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RSF publie son rapport 2020 sur la liberté de la presse

27 avril 2020

Temps de lecture : 3 minutes
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RSF publie son rapport 2020 sur la liberté de la presse

L’ONG Reporters Sans Frontières (RSF) vient de publier son classement annuel mondial de la liberté de la presse 2020. Il revient sur la situation de cette dernière durant l’année précédente (vous pouvez retrouver notre article sur le rapport de 2019 ici).

Ce classe­ment est “une pho­togra­phie (sub­jec­tive, NDR) de la sit­u­a­tion de la lib­erté de la presse, fondée sur une appré­ci­a­tion du plu­ral­isme, de l’indépendance des médias, de la qual­ité du cadre légal et de la sécu­rité des jour­nal­istes” dans 180 pays du monde.

Une décennie décisive pour le journalisme” et un impact certain du coronavirus sur le classement 2021

Ce rap­port com­mence sur de la prospec­tive pour la nou­velle décen­nie qui vient de s’ouvrir, con­sid­érée comme “déci­sive pour le jour­nal­isme”. Cela est la con­séquence des nom­breuses crises aux­quelles font face les jour­nal­istes : “crise géopoli­tique (agres­siv­ité des mod­èles autori­taires), tech­nologique (absence de garanties démoc­ra­tiques), démoc­ra­tique (polar­i­sa­tion, poli­tiques de répres­sion), de con­fi­ance (sus­pi­cion, voire haine envers les médias d’information) et économique (appau­vrisse­ment du jour­nal­isme de qual­ité)”.

Mais à ces dernières, vient s’en ajouter une autre, la crise san­i­taire liée à la pandémie du Covid-19 qui “met en lumière et ampli­fie les crises mul­ti­ples qui men­a­cent le droit à une infor­ma­tion libre, indépen­dante, plu­ral­iste et fiable”.

Même si les effets du coro­n­avirus ne seront véri­ta­ble­ment observ­ables que dans le classe­ment 2021, l’ONG con­state déjà plusieurs impacts sig­ni­fi­cat­ifs de ce dernier. La Chine et l’Iran, déjà à la fin du classe­ment, foy­ers de l’épidémie, ont “mis en place des dis­posi­tifs de cen­sure mas­sifs”. L’Irak a sus­pendu pour trois mois la licence de l’agence de presse Reuters, “quelques heures après qu’elle ait pub­liée une dépêche remet­tant en cause les chiffres offi­ciels des cas de coro­n­avirus”. La Hon­grie a fait vot­er une “loi coro­n­avirus” qui “prévoit des peines allant jusqu’à cinq ans de prison pour la dif­fu­sion de fauss­es infor­ma­tions”, “un moyen de coerci­tion totale­ment démesuré” selon l’ONG. Éter­nelle croy­ance dans le retour de la dic­tature en Hon­grie alors que pen­dant ce temps-là, le gou­verne­ment français développe aus­si une obses­sion pour les “fake news” tout en étant pro­lifique dans le domaine.

La France recule de deux places

Con­cer­nant la France, elle passe à la 34e place dans cette édi­tion, soit un recul de deux places par rap­port à l’année dernière.

L’année 2019 a été mar­quée par une hausse très inquié­tante d’attaques et de pres­sions con­tre les jour­nal­istes. Nom­bre d’entre eux ont été blessés par les tirs de LBD (lanceurs de balles de défense) ou de gaz lacry­mogène des forces de l’ordre, et agressés par des man­i­fes­tants en colère pen­dant le mou­ve­ment des Gilets jaunes puis lors des man­i­fes­ta­tions con­tre la réforme des retraites” explique RSF, ain­si qu’un “nom­bre crois­sant de cas d’intimidations judi­ci­aires visant les jour­nal­istes d’investigation afin d’identifier leurs sources”.

Sans oubli­er, rap­pelons-le, la loi Avia ou les expéri­ences dou­teuses entre Macron et Face­book, qui lais­sent présager que la chute dans le classe­ment ne devrait pas s’arrêter.

Les pays nordiques en tête, la Corée du Nord ferme le classement

Con­cer­nant le classe­ment général, la Corée du Nord occupe la dernière place, précédem­ment occupée par le Turk­ménistan (179e). L’Éry­thrée (178e), reste le pire pays du con­ti­nent africain. A l’opposé de ces pays, on retrou­ve dans le trio de tête, la Norvège, pre­mière pour la qua­trième fois d’af­filée, suiv­ie de la Fin­lande (2e) et du Dane­mark (3e). La Suède (4e) et les Pays-Bas (5e), ont cha­cun per­du une place, à cause “d’une recrude­s­cence de cas de cyber­har­cèle­ment”.

Les pays réal­isant les plus belles pro­gres­sions sont la Malaisie (101e), les Mal­dives (79e) et le Soudan (159e), suite à des change­ments poli­tiques, ils gag­nent respec­tive­ment 22, 19 et 16 places.

Les plus fortes baiss­es sont réal­isées par Haïti (83e), “où des jour­nal­istes se retrou­vent pris pour cible lors des vio­lentes man­i­fes­ta­tions qui sec­ouent le pays depuis deux ans”, les Comores (75e) et le Bénin (113e). La zone géo­graphique dont le score général s’est le plus dégradé est l’Asie-Pacifique, à cause de l’Australie, “car­ac­térisée désor­mais par des men­aces con­tre le secret des sources et le jour­nal­isme d’investigation”, ain­si que Sin­gapour, à cause de sa loi “orwelli­enne” sur les fauss­es infor­ma­tions, et Hong Kong, avec son traite­ment des jour­nal­istes lors des grandes man­i­fes­ta­tions de 2019.

En résumé, l’index général con­naît une légère amélio­ra­tion sur un an, mais reste dégradé de 12% par rap­port à l’année de sa créa­tion, en 2013. Le classe­ment reste mar­qué par les préférences idéologiques de RSF, notam­ment sur la Hon­grie.

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