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Rudy Reichstadt

18 septembre 2020

Temps de lecture : 12 minutes
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Rudy Reichstadt

L’anti complots complotiste

Omniprésent dans les médias, l’ambitieux Reichstadt sait se rendre indispensable, fort de l’expertise qu’il s’auto-attribue. Au même titre que celle des Décodeurs du Monde, dont il est le pendant, sa parole est d’or (c’est du plaqué) dès lors qu’il s’agit de séparer le bon grain de l’ivraie et d’éduquer les générations futures aux médias. Arbitre du vrai, il s’ingénie à confondre le complotisme et le scepticisme pour mieux grossir le phénomène qu’il étudie, et le fait vivre. S’attirant les foudres de l’extrême-gauche et de la droite de la droite, le funambule Reichstadt poursuit sa route sur la fine ligne de crête qu’il s’est tracée, celle qui mène droit à la triple reconnaissance académique (à laquelle ses maigres titres universitaires ne le prédisposaient pas), communautaire (son discours rencontrant un écho certain dans la communauté juive) et gouvernementale (que ce haut fonctionnaire contrarié obtient alors que Manuel Valls, son modèle à gauche, est Premier ministre).

Formation

Il est diplômé en sci­ences poli­tiques de l’In­sti­tut d’é­tudes poli­tiques d’Aix-en-Provence (2004). Son mémoire, dirigé par Guy Drouot, pro­fesseur en sci­ences de l’information et de la com­mu­ni­ca­tion, est con­sacré à la médi­olo­gie de Régis Debray. Sa dilec­tion pour le com­pagnon de route du Che sem­ble avoir mar­qué ses années de for­ma­tion intel­lectuelle, tant et si bien qu’il con­fesse sa dette envers le vieux maître sur le forum du Nou­v­el Obs en 2005 « Mon cher Mon­sieur Debray, je me per­me­ts une telle famil­iar­ité car le peu de choses aux­quelles je crois, en matière poli­tique, ce sont vos livres sur cette éter­nelle et répéti­tive comédie, la poli­tique. » Il pour­suit des études de géopoli­tique à Paris VIII avant de pré­par­er le con­cours d’entrée à l’ENA à l’IGPDE (Insti­tut de la ges­tion publique et du développe­ment économique).

Parcours professionnel

En 2004, il devient rap­por­teur à la Cour nationale du droit d’asile (CNDA) de Mon­treuil. Cette « pro­fes­sion » con­siste à rédi­ger des rap­ports sur la demande d’asile d’un étranger, puis de la présen­ter devant les juges lors de l’audience. Il n’est pas rare que les rap­por­teurs soient des mil­i­tants zélés, qui ont pour voca­tion de « sauver le plus de per­son­nes pos­si­bles ». Six ans plus tard, il entre au ser­vice de la Jeunesse et des Sports de la mairie de Paris et occupe la fonc­tion de chef du bureau des affaires finan­cières. Il est nom­mé, en 2015, délégué de sig­na­ture du maire de Paris pour les affaires juridiques et finan­cières de la Direc­tion de la Jeunesse et des Sports de la Mairie de Paris. Il vit de son activ­ité de directeur de l’Observatoire à par­tir de 2017, date qui coïn­cide avec le sou­tien financier apporté par la Fon­da­tion pour la Mémoire de la Shoah.

Parcours militant

Ses pre­miers écrits con­nus sont pub­liés dans la Revue Répub­li­caine, d’inspiration gaulliste et sou­verain­iste. Puis, il orbite autour de la galax­ie néo-con­ser­va­trice française et fréquente celui qui devien­dra un temps son men­tor, Pierre-André Taguieff. Il crée le site Con­spir­a­cy Watch « tout seul dans son coin » en 2007. Son intérêt pour les théories du com­plot s’éveille dans la foulée du 11 sep­tem­bre, alors que les théories remet­tant en cause la ver­sion offi­cielle de l’attentat foi­son­nent sur le net. Sa pre­mière cible, qui subit les foudres de Reich­stadt sur son site bien avant l’éclosion dis­si­dente des futures têtes de turcs Dieudon­né et d’Alain Soral, est Thier­ry Meyssan, l’animateur du site Réseau Voltaire. Plutôt qu’un obser­va­toire, le site a tout d’un blog col­lab­o­ratif. A mesure que des évène­ments trau­ma­tiques et vio­lents vien­nent ponctuer le quo­ti­di­en des Français, les ten­ta­tions com­plo­tistes s’intensifient et l’expertise de Reich­stadt devient de plus en plus recher­chée par les médias en peine de com­men­ta­teurs attitrés sur un thème en vogue.

Il adhère au Print­emps Répub­li­cain en 2016, mou­ve­ment de gauche prô­nant une laïc­ité dure et acquis au vall­sisme, fondé par Gilles Clavreul, qui devient par la même occa­sion un con­tribu­teur du site. Il signe en 2018 une péti­tion parue dans Le Monde deman­dant à l’État d’Israël de recon­naître offi­cielle­ment le géno­cide arménien, mais cet appel reste sans effet, le gou­verne­ment ayant mis son veto à cette déci­sion qui heurte ses intérêts com­mer­ci­aux et stratégiques.

Il est un inter­locu­teur sol­lic­ité par le Mémo­r­i­al de la Shoah, et inter­vient aus­si dans des étab­lisse­ments d’éducation sec­ondaire auprès d’élèves de col­légiens. Il a dis­pen­sé des for­ma­tions sur le rôle du com­plo­tisme à la Mairie de Paris, son ancien employeur, et s’apprête à la faire au Cnam.

Publications

  • L’opi­um des imbé­ciles : Essai sur la ques­tion com­plo­tiste, Gras­set, 2019

Collaborations

Sondages

Rap­ports

Inter­ven­tions (non-exhaus­tif)

Doc­u­men­taires

« Com­plo­tisme : les ali­bis de la ter­reur », France 2, 60 min, 2017. Co-écrit avec Georges Benay­oun

Il l’a dit

Israël

« Trou­ver des solu­tions à un prob­lème sup­pose d’en dress­er un diag­nos­tic con­forme à la réal­ité. Or, par­ler d’apartheid à pro­pos de la sit­u­a­tion pré­valant en Israël/Palestine non seule­ment ne per­met pas une appré­ci­a­tion juste de ce qui s’y joue, mais ne sert pas le camp de la paix.
Cela con­forte le com­plexe obsid­ion­al et la para­noïa de ceux des Israéliens qui, voy­ant là la con­fir­ma­tion que seuls des Juifs sont à même de com­pren­dre d’autres Juifs, se réfugient dans l’unilatéralisme. Il désarme ain­si ceux qui, au sein de la gauche israéli­enne ou par­mi la dias­po­ra juive, sont attachés à des solu­tions paci­fiques au con­flit du Proche-Ori­ent et sont dis­posés à dénon­cer la part de respon­s­abil­ité israéli­enne dans le con­flit et les injus­tices causées au peu­ple pales­tinien.
Côté pales­tinien, cela ren­force le camp de ceux qui veu­lent en découdre, enhardit les ten­ants de la destruc­tion de l’« entité sion­iste » en cau­tion­nant leur ligne poli­tique faisant d’Israël une sorte d’État nazi avec lequel aucune négo­ci­a­tion n’est pos­si­ble. Enfin, cela jus­ti­fie leurs moyens d’action, le ter­ror­isme devenant une réponse légitime à l’abomination que con­stitue le « racisme israélien. »
, Ago­ra Vox, 18 jan­vi­er 2017.

George Soros

« À tra­vers ses fon­da­tions, Soros finance l’op­po­si­tion à des régimes en voie d’autoritarisme. Il est accusé d’être une sorte d’agent du soft pow­er améri­cain, sans qui la con­tes­ta­tion n’ex­is­terait pas, explique-t-il à Fran­ce­in­fo. Il s’est passé la même chose avec les print­emps arabes, lorsque cer­tains dis­aient que c’é­tait des coups d’Etat déguisés. […] Aujour­d’hui c’est Soros, avant-hier c’était les Roth­schild. Un juif mil­liar­daire améri­cain sym­bol­ise tout ce qu’on déteste. C’est un bon client pour les com­plo­tistes qui appa­raît presque comme une aubaine. » francetv­in­fo, 16 novem­bre 2016.

François Asse­lin­eau

« Ce n’est pas quelqu’un de dérangé sur le plan psy­chi­a­trique, il est tout à fait sen­sé et raisonnable, ce qui tranche un peu avec les gens qui le suiv­ent. […] Il envoie des sig­naux très forts en direc­tion de la com­plosphère, ce qui explique qu’il y soit si appré­cié. », Le Point, 10 mars 2017.

Jef­frey Epstein

« Pour beau­coup, Epstein a été assas­s­iné et élim­iné poli­tique­ment. C’est toute la con­tra­dic­tion logique des com­plo­tistes : ils passent sous silence les infor­ma­tions qui ne vont pas dans le sens de leurs thès­es, ou con­sid­èrent que c’est un enfu­mage. », Le Parisien, 11 août 2019.

Incendie de Notre-Dame

« Mais c’est surtout s’agissant de la thèse de la manip­u­la­tion que les sym­pa­thisants du RN se dis­tinguent de manière spec­tac­u­laire des autres élec­torats. Alors que cette thèse ne con­cerne que 7 % des sondés en moyenne, et qu’elle ne recueille par exem­ple l’approbation que de 2 % des sym­pa­thisants de la majorité prési­den­tielle, cette théorie du com­plot est trois fois plus prég­nante par­mi les sym­pa­thisants du RN (21 %), ce qui cor­ro­bore le con­stat, déjà for­mulé dans nos travaux antérieurs, d’une porosité très forte de l’électorat fron­tiste à l’imaginaire con­spir­a­tionniste. », Fon­da­tion Jean Jau­rès, 14 avril 2020.

État pro­fond

« Si le con­cept peut faire val­oir ses pré­ten­tions à ren­dre compte impar­faite­ment mais sûre­ment d’une par­tie bien tan­gi­ble de la réal­ité dans le con­texte de régimes semi-démoc­ra­tiques ou autori­taires comme en Turquie et en Egypte (on par­le en arabe de “dawla âmiqa”), où le pou­voir civ­il est placé sous la sur­veil­lance, voire la tutelle directe de l’ar­mée, il appa­raît en revanche autrement plus dis­cutable de par­ler d’ ”Etat pro­fond” s’agis­sant de démoc­ra­ties libérales poli­tique­ment sta­bles, garan­tis­sant les lib­ertés publiques fon­da­men­tales, dotées de con­tre-pou­voirs effi­cients, d’une presse plu­rale et d’un Etat de droit authen­tique. », Huff­in­g­ton Post, 26 août 2017.

Didi­er Raoult

« Raoult est devenu l’homme prov­i­den­tiel pour beau­coup de per­son­nes. Les gens dis­ent qu’il a une solu­tion, point. Il y a là une ten­ta­tion anti­sci­en­tifique. », Le Monde, 8 avril 2020.

Thinkerview

« Ils ont une vision de la démoc­ra­tie qui serait un théâtre d’om­bres, avec l’idée que ceux qui gou­ver­nent réelle­ment ne sont pas ceux que l’on croit. […] Il invite des gens comme Michel Col­lon, Kémi Séba, Éti­enne Chouard ou encore Juan Bran­co, qui par­ticipent de cette mou­vance com­plo­tiste. Il con­tribue à banalis­er la parole de ces gens-là, qui n’élèvent pas le débat. Il leur donne une légitim­ité, une cau­tion évi­dente et accroît leur audi­ence. », france info, 22/05/2019

Audio­vi­suel pub­lic

« On observe en effet des incur­sions con­spir­a­tionnistes jusque dans l’au­dio­vi­suel pub­lic, ce qui est prob­lé­ma­tique dans la mesure où il est par­ti­c­ulière­ment pre­scrip­teur, au moins sym­bol­ique­ment. Un reportage sur une chaîne publique, aux yeux de beau­coup de gens, aura plus de crédit que s’il est dif­fusé sur une chaîne privée. Or, ces dernières années, ont été dif­fusés des reportages nous expli­quant que Pierre Béré­gov­oy ne s’é­tait pas sui­cidé et qu’il avait été prob­a­ble­ment assas­s­iné, ou que Lady Di ne s’é­tait pas tuée dans un acci­dent de voiture. Je rap­pelle que c’est un talk-show de Thier­ry Ardis­son, dif­fusé à l’époque sur France 2 et qui était le plus regardé en France, qui a lancé la car­rière de Thier­ry Meyssan en mars 2002 ! », Audi­tion au Sénat, 23 avril 2020.

Sa nébuleuse

Jean-Yves Camus : jour­nal­iste et poli­to­logue spé­cial­iste de l’extrême-droite, directeur de l’Observatoire des rad­i­cal­isés poli­tiques de la Fon­da­tion Jean-Jau­rès, dont Reich­stadt est mem­bre. Pre­mière fon­da­tion poli­tique française, elle est un lab­o­ra­toire d’idées proche du Par­ti Social­iste, même s’il a été sup­plan­té depuis quelques années par l’Institut Mon­taigne et Ter­ra Nova en ter­mes d’influence réelle dans les cer­cles de pou­voir. Camus est égale­ment mem­bre du con­seil sci­en­tifique de la DILCRAH depuis 2016.

Pierre André-Taguieff : Reich­stadt a pub­lié dans la revue trimestrielle Le Meilleur des Mon­des, pro­longe­ment du cer­cle de pen­sée néo-con­ser­va­teur Cer­cle de l’Oratoire, dont Taguieff fut le fon­da­teur. Sem­ble s’être éloigné depuis.

Bernard Hen­ri-Lévy : invité par deux fois au sémi­naire de la Règle du Jeu

Car­o­line Fourest : la pas­sion­ar­ia de la laïc­ité a pub­lié Reich­stadt dans sa revue « Pro­choix », tout comme un autre croisé anti-raciste Tris­tan Mendès-France, et le fait appa­raître dans son doc­u­men­taire, dif­fusé sur France 5, Les Obsédés du Com­plot.

Valérie Igounet : direc­trice adjointe de l’Observatoire du con­spir­a­tionnisme. Doc­teure en his­toire (Sci­ences Po Paris) et chercheuse associée à l’IHTP (CNRS), ses méth­odes et son mil­i­tan­tisme à peine voilés ont été mis en exer­gue par l’OJIM.

Thomas Huchon : Fils du rocar­di­en Jean-Paul Huchon qui fut prési­dent du Con­seil Région­al d’Île-de-France, et ancien cor­re­spon­dant pour le compte de médias français au Chili, il est le réal­isa­teur de doc­u­men­taires par­ti­sans dif­fusés sur des chaînes publiques (« Allende : c’est une idée qu’on assas­sine » sur LCI, « Com­ment Trump a manip­ulé l’Amérique » sur France 2). Il est l’auteur d’une série de courts reportages dédiés à la décon­struc­tion des mécan­ismes com­plo­tistes, ain­si que d’un long-métrage auquel a col­laboré Reich­stadt, « Com­ment nous avons piégé les com­plo­tistes », qui doc­u­mente la prop­a­ga­tion d’une théorie du com­plot inven­té par les auteurs eux-mêmes. « Une chose est sûre : ces théories se rejoignent toutes sur lidée quune toute petite minorité de gens gou­verne notre monde, se taille la part du lion et nous empêche d’être la pleine expres­sion de nous-mêmes. Je décide alors de con­cili­er tout ce que je sais sur le sujet en y ajoutant les théories sur le néga­tion­nisme. À par­tir de là, je vais ren­con­tr­er Rudy Reich­stadt et on va com­mencer à tra­vailler ensem­ble ; au même moment, Spicee va être créé. » (Bal­last, 11 avril 2016).

Amer­i­can Jew­ish Com­mit­tee : Reich­stadt a par­ticipé au col­loque « Le Sur­saut » organ­isé par la vénérable et influ­ente organ­i­sa­tion juive améri­caine, qui peut se tar­guer d’un réseau inter­na­tion­al par­ti­c­ulière­ment dense. Dans un arti­cle datant de 2005, Reich­stadt notait déjà que Nico­las Sarkozy avait cher­ché son sou­tien dans le but de con­quérir le « vote juif » et car­ac­térise l’entité comme « influent[e] ». Manuel Valls, alors Pre­mier Min­istre, prononce une allo­cu­tion lors de la séance de clô­ture Il notait déjà Il est proche de la direc­trice de la branche française de l’organisation, Anne-Sophie Seb­ban.

CLEMI : Le Cen­tre de Liai­son de l’Enseignement et des Médias d’Information « rem­plit sa mis­sion pédagogique grâce à un réseau con­stitué dune équipe nationale et dquipes académiques (au sein des rec­torats) et tra­vaille en parte­nar­i­at avec les pro­fes­sion­nels des médias pour déployer ses actions et ses pro­jets. » Le site de Reich­stadt est cité comme une ressource poten­tielle dans les dossiers péd­a­gogiques rédigés pour le compte de l’organisme.

CNAM : Olivi­er Faron, admin­is­tra­teur général du Con­ser­va­toire nation­al des arts et métiers, a con­fié le 29 octo­bre 2019, une mis­sion con­sacrée au développe­ment d’une offre de for­ma­tion sur la lutte con­tre le com­plo­tisme et l’antisémitisme. Celui-ci se mon­tre très élo­gieux sur Twit­ter et n’hésite pas à user d’un vocab­u­laire mar­tial pour jus­ti­fi­er son Kul­turkampf : « Les com­plots pul­lu­lent et il faut se dot­er des armes pour les com­bat­tre. Fier que @RReichstadt ait rejoint @LeCnam pour cette autre « guerre ». » (Twit­ter, 29 mars 2020).

Ser­vice d’information du Gou­verne­ment : Il est invité à s’exprimer aux entre­tiens du SIG en févri­er 2015 sur le thème « Décon­stru­ire le con­spir­a­tionnisme ». L’organe min­istériel, qui est chargé de dif­fuser la com­mu­ni­ca­tion du gou­verne­ment et d’analyser sa récep­tion auprès du grand pub­lic, engage Reich­stadt comme con­sul­tant sur le pro­jet de cam­pagne de com­mu­ni­ca­tion On te manip­ule, com­prenant vidéo humoris­tique et site inter­net ad hoc, lancée courant févri­er 2016.

DILCRAH : La délé­ga­tion inter­min­istérielle à la lutte con­tre l’antisémitisme, le racisme et la haine s’est asso­ciée en 2018 et 2019 à l’Observatoire du Con­spir­a­tionnisme dans le cadre d’une cam­pagne audio­vi­suelle con­sacrée à la décon­struc­tion des dis­cours com­plo­tistes appliqués au néga­tion­niste et à l’homophobie. Rap­pelons que Reich­stadt est un intime de Gilles Clavreul, ancien directeur de la DILCRAH entre 2014 et 2017.

Fon­da­tion pour la Mémoire de la Shoah : Fon­da­tion recon­nue d’utilité publique, créée en 2000, elle a été suc­ces­sive­ment présidée par Simone Weil et David de Rotschild. L’organisme apporte un sou­tien financier à Reich­stadt et Igounet depuis 2017 dans le cadre de leur lutte con­tre l’antisémitisme.

Fonds Social Juif Unifié : Reich­stadt a pub­lié et a don­né des entre­tiens à l’organe de presse de l’association, L’Arche, et s’est adon­né à une tournée de con­férences nationale au prof­it du FSJU dans le cadre de la pro­mo­tion de son livre.

Ils ont dit

« Dans son doc­u­men­taire, elle fait témoign­er Rudy Reich­stadt, présen­té comme ani­ma­teur du site Con­spir­a­cy Watch. Il n’au­rait pas été inutile pour l’in­for­ma­tion du pub­lic de pré­cis­er qu’il est égale­ment col­lab­o­ra­teur à la revue “Pro­Choix” que dirige Car­o­line Fourest. Par ailleurs, un rapi­de coup d’œil sur le site de Con­spir­a­cy Watch con­firme que ce site est prin­ci­pale­ment con­sacré à la dénon­ci­a­tion des cri­tiques de la poli­tique israéli­enne. », Pas­cal Boni­face, L’Obs, 11 févri­er 2013.

Nos trois chercheurs sont un bon exem­ple de la manière dont nos élites agis­sent pour préserv­er leurs intérêts : elles pré­ten­dent agir pour lintérêt général et tien­nent un dis­cours tech­nique, sci­en­tifique qui ne laisse rien voir de leurs inten­tions (ici lutil­i­sa­tion du vocab­u­laire de la soci­olo­gie, le terme d’ « obser­va­toire » pour désign­er le site Inter­net pour­tant très poli­tique de Rudy Reich­stadt) et qui donc cache leurs intérêts réels au plus grand nom­bre. Lun des objec­tifs de leur action est de dis­créditer la cri­tique sociale. Ils ont dailleurs com­mencé а sen pren­dre а ceux de leur pro­pre pro­fes­sion, ces soci­o­logues qui, dans la lignée de Pierre Bour­dieu, étu­di­ent les mécan­ismes de repro­duc­tion des élites et de préser­va­tion de leur dom­i­na­tion, notam­ment а lécole. Ensuite, ils dis­crédi­tent toute une par­tie de la gauche antilibérale, accusée elle aus­si de com­plo­tisme, puisquelle dit que les plus rich­es influ­en­cent la vie poli­tique а leur avan­tage. Lanathème quils ont créé pro­duit des effets puis­sants, de cen­sure et dauto-cen­sure, avec une apparence de neu­tral­ité sci­en­tifique, qui con­duit а la préser­va­tion de lordre social dont ils bénéficient. Gérald Bron­ner a du être bien appré­cié des par­ti­sans du nucléaire pour avoir sa place au con­seil sci­en­tifique dAre­va. Tan­dis que Reich­stadt et Taguieff pro­duisent des analy­ses qui plaisent bien aux grands médias pour être devenus leurs inter­locu­teurs priv­ilégiés. Dans le champ de la recherche, ils sont accrédités par le CEVIPOF, lab­o­ra­toire de Sci­ences Po Paris qui a un qua­si mono­pole sur la descrip­tion des atti­tudes poli­tiques des Français et qui est trusté par des chercheurs sym­pa­thisants ou mil­i­tants PS ou Les Répub­li­cains. », Medi­a­part, 14 juil­let 2016

« Les médias se sont assez large­ment faits l’écho dune enquête de lIFOP com­mandée par la Fon­da­tion Jean Jaurès sur le con­spir­a­tionnisme dans lopin­ion publique française.  […] En décou­vrant que le cli­ma­to-réal­isme était asso­cié à une théorie du com­plot, mon pre­mier réflexe a été de m’énerver. Il devrait être évi­dent pour tout le monde que ne pas adhér­er à une opin­ion sci­en­tifique dom­i­nante nest pas la même chose que de sup­pos­er lexis­tence dun com­plot ! Il y a quand même une dif­férence facile à voir entre le cli­ma­to-réal­isme et le fait de nier la réal­ité des mis­sions Apol­lo, par exem­ple, qui ne peut se faire quen sup­posant une con­spir­a­tion de la NASA. De même, le créa­tion­nisme ou la théorie de la Terre plate, si fauss­es que soient ces idées, ne relèvent pas du com­plo­tisme. La Fon­da­tion Jean Jaurès a donc rangé sous le voca­ble fourre-tout de « com­plo­tisme » toute con­tes­ta­tion dune pen­sée dom­i­nante, cest là une erreur méthodologique coupable. », Benoît Rit­taud, Con­tre­points, 11 jan­vi­er 2018.

« Il se présente pom­peuse­ment comme « poli­to­logue de for­ma­tion », « directeur de Con­spir­a­cy Watch, l’obser­va­toire du con­spir­a­tionnisme » et « mem­bre de l’Observatoire des rad­i­cal­ités poli­tiques de la Fon­da­tion Jean-Jau­rès ». Adoubé par le min­istère de l’éducation nationale, qui le met à l’honneur dans sa ressource en ligne « Décon­stru­ire la dés­in­for­ma­tion et les théories con­spir­a­tionnistes », Rudy Reich­stadt n’a pour­tant rien d’un chercheur. Et son site relève davan­tage du blog col­lec­tif que d’un quel­conque « obser­va­toire ». » , Le Monde Diplo­ma­tique, avril-mai 2018.

« Lessen­tiel, cest que beau­coup de ces dix théories sont des théories dont on peut sup­pos­er par avance qui si elles sont pop­u­laires, elles seront plutôt pop­u­laires chez les indi­vidus qui nont pas une place élevée dans la hiérar­chie sociale. Dès lors, il est logique et atten­du que les con­clu­sions de l’étude démon­trent que ceux qui croient aux théories du com­plot sont surtout des pau­vres, mal éduqués, qui votent pour les extrêmes, et des jeunes qui nont pas de recul sur lactu­al­ité ou sont intox­iqués aux réseaux soci­aux.

Or quels auraient été les résul­tats si lon avait pro­posé dautres théories du com­plot ? Par exem­ple :

Les gilets jaunes sont un mou­ve­ment créé ou entretenu par la Russie pour désta­bilis­er le gou­verne­ment ;

Christophe Det­tinger a été aidé par un avo­cat dextrême-gauche, ça se voit, il na pas les mots dun boxeur gitan ;

Le RIC est une idée poussée par lextrême-droite pour faire revenir la peine de mort ;

Les serveurs Huawei sont équipés de mouchards qui per­me­t­tent aux Chi­nois de nous espi­onner ;

Don­ald Trump est un agent russe ;

Medi­a­part est une officine au ser­vice de loppo­si­tion.

Ce sont tout autant des théories du com­plot non démon­trées (ce qui ne veut pas dire quelles sont toutes fauss­es), mais ce ne sont pas celles retenues et donc testées par Con­spir­a­cy Watch et la Fon­da­tion Jean Jaurès. Il est pour­tant prob­a­ble quau moins une par­tie de ces théories aurait été approu­vée, pour le coup, par des citoyens par­faite­ment bien infor­més, éduqués, rémunérés… ce qui aurait beau­coup mod­i­fié la car­togra­phie soci­ologique des résul­tats. Le choix des propo­si­tions énon­cées ori­ente donc la con­clu­sion des répons­es. », Guil­laume Cham­peau sur son blog per­son­nel, bil­let datant du 6 févri­er 2019.

« Il y a un point cen­tral, que per­son­ne ne relève : que teste-t-on dans ce sondage en réal­ité ? Le « com­plo­tisme », certes. Mais, pour faire sim­ple, cela revient à tester, la cré­dulité, voire la franche stu­pid­ité des sondés (rap­pelez-vous de la ques­tion « la Terre est-elle plate ? » de lannée dernière). En plus, les sondés ont bien vu lutil­i­sa­tion poli­tique qui a été faite de ce sondage lannée dernière – pour dire quune part impor­tante de Français sont bêtes.

Cest assez inédit dans le monde du sondage ! Mais peut-on sérieuse­ment penser que son­der les gens sur « Êtes-vous un con ? » ne va pas avoir des con­séquences quant à leur façon de répon­dre ? Dautant que lobjet du sondage est de ne sintéress­er qu’à ceux qui répon­dront oui… », Olivi­er Berruy­er, Les Crises, 9 févri­er 2019.

Pho­to : cap­ture d’écran vidéo Radio RCJ sur YouTube

L'Ojim fait sa rentrée

Bonjour à tous, après quelques semaines de vacances au cours desquelles nous avons sélectionné les meilleurs articles du premier semestre, nous reprenons le cours normal de nos parutions. Bonne rentrée pour certains d'entre vous, bonne fin de vacances pour les autres et bonne lecture pour tous.