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Tristan Mendès France

3 octobre 2020

Temps de lecture : 10 minutes
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Tristan Mendès France

Contenir l’épidémie

Petit-fils de Pierre Mendès France et neveu de Frantz Fanon, l’homme pense marcher dans les pas du premier, pas peu fier d’avoir hérité d’un costume trop grand pour lui. Enième observateur stipendié de l’extrême-droite, TMF a occupé toutes les fonctions (blogueur, mini universitaire, documentariste) sans jamais se départir de sa vocation : chasser les pensées non conformes, quelqu’en soit le prix. S’il est à la tête d’une croisade acharnée contre les médias dissidents et le parti frontiste depuis plus de vingt ans, l’homme n’est pas prêt de vouloir désarmer. Au point d’importer en France le « cancelling » anglo-saxon et d’attaquer au portefeuille les contrevenants à la pensée autorisée, misant sur la couardise des marques et la solidarité de la société marchande. Portrait d’un spectateur enragé.

Formation

Il est tit­u­laire d’une maîtrise de droit pub­lic à l’Université Paris 1. Il obtient ensuite un DEA de sci­ence poli­tique en 1996 et débute une thèse inachevée sous la direc­tion de Lucien Sfez, juriste recon­nu. Cette thèse por­trait sur le juif comme vecteur d’épidémie, une thé­ma­tique qui sera recy­clée dans le pre­mier doc­u­men­taire du jour­nal­iste (La Mal­adie n°9) et qui fait écho à son his­toire famil­iale. Ain­si, on peut lire dans le por­trait que lui accorde Le Monde : « C’est un doc­u­ment un peu jau­ni par le temps et pat­iné par l’his­toire. Un passe­port, français, n° 2749, attribué par le pro­tec­torat de la République au Maroc à Lil­iane Geurel, née au Caire le 28 févri­er 1910. Mais on ne voit d’emblée qu’une inscrip­tion, une seule, en gross­es let­tres rouges, bar­rant la pre­mière page de la pièce d’i­den­tité : “annulé”. Le mot est tam­pon­né deux fois, comme pour mieux mar­quer encore la pièce du sceau de l’infamie. […] Même époque, autre doc­u­ment, tout aus­si par­lant : Français !… Il faut rede­venir. Un livre pub­lié par l’In­sti­tut de la ques­tion juive en mai 1941, un organ­isme anti­sémite de l’État français. “Le virus, c’est le juif”, peut-on lire sur la cou­ver­ture. “À l’heure du ques­tion­nement autour de l’i­den­tité nationale, ça donne un peu de recul, écrit Tris­tan Mendès France sur son blog. »

Parcours professionnel

Politique

Tris­tan Mendès France est pen­dant dix ans l’assistant par­lemen­taire de Michel Drey­fus-Schmidt, séna­teur du Ter­ri­toire de Belfort, entre 1998 et 2008. Ce dernier est con­nu pour ses opin­ions pro­gres­sistes revendiquées, mais égale­ment pour avoir été prési­dent de la sec­tion française du Con­grès juif mon­di­al de 1982 à 1986 et mem­bre du comité directeur du Con­seil Représen­tatif des Insti­tu­tions Juives de France.

Enseignement

Il est chargé de cours (« Cul­ture et nou­veaux usages du web ») au Cel­sa depuis 2009 et a été for­ma­teur web. École des métiers de l’informations (EMI) entre 2009 et 2018. Bien qu’il ne soit ni agrégé ni doc­teur, il est nom­mé maître de con­férences asso­cié à l’université Paris VII, après y avoir été maître de cours depuis 2011. Il enseigne égale­ment les cul­tures numériques à Paris III (Sor­bonne Nou­velle) depuis 2015.

Radio

Il offi­cie de 1996 à 2001 sur RCJ, puis de 2008 à 2009 dans l’émission Place de la Toile sur France Cul­ture. Il tient une chronique occa­sion­nelle dans l’Instant M, l’émission de cri­tique médias ani­mée par Sonia Dev­illers, sur France Inter.

Blog

En 2007, il se lance avec Alban Fis­ch­er (voir § Nébuleuse) dans l’aventure d’un « vidéo-blog-reportage-par­tic­i­patif » nom­mé blogtrot­teurs, où ces derniers par­courent la planète pour raviv­er les plaies des géno­cides (Rwan­da, Cam­bodge) et doc­u­menter le cas de pays comme Tuvalu, dont l’existence même serait men­acée par le réchauf­fe­ment cli­ma­tique. Aux dernières nou­velles, Tuvalu n’est pas encore à vingt mille lieues sous les mers et cet exem­ple pré­coce d’alarmiste cli­ma­tique prête aujourd’hui à sourire.

Il ali­mente égale­ment un car­net per­son­nel, con­nu sous le nom d’egoblog, qui devien­dra plus tard tristan.pro, au gré des attaques infor­ma­tiques que subit le site et de l’avancement de sa « car­rière ».

Parcours militant

Il milite à Ras l’front dans sa jeunesse, asso­ci­a­tion d’extrême-gauche d’inspiration trot­skiste (forte­ment noy­autée par la Ligue Com­mu­niste Révo­lu­tion­naire) créée dans les années 1990 et qui a con­nu son heure de gloire pen­dant la dernière décen­nie du vingtième siè­cle.

Lorsqu’il était assis­tant par­lemen­taire, il a con­seil­lé au séna­teur Drey­fus-Schmidt de faire pres­sion sur la ville de Paris pour expulser la Fra­ter­nité Saint Pie X, mou­ve­ment catholique tra­di­tion­al­iste, de l’église Saint-Nico­las du Chardon­net dans le Ve arrondisse­ment de Paris. En 1997, il écrit au CSA afin que celui-ci prive d’antenne Radio Cour­toisie, trop réac­tion­naire à son goût.

Tris­tan Mendès France a été égale­ment par­rain de l’association Anti­cor fondée par le mag­is­trat Eric Halphen, dont le but est de « lut­ter con­tre la cor­rup­tion et rétablir l’éthique en poli­tique ». Il a été admin­is­tra­teur de l’association Ensem­ble con­tre la peine de mort jusqu’en 2007.

Il fig­ure sur la liste du par­ti Rad­i­cal lors des élec­tions munic­i­pales de Lou­viers en 1995, ville qui fut le fief élec­toral de son grand-père, maire de la com­mune nor­mande entre 1953 et 1958. Il fut pen­dant 17 ans le secré­taire général de l’Institut Mendès France (2000–2017).

Vie privée

Il a une sœur, Mar­got, née en 1975, mar­ié à l’universitaire Pierre Sin­gar­avélou, chantre de l’histoire glob­ale et un des maîtres d’œuvre du pavé cos­mopo­lite His­toire Mon­di­ale de la France. Ce dernier siège en out­re au con­seil d’administration de l’Institut Mendès France.

TMF est mar­ié à l’universitaire Célia Trig­ano, petite-fille d’André Trig­ano, qui est chargée de la com­mu­ni­ca­tion numérique de la galerie Patrice Trig­ano, fondée par son père. Le cou­ple a deux enfants, nés en 2012 et 2014.

Publications

  • Une tra­di­tion de la haine : fig­ures autour de l’extrême droite, avec Michaël Prazan, Paris, Paris-Méditer­ranée, coll. « Doc­u­ments, témoignages et divers », 1999, 153 p.
  • La Mal­adie numéro neuf : réc­it his­torique d’après le Jour­nal offi­ciel du 3 décem­bre 1920, avec Michaël Prazan Paris, Berg inter­na­tion­al, 2001, 107 p.
  • Doc­teur la mort : enquête sur un bio-ter­ror­isme d’État en Afrique du Sud, Lau­sanne-Paris, Favre, 2002, 162 p.
  • Gueule d’ange : nation­al­ité : Argentin ; activ­ité : tor­tion­naire ; statut : libre, Lau­sanne-Paris, Favre, 2003, 121 p.

Documentaires

  • Hap­py World : Bir­manie, la dic­tature de l’ab­surde, Planète, 2011 Prix Orson-Welles du Cal­i­for­nia Film Awards.
  • Une journée à Gaga, camp de réfugiés du Dar­four, INA, 2007.
  • Doc­teur la mort, (film réal­isé par Jean-Pierre Prévost sur une enquête de Tris­tan Mendès France, un doc­u­men­taire sur le doc­teur sud-africain Wouter Bas­son), dif­fusé sur France 3 le jeu­di 31 mai 2001.
  • La Mal­adie numéro 9, France 5, 2000.

Collaborations

  • Audi­tion par la Com­mis­sion d’enquête sur la lutte con­tre les grou­pus­cules d’extrême-droite de l’Assemblée nationale, 7 mars 2019
  • « Qui me dit quoi ? Pour qui ? Pour quoi ? » : table ronde sur les fake news organ­isée par le Syn­di­cat des Agences de Presse Audio­vi­suelle (SATEV), 18 juin 2018
  • « Le numérique : un enjeu au cœur de la diplo­matie d’influence »: table ronde organ­isée par le Min­istère des Affaires Étrangères, 3 mai 2016.

Il l’a dit

« À mon échelle, je pilote, avec l’Observatoire du con­spir­a­tionnisme, l’opération « Stop Hate Mon­ey » qui vise à asséch­er les finances des pro­mo­teurs de haine en ligne, y com­pris les entre­pris­es. Je m’occupe aus­si du pro­jet « RiPost », qui agit sur les pub­lic­ités des moteurs de recherche.
Quand un com­plo­tiste tape un con­tenu haineux dans la barre de recherche, on fait en sorte que les pre­mières répons­es ren­voient vers des con­tenus péd­a­gogiques. Néan­moins, ces ini­tia­tives ne sont effec­tuées qu’à défaut d’une présence de l’État, de l’Europe ou de la jus­tice, qui ont du mal à trou­ver des moyens effi­caces de lutte con­tre la haine en ligne. Or, le principe idéal voudrait que toute sup­pres­sion de con­tenus haineux soit d’abord le fruit d’une déci­sion judi­ci­aire. », La Croix, 4/08/2020.

« Au sujet du mou­ve­ment anti-masque : « Ce mou­ve­ment est le symp­tôme d’une défi­ance général­isée dans la parole d’expertise. », BFMTV, 11/08/2020.

« En ce qui con­cerne la loi sur les fake news, la posi­tion alle­mande me sem­ble por­teuse. Les plate­formes sociales doivent être respon­s­abil­isées. Elles ont une respon­s­abil­ité fla­grante car ce sont elles qui appor­tent l’information devant les yeux des gens, qui en sont, qu’on le veuille ou non, les organ­isatri­ces et les éditri­ces. Leur respon­s­abil­ité est donc fla­grante. À cet égard, je crois que les sanc­tions finan­cières sont, pour toute entre­prise, dis­sua­sives. Les Alle­mands utilisent donc, selon moi, le bon levi­er d’action.», Audi­tion à l’Assemblée nationale, 07/03/2019.

« Qu’un par­ti tel que le FN fasse référence à Pierre Mendès France me sem­ble aber­rant. Le fon­da­teur de cette for­ma­tion d’ex­trême droite, Jean-Marie Le Pen, a en effet traîné dans la boue mon grand-père. Il n’est qu’à relire ce qu’il écrivait sur PMF en 1956 lorsqu’il a été élu pour la pre­mière fois à l’Assem­blée nationale pour se ren­dre compte que Le Pen vom­is­sait lit­térale­ment Mendès France. Il expri­mait que mon grand-père lui inspi­rait même “un dégoût physique “. », Le Point, 3/06/2016.

« L’Europe est depuis plus de 50 ans regardée dans le monde comme la patrie des femmes et des hommes libres, comme la patrie des Droits de l’Homme.
Je voterai OUI au Traité con­sti­tu­tion­nel au moins pour une bonne rai­son : il com­porte une charte, la charte des Droits fon­da­men­taux, qui est, rien moins que cela, la pre­mière déc­la­ra­tion des droits au monde incluse dans un texte de portée con­sti­tu­tion­nelle qui inter­dit explicite­ment la peine de mort. », la Nor­mandie en débat, 05/2005.

« Il existe un moyen très sim­ple de clouer le bec à tous les Dieudon­né qui essaient de met­tre en con­cur­rence les por­teurs de mémoires des géno­cides et autres crimes con­tre l’hu­man­ité. Il suf­fit de relire l’ar­ti­cle 1 du code noir par lequel, en 1685, Louis XIV instau­ra l’esclavage dans le roy­aume de France : «Voulons que l’édit du feu Roi de Glo­rieuse Mémoire […] soit exé­cuté dans nos îles ; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chas­s­er de nos­dites îles tous les juifs qui y ont établi leur rési­dence, aux­quels, comme aux enne­mis déclarés du nom chré­tien, nous com­man­dons d’en sor­tir dans trois mois[…], à peine de con­fis­ca­tion de corps et de biens.»
L’acte même de fon­da­tion de l’esclavage inté­gra donc les juifs dans la com­mu­nauté des exclus. Ce texte nous apprend ce que savent la majorité des juifs : les vic­times des hor­reurs crim­inelles de l’Oc­ci­dent furent, sont et seront tou­jours sol­idaires par respect mutuel entre elles. », tri­bune con­signée avec Emmanuel Maistre et Michel Taube dans Libéra­tion, 25/02/2005.

« Reste que cer­tains veu­lent croire à l’as­sas­si­nat. Pourquoi ? Parce qu’il y a cet ancien mythe anti­juif qui leur fait les yeux doux. Et la ten­ta­tion est forte, très forte. Après la perte d’un homme poli­tique qui incar­nait leur cohé­sion iden­ti­taire, ces adeptes de la con­spir­a­tion retrou­vent ici leur force der­rière un enne­mi invis­i­ble : les ser­vices secrets israéliens. Cette idée, que rien ne sem­ble pou­voir arrêter, est si puis­sante que per­son­ne, sauf sui­cidaire, n’imag­ine aller dans les rues de Gaza pour expli­quer : “Non, Arafat n’a pas été assas­s­iné. Il avait une cir­rhose…”
Les autorités pales­tini­ennes et leurs représen­tants sem­blent de plus en plus per­méables à ce doute de cir­con­stance, voire se com­plaire dans l’ex­pres­sion d’un doute prov­i­den­tiel, qui, si sou­vent, a nour­ri l’ar­gu­men­taire néga­tion­niste…
Dif­fi­cile de ne pas lire der­rière “l’opin­ion de la rue arabe” la réac­ti­va­tion du mythe mil­lé­naire du juif empoi­son­neur, mythe dan­gereux parce qu’essen­tielle­ment anti­sémite. », Le Monde, 25/11/2004.

Sa nébuleuse

Michaël Prazan : fils d’un rescapé d’Auschwitz ayant fait for­tune dans le tex­tile, l’homme est un enseignant et jour­nal­iste recon­ver­ti en doc­u­men­tariste. Il est l’auteur d’une thèse de doc­tor­at inti­t­ulée « L’écri­t­ure géno­cidaire, l’an­tisémitisme en style et dis­cours ». Partageant la même obses­sion que TMF pour la Sec­onde Guerre Mon­di­ale, comme en témoigne sa fil­mo­gra­phie élo­quente (Ein­satz­grup­pen, les com­man­dos de la mort ; Vichy, la mémoire empoi­son­née ; Das Reich, une divi­sion S.S en France), ses doc­u­men­taires sont régulière­ment dif­fusés sur les chaînes publiques.

Car­o­line Fourest (por­trait) : l’expert du web fut autre­fois mem­bre du comité édi­to­r­i­al de la revue Pro­Choix fondée en novem­bre 2017 par Fourest et Fiammet­ta Ven­ner en novem­bre 1997.

Rudy Reich­stadt (por­trait) : Il s’allie au fon­da­teur de l’Observatoire du Con­spir­a­tionnisme pour asséch­er les sources de revenus des médias accusés de dif­fuser des mes­sages haineux et con­spir­a­tionnistes. Les ini­tia­tives Stop Hate Mon­ey et Pro­jet Ripost, épigones français des Sleep­ing Giants, sont les deux bébés de Mendès France et Reich­stadt, qui enten­dent bien couper les sites “con­tro­ver­sés” de revenus pub­lic­i­taires. Le duo donne d’ailleurs une con­férence sur ce thème à la librairie Kléber de Stras­bourg en 2019 « La prospère économie du com­plo­tisme ». Rap­pelons que l’Observatoire est soutenu finan­cière­ment par la Fon­da­tion pour la Mémoire de la Shoah, présidée par David de Roth­schild. Michel Cicurel, oncle de TMF, fut l’ancien prési­dent du direc­toire de la com­pag­nie finan­cière Edmond de Rotschild et siège au con­seil de sur­veil­lance de Pub­li­cis.

Jean-Marie Destrée : ancien directeur général de Car­i­tas France, il est l’administrateur prin­ci­pal du fonds du 11 jan­vi­er, coali­tion de fon­da­tions sous l’égide de la Fon­da­tion de France, dont le but pre­mier est de favoris­er « le dia­logue et la cohé­sion sociale ». Ce fonds a ver­sé la somme de 15 000€ à l’Observatoire du Con­spir­a­tionnisme dans le cadre de l’initiative #StopHate­Money

Alban Fis­ch­er : il crée avec TMF le blog blogtrot­teurs en 2006. Fon­da­teur de l’agence Medi­as­cop, il assure la com­mu­ni­ca­tion de la cam­pagne du Front de Gauche en 2012 aux côtés de Sophia Chirik­ou, la mère du Média.
André Azoulay : l’actuel prési­dent de l’institut Mendès France est un un homme de réseaux, incon­tourn­able dans les rouages des rela­tions fran­co-maro­caines en sa qual­ité de con­seiller du roi Mohammed V. Il est le père de la direc­trice générale de l’UNESCO Audrey Azoulay.

Ils ont dit

« Le diplôme uni­ver­si­taire le plus élevé de Tris­tan Mendès France est son DEA de sci­ence poli­tique, obtenu en 1996. Nor­male­ment, cette sous-qual­i­fi­ca­tion aurait dû lui inter­dire l’accès à des fonc­tions de maître de con­férences, puisque celles-ci exi­gent la pos­ses­sion d’un doc­tor­at (let­tres, sci­ences) ou d’une agré­ga­tion spé­cial­isée (droit, sci­ence poli­tique, sci­ences économiques, médecine, phar­ma­cie). Mais aucune porte ne se ferme devant un Mendès France, fils d’un math­é­mati­cien uni­ver­si­taire (Michel Mendès France) et petit-fils de Pierre Mendès France, prési­dent du Con­seil sous la IVe République, gloire poli­tique du par­ti rad­i­cal et de toute la gauche française durant des décen­nies. Et, ain­si, grâce à cet effi­cace via­tique et à ses rela­tions, notre Tris­tan devint assis­tant par­lemen­taire du séna­teur social­iste Michel Drey­fus-Schmidt (1998–2008), puis « inter­venant » à l’École des hautes études en sci­ences de l’information et de la com­mu­ni­ca­tion-CEL­SA, de 2008 à 2018,  poste qui lui servit de trem­plin pour accéder à celui de maître de con­férence asso­cié (en sci­ences de la com­mu­ni­ca­tion et tech­niques numériques) à l’université Paris VII-Denis Diderot, en 2018, sa fonc­tion actuelle. Il est vrai qu’il n’est que maître de con­férence asso­cié. Tris­tan Mendès France est donc entré à l’Université par la bande, par la périphérie, et par le seul jeu de sa nais­sance et de ses rela­tions, mal­gré des titres uni­ver­si­taires des plus mod­estes, et a accédé à une fonc­tion d’enseignant-chercheur de rang magis­tral au mépris des exi­gences de diplômes req­ui­s­es pour celle-ci. Son titre d’universitaire, quoique légal, est donc large­ment usurpé, et son obten­tion relève du copinage, du passe-droit et du priv­ilège indu. », Poli­tique Mag­a­zine, 25 août 2020.

« Enfant d’un sys­tème oli­garchique ultra-com­mu­nau­taire infil­tré dans toutes les strates de la société française, Tris­tan Mendès France se sert aujourd’hui d’un out­il venu des États-Unis (les « Sleep­ing Giants » pro­mus par les homo­logues améri­cains de TMF ter­ror­isés par l’élection de Don­ald Trump) pour men­er le com­bat qui l’anime depuis l’origine : la lutte à mort con­tre la « haine anti­sémite d’extrême droite ». », Egal­ité et Réc­on­cil­i­a­tion, 26 novem­bre 2019.

« Tris­tan se dit “héri­ti­er de cette sen­si­bil­ité”, mais pré­cise avoir des engage­ments plus socié­taux que poli­tiques. Ce sont des “com­bats citoyens” qu’il revendique, tout en pré­cisant qu’il serait pré­somptueux de dire qu’il “marche dans les pas de son grand père”. Il fut cepen­dant près de dix ans assis­tant par­lemen­taire et fut présent sym­bol­ique­ment — en queue de liste — aux munic­i­pales de 1995 à Lou­viers, motivé à “main­tenir une munic­i­pal­ité de gauche dans la ville de son grand-père”.
Toute la famille fait d’ailleurs atten­tion à ne pas se faire « l’é­ten­dard de sa pen­sée », se garde de « faire par­ler » le grand père, de lui faire endoss­er des posi­tions d’outre-tombe sur des sujets actuels, d’in­vo­quer les mannes patri­ar­cales, de ne pas être plus mendé­siste que Mendès. Ne lui par­lez d’ailleurs pas de “gar­di­en du tem­ple”. Il avoue sim­ple­ment avoir « ten­té de faire […] son petit chemin”, tout en essayant d’être “le moins déshon­o­rant pos­si­ble” à l’é­gard de son patronyme. », Paris Nor­mandie, 06/01/2013.

« Régulière­ment, des poli­tiques s’inquiètent de l’occupation de Saint-Nico­las [du-Chardon­net, ndlr], devenu un ren­dez-vous pour l’extrême droite catholique, et ten­tent de faire pres­sion sur les autorités civiles. «J’habitais le quarti­er à l’époque et je mil­i­tais à Ras l’front. Je voy­ais ce qui se pas­sait dans cette église», racon­te Tris­tan Mendès France, auteur célèbre sur la blo­gosphère et petit-fils de Pierre. En 1999, il pousse le séna­teur social­iste Michel Drey­fus-Schmidt — pour qui il tra­vaille comme assis­tant par­lemen­taire — à inter­peller le min­istre de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevène­ment. Sans suc­cès. Dans sa réponse, le min­istre se retranche, une nou­velle fois, der­rière les trou­bles que pour­rait sus­citer une expul­sion, invoque la laïc­ité pour ne pas avoir à s’immiscer dans les affaires internes de l’Eglise catholique, fait remar­quer que l’archevêché de Paris — l’affectataire légal du lieu — n’a pas réclamé le départ des occu­pants. L’actuel maire de Paris, Bertrand Delanoë, et son équipe, défend­ent aus­si cette posi­tion. », Libéra­tion, 11 mai 2012.

L'Ojim fait sa rentrée

Bonjour à tous, après quelques semaines de vacances au cours desquelles nous avons sélectionné les meilleurs articles du premier semestre, nous reprenons le cours normal de nos parutions. Bonne rentrée pour certains d'entre vous, bonne fin de vacances pour les autres et bonne lecture pour tous.