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Fake news : vers une judiciarisation de l’information en France

11 février 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Fake news : vers une judiciarisation de l’information en France

11 février 2018

La « confiance dans l’information » a bon dos. Sous prétexte de protéger le bon peuple de mauvaises influences, les autorités publiques comme privées veulent mettre à la liberté d’expression un bandeau sur les yeux et un bâillon sur la bouche. Pour son bien comme il se doit.

Censure privée

Du côté privé ce sont les GAFA qui pré­cisent chaque jour un peu plus leur poli­tique con­tre les fake news et autres « dis­cours de haine, extrémistes ou vio­lents ». Google se vante d’avoir sup­primé 150000 vidéos en moins de huit mois en 2017. La France est cham­pi­onne en fonc­tion du nom­bre de tweets sup­primés sur Twit­ter. De son côté, Face­book paie les jour­naux dom­i­nants en France pour qu’ils élim­i­nent les « fauss­es nouvelles ».

Censure publique

Mais de leur côté les autorités éta­tiques ne sont pas en reste. En Alle­magne la loi dite Net­zDG punit d’une amende pou­vant aller à plusieurs dizaines d’euros les réseaux soci­aux por­teurs de fake news ou des fameux « mes­sages de haine ». La France sem­ble ne pas vouloir être en reste depuis que le prési­dent Macron a annon­cé un pro­jet de loi allant dans le même sens lors de ses vœux à la presse le 3 jan­vi­er 2018.

Dans le JDD du 4 févri­er 2018, la min­istre de la Cul­ture François Nyssen a pré­cisé les inten­tions du gou­verne­ment. « La loi prévoira des oblig­a­tions nou­velles pour les plate­formes (numériques, c’est nous qui ajou­tons) qui devront coopér­er avec l’État (c’est nous qui soulignons) et être trans­par­entes sur les con­tenus spon­sorisés. Une procé­dure de référé judi­ci­aire sera mise en place pour faire cess­er rapi­de­ment la dif­fu­sion d’une fausse nou­velle, lorsque celle-ci sera manifeste ».

Elle ajoute « Il n’y a plus de lib­erté de la presse lorsque la mau­vaise mon­naie chas­se la bonne, c’est-à-dire lorsque les fake news chas­sent les vraies infor­ma­tions ». Comme ce sont les médias dom­i­nants qui sont payés par les réseaux soci­aux pour débus­quer les nou­velles non con­formes à l’esprit du jour,on imag­ine volon­tiers que les « vraies infor­ma­tions » seront celles de l’oligarchie médi­a­tique. Quand ces médias en févri­er 2017 inven­tent de toutes pièces une déc­la­ra­tion de Trump nul doute qu’une telle nou­velle ne pour­ra être une fake news puisque ce sont ces mêmes médias qui déter­mi­nent qui dit le vrai et qui dit le faux.

Encore plus inquié­tant la min­istre ajoute “De plus, nous aurons une action forte en matière d’éducation aux médias ». Quand on con­naît plus en détail les activ­ités du CLEMI, le Cen­tre pour l’Éducation aux Médias et à l’Information, on peut crain­dre le pire. De mau­vais­es langues mur­murent que François Nyssen quit­terait son min­istère de la Cul­ture pour un grand Min­istère de la Vérité dès la loi votée. Une fake news ?

Crédit pho­to : DR

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