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Premier colloque du comité Orwell

11 janvier 2016

Temps de lecture : 3 minutes

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Premier colloque du comité Orwell

11 janvier 2016

Sur le thème « Terrorisme, Europe et immigration, les médias sont ils à la hauteur des enjeux ? », le comité Orwell a tenu son premier colloque à Paris le 9 janvier dernier dans les locaux de l’école de commerce IPAG devant 200 personnes attentives. L’Ojim était au rendez-vous.

Crée à l’occasion de la com­mé­mora­tion des dix ans du non au traité con­sti­tu­tion­nel européen (2005) à l’initiative de Nat­acha Polony et d’Alexandre Devec­chio, respon­s­able du site FigaroVox, le comité Orwell a pour ambi­tion de faire vivre le débat d’idées. Il est selon la présen­ta­tion qu’en a faite Nat­acha Polony « un regroupe­ment de jour­nal­istes qui ont décidé de s’interroger col­lec­tive­ment sur leur méti­er. La ques­tion est sim­ple : pourquoi les jour­nal­istes, la pro­fes­sion est-elle détestée ? C’est même pire que les hommes poli­tiques. Pourquoi cer­tains sujets ne sont jamais traités dans les médias ? Pourquoi quand ils sont traités le sont-ils d’une façon qui ne per­met pas au citoyen de se faire une idée sur les prob­lèmes ? »

Sous le signe du plu­ral­isme, le comité Orwell avait invité un pan­el diver­si­fié : Lau­rent Jof­frin qui s’était courageuse­ment déplacé et qui fut par­fois chahuté par une salle hos­tile ; Jean-Michel Qua­tre­point, anci­enne grande fig­ure du Monde, Élis­a­beth Levy de Causeur, Geof­froy Leje­une de Valeurs Actuelles, Brice Cou­turi­er de France Cul­ture et Thomas Guenolé, fraiche­ment exclu de RMC.

S’il est dif­fi­cile de résumer trois rich­es heures d’échanges, quelques points forts se déga­gent. Celui de la lib­erté d’expression en pre­mier lieu. Alors que la pro­fes­sion se pré­carise, Eliz­a­beth Levy remar­quait que les médias étaient devenus le moteur de la cen­sure. Elle soulig­nait (en regret­tant son absence) qu’Eric Zem­mour dans ses ennuis avec la jus­tice n’avait jamais été soutenu par ses con­frères et que ces derniers, pour la plu­part, l’avaient tou­jours con­traire enfon­cé. Brice Cou­turi­er soulig­nait la règle du dou­ble stan­dard, celui d’une cer­taine gauche morale ne prenant posi­tion qu’en fonc­tion, non pas du réel, mais de ce qui devrait exis­ter. Les compte ren­dus gênés et tardifs de la presse alle­mande comme de la presse française sur les agres­sions de femmes alle­man­des de Cologne par des migrants en font foi.

Jean-Michel Qua­tre­point con­statait la dis­pari­tion des spé­cial­istes dans la presse, rem­placés par les général­istes sou­vent pressés et peu au fait de leur sujet. Le traite­ment de l’économie par des non experts entraîne selon lui une uni­for­mité de ton. Plus grave, cer­tains sujets comme le traité transat­lan­tique sont pra­tique­ment passés sous silence.

Thomas Guenolé, auréolé de sa scan­daleuse mise à l’écart de RMC sur injonc­tion du min­istère de l’intérieur, s’est inter­rogé sur la notion de pen­sée unique, terme qu’il récuse, préférant celui de pen­sée dom­i­nante. La coupure droite/gauche lui paraît obsolète et il voit plutôt une dou­ble coupure : un axe où les valeurs Progressisme/Individualisme seraient opposées à celles liées à la Tra­di­tion et un axe en économie poli­tique où le Mon­di­al­isme s’opposerait au Protectionniste.

Sur les inter­ro­ga­tions con­cer­nant la con­cen­tra­tion de la presse nationale française entre les mains de quelques mil­liar­daires, Lau­rent Jof­frin défendait l’indépendance de Libéra­tion vis à vis de Patrick Drahi qu’il dit n’avoir ren­con­tré que deux fois et qui n’intervient jamais dans la rédac­tion. À quoi Qua­tre­point a répon­du que les indus­triels n’investissaient pas dans la presse pour gag­n­er de l’argent mais bel et bien pour avoir de l’influence, celle ci ne se lim­i­tant pas à une grossière ingérence dans l’éditorial mais prenant des formes plus subtiles.

À une ques­tion de l’Ojim sur la « pen­sée unique dans les écoles de jour­nal­isme », Brice Cou­turi­er répondait en faisant appel à sa pro­pre expéri­ence après une tournée dans la majorité de ces écoles : sur des sim­u­la­tions de votes à bul­letin secret, 80 à 85% des élèves (et des pro­fesseurs, ndlr) se situent à gauche ou à l’extrême gauche tan­dis que les autres se taisent ou rasent les murs. Geof­froy Leje­une appor­tait son témoignage de jeune diplômé (2011) où dans sa pro­mo­tion ils étaient qua­tre ou cinq à avoir une pen­sée « non con­forme ». Il dit être le seul de cette petite poignée à pou­voir écrire dans un jour­nal où il peut s’exprimer librement.

Bien d’autres sujets furent abor­dés : l’objectivité du jour­nal­isme, les instances de déon­tolo­gie et les pos­si­bles sanc­tions, le mépris du peu­ple, le « bunker France Inter », les aides habile­ment mod­ulées à la presse, les nich­es fis­cales des jour­nal­istes, inter­net et d’autres encore.

Quelques tweets extérieurs s’interrogeaient sur la place du comité Orwell : hors sys­tème ? Dans le sys­tème ? Entre les deux ? Les pris­es de posi­tion courageuses de ce col­loque indiquent que le comité pose de nom­breuses ques­tions que partage l’Ojim. Soulignons que les organ­isa­teurs ont lais­sé du temps pour les inter­ven­tions de la salle ce qui n’est pas si courant. L’Ojim suiv­ra donc avec sym­pa­thie les actions du comité Orwell et nous aurons l’occasion de vous en informer sur notre site.

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