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Adèle Van Reeth

4 mars 2022

Temps de lecture : 5 minutes
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Adèle Van Reeth

4 mars 2022

Temps de lecture : 5 minutes

De Raphaël Enthoven à France Inter

Adèle Van Reeth a été nommée à la tête de France Inter en février 2022 par la présidente de Radio France, Sibyle Veil, en remplacement de Laurence Bloch. Une consécration dans sa carrière puisqu’il s’agit, selon Médiamétrie, de la « première radio de France ».

La déci­sion, prise par la prési­dente de Radio France Sibyle Veil, a été annon­cée le 23 févri­er : c’est donc une nor­mali­enne de 39 ans, Adèle Van Reeth, qui rem­plac­era à la tête de France Inter Lau­rence Bloch, qui, à 70 ans, ne souhaitait pas « faire une année de trop » — à en croire Veil. Si elle signe le raje­u­nisse­ment de la direc­tion de la radio, cette nom­i­na­tion devrait, si l’on en croit Le Figaro, sat­is­faire les syn­di­cats qui salueraient la car­rière dans le pub­lic de Van Reeth. La direc­tion de la radio par celle qui se dit pas­sion­née par « la ques­tion du genre » devrait égale­ment sat­is­faire les équipes internes de France Inter, porte-dra­peau d’un pro­gres­sisme assumé.

C’est en 2010, alors qu’elle étudie à l’ENS Lyon qu’elle ren­con­tre Raphaël Enthoven, à la recherche d’une col­lab­o­ra­trice, qui devien­dra son « com­pagnon ». Renonçant à finir ses études, elle rejoint sur France Cul­ture, ce qu’elle analyse comme une « rup­ture avec [son] sché­ma famil­ial [puisqu’elle] renonçait à une vie de fonc­tion­naire ». L’émission quo­ti­di­enne qu’elle ani­me sur France Cul­ture a une audi­ence favor­able, cumu­lant entre sep­tem­bre 2019 et juin 2020, selon Médi­amétrie, 3,1 mil­lions d’écoutes à la demande par mois en moyenne. Il s’agirait du pro­gramme le « plus pod­casté » de France Cul­ture (Le Monde, Sup­plé­ment télévi­sion, La Philoso­phie fait car­ton plein sur France Cul­ture, 21/01/2021).

Formation

  • 2002–2005 : trois années de pré­pa lit­téraire à Strasbourg.
  • 2005 : diplômée de l’École nor­male supérieure de Lyon. Elle est admise à l’écrit de l’agrégation de philoso­phie mais préfère com­mencer une car­rière radiophonique.

Parcours professionnel

Elle com­mence en stage à France Culture</em, >où elle est cha­peautée par Nico­las Demor­and.

À par­tir de 2008 : fait ses débuts en qual­ité d’assistante à France Cul­ture.

De 2010 à 2012, elle est col­lab­o­ra­trice à Philoso­phie Mag­a­zine.

De 2011 à sep­tem­bre 2017, elle est pro­duc­trice et ani­ma­trice de l’émission quo­ti­di­enne de philoso­phie, Les nou­veaux Chemins de la con­nais­sance, sur France Cul­ture. C’est à San­drine Trein­er, la Direc­trice de France Cul­ture, qu’elle devrait ce poste.

En mars 2014, elle cofonde la col­lec­tion Ques­tions de car­ac­tère chez Plon.

Depuis 2017, elle ani­me les Chemins de la philoso­phie sur France Cul­ture.

De sep­tem­bre 2018 à jan­vi­er 2020, elle présente l’émission Livres & Vous sur Pub­lic Sénat. Elle prend ain­si la suite de Jean-Pierre Elkabbach.

De sep­tem­bre 2018 à novem­bre 2020, elle présente l’émission D’Art d’Art sur France 2.  Elle a suc­cédé à Frédéric Taddeï.

En 2019, elle est aus­si inter­v­enue en qual­ité de chroniqueur dans l’émission On n’est pas couché, aux côtés de Franz-Olivi­er Gies­bert, Valérie Tri­er­weil­er et Nico­las Poincaré.

Parcours militant

La famille d’Adèle Van Reeth était selon elle « social­iste mais absol­u­ment pas poli­tisée ». Si elle assure garder une neu­tral­ité à toute épreuve, elle indique pour­tant s’inscrire dans un « fémin­isme […] évi­dent, essen­tiel » et qu’elle ne voit « pas qui pour­rait ne pas être fémin­iste aujourd’hui » et se pas­sionne « pour la ques­tion du genre ».

Vie privée

Née le 16 décem­bre 1982 à Saint-Ger­main-en-Laye, elle est la fille de Benoît Van Reeth, con­ser­va­teur général du pat­ri­moine, ancien directeur des Archives nationales d’outre-mer, mort en 2021 et d’une mère femme au foy­er. Adèle Van Reeth est petite-fille de mil­i­taire (général 4 étoiles) et la fille unique d’une fratrie de qua­tre enfants. Elle rêve d’abord de devenir actrice, con­tre l’avis de ses par­ents qui exi­gent d’elle l’obtention d’un diplôme. Elle fait d’abord des études d’architecture avant d’intégrer l’ENS Lyon.

Elle est égale­ment la com­pagne de Raphaël Enthoven, avec qui elle a un enfant ; elle vit égale­ment avec les trois pre­miers fils de l’écrivain, dans le XIVe arrondisse­ment de Paris. Elle pra­tique l’escalade à Fontainebleau.

Publications

  • La jouis­sance, en col­lab­o­ra­tion avec Jean-Luc Nan­cy, édi­tions Plon, 2014.
  • L’obstination, en col­lab­o­ra­tion avec Myr­i­am Revault d’Allonnes, édi­tions Plon, 2014.
  • La méchanceté, en col­lab­o­ra­tion avec Michaël Floes­sel, édi­tions Plon, 2014.
  • Le sno­bisme, en col­lab­o­ra­tion avec Raphaël Enthoven, édi­tions Plon, 2015.
  • La pudeur, en col­lab­o­ra­tion avec Eric Fiat, édi­tions Plon, 2016.
  • Ode à la fatigue, en col­lab­o­ra­tion avec Eric Fiat, édi­tions Plon, 2018.
  • La Vie ordi­naire, Gal­li­mard, 2020.
  • Vivre et revivre encore, édi­tions de l’Aube, 2021.

Elle l’a dit

« J’ai été élevée avec trois frères, j’ai tou­jours eu un rap­port assez spon­tané­ment frater­nel aux hommes, je pense rarement à moi en tant que femme », Le Figaro, 09/03/2018.

« Je suis de nature très scep­tique. C’est le revers trag­ique, au sens non dra­ma­tique du terme, de l’e­spèce d’en­t­hou­si­asme et de spon­tanéité qui me car­ac­térisent. J’ai la chance d’avoir de l’ap­pétit, tout m’in­téresse. Mais avec la cer­ti­tude absolue qu’au fond, on ne peut jamais vrai­ment con­naître les choses. », Le Figaro, 13/04/2018.

« J’ai une grande capac­ité de tra­vail et j’adore ce que je fais », Libéra­tion, le 08/04/2020.

« Quelque chose en moi me fait tenir dans des sit­u­a­tions même douloureuses. Je les tra­verse et je tiens bon », Straté­gies, 08/07/2020.

« Mon fémin­isme est évi­dent, essen­tiel. Je ne vois pas qui pour­rait ne pas être fémin­iste aujourd’hui, mais je ne cherche pas à appartenir à une com­mu­nauté plutôt qu’à une autre. Je ne suis pas une fron­deuse. Je suis une bat­tante du quo­ti­di­en, dans tout ce que je fais. », Libéra­tion, le 08/04/2020.

« Ce qui me ter­rorise, c’est l’ab­sence de pos­si­bil­ité de réin­ven­tion, la vie qui ne chang­erait pas, l’in­er­tie, le ‘une fois pour toutes’. J’aime regarder la vie plutôt sous l’an­gle de sa fragilité et de sa pos­si­ble réin­ven­tion per­pétuelle. Je vis beau­coup mieux la pos­si­bil­ité que tout puisse s’ef­fon­dr­er en une sec­onde. Ça fait abor­der l’ex­is­tence comme un aven­turi­er. », Le Jour­nal du Dimanche, 17/07/2020.

« Fort heureuse­ment, on peut être fémin­iste et vivre pleine­ment l’expérience de la grossesse ! », Libéra­tion, 01/08/2020.

« Petite-fille de mil­i­taire, je suis allergique au terme de dis­ci­pline. », Le Figaro, 13/04/2018.

« Ma devise ? N’oubliez pas de jouir », Le Figaro Madame, 01/11/2021.

« Je me fiche de l’actualité, j’ai un rôle de trans­met­teur de pen­sées. Je fais en sorte que ce qui est dit soit acces­si­ble à tous. », Paris Match, 13/07/2021.

« La vie ordi­naire n’est pas la vie nor­male. Ce que je cherche, c’est un cer­tain rap­port au monde. Ce ne sont pas des moments par­ti­c­uliers. », Paris Match, 13/07/2021.

« Un livre c’est comme une grossesse qui n’en finit pas, ce qui est douloureux », Paris Match, 13/07/2021.

« Ne réduisons pas le tra­vail créatif des femmes à leur biolo­gie, c’est très dan­gereux. », Paris Match, 13/07/2021.

« La vie que je mène aujourd’hui, je l’ai choisie. Et même quand elle me rend dingue, je sais que c’est la seule qui m’aille. », Paris Match, 13/07/2021.

« Je me suis dit qu’il était intéres­sant de voir ce que le con­fine­ment nous fait, comme si le temps se sus­pendait dans un effet de con­géla­tion, comme si la vie allait con­tin­uer ain­si éter­nelle­ment. », à pro­pos de son livre Vivre et revivre encore, dans France Info, 06/04/2021.

Ils l’ont dit

« Adèle est intel­li­gente. Elle sait tou­jours où se plac­er dans une pièce ou face à une per­son­ne. Son intran­quil­ité lui a per­mis d’ac­quérir cette intel­li­gence des sit­u­a­tions. Elle sait ce qu’elle veut, ce qui fait 80% du job dans son méti­er. Enfin, elle est sportive, va tou­jours sur l’ob­sta­cle et sait pren­dre des risques. », San­drine Trein­er, direc­trice de France Cul­ture, dans Straté­gies, 09/07/2020.

« Adèle Van Reeth représente tout ce qu’est France Inter: à la fois l’exigence intel­lectuelle et la moder­nité. C’est une grande pro­fes­sion­nelle de la radio dans toutes ses dimen­sions », Sibyle Veil, Le Monde, 23/02/2022.

« Adèle Van Reeth est un pur pro­duit de notre mai­son, où elle a com­mencé comme sta­giaire (…) Elle sait aller sur tous les ter­ri­toires et par­ler à toutes les généra­tions. Elle fédère aus­si avec des con­tenus qui ques­tion­nent l’époque et sa com­plex­ité », Sibyle Veil, Le Monde, 23/02/2022.

« Adèle Van Reeth c’est Nico­las Demor­and en femme et plus à droite sur l’échiquier poli­tique […] C’est lui qui l’a for­mée », un salarié de Radio France, Le Figaro, 23/02/2021.

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