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À son tour, Causeur censuré par les publicitaires

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2 juin 2023

Temps de lecture : 3 minutes
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À son tour, Causeur censuré par les publicitaires

Temps de lecture : 3 minutes

L’information est devenue un terrain de guerre. Comme dans toute guerre, des camps s’affrontent à mort, y compris sur le plan financier. Aujourd’hui, on assiste à un nouvel épisode de cette guerre avec l’attaque au portefeuille que vient de subir Causeur.

Causeur blacklisté

Le jour­nal d’Élisabeth Lévy est men­acé finan­cière­ment après avoir été black­listé par toutes les régies pub­lic­i­taires, le site Causeur ne peut plus plac­er de réclame sur ses pages et donc avoir les revenus pub­lic­i­taires asso­ciés. Un manque à gag­n­er qui men­ace directe­ment le bud­get de cette revue et donc son exis­tence. Ce n’est pas le pre­mier site visé par un tel proces­sus. Valeurs Actuelles ou encore Boule­vard Voltaire ont déjà fait les frais de ces méthodes.

Le but est bien enten­du la fer­me­ture ou la fail­lite de ces sites, le sec­ond amenant le pre­mier. Une méth­ode plus vicieuse que les habituelles con­damna­tions dans les tri­bunaux de la République au nom de cer­taines lois telles que la fameuse loi Pleven. Le choix des sites est délibéré et lais­sé à l’appréciation des internautes.

Sleepling giants, les censeurs 2.0

Der­rière cette manœu­vre se trou­vent les Sleep­ings Giants, ces censeurs 2.0, dont les méth­odes nous rap­pel­lent les heures les plus som­bres que ces messieurs sont si enclins à dénon­cer. Il y a quelques mois, nous avions relevé que n’importe qui pou­vait pres­sur­er un annon­ceur en lui met­tant sous le nez une annonce présente sur un site « infréquentable ». N’importe qui peut se faire aux­il­i­aire de cen­sure et obtenir gain de cause sur le sim­ple poids de la pres­sion sociale. Une méth­ode hors de tout cadre juridique, sans aucun socle solide. Qui fait la liste des sites infréquenta­bles ? Quels critères les ren­dent infréquentables ?

Voir aus­si : Élis­a­beth Lévy, portrait

Silence honteux des principaux médias

Dans une société un tant soit peu nor­male, la presse, dont les expé­di­ents financiers sont de plus en plus pré­caires et où, sans l’intervention de quelques hommes for­tunés, la plu­part des grands groupes auraient déjà mis la clé sous la porte, cette presse dénon­cerait ces Sleep­ings Giants dont on sait que les lubies peu­vent vis­er plus ou moins n’importe qui un jour. Il n’en est rien. Les grands groupes de presse, Le Monde, Téléra­ma, BFM ou encore Medi­a­part sou­ti­en­nent ces ini­tia­tives. Est-ce une cer­taine arro­gance qui les assure de ne jamais crain­dre ce genre de men­aces finan­cières ou une adhé­sion au pro­jet lib­er­ti­cide de ces Sleep­ings Giant qui les poussent à se posi­tion­ner ain­si ? Sans doute un peu des deux.

Quoi qu’il en soit, nous obser­vons ain­si une dou­ble pres­sion sur les sites et les médias non alignés. En haut, les chaînes comme CNews sont men­acées de per­dre leur fréquence d’antenne ou sont sig­nalées par l’ARCOM ; en bas, les sites de réin­for­ma­tion sont la cible des inter­nautes se payant un mil­i­tan­tisme low-cost en dénonçant des plate­formes qu’ils con­sid­èrent mal­saines et à pro­scrire. Rien de neuf, en somme, pour les lecteurs assidus de l’OJIM.