos­tradamus mais point à par­ticiper à la déforesta­tion, tu pub­lies à présent Sauve qui peut !, pam­phlounet où tu encour­ages ceux qui le peu­vent à se tir­er dare-dare de ce pays de merde qui t’accorde pour­tant, petit ingrat, une place démesuré­ment exagérée et un nom­bre indé­cent de ronds de servi­ette dans les médias. Mais si tu veux mon­tr­er l’exemple, surtout te gêne pas ! On vien­dra remuer les mou­choirs au bord des passerelles et on chantera en ton hon­neur J’me tire de Maître Gims, un rappeur libéral de tes amis qui dégoise dans ta foulée « J’me tire dans un endroit où j’serai pas l’suspect, un endroit où j’aurai plus besoin d’prendre le mic’, un endroit où tout le monde s’en tape de ma life. » J’ai le regret de te le dire sans autre pré­cau­tion, mon Ricounet, on s’en tape de ta life. Et encore plus de ton avis et de celui des alcooliques anonymes à ten­dance FN refoulée – de moins en moins – qui for­ment le gros de ton audi­toire », Christophe Con­te, Blog Les Inrocks (mai 2013).

« Éric Brunet est con­va­in­cu de la réélec­tion de Nico­las Sarkozy. Il le clame cinq jours sur sept, à 13 heures sur RMC, lors du show d’opinion inti­t­ulé « Car­ré­ment Brunet ». Il l’écrit aus­si, dans un livre sobre­ment titré Pourquoi Sarko va gag­n­er. Les reportages attes­tent de l’impopularité du chef de l’Etat ? Les sondages indiquent un rap­port de force défa­vor­able, si l’élection avait lieu aujourd’hui ? Brunet s’en fout, il anticipe. Ce faisant, l’ancien jour­nal­iste se flat­te de pren­dre le con­tre-pied de la « cor­po­ra­tion jour­nal­is­tique », peu­plée « d’ignorants, d’aveugles» et de « mil­i­tants de gauche», avec laque­lle il a rompu pour tra­vailler dans la com­mu­ni­ca­tion d’entreprise », Daniel Bernard, Mar­i­anne.net (jan­vi­er 2012)

Crédit pho­to : The­su­per­mat via Wiki­me­dia (cc)

Ce portrait a été financé par les donateurs de l’OJIM

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