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Infox : RSF, la paille et la poutre

18 mars 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Infox : RSF, la paille et la poutre

L’ONG Reporters sans frontières (RSF), habituée à publier des classements sur la liberté de la presse et sur bien d’autre sujets connexes, vient de dévoiler une nouvelle liste, celle des 20 plus importants “Prédateurs numériques de la liberté de la presse” en 2020.

Prédateur numérique ?

Par “pré­da­teur numérique”, l’ONG entend évo­quer des “entités dont l’activité est assim­i­l­able à une pré­da­tion envers le tra­vail jour­nal­is­tique” et représen­tant un “dan­ger évi­dent pour la lib­erté d’opinion et d’expression”. Ces dernières peu­vent être “infra-éta­tiques, privées, informelles” et agis­sent essen­tielle­ment sur les réseaux soci­aux mais aus­si, vis-à-vis des mes­sageries instan­ta­nées, des boites mails et de tout ce qui con­cerne inter­net en général. Elles peu­vent aus­si être éta­tiques.

RSF a classé ces 20 pré­da­teurs selon qua­tre caté­gories, ceux qui “har­cè­lent”, ceux qui pra­tiquent la “cen­sure d’État”, ceux qui “dés­in­for­ment” et ceux qui “espi­onnent et sur­veil­lent”.

En dehors de l’Occident : harcèlement, censure et désinformation pratiqués par les États

Avec du recul, on con­state que les trois pre­mières caté­gories, “har­cèle­ment”, “cen­sure d’État” et “dés­in­for­ma­tion” regroupent tout un ensem­ble de struc­tures plus ou moins étatisées et non occi­den­tales, et la dernière caté­gorie, “espi­onnage et sur­veil­lance”, des struc­tures privées basées dans des pays occi­den­taux.

Dans ces trois caté­gories, RSF pointe du doigt, l’Inde avec les “Yod­dhas de Modi” qui “trol­lent” sur les réseaux soci­aux pour servir le par­ti nation­al­iste au pou­voir en Inde, le pou­voir algérien et ses mouch­es élec­tron­iques, Bol­sonaro et son “cab­i­net de la haine”, l’Iran et son Con­seil suprême du cybere­space, etc.

La Russie est évidem­ment men­tion­née, et plus d’une fois con­traire­ment à tous les autres (sauf l’Inde). RSF dénonce les “armées de trolls du Krem­lin” qui dif­fusent de “fauss­es infor­ma­tions”, “pub­lient des infor­ma­tions per­son­nelles” et “dif­fa­ment”. Est aus­si mis en avant le Roskom­nad­zor (l’autorité fédérale de con­trôle des com­mu­ni­ca­tions et des médias russ­es), ce dernier blo­quant des sites inter­net et appli­ca­tions.

En résumé, la majorité des pays dits autori­taires y passent (Chine, Ara­bie saou­dite, Viet­nam, Soudan, etc.) et les habituelles cibles “pop­ulistes”, les gou­verne­ments brésilien et russe. Il faut atten­dre la dernière caté­gorie pour enten­dre par­ler des pays européens et des États-Unis.

En Occident : espionnage et surveillance, mais uniquement par des structures privées

La par­tie sur l’espionnage et la sur­veil­lance ne par­le plus que de l’Occident. Mais hormis la local­i­sa­tion qui dif­fère, ce ne sont plus que des struc­tures privées qui sont men­tion­nées ici. On retrou­ve les logi­ciels de NSO Group (basé en Israël), Memen­to Labs (Suisse, Ital­ie, Ara­bie saou­dite), Zerodi­um (États-Unis), Mol­li­ti­am Indus­tries (Espagne) et Gam­ma (Alle­magne).

La pré­da­tion numérique serait donc étrangère à toutes les struc­tures éta­tiques situées dans ces pays et en par­ti­c­uli­er en France. La loi Avia sur la “haine sur inter­net” ?

Par ailleurs, rien sur les Sleep­ing giants ni sur la cen­sure des GAFA ? Tous ces mou­ve­ments lib­er­ti­cides n’auraient rien à voir avec la “pré­da­tion numérique” et ne seraient pas un dan­ger pour “la lib­erté d’opinion et d’expression” ? Sourd, aveu­gle, mais pas muet, le rap­port de RSF sous cet aspect con­stitue une infox de pre­mière grandeur. Note finale : 5/20, insuff­isant, à refaire.

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