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Quand l’éducation nationale organise la propagande autour des médias

16 juillet 2017

Temps de lecture : 10 minutes
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Quand l’éducation nationale organise la propagande autour des médias

[Red­if­fu­sions esti­vales 2017 – arti­cle pub­lié ini­tiale­ment le 18/03/2017]

Le Centre pour L’Éducation aux Médias et à l’Information (CLEMI) est un organisme du ministère français de l’Éducation nationale chargé de l’éducation aux médias dans l’ensemble du système éducatif. Il se donne pour objectif « d’apprendre aux élèves à lire, à décrypter l’information et l’image, à aiguiser leur esprit critique, à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie ». Il propose donc des formations aux enseignants dans toutes les académies, édite différents documents d’éducation aux médias et à l’information et sa principale action est le pilotage de la « Semaine de la presse et des médias dans l’école » qui a lieu chaque année fin mars. A cette occasion, le CLEMI édite un dossier pédagogique pour guider les enseignants dans leur approche des médias avec leurs classes et organise différents concours à destination des élèves. 2017 verra la 28ème édition de la « Semaine de la presse et des médias dans l’école ». Décryptage

L’équipe du CLEMI, bien à gauche merci

Son Con­seil d’orientation et de per­fec­tion­nement est présidé par Didi­er Math­us, appa­ratchik social­iste depuis près de 40 ans. Il com­mence sa car­rière poli­tique en 1979 en inté­grant le cab­i­net de Pierre Joxe alors élu de Bour­gogne puis enchaîn­era les postes et les man­dats : pre­mier secré­taire de la fédéra­tion de Saône-et-Loire du PS, con­seiller région­al social­iste de Bour­gogne, député social­iste et maire de Montceau-les-Mines.

Son directeur délégué est Franck Chau­mont dont le par­cours pro­fes­sion­nel alterne les allers-retours entre jour­nal­isme et engage­ment mil­i­tant. Il a ain­si été rédac­teur en chef de la sta­tion radio Beur FM puis chargé de com­mu­ni­ca­tion et des rela­tions presse de France-Lib­ertés, Fon­da­tion Danielle Mit­ter­rand, présen­ta­teur des jour­naux de la nuit et reporter à Radio France Inter­na­tion­al, attaché de presse et col­lab­o­ra­teur par­lemen­taire d’Aurélie Fil­ip­pet­ti, députée de Moselle, qui est alors porte-parole du groupe PS à l’Assemblée nationale puis son con­seiller pour la com­mu­ni­ca­tion et les rela­tions avec la presse lorsqu’elle fut min­istre. Il occupe ensuite les mêmes fonc­tions auprès de Benoît Hamon, éphémère min­istre de l’Education nationale. Après l’éviction de celui-ci du gou­verne­ment, il est recasé au CLEMI. Depuis fin 2016 il est con­seiller médias de Benoît Hamon, alors can­di­dat à la pri­maire social­iste et main­tenant can­di­dat social­iste à l’élection prési­den­tielle.

Parmi les différents contributeurs du dossier pédagogique 2017, on trouve :

- Vir­ginie Sas­soon, vice-prési­dente du Club du XXIe siè­cle dont l’une des mis­sions est de « pro­mou­voir la diver­sité dans les médias » et qui n’hésite pas pour cela à faire du fichage eth­nique afin de pouss­er à la dis­crim­i­na­tion pos­i­tive. Elle tra­vaille actuelle­ment à l’In­sti­tut Français de Presse où elle enseigne. Elle est en charge du pro­jet Médias, Diver­sités et Citoyen­neté à l’Institut Français de Presse dans le cadre duquel elle a notam­ment dirigé l’ouvrage col­lec­tif inti­t­ulé: “Pré­cis à l’usage des jour­nal­istes qui veu­lent écrire sur les Noirs, les musul­mans, les Asi­a­tiques, les Roms, les homos, la ban­lieue, les Juifs, les femmes… “. En 2014, elle devient respon­s­able édi­to­ri­ale de la plate­forme numérique #Racis­me­Or­di­naire lancée par France Télévi­sions ;

- Cédric Math­iot, jour­nal­iste à Libéra­tion dont il a lancé la rubrique « Dés­in­tox » ;

- Lau­rent Mauduit, cofon­da­teur de Medi­a­part, ancien jour­nal­iste à Infor­ma­tions ouvrières (OCI) puis Le Monde ;

Les dossiers pédagogiques

Autant que les con­tenus, les cou­ver­tures dévoilent l’orientation poli­tique mar­quée de l’équipe du Cle­mi.

En 2015, le CLEMI choisit d’illustrer la cou­ver­ture de son dossier avec une pho­to de migrants africains bran­dis­sant leurs télé­phones sur une plage de Dji­bouti, pho­to sacrée meilleure image de l’an­née 2013 par l’or­gan­i­sa­tion World Press Pho­to.

En 2016 est choisie la pho­to d’une instal­la­tion éphémère d’art con­tem­po­rain, le Free­dom of Expres­sion Nation­al Mon­u­ment.

En 2017 c’est une pho­to prise lors du 1er Som­met des réfugiés au siège de l’ONU qui habille la cou­ver­ture du dossier. On y voit des cen­taines de gilets de sauve­tages dis­posés en plein cœur de New-York pour « sym­bol­is­er l’arrivée des réfugiés sur les côtes méditer­ranéennes », mélange de per­for­mance artis­tique et de mes­sage poli­tique pro-clan­des­tins.

Ces cou­ver­tures ont un lien assez dif­fi­cile à établir avec l’objet du CLEMI et leur choix n’est pas anodin. Elles envoient un mes­sage (pro-immi­gra­tion, l’art est un mes­sage et non une esthé­tique) à des­ti­na­tion des enseignants et des élèves. Même les enseignants et les élèves ne par­tic­i­pant pas à la « Semaine de la presse » recevront ce mes­sage car des affich­es déclinées sur le mod­èle de la cou­ver­ture du dossier sont plac­ardées dans tous les étab­lisse­ments sco­laires.

Les contenus

Chaque dossier se com­pose d’une ving­taine de fich­es, des « fich­es péd­a­gogiques » pro­posant des activ­ités à réalis­er en classe, adap­tées aux dif­férents niveaux de la sco­lar­ité, de la mater­nelle au lycée, des « fich­es con­seil » avec des con­seils aux élèves pour abor­der la presse dans leur vie de tous les jours et enfin des « fich­es infor­ma­tion » délivrant des infor­ma­tions assez générales sur le monde de la presse et des médias. A tra­vers ces fich­es, le CLEMI se donne pour mis­sion de faire décou­vrir le méti­er de jour­nal­iste aux élèves et de leur appren­dre à exercer leur esprit cri­tique et à met­tre en per­spec­tive l’actualité.

Le méti­er de jour­nal­iste et l’esprit cri­tique face aux médias

Pour ce qui est du pre­mier point, le CLEMI rem­plit plutôt bien sa mis­sion : présen­ta­tion de dif­férents métiers de la presse, réal­i­sa­tion d’une inter­view, le dessin de presse, les « mar­ronniers », etc., de nom­breux aspects du méti­er de jour­nal­iste sont présen­tés du plus sin­guli­er au plus général.

Pour ce qui est de pouss­er les élèves à exercer leur esprit cri­tique face aux médias, les arti­cles sont plus lim­ités :

- en 2013, une seule fiche sur les images retouchées

- en 2014, aucune fiche cri­tique, seule une mise en garde dans une fiche con­sacrée aux sta­tis­tiques dans les médias

- en 2015, rien

- en 2016 une fiche sur « la mise en scène et la spec­tac­u­lar­i­sa­tion de l’information médi­a­tique ».

Internet : danger

Les dossiers sont dans l’ensemble peu cri­tiques vis-à-vis des médias tra­di­tion­nels. Par con­tre, une mise en garde face à inter­net est dis­til­lée tout au long des dossiers et on trou­ve de nom­breuses fich­es trai­tant spé­ci­fique­ment de l’information en ligne. En voici quelques exem­ples :

- en 2014, un arti­cle cri­tique sur la pub­lic­ité en ligne (mais pas sur la place de la pub­lic­ité dans les médias en général)

- en 2015, un arti­cle « Iden­ti­fi­er et prévenir le racisme sur Inter­net » qui est un tuto­riel du par­fait petit censeur pour faire fer­mer sites inter­net et comptes de réseaux soci­aux déviants. On trou­ve aus­si un arti­cle « Le boom des robots de l’information » qui annonce la général­i­sa­tion de l’information pro­duites par des pro­grammes infor­ma­tiques. Chose amu­sante, l’auteur nous prévient que la neu­tral­ité affichée de ce type d’information est biaisée par les choix de pro­gram­meurs dans les paramètres. La neu­tral­ité des jour­nal­istes reste, elle, hors de tout soupçon.

- en 2016 plusieurs fich­es : une sur les moteurs de recherche, une sur les con­traintes de l’accélération de l’information, due notam­ment à inter­net et enfin, une fiche « Rad­i­cal­i­sa­tion, com­plo­tisme et réseaux soci­aux : com­ment en par­ler sans dan­ger ? » qui met sur le même plan la rad­i­cal­i­sa­tion dji­hadiste et toute cri­tique ou méfi­ance vis-à-vis du sys­tème. Une phrase tirée de cette fiche résume l’état d’esprit qui règne dans l’ensemble des dossiers : « Les dis­cours extrémistes, con­stru­its en ligne et hors ligne, ten­dent à con­forter le sen­ti­ments d’injustice et de trahi­son, en se fon­dant sur l’idée que les médias, en col­lu­sion avec les autorités poli­tiques, ne dis­ent pas toute la vérité. ». Autrement dit : douter des médias ou les cri­ti­quer relève de «  l’extrêmisme ». Le comble pour un organ­isme ayant pour mis­sion d’apprendre aux élèves à décrypter l’information.

Si la mise en garde des élèves vis-à-vis d’internet est légitime, l’absence de cri­tique vis-à-vis de la presse papi­er, radio et télévisée est tout à fait anor­male car elle laisse enten­dre que ce type de presse est hors de tout soupçon.

Une propagande non dissimulée

Le plus prob­lé­ma­tique dans ces dossiers est le fait qu’à côté de la présen­ta­tion du méti­er de jour­nal­iste et de la (légère) cri­tique des médias est dis­til­lée une véri­ta­ble pro­pa­gande à longueurs d’articles. On trou­ve même quelques fich­es dignes de la Prav­da dont voici une sélec­tion :

- en 2010, une fiche « Les stéréo­types de genre dans la pub­lic­ité » où il est dénon­cé le fait que la pub­lic­ité ne s’adresse pas aux hommes et aux femmes de la même manière. La pub­lic­ité s’appuie sur des stéréo­types qu’elle ren­force, stéréo­types qu’il faut absol­u­ment décon­stru­ire. Une autre fiche « Médias et diver­sité en Europe » où l’on explique que la France a du « retard » dans l’affichage des minorités vis­i­bles dans les médias par rap­port au Roy­aume-Uni.

- lors de l’édition 2011, le CLEMI s’est asso­cié à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration. On imag­ine aisé­ment sous quel angle celle-ci fut abor­dée.

- en 2013, une fiche « Femmes et médias d’information » où l’on apprend que les femmes souf­frent d’une sous-représen­ta­tion et d’une abon­dance de stéréo­types dans les salles de rédac­tion

- en 2015, une fiche « Ecrire un arti­cle dénonçant les stéréo­types sex­istes » et ce dans les médias, le sport, la mode, l’école, la famille, etc. Rap­pelons la même année, la fiche « Iden­ti­fi­er et prévenir le racisme sur Inter­net » qui est une ode à la cen­sure

- en 2016, tou­jours dans la même veine, une fiche « Le sport au féminin : quelle médi­ati­sa­tion ? » dénonçant la faible médi­ati­sa­tion des sportives.

Les concours : l’idéologie du genre et les migrants

Sig­nalons égale­ment deux ini­tia­tives liées à la Semaine de la presse :

  1. Un con­cours « Zéro Cliché pour l’é­gal­ité filles-garçons » organ­isé depuis 5 ans et qui avait d’ailleurs jus­ti­fié en 2015 la présence de la fiche déjà men­tion­née « Ecrire un arti­cle dénonçant les stéréo­types sex­istes ». Il invite les écol­iers, col­légiens et lycéens à décon­stru­ire les stéréo­types sex­istes dans les médias, le sport, la mode, l’école, la famille, etc. en s’appuyant notam­ment sur des grilles d’analyse créées par « Les Chi­ennes de garde ». Le pal­marès 2016 disponible sur le site du CLEMI est édi­fi­ant.
  2. Le con­cours ARTE-CLEMI « Reportage » organ­isé pour la treiz­ième année.  Il s’agit pour les élèves indi­vidu­elle­ment ou en groupe de mon­ter un reportage de deux à trois min­utes à par­tir des images ayant servi à la réal­i­sa­tion d’un sujet dif­fusé dans Arte Jour­nal. Le thème 2017 est… sur­prise : les migrants, encore et tou­jours ! Plus pré­cisé­ment “L’accueil des migrants à Paris : un squat devenu cen­tre d’accueil d’urgence”. Est-il utile de pré­cis­er que le reportage sur lequel devront se baser les élèves débor­de de com­pas­sion vis-à-vis des migrants ?

Le dossier 2017, en amélioration mais peut mieux faire

Par rap­port aux années précé­dentes, le dossier 2017 est sur­prenant. C’est un cas à part qui mérite que l’on s’y attarde davan­tage. Pour la pre­mière fois fig­ure une cri­tique sans équiv­oque des médias avec notam­ment une fiche « La cité maya imag­i­naire du 20 heures de France 2 » qui explique com­ment une info bidon a pu faire le tour des grands médias à cause de leur « manque de rigueur » et donne d’autres exem­ples de fauss­es infor­ma­tions dif­fusées par les grands médias. Il y a égale­ment toute une série de fich­es sur la pub­lic­ité cachée et notam­ment celle-ci : « Pub­lic­ité cachée : le test spon­sorisé des Inrocks » qui mon­tre com­ment un arti­cle a pri­ori nor­mal est financé par l’éditeur du jeu. Enfin Bol­loré en prend pour son grade puisqu’une fiche lui est con­sacrée « Influ­ence des action­naires : le cas de Direct Matin » où l’on apprend que des coupes ont été faites dans la reprise d’une dépêche AFP sous l’influence de l’actionnaire majori­taire et une autre fiche « Médias : l’émergence de nou­veaux empires » dénonce la con­cen­tra­tion des médias au sein de quelques mains et notam­ment celles de Vin­cent Bol­loré. Enfin, une fiche « PQR : quelle infor­ma­tion, quelle plu­ral­ité ?» abor­de le prob­lème de la con­cen­tra­tion des médias dans le domaine spé­ci­fique de la presse quo­ti­di­enne régionale. Bref, plusieurs fich­es réelle­ment cri­tiques vis-à-vis des « grands médias » ce qui est une pre­mière. A côté de ces fich­es fig­urent tout de même des fich­es « pro­pa­gande » dans la lignée des dossiers précé­dents. Une fiche « Un pique-nique de migrants dans un cimetière à Calais ? » qui invite à véri­fi­er la fia­bil­ité d’une pho­to avant de la partager sur les réseaux soci­aux. Un appel sup­plé­men­taire à être méfi­ant sur inter­net et la démarche est tout à fait louable mais l’exemple n’est claire­ment pas pris au hasard. Une fiche « Mon­tr­er la guerre : le choc des images » nous assène encore le même aver­tisse­ment vis-à-vis d’internet et y ajoute la con­fi­ance incon­di­tion­nelle au jour­nal­iste : « Démêler les enjeux du con­flit pour décon­stru­ire d’éventuels juge­ments ou stéréo­types cir­cu­lant sur inter­net […] et insis­ter sur l’importance de l’indépendance du jour­nal­iste dans ce con­texte. » Une fiche à des­ti­na­tion des enfants de pri­maire « Com­ment démêler l’info de l’intox en jouant ? » affiche comme objec­tif « Forg­er l’esprit cri­tique des élèves pour les aider à devenir des cyber-citoyens qui ne se fassent pas manip­uler et qui fassent bar­rage aux idées racistes, xéno­phobes et com­plo­tistes » ou com­ment embri­gad­er les enfants en pré­ten­dant l’inverse.

Si le dossier dans son ensem­ble répond enfin au but affiché depuis plusieurs années — dévelop­per l’esprit cri­tique des élèves face aux médias — un arti­cle choque tout de même par son ton par­ti­san et out­ranci­er : « Don­ald Trump, le prési­dent de l’intox ». L’article s’appuie sur deux exem­ples recev­ables de trav­es­tisse­ment de la vérité par Trump mais se dis­crédite com­plète­ment par son titre exces­sif de général­i­sa­tion absolue.

Enfin, fig­ure une petite per­le dans ce dossier : la fiche « Le fact-check­ing : au ser­vice de la démoc­ra­tie ? ». Ce n’est pas la pre­mière fois que le fact-check­ing est abor­dé et le CLEMI est tou­jours lau­datif sur cette pra­tique qui per­met au jour­nal­iste de retrou­ver « une part de son autorité ». Ce qui inter­pelle dans cette édi­tion c’est le mes­sage prin­ci­pal qui appa­raît à tra­vers les dif­férents exem­ples : les Bri­tan­niques ont voté pour le Brex­it car ils étaient mal infor­més, on mesure ain­si « l’importance que peut avoir la fia­bil­ité de l’info sur la démoc­ra­tie ». Mais là où cela devient cocasse, c’est que les fact-check­ers nous don­nent l’occasion de les fact-check­er. Ils affir­ment « Pour les men­songes des hommes poli­tiques : la très bonne vidéo de Nigel Farage, UKIP leader annonçant qu’il avait men­ti à pro­pos des sommes payées à l’Europe et qui devaient être rever­sées , après le Brex­it, à l’économie bri­tan­nique (£350m/week !) ». Lorsque l’on visionne la vidéo en ques­tion, on se rend compte que, d’une part, Nigel Farage n’annonce pas qu’il a men­ti mais, d’autre part, qu’il rec­ti­fie la jour­nal­iste en lui rétorquant qu’il n’a jamais fait la promesse qu’elle lui impute !

Sous la pression retour partiel au réel

Quoiqu’il en soit le dossier 2017 est bien dif­férent de ceux des années précé­dentes : il n’hésite pas à remet­tre en cause la crédi­bil­ité des « grands médias », il abor­de des ques­tions impor­tantes comme la pub­lic­ité cachée, la fia­bil­ité des sources, la con­cen­tra­tion des médias entre les mains d’oligarques et ses con­séquences sur la ligne édi­to­ri­ale des jour­naux. Tous ces sujets sont agré­men­tés, en out­re, de ressources et des références claires. Grâce à ces nou­veautés, le CLEMI rem­plit enfin par­tielle­ment une de ses mis­sions qu’il avait jusque-là nég­ligée : édu­quer les élèves à l’esprit cri­tique face à l’information et aux médias. Deux fac­teurs peu­vent expli­quer cette évo­lu­tion : pre­mière­ment, le cli­mat de défi­ance de plus en plus pal­pa­ble à l’égard des médias, qui a poussé le CLEMI à abor­der cette cri­tique des médias sous peine de per­dre toute crédi­bil­ité et deux­ième­ment, la présence nou­velle dans l’équipe de Sébastien Rochat. Sébastien Rochat est un ancien jour­nal­iste du site Arrêt sur images, site de cri­tique et de décryptage des médias d’une grande rigueur et qui a tou­jours fait preuve d’un tra­vail intè­gre, équili­bré et tou­jours pré­cisé­ment doc­u­men­té. Sébastien Rochat sem­ble donc avoir amené avec lui les qual­ités de son ancien employeur Daniel Schnei­der­mann.

Le dossier 2017 mar­que donc un tour­nant dans la com­mu­ni­ca­tion du CLEMI : la cri­tique des « grands médias » est enfin là mais il reste encore un long chemin à par­courir pour pou­voir pré­ten­dre à une com­plète édu­ca­tion à l’esprit cri­tique. Si le CLEMI est main­tenant capa­ble de cri­ti­quer les médias notam­ment sur leur fia­bil­ité et sur l’orientation de la ligne édi­to­ri­ale, il n’ose pas encore abor­der les jour­nal­istes comme un sujet de cri­tique. La neu­tral­ité du jour­nal­iste est maintes fois répétée et même les fauss­es nou­velles propagées par celui-ci ne peu­vent entamer sa pro­bité. Ain­si pou­vait-on lire ceci dans le dossier 2016 « l’année 2015 a con­nu plusieurs déra­pages médi­a­tiques le plus sou­vent dus à des nég­li­gences dans le traite­ment de la source qu’à de véri­ta­bles inten­tions de tromper ».

Mais le jour­nal­iste est-il réelle­ment neu­tre ? Cherche-t-il à nous influ­encer par le choix de son vocab­u­laire ? L’orientation poli­tique des jour­nal­istes est-elle sem­blable à celle des Français ? Com­ment repér­er le par­ti-pris du jour­nal­iste, notam­ment dans le traite­ment d’un con­flit ? Dis­sim­u­la­tion, hiérar­chi­sa­tion, sat­u­ra­tion médi­a­tique : quelles méth­odes pour ori­en­ter l’opinion publique ? Inter­net chance plutôt que dan­ger dans la dif­fu­sion d’une infor­ma­tion libre, fiable et sans fil­tre ?

Analyser le Clemi

Autant de ques­tions que l’on aimerait voir enfin abor­dées dans l’édition 2018 car les dossiers du CLEMI restent jusqu’à présent de par­faits d’objets d’analyse cri­tique pour tout pro­fesseur souhai­tant faire tra­vailler ses élèves sur un doc­u­ment aux inten­tions dis­simulées.

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