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Trump contre Twitter, la guerre est déclarée

1 juin 2020

Temps de lecture : 2 minutes
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Trump contre Twitter, la guerre est déclarée

Cela fait déjà un certain temps que Trump accuse les grands réseaux sociaux d’être hostiles aux conservateurs. En dehors des États-Unis, ces derniers n’hésitent d’ailleurs pas à régulièrement censurer toute démarche qui serait trop peu politiquement correcte. Mais cette fois, Twitter vient de franchir un nouveau pas en la matière, s’en prendre directement aux publications de Trump.

Vérifiez les faits”

Le Rubi­con a été franchi le 26 mai 2020 après la pub­li­ca­tion par Trump de deux tweets sur le vote par cor­re­spon­dance. Dans ces pub­li­ca­tions, le locataire de la Mai­son blanche expli­quait le risque accru de “fraude” en util­isant ce procédé.

Le réseau a répliqué en ne procé­dant pas à la cen­sure directe, mais par le recours au désor­mais incon­tourn­able “fact-check­ing”. En dessous des deux pub­li­ca­tions, est apparue la men­tion “véri­fiez les faits à pro­pos du vote par cor­re­spon­dance”. Lorsque l’utilisateur clique sur le lien, il est redirigé vers divers arti­cles de presse sur le sujet, mais pas n’importe lesquels. Comme dénon­cé par Fox News, les très démoc­rates Wash­ing­ton Post et CNN y sont en bonne place, l’article le plus mis en avant venant de CNN. Fox News ne s’est pas arrêté là en pub­liant même un arti­cle don­nant rai­son à Trump.

Du côté de Twit­ter, l’action a été jus­ti­fiée par le fait que “Ces tweets con­ti­en­nent des infor­ma­tions poten­tielle­ment trompeuses sur le proces­sus de vote et ont été sig­nalés pour fournir du con­texte addi­tion­nel sur le vote par cor­re­spon­dance. Cette déci­sion a été prise en accord avec l’approche que nous avons présen­tée plus tôt ce mois-ci.”

Riposte de Trump avec un décret

Furieux, Don­ald Trump a répliqué deux jours plus tard avec un décret, comme il aime tant le faire. Ce dernier avait pour but de mod­i­fi­er une loi de 1996, la “Com­mu­ni­ca­tions Decen­cy Act”, “pili­er du fonc­tion­nement des plate­formes numériques” en leur offrant une “immu­nité con­tre toute pour­suite judi­ci­aire liée aux con­tenus pub­liés par des tiers et leur don­nant la lib­erté d’intervenir sur les plate­formes à leur guise”.

Ce décret per­me­t­trait aux autorités de régu­la­tion de pou­voir se pronon­cer sur les poli­tiques de mod­éra­tion de con­tenu des géants du numériques.

Un jour plus tard, récidive de Twitter

Ce décret ne sem­ble cepen­dant pas avoir beau­coup impres­sion­né le réseau social puisque le 29 mai, une autre men­tion est apparue sur un nou­veau tweet du Prési­dent. Ce dernier cri­ti­quait vive­ment les émeutes suite au décès de George Floyd et jus­ti­fi­ait la pos­si­bil­ité d’ouvrir le feu sur les man­i­fes­tants. Dans la foulée, la plate­forme a ajouté la men­tion : “Ce Tweet a enfreint les Règles de Twit­ter rel­a­tives à la glo­ri­fi­ca­tion de la vio­lence. Toute­fois, Twit­ter a déter­miné que sa disponi­bil­ité peut présen­ter un intérêt pour le pub­lic.”

Ne souhai­tant pas s’arrêter en si bon chemin, le réseau a apposé la même men­tion sur un tweet de la Mai­son blanche citant d’autres paroles de Trump. La course au “fact-check­ing” ne sem­ble désor­mais pas prête de s’arrêter.

Facebook en retrait et Gab au tournant

Comble de l’ironie dans cette his­toire, Face­book, grand adepte de la cen­sure, a été “accusé de jouer le jeu de Trump” après que Mark Zucker­berg ait déclaré sur Fox News que les plate­formes de devraient pas être les “arbi­tres de la vérité sur tout ce que les gens dis­ent en ligne”. La déc­la­ra­tion a été saluée dans la foulée par l’intéressé.

Entre Trump et les grands réseaux soci­aux, il faut s’attendre à tout, mais la guerre con­tin­ue sous forme de con­flit larvé ou ouvert, dont Gab — jusqu’à présent con­fi­den­tiel — sem­ble pleine­ment prof­iter.

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