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Le Crieur : Plenel partout, mesure nulle part !

10 avril 2017

Temps de lecture : 4 minutes
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Le Crieur : Plenel partout, mesure nulle part !

La Revue du Crieur, sous-titré Enquêtes sur les idées et la culture, émanation de Médiapart et de La Découverte, est une sorte de concentré de Plenel/idéologie paraissant 3 fois par an. Plenel ? 40 ans de délation au compteur.

Vous reprendrez bien un zeste de Moscou ?

De Rouge à Médi­a­part en pas­sant par la Revue du Crieur et Le Monde, Plenel n’a pas changé d’un iota. La France serait néo­colo­niale, islam­o­phobe et pra­ti­querait le racisme d’État. La France d’avant, Plenel en frisonne de dégoût. Manip­u­la­teur en chef du Monde entre 1994 et 2003 le sur­veil­lant général Plenel orches­tra un flicage de la pen­sée, démon­té par Pierre Péan et Philippe Cohen dans La face cachée du Monde. Guide suprême de la lutte con­tre la France éter­nelle de Vichy, Plenel voit des com­plots partout. La Revue du Crieur ne pou­vait pas éviter le dada de son fon­da­teur : la chas­se aux méchants est ouverte. Son numéro 6, paru en févri­er 2017, le mon­tre. Procès en place publique. Plenel, pro­fes­sion déla­teur, pro­cureur à Moscou sur Seine. On a la mous­tache que l’on mérite.

« Faire des personnalités »

L’édito du numéro 6 de la Revue du Crieur le proclame : il s’agit de « faire des per­son­nal­ités ». Pra­ti­quer la déla­tion « à la loyale ». L’édito entend « ren­dre les coups qu’ils don­nent » aux édi­to­ri­al­istes, essay­istes ou pub­li­cistes qui domin­eraient la scène médi­a­tique, « fig­ures les plus banales de la notoriété médi­a­tique ». Obses­sion de Plenel et de ses organes de presse : le néo-réac. « Néo », depuis 40 ans. Il faut le démon­ter, le décon­stru­ire, révéler les masques. Ce numéro fait ain­si « des per­son­nal­ités » avec Car­o­line Fourest, longtemps com­pagnonne de route en déla­tion, dev­enue traîtresse pour cause « d’islamophobie » aggravée, Alain de Benoist, pro­mo­teur d’un « fas­cisme respectable », ain­si qu’une inquié­tante masse de « spec­tres de Charles Mau­r­ras ».

Caroline Fourest peinte en croisée islamophobe

Le mot « croisée » appliquée à une mil­i­tante athéiste obses­sion­nelle comme Car­o­line Fourest vise à bless­er. Fourest, c’est le pire. Passée à l’ennemi. Un agent retourné. Écrire de Fourest qu’elle est une « croisée » c’est comme met­tre en Une le mot « juif » à côté du nom Blum. Chez Plenel, on a un sens de la for­mule très années 30. Fourest est la « furie d’une laïc­ité ultra-répub­li­caine par­fois util­isée pour banalis­er la stig­ma­ti­sa­tion des musul­mans ». Beau résumé du plénélisme angélique en marche. Que reproche-t-on à Car­o­line Fourest : de « car­i­ca­tur­er » Tariq Ramadan en « cheval de Troie de l’islam poli­tique fon­da­men­tal­iste des Frères musul­mans en Europe ». Au fond, « ne serait-elle pas dev­enue tout sim­ple­ment réac ? ». Une « croisée » islam­o­phobe qui voit des méchants fon­da­men­tal­istes islamistes partout, alliés à d’étranges « islamo-gauchistes » et qui con­sid­ère le port du voile comme un acte poli­tique obscu­ran­tiste. « Elle fustige aus­si la pré­ten­due « gauche Médi­a­part» et, par deux fois, a refusé de nous répon­dre pour cette enquête ». N’importe quoi, la Fourest. Faut se calmer un peu. Le Crieur te le dit.

Le Crieur et le « fasciste » masqué

Alain de Benoist pour vous servir. 40 ans que l’intellectuel sert d’épouvantail. Il y a peu, Libéra­tion le croy­ait à l’origine de l’élection de Trump. Le Crieur aus­si. Une influ­ence inter­na­tionale. C’est dire. « Alors que l’extrême droite, ren­due infréquentable par les hor­reurs du nazisme et du fas­cisme con­tin­u­ait dans les années 60 d’en appel­er au coup de force con­tre des pou­voirs poli­tiques jugés trop libéraux, il s’employait à lui redonner un lan­gage artic­ulé ». Le but ? À tra­vers « groupes de réflex­ion et revues » fondées à « un rythme fréné­tique », avancer masqué et impos­er comme si de rien n’était un « néo­fas­cisme » sous cou­ver­ture « respectable » dans le paysage intel­lectuel. Trop fort, Alain de Benoist ! La France est en voie de fas­ci­sa­tion et il y est arrivé tout seul. Par le mir­a­cle de la « métapoli­tique » qui « est une stratégie mise en œuvre par le plus faible con­tre le plus fort. Plutôt que de le com­bat­tre frontale­ment, le faible cherche à intro­duire ses caté­gories de pen­sée dans la cul­ture dom­i­nante. Le résul­tat, nous l’avons sous les yeux aujourd’hui ». Le fas­cisme serait revenu en con­tre­bande dans le débat d’idées par le biais d’Alain de Benoist, au point d’être main­tenant dom­i­nant. La preuve ? L’ethno-différentialisme théorisé par de Benoist en… 1974 (43 ans tout de même, c’est longuet la métapoli­tique), sorte de « racisme » déguisé, serait à l’origine du terme de « racisme antiblanc » aujourd’hui à l’œuvre « de la droite à l’extrême droite ». Pour­tant, le jour­nal­iste a bien repéré « l’antisouverainisme, l’anticapitalisme et l’antichristianisme » du penseur. Il n’empêche : out­re son influ­ence souter­raine sur le FN, Alain de Benoist, c’est l’inspirateur de tous les méchants du monde entier. Heureuse­ment, Le Crieur de Plenel, après Le Monde de Plenel et Médi­a­part de Plenel est là. Ouf ! Nous sommes sauvés. Même si…

« La droite occupe le terrain, le temps presse »

La France est men­acée par « les spec­tres de Charles Mau­r­ras ». Islam­o­pho­bie de Fourest, fas­cisme dédi­a­bolisé d’Alain de Benoist ne suff­isent donc pas ? Mau­r­ras est partout ! « Longtemps ostracisé en rai­son de son anti­sémitisme vir­u­lent et de son sou­tien au régime de Vichy », Mau­r­ras « hante à nou­veau les con­sciences poli­tiques ». On vous le dis­ait, le truc du Crieur c’est que Vichy revient. Et le « néo­mau­r­ras­sisme fab­rique le roman nation­al con­tem­po­rain ». Diantre ! BHL avait rai­son, Pétain nous hante. « Le néo­mau­r­ras­sisme est en train de s’imposer cul­turelle­ment. Il imprègne une pro­duc­tion édi­to­ri­ale vaste et cal­i­brée, et passe par la répéti­tion ad nau­se­am, via des auteurs comme Jean Sévil­lia, Max Gal­lo ou Lorant Deutsch, des idées forces maurassi­ennes — les “racines chré­ti­ennes” et “royales” de la France, l’opposition entre “pays réel” et “pays légal”… large­ment relayées par les médias ». Mau­r­ras sur BFM ? Et une vision men­songère de l’histoire « selon laque­lle la nation française exis­terait depuis le plus haut Moyen Ȃge, qu’elle serait par essence chré­ti­enne et que sa cohé­sion his­torique serait due au long tra­vail de con­struc­tion poli­tique des rois et des élites ». Cara­bis­touilles ! À se deman­der ce que fab­rique l’Éducation Nationale. Zem­mour, Buis­son, la notion de « Grand rem­place­ment » s’installent à cause du mau­r­ras­sisme ambiant qui « tri­om­phe » cul­turelle­ment. La faute aux « his­to­riens de garde », dont Jean Sévil­lia ou Max Gal­lo. Ils tra­vailleraient à pro­téger la patrie con­tre « l’ennemi du moment : les musul­mans ». Dénonçant des pro­grammes sco­laires « islam­ophiles », ces « his­to­riens de garde » seraient de fait « islam­o­phobes ». Avec l’opposition mau­r­rassi­enne entre « Pays légal et Pays réel », cette « islam­o­pho­bie » pénétr­erait forte­ment le champ poli­tique et sin­gulière­ment Les Répub­li­cains. Ain­si, « il y aurait un pays réel, chré­tien par essence, qui serait men­acé par des mœurs nou­velles et par des pop­u­la­tions exogènes, prin­ci­pale­ment musul­manes ». Le FN n’est évidem­ment pas en reste. « Des pans entiers de la société » sont sous influ­ence mau­r­rassi­enne. Au point de « trou­bler nos nuits agitées ». Bigre. Une tisane ?

Un seul péril en France pour Plenel : les dis­cours et idées qual­i­fiées « d’islamophobes », c’est-à-dire toute idée cri­tique à l’encontre de l’islam. Notons que la Revue du Crieur se place sous le slo­gan : « Un regard sans fron­tières ni chapelles pour penser notre temps ». Sans rire ?

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