Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Sleeping Giants ou le totalitarisme « soft » qui veut tuer

8 février 2020

Temps de lecture : 5 minutes
Accueil | Veille médias | Sleeping Giants ou le totalitarisme « soft » qui veut tuer

Sleeping Giants ou le totalitarisme « soft » qui veut tuer

Pre­mière dif­fu­sion le 09/09/2019

Sur le plan social et économique en tout cas, en s’attaquant au portefeuille, car tel est l’objectif de Sleeping Giants, lancé aux Etats-Unis dans la foulée de l’élection de Donald Trump. L’opération de délation de toute pensée autre, visant en même temps à asphyxier les lieux d’expression de cette pensée, et donc la liberté d’expression, a ensuite essaimé en Europe et s’est installée en France.

Vidéo : Les Sleeping Giants, les nouveaux inquisiteurs !

Sleep­ing Giants France a été lancé en févri­er 2017. Il se présente ain­si : « Actuelle­ment, nous comp­tons plus de 5000 géants (dont plus de la moitié sont de fac­to des géantes — le risque de ne pas être par­i­taire serait trop grand… NDE). Com­bat­tre la haine et l’emprise des fake news per­met à cha­cun de se posi­tion­ner, c’est un com­bat uni­versel qui ne dépend pas des con­vic­tions poli­tiques. Plus de 980 annon­ceurs ont blo­qué Boule­vard Voltaire, et des cen­taines ont retiré leur pub­lic­ité du site auto-revendiqué fas­ciste Breizatao, jusqu’à ce que la régie Google Ads se décide enfin à exclure défini­tive­ment ce dernier ».

À pre­mière vue, le lecteur pour­rait croire à une opéra­tion de type Gorafi. Il n’en est rien, c’est très sérieux et les acteurs de cette opéra­tion ne sem­blent pas s’apercevoir com­bi­en ils com­bat­tent pour une vision total­i­taire de la poli­tique.

Historique du groupe français

« Les fon­da­teurs de Sleep­ing Giants ont immé­di­ate­ment com­pris que la pro­liféra­tion d’informations racistes, sex­istes, xéno­phobes, homo­phobes et anti­sémites était incon­testable. L’information manip­ulée et/ou fausse (fake news) et les arti­cles prô­nant la haine sem­blaient fleurir partout, du jour au lende­main. En recher­chant l’o­rig­ine du finance­ment de ces arti­cles par les encar­ts pub­lic­i­taires, Sleep­ing Giants a décou­vert que les annon­ceurs étaient, en fait, extrême­ment nom­breux. Des gros et des petits, cha­cun con­tribuant à revers­er des mil­lions à des sites comme Bre­it­bart News — le plus gros pois­son du domaine — grâce à leurs pub­lic­ités. Pour­tant, éton­nam­ment, ils n’avaient aucune idée que leurs annonces appa­rais­saient sur ces sites en rai­son de ce que l’on appelle « la pub­lic­ité pro­gram­ma­tique », un réseau com­plexe de place­ment d’an­nonces qui cible le con­som­ma­teur plutôt que des sites spé­ci­fiques. Armé de cette infor­ma­tion, Sleep­ing Giants a com­mencé à aver­tir les annon­ceurs de leur présence sur Bre­it­bart News ».

L’objectif est clair : « informer » - mais le terme dénon­cer paraît de meilleur aloi — les entre­pris­es que leurs annonces appa­rais­sent sur des sites « racistes, sex­istes, xéno­phobes, homo­phobes et anti­sémites ». Les car­ac­téris­tiques de ces sites étant par avance et nature jugées « incon­testa­bles ». Une déla­tion hors de tout procédé judi­ci­aire nor­mal, démoc­ra­tique, et en dehors de tout Etat de droit. En effet, qui, sinon le droit (et une con­damna­tion) peut déter­min­er si un organe de presse ou un média répond à ces car­ac­téris­tiques ? Pour l’opération Sleep­ing Giants, la ques­tion ne se pose pas en ces ter­mes : il y a des péti­tions de principe et des évi­dences.

Les Sleep­ing Giants Français se sont décidés, dis­ent-ils, en par­ti­c­uli­er « au vu des plans d’expansion de Bre­it­bart en Europe ». C’est pourquoi ils se dis­ent « déter­minés à min­imiser l’espace pub­lic pour les pro­pos haineux. Les réseaux de pro­pa­gande tels que Bre­it­bart con­stituent une véri­ta­ble men­ace pour les sociétés ouvertes et le dis­cours démoc­ra­tique ». Un car­ac­tère mil­i­tant en faveur de la mon­di­al­i­sa­tion sous toutes ses formes, et un aveu : est con­sid­érée comme dan­gereuse toute autre con­cep­tion poli­tique et sociale.

Les Sleep­ing Giants, c’est… la lib­erté par l’interdiction de la lib­erté.

Sa pre­mière obses­sion est de faire dis­paraître Boule­vard Voltaire.

Du Orwell en sa forme la plus parfaite.

Le sys­tème, comme chez Orwell, fonc­tionne aus­si sur la peur. Con­séquence : 4000 entre­pris­es améri­caines ont retiré leurs annonces du site Bre­it­bart et elles sont déjà plus de 1000 à être européennes.

Com­ment cela fonc­tionne-t-il ? Ce sont « des mil­liers de géants qui tra­vail­lent nuit et jour pour les informer de leur présence sur ce site à leur insu ». De géants ? Voici :

« Tout le monde peut aider. C’est sim­ple. Suiv­ez sim­ple­ment les instruc­tions sur le tweet épinglé sur notre page Twit­ter :

  1. Vis­itez le site ciblé, prenez la cap­ture d’écran d’une annonce à côté d’une par­tie de leur con­tenu.
  2. Tweet­ez l’image avec une note polie à des­ti­na­tion du compte twit­ter de la société, tout en nous taguant !
  3. Si la société répond, deman­dez-leur de con­firmer le retrait de leurs annonces du site.
  4. Une fois la con­fir­ma­tion obtenue, retweet­ez-nous en indi­quant CONFIRMÉ »

Il y a des per­son­nal­ités con­damnées à Nurem­berg ou adulées à Moscou à la bonne époque qui auraient adoré ce mode de fonc­tion­nement.

Comment dénoncer ?

Et si un déla­teur n’est pas sur Twit­ter ?

« Pas de prob­lème. Vous pou­vez tou­jours être un géant.
Nous avons une page Face­book qui est égale­ment une excel­lente ressource. Vous pou­vez entr­er en con­tact avec les entre­pris­es sur Face­book.
Vous pou­vez égale­ment envoy­er l’image et le texte d’information par cour­ri­er élec­tron­ique ou appel­er les entre­pris­es directe­ment. Faites-leur savoir qu’elles font de la pub­lic­ité sur le site ciblé, et que vous vous deman­dez si elles seraient prêtes à retir­er leurs annonces.
Si elles con­fir­ment, essayez d’obtenir la con­fir­ma­tion dans un e‑mail ou même un sms et pub­liez cela sur notre compte Face­book. »

Nous sommes dans une époque où, au mépris de l’Etat de droit, c’est-à-dire de ce qui fonde un véri­ta­ble « vivre ensem­ble » depuis plusieurs siè­cles, n’importe quel indi­vidu peut décider de ce qui est illé­gal ou non con­cer­nant l’expression publique, en con­tribuant à provo­quer la fail­lite d’entreprises médi­a­tiques dont il ne partage pas les idées poli­tiques.

Le menu pro­pose un tuto­riel afin « d’exclure une annonce d’un site ciblé ».

Avec l’entreprise/annonceur con­cernée, le con­tact se fait donc par un tweet prédéfi­ni, suiv­ant la con­signe du tweet épinglé sur le compte de Sleep­ing Giants :

« Votre cam­pagne pub­lic­i­taire appa­raît sur le site Boule­vard Voltaire qui promeut fake news et idées sexiste/raciste
Cela ne cor­re­spond pas à vos valeurs ?
Pas de soucis il vous suf­fit d’un clic pour le retir­er de votre list­ing »

Et quand un annon­ceur, sous la pres­sion, de peur de per­dre des clients, accède à l’injonction, cela se ter­mine ain­si, tou­jours sur twit­ter :

« CONFIRMÉ
Depuis plus de 110 ans en France, @SwissLife_Fr con­stru­it l’avenir sur la solid­ité. Le respect de tous leurs client.e.s et employé.e.s, la neu­tral­ité et exper­tise sont à la base de la qualité de l’assurance qu’ils four­nissent. »

Sleep­ing Giants est claire­ment une opéra­tion mil­i­tante menée par des activistes. Exacte­ment le type d’opération qui béné­ficiera de la loi Avia, laque­lle favorise les groupes organ­isés spé­ci­fique­ment pour détru­ire la vis­i­bil­ité de leurs adver­saires poli­tiques.

Des soutiens de la presse de grand chemin

Les Sleep­ing Giants reçoivent le sou­tien de médias offi­ciels, au nom­bre desquels : BFM, Slate, Téléra­ma, Les Inrocks, Médi­a­part, Le Monde, L’Expansion, etc…

France Inter en pointe

L’exemple le plus clair de sou­tien à l’action d’activistes, est (sur­prenant ?) venu de France Inter. Le 12 août 2019, la radio publique, cen­sée être attachée à la lib­erté d’expression comme à l’Etat de droit, évo­quant l’action d’un « col­lec­tif de citoyens », com­pren­dre des per­son­nes mem­bres du « camp du Bien », écrit que leur but est de « prévenir les annon­ceurs que leurs pub­lic­ités arrivent sur des sites d’extrême droite ». L’émission est à la gloire des activistes et claire­ment déla­trice de Boule­vard Voltaire, média ini­tiale­ment fondé par Robert Ménard. France Inter prend claire­ment par­ti pour cette ini­tia­tive « citoyenne », for­cé­ment citoyenne.

Presse offi­cielle, médias publics, pou­voir poli­tique par le biais de la loi, activistes et sim­ples citoyens unis : tout le poli­tique­ment cor­rect s’organise afin de « lut­ter » con­tre toute oppo­si­tion. L’enjeu ? Le con­trôle de la parole publique, de la vérité et, de là, de ce qui peut et doit être pen­sé. Plus de tri­bunaux, plus de droit, plus de sépa­ra­tion des pou­voirs mais des autodafés. Pré­parez vos extinc­teurs.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Michel Denisot

PORTRAIT — Michel Denisot est né en avril 1945 à Buzançais en Indre, il est jour­nal­iste, pro­duc­teur et ani­ma­teur de télévi­sion, il a égale­ment été prési­dent de deux clubs de foot­ball français.

Laetitia Avia

PORTRAIT — Laeti­tia Avia : « Kara­ba la sor­cière, pourquoi es-tu si méchante ? » Née en 1985 à Livry-Gar­gan de par­ents togo­lais, Laëti­tia Avia a con­nu le par­cours qui fait l’orgueil d’une République s’efforçant pénible­ment de main­tenir un sem­blant d’apparences méri­to­cra­tiques.

Patrick Drahi

PORTRAIT — À la tête d’un empire économique colos­sal, Patrick Drahi a com­mencé à s’intéresser aux médias à par­tir des années 2000, rachetant Libéra­tion, L’Express, L’Expansion, Stu­dio Ciné Live, Lire, Mieux vivre votre argent, Clas­si­ca, etc., avant de lorgn­er vers le groupe Nex­tRa­dioTV.

Ivanne Trippenbach

PORTRAIT — Ivanne Trip­pen­bach est une jour­nal­iste de L’Opinion qui a fait de “l’extrême-droite” son cheval de bataille, a grand coups de dénon­ci­a­tions choc. Pour dia­bolis­er son adver­saire idéologique, la jour­nal­iste n’est pas à un détail près.

Paul Amar

PORTRAIT — Paul Amar est né le 11 jan­vi­er 1950 à Con­stan­tine (Algérie) de Charles (agent de la SNCF) et Julie Ghenas­sia. La famille sera rap­a­triée en 1961 et s’installera dans la région lyon­naise.