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Pour France Inter, l’antidote au complotisme c’est la censure

16 mars 2021

Temps de lecture : 3 minutes

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Pour France Inter, l’antidote au complotisme c’est la censure

Pour France Inter, l’antidote au complotisme c’est la censure

Le petit business des « experts du complotisme », autrement dit de la prétendue « avant-garde des anti-complotistes » se porte fort bien, en particulier sur les médias appartenant à l’État. Ils ne sont pas nombreux mais ils sont sur toutes les ondes, en particulier Rudy Reichstadt et Tristan Mendès-France. Ce dernier officiant ainsi chaque vendredi matin sur France Inter à 8h50.

Les anti com­plo­tistes voy­ant des com­plo­tistes partout et agis­sant avec la béné­dic­tion (et l’argent) des pou­voirs médi­a­tiques et poli­tiques au pou­voir, il est néces­saire d’observer ce qu’ils croient percevoir.

Con­cer­nant Rudy Reich­stadt et Tris­tan Mendès-France, nos arti­cles les plus récents sont ici :

Tristan Mendès-France sur France Inter, délation à l’ordre du jour

Une fois par semaine, le ven­dre­di à 8h50, l’un des deux com­pères, Tris­tan Mendès-France, présente « Anti­dote ». L’idée ? « Tris­tan Mendès France ten­tera dexpli­quer aux audi­teurs les thèses con­spir­a­tionnistes, leur genèse, les liens, les finance­ments, ceux qui sont à la base, ceux qui les relaient… Il sagit non seule­ment danalyser le con­tenu mais aus­si den percevoir les enjeux, de mieux com­pren­dre la galaxie. »

Der­rière ce sym­pa­thique pitch se cache une autre réal­ité : il s’agit surtout de met­tre la déla­tion à l’ordre du jour.

Le thème du 12 mars 2021 : « Exclure des réseaux soci­aux des pro­fils com­plo­tistes, ça marche ? ». Le sujet porte sur les prin­ci­pales plate­formes, type Twit­ter ou Facebook.

Surveiller et exclure

Il y aurait des argu­ments « pour » et des argu­ments « con­tre ». Par­mi les argu­ments « con­tre », le, prin­ci­pal serait que la per­son­ne exclue l’étant encore plus va se réfugi­er sur d’autres forums encore plus rad­i­caux. Cette per­son­ne amèn­erait avec elle ses abon­nés vers des « plate­formes encore plus tox­iques » et « cette migra­tion rend encore plus dif­fi­cile la sur­veil­lance et le suivi par les forces de l’ordre ».

Que la lib­erté d’expression soit ain­si sur­veil­lée ne gêne pas out­re mesure Mendès-France, lequel sem­ble oubli­er que la France est un État de droit et qu’en dehors d’une déci­sion de jus­tice l’interdisant, s’exprimer libre­ment est un des fon­da­men­taux de la déc­la­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen.

Du côté du posi­tif ? « La per­son­ne exclue ne peut plus pouss­er sa pro­pa­gande sur la plate­forme et ne béné­fi­cie plus de la vis­i­bil­ité que lui per­me­t­tent les grands médias soci­aux, cela réduit sa capac­ité à recruter des adeptes et cela lim­ite la capac­ité de ce pro­fil et sa com­mu­nauté à harcel­er en meute leurs cibles sur ces mêmes grandes plateformes ».

Ce ne seraient pas les seuls points posi­tifs. Surtout, « l’individu perd son cap­i­tal d’abonnés accu­mulé depuis des années », aidé par les grandes plate­formes (c’est le dada de Mendès-France, il souhaite que les réseaux soci­aux pra­tiquent eux-mêmes de plus en plus la cen­sure, mais pas de n’importe quels comptes : de ceux que lui juge comme étant « com­plo­tistes », syn­onyme ici de « extrême-droite »).

Des exem­ples ? « Plein ». Au Roy­aume-Uni : Britain first, cen­suré, qui est main­tenant sur une plate­forme mar­ginale avec 13 000 abon­nés, plate­forme qui serait un repaire de « néo-nazis ». Mendès-France prend aus­si l’exemple de Dieudon­né « qui a per­du sa page Face­book » (éton­nante façon de dire qu’il a été cen­suré). Une perte de 2 mil­lions d’abonnés. Dieudon­né a migré et n’aurait plus que 15 000 abonnés.

Ces chutes du nom­bre d’abonnés, c’est cela que Mendès-France trou­ve très intéres­sant. D’autant qu’il appuie cette idée par une étude d’une uni­ver­sité améri­caine (quand on cherche, on trou­ve), qui mon­terait « une chute spec­tac­u­laire de 73 % des fake news après la fer­me­ture des comptes de Trump ».

Conclusion : rien de mieux que la censure !

Tris­tan Mendès-France : « Il y a sou­vent l’idée qu’il suf­fit d’opposer des argu­ments raisonnables aux com­plo­tistes mais est-ce suff­isant ? On peut en douter ». La cen­sure ? « Les avan­tages sem­blent l’emporter sur les incon­vénients ».

La ques­tion du Droit ? Des tri­bunaux ? Des lib­ertés indi­vidu­elles, de pen­sée, d’expression, d’opinion ? Mendès-France n’en a cure. C’est chaque ven­dre­di et c’est c’est sur France Inter. Il s’agit d’en appel­er à la cen­sure de qui ne pense pas comme il con­vient, du point de vue de l’idéologie dom­i­nante. Mais pas à n’importe quelle cen­sure : celle exer­cée par des indi­vidus s’autoproclamant comme déten­teurs de ce qui peut ou non être dit. Un peu comme dans une bonne vieille dic­tature, en somme. Tris­tan Mendès-France gag­n­erait à révis­er ses clas­siques, du côté des années 30 du siè­cle passé, côté sovié­tique ou en face.

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