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Deux façons de révolutionner les médias : Brut en hausse, le Média en baisse

3 juin 2018

Temps de lecture : 2 minutes
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Deux façons de révolutionner les médias : Brut en hausse, le Média en baisse

Après l’éviction d’Aude Rossigneux et les soucis du « management à la Bolloré » plutôt inattendus dans un média s’affirmant de gauche et anti-libéral, voici que Le Média, la télévision de Mélenchon qui se défend de l’être se déchire sur la pub. L’argent n’a pas d’odeur, et permet de mieux remplir les caisses que le discours du Chef, mais les socios (associés fondateurs du projet) – ainsi qu’Alain Badiou, ne sont pas d’accord.

Les socios, eux ont signé pour un média « anti-sys­tème et anti-libéral ». Et se retrou­vent au bout du compte avec un média qui « éval­ue la valeur de [ses] sites selon le mod­èle dom­i­nant » du 13 au 30 mai. L’énième soumis­sion est habil­lée des cache-mis­ères clas­siques : c’est pro­vi­soire, expéri­men­tal et lim­ité à la pub « éthique ».

De quoi sus­citer l’ire de nom­breux socios – qui ont cotisé pour Le Média, sans avoir pour­tant le droit à la parole, bien qu’ils soient présen­tés comme des action­naires par­tic­i­pat­ifs – et d’Alain Badiou, qui s’est fendu d’une volée de bois vert : « En somme, déjà, vous ren­trez dans le rang. Et vous masquez cette entrée par des antiphrases du genre ‘tester notre valeur’ ou ‘pub­lic­ité éthique’. J’avoue que je suis très déçu. L’in­clu­sion dans la cir­cu­la­tion du Cap­i­tal, sous la forme directe d’une rente pub­lic­i­taire, est à l’op­posé de tout ce que par ailleurs vous sem­blez affirmer ».

Brut, ou la révolution mainstream sur les réseaux sociaux

Pen­dant ce temps, d’autres sont moins toni­tru­ants, mais réus­sis­sent mieux leur révo­lu­tion. Ain­si, Brut, le média français améri­canomor­phe qui ne pub­lie que sur les réseaux soci­aux, sera rentable fin 2018 avec un mil­liard de vues. Et vient de lever 10 mil­lions d’euros auprès d’actionnaires qui ont souhaité rester dis­crets. La plate­forme a été lancée en novem­bre 2016 par Guil­laume Lacroix, Renaud Le Van Kim et Lau­rent Lucas, respec­tive­ment passés par TF1, la direc­tion de Canal+ et « Le Petit Jour­nal » de Yann Barthès ; ils ont été rejoints par Rodolphe Belmer, PDG d’Eutelsat, en févri­er 2018.

Résol­u­ment main­streamBrut se focalise notam­ment sur le fémin­isme, la lutte con­tre les dis­crim­i­na­tions, l’environnement et autres caus­es bien en vue et très poli­tique­ment cor­rect – et l’international : le média fait 10% de son audi­ence en Afrique fran­coph­o­ne, s’est lancé aux États-Unis et en Inde et vise une implan­ta­tion en Amérique Latine. L’objectif est de devenir numéro 1 de l’information sur les réseaux soci­aux d’ici 2020, rien que ça. C’est pos­si­ble : Brut est déjà dans le top 3 améri­cain, passé devant Vice et Buz­zfeed, et numéro 1 en France. Ironie du sort : la régie pub­lic­i­taire est con­fiée à France Télévi­sions qui apporte à Brut un tiers de ses revenus. Quand le vieux monde fait la courte échelle au nou­veau…

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