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Allemagne : les journalistes disent non à la loi liberticide NetzDG

20 janvier 2018

Temps de lecture : 2 minutes

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Allemagne : les journalistes disent non à la loi liberticide NetzDG

Allemagne : les journalistes disent non à la loi liberticide NetzDG

La loi liberticide dite NetzDG a été adoptée en Allemagne le 5 avril 2017 et mise en application le 1er janvier 2018. Cette loi prévoit de très fortes sanctions financières contre les réseaux sociaux qui ne pratiqueraient pas une stricte politique de censure.

Une censure qui dit son nom

La loi incite par la con­trainte finan­cière les sociétés privées (les améri­cains Face­book, Twit­ter, Google, les four­nisseurs d’accès) qui ne cen­sur­eraient pas tout ou par­tie des écrits, post ou vidéos dif­fusés numérique­ment et enfreignant 24 arti­cles du code crim­inel alle­mand tels « la diffama­tion de l’État et de ses sym­bol­es », « la diffama­tion des organes con­sti­tu­tion­nels et de la con­sti­tu­tion », « la diffama­tion des reli­gions » et « l’apologie de la vio­lence », ce qui laisse une très large part d’incertitude et de nom­breuses pos­si­bil­ités d’interprétation.

Le prési­dent de l’association alle­mande des jour­nal­istes (Deutsch­er Jour­nal­is­ten-Ver­band, DJV) Frank Uber­all a con­damné la loi en ces ter­mes : « nos craintes déjà présentes pen­dant le proces­sus lég­is­latif ont été con­fir­mées. La loi Net­zDG vio­le la fon­da­men­tale lib­erté d’expression. »

Le Titanic pris dans la tempête

L’affaire dite « Titan­ic » a ren­for­cé le malaise. Rien à voir avec le naufrage du fameux navire, Titan­ic est un mag­a­zine satirique alle­mand. Une député de l’AfD (droite con­ser­va­trice) Beat­rix von Storch a vu son compte Twit­ter sup­primé au moment des fêtes de fin d’année en 2017. La police de Cologne (voir ici notre arti­cle sur les vio­ls de la Saint Sylvestre 2016 à Cologne et la réac­tion des médias) avait twit­té en arabe ses bons vœux et quelques recom­man­da­tions sur la manière de se com­porter pen­dant les fêtes. Ce à quoi la par­lemen­taire avait répon­du au tweet « Pourquoi un site offi­ciel de la police tweete t’il en arabe ? Pensez vous que ce soit pour apais­er les hordes bar­bares et vio­leuses des hommes musul­mans ». Son compte fût sup­primé sans forme de procès par Twit­ter. Mali­cieux, le mag­a­zine Titan­ic reprit sous forme humoris­tique et par­o­dique un faux compte de la par­lemen­taire en écrivant sous son nom : « Lors du dernier tournoi de fléchettes les hommes blancs boivent et poussent la boule, une de nos dernières tra­di­tions alle­man­des ? ». Twit­ter non seule­ment sup­pri­ma le tweet mais aus­si le compte du jour­nal, compte qui ne fût rétabli que deux jours plus tard après de fortes pres­sions médiatiques.

La France après l’Allemagne ?

Le prési­dent de la Fédéra­tion Européenne des Jour­nal­istes (EFJ) Mogens Blich­er Bjer­re­gard à son tour a con­damné la loi. « Nous deman­dons instam­ment au Par­lement alle­mand de dis­cuter avec toutes les par­ties prenantes pour une approche socié­tale glob­ale prenant en compte la lib­erté d’expression aus­si bien que l’impact des dis­cours de haine sur les réseaux soci­aux », a‑t-il fait savoir. Entre la cen­sure alle­mande déjà à l’œuvre et les pro­jets de loi en France sur les fauss­es nou­velles à venir, la lib­erté d’expression a des soucis à se faire.

Crédit pho­to : ojim (cc)

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