Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Le nouvel Express, un copier-coller de The Economist

4 août 2020

Temps de lecture : 2 minutes
Accueil | Veille médias | Le nouvel Express, un copier-coller de The Economist

Le nouvel Express, un copier-coller de The Economist

[Pre­mière dif­fu­sion le 22 jan­vi­er 2020]

Les lecteurs non anglophones connaissent mal The Economist, hebdomadaire fer de lance anglo-américain de la pensée dominante libérale libertaire dans le monde anglo-saxon. Un vrai succès économique que la nouvelle formule de l’hebdomadaire français L’Express recopie fidèlement, sans être assurée du même succès.

L’Express, de moins en moins lu et de moins en moins cher

Quand en 2006 le groupe belge Roular­ta rachète L’Express au groupe Das­sault pour plus de 200M€, il a l’impression de faire une bonne affaire. L’hebdomadaire dif­fuse alors plus de 400000 exem­plaires chaque semaine et attire les annon­ceurs. En 2015 Patrick Drahi rachète le titre pour 10M€, la valeur de la mar­que a dimin­ué de 95%. Mais le pire est à venir. Plom­bé par des pertes dev­enues abyssales (voir notre arti­cle) 51% des parts de la société d’édition sont ven­dues en 2019 à Alain Weill (parte­naire de Patrick Drahi) pour… un euro. Encore Altice médias (Drahi) s’engage-t-il à remet­tre au pot et à con­serv­er 49% des actions. Après une sévère cure d’amaigrissement sur fond de plan social, Alain Weill relance le titre mi-jan­vi­er 2020.

L’Express ou « Le Économiste » ?

The Econ­o­mist, est main­tenant pro­priété à 43% d’Exor, la hold­ing de la famille Agnel­li, de la branche anglaise de la famille Rotschild et d’actionnaires privés. Un action­nar­i­at très ouvert à la mon­di­al­i­sa­tion heureuse des grandes for­tunes et à leurs intérêts matériels et moraux. Le jour­nal dif­fu­sait env­i­ron 2 mil­lions d’exemplaires en 2018, la majorité aux États-Unis, prof­i­tant de la langue com­mune entre l’Empire et la per­fide Albion.

Nous avons com­paré L’Express nou­velle for­mule (numéro 3576, semaine du 16 au 22 jan­vi­er 2020 à The Econ­o­mist (numéro 9177, semaine du 18 au 24 jan­vi­er 2020), les ressem­blances sont telles (et assumées) que l’un sem­ble la ver­sion fran­coph­o­ne de l’autre.

Sont iden­tiques : le for­mat, la pag­i­na­tion (86p con­tre 90p), les typogra­phies, le type de papi­er, l’absence d’ours (liste des jour­nal­istes), l’éditorial non signé, le nom­bre de pages de pub­lic­ité (19 ou 22 pages), la cou­ver­ture graphique (celle du pre­mier numéro sur Net­flix est une réus­site), le choix de plus de dessins que de pho­tos, des for­mats audio. Et bien enten­du une ligne édi­to­ri­ale libérale et atlantiste. Pour cette dernière ori­en­ta­tion, la présence de Bruno Ter­trais comme respon­s­able de la géos­tratégie et de Yascha Mounk comme celui de la rubrique « idées » devrait ras­sur­er Lan­g­ley. Ter­trais est ancien employé de l’OTAN et de la Rand cor­po­ra­tion, mem­bre du groupe de Bilder­berg et de Ter­ra Nova. Mounk est nat­u­ral­isé améri­cain.

L’éditorial du pre­mier numéro de la nou­velle for­mule veut « sor­tir par le haut de la crise de la presse écrite et retrou­ver la con­fi­ance des lecteurs ». Démar­quer l’hebdomadaire anglo-sax­on, ardent défenseur de l’abolition des fron­tières et des intérêts financiers des gros action­naires, sera-t-il suff­isant ? Aux lecteurs fran­coph­o­nes de répon­dre.

PS : Pour ceux qui ont vingt min­utes à per­dre et veu­lent s’offrir un petit plaisir, nous recom­man­dons L’Instant M de Sonia Dev­illers sur France Inter le 15 jan­vi­er 2020, rece­vant Éric Chol, le nou­veau directeur de la rédac­tion de l’hebdomadaire. Le cirage et le coup de brosse, le coup de chif­fon final pour la bril­lance, rien ne man­quait pour met­tre en valeur les chaus­sures (anglais­es sup­posons-nous) du nou­veau respon­s­able. À dis­sé­quer en école de jour­nal­isme. À titre de con­tre-exem­ple.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Taha Bouhafs

PORTRAIT — À la croisée des mou­ve­ments soci­aux et com­mu­nau­taires, le jeune Bouhafs mène habile­ment sa bar­que en rêvant de ses lende­mains qui chantent à lui, un soulève­ment des ban­lieues sous la ban­nière du crois­sant islamique. Et il ne recule ni devant les fake news éhon­tées, ni devant une vio­lence ver­bale peu com­mune sur les réseaux soci­aux.

Rudy Reichstadt

PORTRAIT — Omniprésent dans les médias, l’ambitieux Reich­stadt sait se ren­dre indis­pens­able, fort de l’expertise qu’il s’auto-attribue. Au même titre que celle des Décodeurs du Monde, dont il est le pen­dant, sa parole est d’or (c’est du plaqué) dès lors qu’il s’agit de sépar­er le bon grain de l’ivraie et d’éduquer les généra­tions futures…

Alexandre Adler

PORTRAIT — Véri­ta­ble caméléon poli­tique, Alexan­dre Adler a été tour à tour com­mu­niste, social­iste puis néo-con­ser­va­teur, favor­able à la guerre en Afghanistan et en Irak, par­ti­san du oui au référen­dum sur la con­sti­tu­tion européenne et sou­tien de Nico­las Sarkozy en 2007.

Lucie Soullier

PORTRAIT — C’est la jour­nal­iste « spé­cial­iste de l’extrême droite » qui monte au Monde. Comme ses com­pères Tris­tan Berteloot (Libé), Ivanne Trip­pen­bach (L’Opinion) ou Camille Vigogne (L’Express), Lucie Soul­li­er ne sem­ble pas avoir de l’appétence pour son sujet, mais au con­traire, un dégoût qui peut con­fin­er à la haine.

Laure Adler

De sa thèse d’histoire sur le fémin­isme aux nom­breuses biogra­phies qu’elle a con­sacrées, tout au long de sa car­rière, à des grandes fig­ures féminines, Lau­re Adler n’aura cessé d’être fascinée par les glo­rieux des­tins de femmes et, à sa manière, en aura incar­né un.