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Twitter censure un groupe de soutien à Julian Assange

Julian Assange a été arrêté le 11 avril 2019 à Londres, il est alors condamné à cinquante semaines de prison par la justice anglaise pour avoir violé les termes de sa liberté conditionnelle. Il risque l’extradition aux États-Unis qui ont juré de le punir sévèrement pour « trahison ». Dans une politique de censure qui s’étend rapidement, Twitter a supprimé un des principaux comptes des soutiens d’Assange.

Voir aussi : Julian Assange, portrait

@Unity4J

Le groupe anglophone Unity4J que l’on peut traduire par « Unité pour Julian » a été créé entre autres par Christine Assange, la mère de Julian, Lee Camp de Redacted Tonight et Elizabeth Lea Vos, la fondatrice de l’association. Ils organisent régulièrement des manifestations à Londres pour la libération d’Assange, ont lancé une pétition pour lui attribuer le prix Nobel de la paix, demandent de meilleures conditions de détention en attendant sa libération etc.

Twitter, police de la pensée, supprime puis rétablit le compte

Le 13 juillet 2019, Twitter supprime le compte du groupe sans avertissement ni explications. Le responsable pense à un problème technique et tente de rétablir une connexion, puis écrit à Twitter qui dans un premier temps ne répond pas. De nombreuses voix se sont élevées contre cette suppression dont celle du fondateur du groupe Pink Floyd Roger Waters qui a souligné le rôle de « police de la pensée » de Twitter faisant allusion à 1984 de George Orwell.

Après cinq jours de protestations et de nombreuses attaques contre Jack Dorsey, le président de Twitter, le compte est rétabli.

Leçons à tirer

La liberté d’expression sur les réseaux sociaux va vers sa fin rapide. Cet été Facebook a supprimé tous les liens vers un article de l’Ojim sur Alain Duhamel puis l’a rétabli sans explications plus tard. Vous trouverez l’article ici et l’histoire là. Qu’en penser ? Primo les réseaux sociaux – à la fois sous la pression des autorités et par leur propre conformisme – jouent déjà et vont jouer de plus en plus le rôle de police de la pensée. Secundo ils n’aiment pas être traités de censeurs. Il faut donc dénoncer leur hypocrisie face à leur propre responsabilité morale et politique et ne pas hésiter à mettre en cause leur activité castratrice. Nous aurons l’occasion de revenir sur le sujet.

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Claude Chollet
Président de l'Ojim

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