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Franz-Olivier Giesbert

Prince mondain de la connivence tranquille

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 16/03/2016

« Con­traire­ment à ce qu’on pour­rait croire, je n’appartiens pas au milieu médi­a­tique parisien. » (Téléra­ma, 31 jan­vi­er 2014)

« Un journaliste ça lèche, ça lâche, puis ça lynche. » Cette phrase de Jean-François Kahn sied à merveille à Franz-Olivier Giesbert tant celui-ci aurait pu faire de cette formule une devise. Complaisant, jusque dans l’intime avec les puissants, FOG n’oublie jamais d’immortaliser ces instants sur son petit bloc note spiralé avec l’intention, le jour venu, de les consigner dans un livre assassin. Celui qui a quitté début 2014 la direction du Point a passé sa vie dans une ambiguïté toute assumée avec philosophie, jonglant entre la droite et la gauche, entre la campagne et la ville, entre les chèvres et le Siècle, entre l’indépendance et la connivence. FOG, c’est la schizophrénie réfléchie.

Né à Wilm­ing­ton aux États-Unis dans l’état du Delaware, Franz-Olivi­er Gies­bert, jour­nal­iste et écrivain fran­co-améri­cain, est issu d’une famille d’origine alle­mande, écos­saise et juive (immi­grée aux États-Unis avant la Pre­mière guerre mon­di­ale) du côté pater­nel, et d’une famille d’imprimeurs nor­mands catholiques du côté mater­nel. Son père, Améri­cain, était du débar­que­ment de Nor­mandie sur les plages d’Omaha Beach le 6 juin 1944. Cette Nor­mandie, Gies­bert la rejoin­dra à l’âge de trois ans. Il y recevra une édu­ca­tion catholique et de gauche, élevé par sa mère, pro­fesseur de philoso­phie et adjointe du maire PS d’Elbeuf, et par son père, dessi­na­teur com­mer­cial. À l’adolescence, il milite un temps pour l’Algérie française avant de pass­er, à l’âge adulte, par un « bref attrait pour le com­mu­nisme ».

Formation

FOG est diplômé en 1969 du Cen­tre de for­ma­tion des jour­nal­istes (CFJ), où il ren­con­tre son ami Patrick Poivre d’Arvor et se lie avec son pro­fesseur Jacques Ozouf.

Parcours de journaliste

D’après Mar­i­on Van Renterghem, qui a pub­lié un for­mi­da­ble papi­er sur Gies­bert dans M. le mag­a­zine du Monde du 6 juil­let 2012, celui-ci est « devenu jour­nal­iste pour con­tredire son père, qui mépri­sait la pro­fes­sion ». Il signe son pre­mier papi­er sur l’élection prési­den­tielle améri­caine à 18 ans dans le jour­nal Lib­erté-Dimanche, pro­priété du groupe Paris Nor­mandie dont sa famille mater­nelle est action­naire. Lorsque celle-ci lui pro­pose, à 19 ans, le poste de rédac­teur en chef adjoint du quo­ti­di­en Paris Nor­mandie, il refuse et se dirige vers des études de droit avec l’objectif d’intégrer l’ENA ou de devenir avo­cat. En par­al­lèle, il reste néan­moins durant 4 ans au sein du quo­ti­di­en, où il s’occupe des pages lit­téraires.

En 1971, il fait un stage au Nou­v­el Obs à l’issue duquel, sur la recom­man­da­tion de Jacques Ozouf, son pro­fesseur au CFJ, il intè­gre la rédac­tion. Il y est d’abord cor­re­spon­dant aux États-Unis puis chef du ser­vice poli­tique grâce à l’aide de Jean Daniel. Enfin, il est propul­sé directeur de la rédac­tion à 36 ans avec le but de relancer les ventes de l’hebdomadaire, qui s’effondrent sous le man­dant de François Mit­ter­rand. Un Mit­ter­rand avec lequel FOG pous­sa la con­nivence jusqu’à l’extrême… Il rédi­g­era d’ailleurs sa biogra­phie, « François Mit­ter­rand, une vie » (éd. Du Seuil, 1997). Durant cette péri­ode, il sauve le jour­nal, selon l’aveu même de Claude Per­driel, mais l’ambiance en souf­fre beau­coup et sa présence génère beau­coup de ten­sions, notam­ment avec Jean Daniel.

En sep­tem­bre 1988, c’est le choc : Gies­bert rejoint l’ennemi. Le Figaro tout d’abord, opposant du Nou­v­el Obs, hon­ni de la gauche ; Robert Her­sant ensuite (pro­prié­taire du Figaro), enne­mi farouche de la famille mater­nelle de Franz, en lutte avec l’homme d’affaire dans le cap­i­tal de Paris Nor­mandie. Qui plus est, Her­sant est lié à des faits de col­lab­o­ra­tion avec les Alle­mands. « Cet homme est dan­gereux », avait pour­tant estimé FOG lorsqu’il était à l’Obs. Il devient directeur des rédac­tions et mem­bre du direc­toire du Figaro. Le din­er du Siè­cle a ses raisons que la rai­son ignore ! Du côté de l’Obs, c’est le scan­dale. FOG est qual­i­fié de « traître », de jour­nal­iste « sans con­vic­tions ». La trahi­son est sur toutes les bouch­es. FOG n’en a que faire ; depuis le début, il ne roule que pour lui-même.

Durant cette péri­ode au Figaro, notre jour­nal­iste mène une vie de nabab où la mon­dan­ité est à son comble. Il s’achète une belle Mer­cedes, quitte sa femme pour la mil­liar­daire Nahed Ojjeh… fille du min­istre syrien de la défense, un pays alors en guerre con­tre la France. FOG n’en est pas à une con­tra­dic­tion près, et reçoit le tout-Paris dans l’hôtel par­ti­c­uli­er de sa nou­velle épouse.

C’est en 2000 que, sous l’influence de Claude Imbert, fon­da­teur du Point, ce dernier fait de Franz-Olivi­er Gies­bert le directeur de son mag­a­zine. En 2003, il devient PDG du groupe SEBDO Le Point. Grâce à sa poli­tique de unes agres­sives et polémiques, les ventes de l’hebdomadaire passent de près de 300 000 en 1999 à env­i­ron 415 000 en 2010. FOG agace, divise, mais il gagne. « C’est de loin le meilleur patron de presse », dira Christophe Bar­bi­er, patron de L’Express, pour­tant jour­nal con­cur­rent. Quoi qu’il en soit, il prof­ite de ses unes enflam­mées pour soutenir, puis allumer Sarkozy. Vieille tra­di­tion « fogi­en­ne ». Le prési­dent de la République aurait même demandé sa tête à François Pin­ault en 2008, sans suc­cès.

En 2011 il sort un livre sur Nico­las Sarkozy, « M. le Prési­dent », dans lequel il révèle des « off » et s’en prend sévère­ment à lui. Comme à son habi­tude, FOG est passé par la con­nivence pour en aboutir au lyn­chage – comme il l’avait fait avec Jacques Chirac, sur lequel il a égale­ment pub­lié un livre. Le tout pour son seul intérêt. « Chèvres, veaux, canards ou cochons : ils sont ses amis, ses sem­blables, ses frères, comme il dit, mais il les saigne de ses mains quand ils sont à point », écrit Mar­i­on Van Renterghem à pro­pos de la vie de Gies­bert à la cam­pagne. Sym­bol­ique­ment, il en fait de même avec les hommes poli­tiques.

Au début de l’année 2014, Franz-Olivi­er Gies­bert démis­sionne de son poste de directeur du Point. Il demeure néan­moins « Con­seiller de la direc­tion de rédac­tion ».

À la télévision

En plus de faire par­tie de l’élite de la presse papi­er, Franz-Olivi­er Gies­bert est égale­ment présent sur beau­coup de plateaux de télévi­sion. Il présente, sans grand suc­cès, l’émission « Le Gai savoir » sur Paris Pre­mière en 1996. En 2001, il com­mence sa col­lab­o­ra­tion avec le ser­vice pub­lic. Il présente : de 2001 à 2006, « Cul­ture et Dépen­dances » sur France 3, une émis­sion lit­téraire ; de 2006 à 2009, « Chez FOG », émis­sion poli­tique, sur France 5 ; en 2009/2010 « Vous aurez le dernier mot » sur France 2, qui traite de l’actualité cul­turelle ; en 2010/2011, une autre émis­sion cul­turelle inti­t­ulée « Semaine cri­tique ! » sur France 2. À par­tir d’octobre 2011, il ani­me « Les grandes ques­tions » sur France 5 et, tous les mois, l’émission « Le monde d’après » sur France 3, un mag­a­zine de société con­sacré à l’économie.

Durant la cam­pagne prési­den­tielle 2012, il assure, aux côtés d’Hélène Jouan, le rôle d’examinateur de l’émission poli­tique « Des paroles et des actes » sur France 2. Il sera très vio­lem­ment cri­tiqué sur inter­net et les réseaux soci­aux pour ses pro­pos méprisants sur les petits can­di­dats (ces « can­di­dats qu’on aurait pu nous épargn­er ») lors de l’émission du 12 avril 2012. Un avis qu’il partage vis­i­ble­ment avec Jean-Michel Apathie, qui avait tenu le même genre de pro­pos sur le plateau du « Grand Jour­nal » et sur RTL à pro­pos, notam­ment, du can­di­dat Jacques Chem­i­nade.

Sa nébuleuse

Alain Minc, son meilleur ami à qui il dédi­cace ses livres en l’appelant « mon frère ».

Lors de ses fêtes organ­isées à l’hôtel par­ti­c­uli­er de son ex-femme syri­enne, il reçoit notam­ment : l’écrivain Denis Til­l­inac, le patron de Havas Pierre Dauzi­er, l’éditeur Bernard Fixot et sa femme Valérie-Anne Gis­card d’Estaing.

Il est égale­ment ami avec Pierre Mau­roy, numéro deux du PS, avec qui il a écrit un livre, PPDA, qu’il a ren­con­tré au CFJ, Lau­rent Jof­frin et Jean-François Kahn.

Il a fréquen­té le club Le Siè­cle, où Philippe Villin, alors vice-PDG du Figaro, l’a repéré en 1998. À pro­pos de ce club, FOG déclare n’y avoir « pas mis les pieds depuis dix ans ! D’autres, au jour­nal, y vont, et ils ont rai­son : on y ren­con­tre un préfet, un directeur de prison, un ban­quier, un ancien min­istre… C’est un club très utile, on y récolte plein d‘infos » (Téléra­ma, 31 jan­vi­er 2014).

Parcours militant

Il dit avoir ressen­ti un « bref attrait » pour le com­mu­nisme. Il eut un temps sa carte au Par­ti Social­iste. Cepen­dant, FOG ne sem­ble pas vrai­ment engagé durable­ment à droite ou à gauche et suit sa pro­pre voie, celle de ses seuls intérêts. « Je suis un bou­chon au fil de l’eau, un pré­da­teur sans plan de car­rière : un truc m’intéresse, je prends. Je vois ma vie comme ça », se défini­ra-t-il.

Ce qu’il gagne

Son salaire est incon­nu. Cepen­dant, voici quelques cita­tions et déc­la­ra­tions à pro­pos de ses revenus.

« J’ai des revenus fluc­tu­ants. Un peu comme ceux des agricul­teurs… enfin, peut-être un peu supérieurs. » (Mar­i­anne, févri­er 2013)

« Je ne suis pas très bien payé comme patron de jour­nal. Je suis cer­taine­ment l’un des moins bien payés, sinon le moins bien payé, de France. » (Mar­i­anne, févri­er 2013)

« J’ai tou­jours souf­fert de gas­trolâtrie, l’autre mot pour la glou­ton­ner­ie, et je m’étais lais­sé aller, une fois de plus, à mon péché mignon qui, en l’espèce, avait été très onéreux (ndlr : du vin et des truffes). Comme tou­jours dans ces cas-là, je me sen­tais affreuse­ment coupable : le prix de mon vice représen­tait bien plus que la moitié d’un SMIC. Je serai tou­jours un incor­ri­gi­ble jouis­seur hédon­iste, prêt à tout pour une goin­frade. Il faudrait, me dis­ais-je, que je songe à don­ner très vite aux pau­vres : la générosité, c’est la meilleure façon de se faire du bien ; surtout quand on croit avoir mal agi. » (« M. le Prési­dent » (éd. Flam­mar­i­on, 2001), page 51)

Publications

Romans
  • 1982 : Mon­sieur Adrien
  • 1992 : L’Affreux (Grand prix du roman de l’Académie française)
  • 1995 : La Souille (Prix Inter­al­lié)
  • 1998 : Le Sieur Dieu
  • 2002 : Mort d’un Berg­er
  • 2003 : L’Abatteur
  • 2004 : L’Américain
  • 2007 : L’Immortel (adap­té au ciné­ma en 2010 sous le titre L’Immortel)
  • 2008 : Le Huitième Prophète, édi­tions Gal­li­mard
  • 2009 : Le Lessiveur
  • 2010 : Un très grand amour, édi­tions Gal­li­mard (Prix Duménil)
  • 2012 : Dieu, ma mère et moi, édi­tions Gal­li­mard
  • 2013 : La cuisinière d’Himmler, édi­tions Gal­li­mard
Essais politiques
  • 1987 : Jacques Chirac
  • 1991 : Le Prési­dent
  • 1993 : La Fin d’une époque
  • 1996 : Le Vieil Homme et la Mort
  • 1996 : François Mit­ter­rand, une vie
  • 2006 : La Tragédie du prési­dent
  • 2011 : M. le Prési­dent : Scènes de la vie poli­tique (2005–2011)
  • 2012 : Derniers car­nets — Scènes de la vie poli­tique en 2012 (et avant), Flam­mar­i­on, 2012
  • 2012 : Dieu, ma mère et moi, Gal­li­mard
  • 2013 : La cuisinière d’Himmler, Gal­li­mard
  • 2013 : Dic­tio­n­naire d’anti-citations pour vivre très con et très heureux, Le Cherche Midi
  • 2014 : L’amour est éter­nal tant qu’il dure, Flam­mar­i­on

Ils ont dit

« Le pou­voir, il se vautre dedans pour l’observer. Il le désire pour le trahir et le racon­ter », Mar­i­on Van Renterghem, Le Monde, 6 juil­let 2012.

« Avec ses “potes” jour­nal­istes Lau­rent Jof­frin et Jean-François Kahn, le patron du grand heb­do de cen­tre droit se gausse d’avoir con­coc­té des plans “pour faire élire Hol­lande”. Comme tou­jours, il com­mence main­tenant à l’avoir dans le viseur », Mar­i­on Van Renterghem, Le Monde, 6 juil­let 2012.

« Franz, c’est Alain Duhamel qui aurait pris du LSD », Jean-Marie Rouart.

« Franz appelait tous les députés par leur prénom. Il leur par­lait avec une lib­erté de ton incroy­able. Du genre : “Et la baise, ça va en ce moment ?” ça les fai­sait mar­rer, ils se sen­taient en con­fi­ance, ils lui racon­taient tout », Jean-François Kahn.

« Franz avait une pre­science de ce qui accrochait le lecteur, au prix de moyens vul­gaires qui me déplai­saient. J’ai beau­coup aimé Franz. Des jour­nal­istes de la mai­son le trou­vaient de droite. Je le pro­tégeais. J’ai vécu son départ pour Le Figaro comme une trahi­son. Mais à vrai dire, je ne déteste pas les défauts de cet homme… », Jean Daniel.

« Franz est prob­a­ble­ment le plus bril­lant jour­nal­iste de l’après-guerre, mais aus­si le plus per­vers et le plus déloy­al. J’ai regret­té son embauche quar­ante-huit heures après son arrivée. Il m’a empoi­son­né la vie pen­dant six ans », Philippe Villin, à l’époque vice-PDG du Figaro.

« C’est un auto­crate absolu, un séduc­teur pro­fes­sion­nel et un manip­u­la­teur génial », Yves de Chaise­martin, suc­cesseur de Philippe Villin au Figaro.

« Il a le guillemet facile », François Mit­ter­rand.

« Franz est comme mon chat. Mon chat m’adore, m’attend, mais quand je m’approche, il s’éloigne. Il se laisse caress­er, mais ne monte pas sur le lit », Pierre Charon.

« Il y a chez lui un mélange de cynisme et d’idéalisme con­trar­ié », PPDA.

« Gies­bert est irré­sistible : il vous apporte des infos pour vous en soutir­er, il vous fait croire que vous êtes au coeur du sujet quand vous n’êtes qu’à la périphérie », Jean-Pierre Raf­farin.

« Franz nous ressem­ble. Il a la même mau­vaise foi que nous, les poli­tiques. Cette langue qu’on a entre nous, ce truc un peu ésotérique, il la par­le aus­si. On n’a pas besoin de finir nos phras­es. On se livre sans pru­dence car il est des nôtres », Pierre Charon.

« C’est de loin le meilleur patron de presse », Christophe Bar­bi­er.

« Il veut mon pro­gramme pour me griller. Il est sans foi ni loi. Franz est de la race de ces grands voy­ous telle­ment géni­aux qu’on leur passe tout », Christophe Bar­bi­er.

« C’est à moi que Nico­las Sarkozy s’adressait pour me deman­der régulière­ment de vir­er Franz-Olivi­er Gies­bert de la direc­tion du Point », François Pin­ault, Chal­lenges.

« Ses fameux cahiers à spi­rales font mouche sans com­plai­sance à l’exception de Nico­las Sarkozy mirac­uleuse­ment épargné (on ne sait jamais, s’il deve­nait prési­dent !) », La Dépêche du Midi (mai 2006)

« C’est une calamité du jour­nal­isme Franz-Olivi­er Gies­bert ! », Pierre Car­les, « Fin de Con­ces­sion », 2010.

« Quand ver­ra-t-on la biogra­phie de Nico­las Sarkozy avec les pro­pos “off” que vous ne dévoilez pas dans votre jour­nal ? », Pierre Car­les à FOG, « Fin de con­ces­sion », 2010. Un an plus tard, FOG sor­ti­ra « M. le Prési­dent »… avec les fameux off.

Il l’a dit

« Sarkozy s’est imag­iné qu’il avait été élu prési­dent de la République et prési­dent du Point. »

« Je suis un faux fou. Un croy­ant pri­maire et tran­quille face à la mort. La postérité, je m’en fous. Je suis un bou­chon au fil de l’eau, un pré­da­teur sans plan de car­rière : un truc m’intéresse, je prends. Je vois ma vie comme ça. »

« Si l’on veut garder sa part d’ombre, il ne faut pas fréquenter les jour­nal­istes », La tragédie du prési­dent : scènes de la vie poli­tique (1986–2006), Flam­mar­i­on, 2006.

« C’est pas de ma faute si vous êtes mal­heureux mon pau­vre gars » (à Pierre Car­les), « Fin de con­ces­sion », 2010.

« J’ai des revenus fluc­tu­ants. Un peu comme ceux des agricul­teurs… enfin, peut-être un peu supérieurs. » (Mar­i­anne, févri­er 2013)

« Je ne suis pas très bien payé comme patron de jour­nal. Je suis cer­taine­ment l’un des moins bien payés, sinon le moins bien payé, de France. » (Mar­i­anne, févri­er 2013)

« J’ai tou­jours souf­fert de gas­trolâtrie, l’autre mot pour la glou­ton­ner­ie, et je m’étais lais­sé aller, une fois de plus, à mon péché mignon qui, en l’espèce, avait été très onéreux (ndlr : du vin et des truffes). Comme tou­jours dans ces cas-là, je me sen­tais affreuse­ment coupable : le prix de mon vice représen­tait bien plus que la moitié d’un SMIC. Je serai tou­jours un incor­ri­gi­ble jouis­seur hédon­iste, prêt à tout pour une goin­frade. Il faudrait, me dis­ais-je, que je songe à don­ner très vite aux pau­vres : la générosité, c’est la meilleure façon de se faire du bien ; surtout quand on croit avoir mal agi. » (« M. le Prési­dent » (éd. Flam­mar­i­on, 2001), page 51)

« Eva Joly, c’est l’erreur de cast­ing absolue, on ne com­prend rien quand elle par­le et tout le monde s’en fout », « Des paroles et des actes », France 2, 12/04/2012.

« Les unes sur les francs-maçons, ce n’est pas ce que l’on a fait de mieux », Téléra­ma, 31 jan­vi­er 2014.

« Je recon­nais mes erreurs : avec François Mit­ter­rand, j’ai dépassé les lim­ites. Il avait ce côté pyg­malion, don­nait des con­seils sur la vie, l’amour, la lit­téra­ture. On ne repar­tait jamais de chez lui sans un livre. Il ren­trait dans vos vies… J’avais beau­coup d’affection pour lui, je suis allé à Latche plusieurs fois. La rela­tion a été pas­sion­nelle, avec des hauts et des bas. On a été proches dans les années 70, puis à la fin de sa vie. Mais c’est l’exception qui con­firme la règle, ça ne m’est arrivé avec aucun autre. Je ne pars pas en vacances avec des poli­tiques, je dîne rarement… et je ne vais jamais aux con­férences de presse ! Quel exer­ci­ce humiliant ! J’ai sou­vent honte de mes con­frères jour­nal­istes, de leur côté com­passé, extasié, respectueux. Ce bes­ti­aire ! Ce poulailler avec ses din­dons, ses oies ! C’est pathé­tique ! », Téléra­ma, 31 jan­vi­er 2014.

« J’ai une inca­pac­ité au mil­i­tan­tisme », Téléra­ma, 31 jan­vi­er 2014.

« Con­traire­ment à ce qu’on pour­rait croire, je n’appartiens pas au milieu médi­a­tique parisien », Téléra­ma, 31 jan­vi­er 2014.

« Si la France en est là, n’est-ce pas à cause de ses rigid­ités et, notam­ment, de la bar­rière du salaire min­i­mum qui bloque l’embauche des jeunes ou des immi­grés? », JDD, 3 avril 2011.

« Je suis sol­idaire du monde des immi­grés. Quand l’un d’eux est attaqué, je prends sa défense », JDD, 3 avril 2011.

« Des crises de la presse, j’ai passé ma vie pro­fes­sion­nelle à en tra­vers­er. La presse a survécu à tout, y com­pris à la télévi­sion. Mais je suis vrai­ment un type de l’écrit, j’adore le papi­er. Je ne com­prends plus rien aux réu­nions sur le numérique. Je ne suis plus l’homme de la sit­u­a­tion. Être à la tête d’un jour­nal, ça vous dévore. J’ai passé ma vie à ne pas dormir pour des his­toires de ventes, de pub en baisse…», Téléra­ma, 13 jan­vi­er 2014.

« Le prob­lème de ce film (Les Nou­veaux Chiens de Garde, NDLR), c’est qu’il est con et vieux. Con, on voit très bien pourquoi. Et vieux, parce qu’il par­le de la presse d’avant. On n’en est plus là, l’information elle ne passe plus par là. […] Il y a quand même une réal­ité numérique com­plète­ment dingue. Il y a des trucs qui exis­tent qui sont extrême­ment puis­sants. Par exem­ple du côté d’Alain Soral, on aime pas en par­ler, évidem­ment, puisque ça nous gêne, mais c’est énorme ! », LCP, 4 mai 2014.

 « Je fais par­tie des con­nards qui ont dia­bolisé Le Pen », soir des élec­tions européennes du 25 mai 2014, France 2

Crédit pho­to : The­su­per­mat via Wikimé­dia (cc)

Voir aussi : Franz-Olivier Giesbert, portrait vidéo

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