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Bertrand Delais nommé à LCP-AN : Macron place ses hommes à la tête des médias publics

17 mars 2018

Temps de lecture : 3 minutes
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Bertrand Delais nommé à LCP-AN : Macron place ses hommes à la tête des médias publics

Après Marie-Ève Malouines, biographe de Hollande, Bertrand Delais, biographe de Macron, est nommé à la tête de la Chaîne Parlementaire-AN. Comme le nouveau monde ressemble parfois au vieux ! Le documentariste, soutien d’Emmanuel Macron et auteur de deux documentaires sur sa campagne, était favori de la course, un peu décidée à l’avance. Néanmoins sa nomination fait des remous au sein de l’opposition et donne des sueurs froides à Delphine Ernotte nommée sous François Hollande qui sent de plus en plus le sol se dérober sous ses pieds.

Bien qu’at­ten­due par la majeure par­tie des obser­va­teurs, la nom­i­na­tion de Betrand Delais a fait des remous au sein de l’op­po­si­tion. Cepen­dant, il a été élu par 12 voix pour, 7 con­tre, mais François de Rugy s’est abstenu. Le député Alex­is Cor­bière (FI) s’est ému sur Twit­ter, qual­i­fi­ant le choix de Bertrand Delais d’« erreur. Un hagiographe du PR, engagé de façon mil­i­tante dans sa cam­pagne, ne garan­ti­ra pas l’indépen­dance du Par­lement par rap­port à l’Elysée. C’est une main mise du par­ti prési­den­tiel sur un média ». A‑t-il peur que le nou­veau nom­iné ne rap­pelle urbi et orbi ce qu’a révélé L’Obs, c’est à dire ses pas­sages à la TV payés pen­dant la cam­pagne de Mélen­chon 2050 € par mois, divisé en dix « journées » de 205 € ?

Pour Clé­men­tine Autain, député LFI aus­si, la nom­i­na­tion de Bertrand Delais a, « 50 ans après 1968, un par­fum d’ORTF ». Elle a aus­si réa­gi sur Twit­ter : « Bertrand Delais nom­mé à la tête de @LCP, sur propo­si­tion @FdeRugy, con­tre avis de toutes les oppo­si­tions. Delais est auteur de 2 doc­u­men­taires sur #Macron et de moult Tweets engagés LREM. Mis­ère démoc­ra­tique ».

Le social­iste Olivi­er Fau­re a lui aus­si fait état de son oppo­si­tion : « la nom­i­na­tion d’un hagiographe d’E Macron à la tête de #LCP en dit long sur ce pou­voir qui méthodique­ment cherche à neu­tralis­er tous les con­tre-pou­voirs : la presse, le Par­lement, les syn­di­cats, les élus locaux… Ce n’est plus la Republique en marche, c’est une marche con­sulaire ». Pour sa part, il feint d’ou­bli­er que François Hol­lande n’a pas hésité à plac­er ses proches à la tête des médias d’E­tat – à com­mencer par Marie-Ève Mal­ouines – comme ses prédécesseurs avant lui.

Bertrand Delais : « tout au long de la procé­dure, j’ai fait la course en tête »

À Téléra­ma, Bertrand Delais a assuré : « j’ai gag­né à la régulière ». Il pré­cise : « Tout au long de la procé­dure de nom­i­na­tion, j’ai fait la course en tête. Quand les dossiers des can­di­dats au poste étaient anonymes, j’ai reçu la meilleure note onze fois, sur treize votants. A ma con­nais­sance, aucun des huit can­di­dats recalés n’a protesté con­tre le proces­sus qui a été observé… Ces bonnes notes ont été con­fir­mées lors des oraux, dont je suis sor­ti large­ment en tête : j’ai reçu la meilleure note dix fois, sur qua­torze votes [sept, selon le com­mu­niqué de l’Assem­blée Nationale] Même des gens qu’on ne peut pas soupçon­ner d’être macro­nistes m’ont don­né des bonnes notes ».

Tel­era­ma lui pose une ques­tion sur l’hos­til­ité pré­sumée de François de Rugy, autre proche de Macron, qui lui s’est abstenu, Bertrand Delais préfère bot­ter en touche : « On m’a dit ça aus­si, mais je n’en ai aucune preuve. J’ai tou­jours été très bien reçu par lui. Je pense qu’il avait plutôt à coeur de met­tre en évi­dence le proces­sus d’élection qu’il a lui-même mis en place ».

Il ajoute aus­si que « con­naître la total­ité de la fil­ière a sans doute con­sti­tué un atout pour moi » et annonce que Guilaine Chenu devrait diriger les pro­grammes : « à Envoyé Spé­cial, elle a tra­vail­lé avec des pro­duc­teurs privés et sa légitim­ité pro­fes­sion­nelle est évi­dente. Out­re la grande con­fi­ance que j’ai en elle et notre com­plic­ité pro­fes­sion­nelle anci­enne, je suis heureux qu’une fig­ure fémi­nine d’un tel pro­fes­sion­nal­isme, qui jouit d’une image pos­i­tive de ser­vice pub­lic et de qual­ité, incar­ne cette chaîne ».

La fusion avec Pub­lic Sénat – dont l’actuel prési­dent, Emmanuel Kessler, opposé à la fusion, voit son man­dat arriv­er à son terme le 31 mai – étant dans les tuyaux, Bertrand Delais affirme qu’une « mutu­al­i­sa­tion des deux gross­es tranch­es d’information du matin soit à envis­ager, c’est une évi­dence » et plaide pour un « guichet unique » pour financer les doc­u­men­taires. Les deux chaînes par­lemen­taires, au fonc­tion­nement dis­pendieux, aux nom­breux dou­blons et à l’au­di­ence mys­térieuse, sont en effet une des facettes coû­teuses de la chère excep­tion française, peut-être de moins en moins jus­ti­fiée alors que la pres­sion fis­cale aug­mente sur les con­tribuables.

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