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Les journalistes ne sont plus les bienvenus partout
Publié le 

9 septembre 2014

Temps de lecture : 2 minutes
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Les journalistes ne sont plus les bienvenus partout

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la semaine passée n’aura pas été la meilleure de l’année pour les journalistes. En l’espace de quelques jours, trois d’entre eux ont été plus ou moins expulsés des endroits qu’ils étaient venus couvrir.

Leïla de Comar­mond tout d’abord. Jour­nal­iste aux Échos, celle-ci était venue assis­ter, jeu­di 4 sep­tem­bre, à une con­férence de presse organ­isée par la CGT. Alors qu’elle s’é­tait présen­tée à l’en­trée du siège de l’or­gan­i­sa­tion syn­di­cale, elle s’est vue refuser l’ac­cès.

« Nous n’avons jamais vu cela », s’est plaint Nico­las Bar­ré, directeur de la rédac­tion des Échos. « Une feuille avec son nom et sa pho­to avait été affichée à des­ti­na­tion du per­son­nel chargé de l’accueil pour être sûr de la recon­naître et ne pas la laiss­er entr­er. Ce sont des méth­odes inad­mis­si­bles », a‑t-il ajouté.

Finale­ment, grâce à l’in­stance de l’Ug­ict-CGT, la jour­nal­iste a pu tout de même accéder à la salle. Mais pour l’As­so­ci­a­tion des jour­nal­istes de l’in­for­ma­tion sociale (Ajis), « le principe même d’empêcher l’accès d’un jour­nal­iste à une con­férence de presse ou à des locaux alors qu’il y a été invité représente un précé­dent inquié­tant ». L’as­so­ci­a­tion s’est par ailleurs dite « indignée par de telles méth­odes ».

Same­di après-midi, une jour­nal­iste de Medi­a­part a vécu la même aven­ture. Présente à Fréjus pour cou­vrir l’U­ni­ver­sité d’été du Front nation­al de la jeunesse (FNJ), Marine Turchi en a été éjec­tée dès l’après-midi. « Je me suis fait éjecter au retour de la pause déje­uner. Le ser­vice de presse ’’a reçu des con­signes en début d’après-midi de la direc­tion’’. Ils m’ont sor­tie en me deman­dant de ren­dre mon auto­col­lant presse, ils m’ont suiv­ie pour le repren­dre jusque sur la route », a‑t-elle déclaré à l’AFP.

Pour le patron du FNJ, Julien Rochedy, « il y a eu un petit prob­lème de coor­di­na­tion et d’organisation ». Ce dernier a expliqué à l’AFP que Marine Turchi, bien con­nue pour son hos­til­ité à peine dis­simulée à la droite et à l’« extrême-droite », n’é­tait même pas cen­sée entr­er sur les lieux dès le matin car « Medi­a­part ne ren­tre pas dans les man­i­fs du Front depuis très longtemps, depuis que Medi­a­part a boy­cotté le FN à la prési­den­tielle ».

Celui-ci a par ailleurs con­fir­mé que des con­signes avaient été don­nées par la direc­tion du FNJ. Suite à cet épisode, de plus en plus courant, d’autres jour­nal­istes (AFP, Le Monde, Le Canard Enchaîné, L’Opin­ion, L’Hu­man­ité, RFI) ont quit­té les lieux en signe de dés­ap­pro­ba­tion.

Autre man­i­fes­ta­tion, autre inci­dent. Ce dimanche 7 sep­tem­bre, après une heure de cou­ver­ture de la man­i­fes­ta­tion « Mis­tral Gagnons » (pour s’op­pos­er à la sus­pen­sion de la livrai­son d’un navire Mis­tral à la Russie), les équipes du « Petit Jour­nal » de Canal+ ont été oblig­ées de quit­ter les lieux devant l’hos­til­ité des man­i­fes­tants.

« On va y aller, je pense », a déclaré un envoyé de Yann Barthès devant la colère de ses inter­locu­teurs, qui l’ont qual­i­fié de « pseu­do jour­nal­iste ». Lorsque l’équipe s’est décidée à tourn­er les talons, un man­i­fes­tant s’ex­clame : « Le Petit Jour­nal porte bien son nom. »

La scène a été filmée par l’Agence Info Libre, un petit média indépen­dant sur inter­net qui se veut incar­n­er cette nou­velle presse en qui les gens peu­vent retrou­ver con­fi­ance.

Voir notre portrait de Marine Turchi ainsi que notre infographie de Mediapart

Crédit pho­to : cap­ture d’écran vidéo Agence Info Libre (DR)

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