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Edwy Plenel

Trotskyste un jour, trotskyste toujours ?

Dernière mod­i­fi­ca­tion le 21/08/2019

« Le métis­sage, c’est une poli­tique. Et, plus pré­cisé­ment, une poli­tique de résis­tance »

« Il faudra tout de même qu’on sache qui est vraiment ce monsieur Plenel ». Cette phrase de François Mitterrand, cité par Pierre Péan et Philippe Cohen dans leur enquête La Face cachée du Monde, illustre tout le « mythe », qui s’est construit autour d’Edwy Plenel, construction à laquelle il a lui-même participé. Journaliste emblématique des années Mitterrand, mis sur écoute par l’Elysée dans l’affaire des Irlandais de Vincennes, Edwy Plenel est resté pendant dix ans le maître du Monde, avec Alain Minc et Jean-Marie Colombani. Bien qu’affaibli, en 2003, par les révélations de Pierre Péan et de Philippe Cohen, il a poursuivi sa carrière de redresseur de torts autoproclamé et de journaliste d’investigation aux méthodes contestées. Journaliste brillant pour les uns, revanchard militant peu soucieux de la vérité pour les autres, Edwy Plenel aura quoi qu’il en soit marqué le journalisme de ces trois dernières décennies.

Formation

Le seul diplôme d’Hervé-Edwy Plenel, son vrai nom, né en 1952, est son bac­calau­réat, ce dernier ayant refusé de se présen­ter aux exa­m­ens d’entrée à l’IEP Paris.

Son père Alain Plenel, vice-recteur de la Mar­tinique, con­nu pour ses engage­ments anti­colo­nial­istes, a été rétro­gradé de l’É­d­u­ca­tion nationale en 1965 sous la prési­dence du général de Gaulle et réha­bil­ité en 1982 avec l’in­ter­ven­tion de Stéphane Hes­sel.

Parcours professionnel

Il est dif­fi­cile de dis­soci­er, du moins en son début, le par­cours pro­fes­sion­nel d’Edwy Plenel de son par­cours poli­tique. Son engage­ment poli­tique à la Ligue Com­mu­niste Révo­lu­tion­naire et sa pro­fes­sion de jour­nal­iste sont en effet intime­ment liées, puisqu’Ed­wy Plenel com­mence à écrire sous le pseu­do­nyme de Kras­ny, dès 1969. Comme il le dit lui même, dans son auto­bi­ogra­phie Secrets de Jeunesse (Stock 2001), « Kras­ny est apparu en févri­er 1969 au détour d’un jour­nal lycéen, Le Tigre en papi­er, au lycée Vic­tor Hugo d’Alger. « Joseph » a atten­du le début des années 1970, quand j’ai com­mencé à écrire régulière­ment dans Rouge ». Pourquoi un tel pseu­do ? Parce que « le mot est russe et veut dire « rouge ». Deux références ; une his­toire, une couleur ; les bolchéviks ; le dra­peau, 1917, l’éternité ».

Dans Rouge, ses pre­miers arti­cles con­cer­nent la ques­tion colo­niale.

En 1976, il entre comme rédac­teur per­ma­nent, puis secré­taire de la rédac­tion à Rouge. C’est là qu’il obtient sa pre­mière carte de presse. Il adhère à l’Association de la presse d’information sur la jeunesse (APIJ). En 1978, le voilà directeur de la pub­li­ca­tion de Bar­ri­cades, « un men­su­el jeune pour la révo­lu­tion », des­tiné à la jeunesse et lancé par la Ligue Com­mu­niste Révo­lu­tion­naire. Edwy Plenel appa­raît seul dans l’ours du mag­a­zine. Le style se veut volon­tiers « jeune » et provo­ca­teur, bien dif­férent de la rigueur rébar­ba­tive, mais toute trot­skiste, de Rouge.

Pour Edwy Plenel, l’an­née 1980 mar­que un tour­nant. En quit­tant offi­cielle­ment la LCR, Edwy Plenel cesse défini­tive­ment de n’être qu’un cama­rade rédac­teur pour devenir réelle­ment jour­nal­iste. Il entre donc au Matin de Paris et pige, à l’oc­ca­sion, pour Le Monde de l’éducation. Il devient égale­ment prési­dent de l’Association des jour­nal­istes jeunesse et édu­ca­tion. Ce n’est qu’en fin d’an­née, après l’été, qu’il entre au ser­vice édu­ca­tion du Monde. Il ne quit­tera le jour­nal que 25 ans plus tard.

Durant l’été 1982, Edwy Plenel devient jour­nal­iste d’investigation au Monde, au lende­main de l’at­ten­tat de la rue des Rosiers. Il est alors cor­re­spon­dant du jour­nal au min­istère de l’intérieur, poste cen­tral s’il en est. Grâce à ses ami­tiés avec cer­tains policiers (et notam­ment Bernard Dele­place, du syn­di­cat FASP), Edwy Plenel dis­pose d’un réseau effi­cace d’in­for­ma­teurs.

Il suit pour le quo­ti­di­en les grandes affaires qui mar­quent les années Mit­ter­rand. Comme le dit Emmanuel Lemieux, « de l’af­faire des Irlandais de Vin­cennes à l’at­ten­tat des ser­vices secrets français sur le Raim­bow War­rior, Plenel se fit une sig­na­ture dans le club des jour­nal­istes d’in­ves­ti­ga­tion, aux ego détesta­bles et aux mœurs décriés » (Tech­nikart n°69, févri­er 2003).

C’est d’ailleurs durant l’af­faire des Irlandais de Vin­cennes, qu’Ed­wy Plenel est mis sur écoute, sur ordre de l’Élysée. Cette mise sur écoute, ain­si que la haine réciproque des deux per­son­nages, Mit­ter­rand et lui, par­ticiper­ont large­ment au mythe, soigneuse­ment entretenu, qui entoure Edwy Plenel.

Durant l’été 1991, Edwy Plenel signe un arti­cle sous le titre Un scan­dale à Pana­ma. C’est son raté le plus célèbre, puisqu’il accuse le par­ti social­iste d’avoir touché, notam­ment pour la cam­pagne prési­den­tielle de 1988, de l’ar­gent du général Nor­ie­ga, dic­ta­teur du Pana­ma. La source d’Ed­wy Plenel était fausse. Selon Pierre Péan et Philippe Cohen, Edwy Plenel ne s’est jamais réelle­ment excusé d’avoir ain­si dés­in­for­mé ses lecteurs.

En 1992, dans La Part d’Om­bre, Edwy Plenel « démonte le sys­tème secret mit­ter­ran­di­en qui dou­ble la vie poli­tique française depuis 1981 », comme le dit Patrick Eveno (Le jour­nal Le Monde, une his­toire d’indépen­dance, Odile Jacob, 2001).

En 1993, Edwy Plenel, à la suite du Canard Enchainé, con­sacre plusieurs de ses arti­cles, dans Le Monde, au fameux prêt sans intérêt obtenu par Pierre Béré­gov­oy, alors pre­mier min­istre, auprès de Roger-Patrice Pelat, pour l’achat d’un apparte­ment, prêt dont on sait aujourd’hui qu’il n’était que la par­tie émergée d’un ice­berg d’affairisme et de cor­rup­tion (Jacques Fol­lor­ou, Le dernier secret, 2008). La cam­pagne est vio­lente et se ter­min­era par le sui­cide de l’homme poli­tique. C’est à l’oc­ca­sion des funérailles de son ancien pre­mier min­istre que François Mit­ter­rand, dans un dis­cours resté célèbre, dénon­cera les jour­nal­istes : « toutes les expli­ca­tions du monde ne jus­ti­fieront pas qu’on ait pu livr­er aux chiens l’hon­neur d’un homme, et finale­ment sa vie ».

En juin 1994, Edwy Plenel répon­dra à François Mit­ter­rand, en pub­liant Un temps de chien, (Stock), en référence directe aux paroles du prési­dent de la République. C’est durant cette même année 1994, que le trio Minc, Colom­bani, Plenel prend en main les des­tinées du jour­nal. Cet épisode est large­ment décrit par Pierre Péan et Philippe Cohen dans La Face cachée du Monde.

Rédac­teur en chef du Monde, en mars 1994, Edwy Plenel devient adjoint au directeur de la rédac­tion en sep­tem­bre de la même année. En avril 1995, il reçoit le titre de directeur adjoint de la rédac­tion, avant d’en pren­dre, pour presque dix ans, la direc­tion.

En 2003, Pierre Péan et Philippe Cohen pub­lient La face cachée du Monde. Il s’ag­it d’une grosse enquête, menée avec méth­ode et qui jette un pavé dans la mare. Le « quo­ti­di­en de référence » est large­ment éclaboussé, ses méth­odes con­testées, son fonc­tion­nement dénon­cé. Ain­si, Le Monde est accusé d’avoir « insi­dieuse­ment glis­sé de son rôle de con­tre-pou­voir vers l’abus de pou­voir per­ma­nent ». Et de citer plusieurs exem­ples de cette dérive du jour­nal : l’ap­pui aux nation­al­istes cors­es, les fat­was lancées con­tre cer­tains écrivains, comme Renaud Camus, la cam­pagne tenace con­tre Jean-Marie Messier, Jean-Pierre Chevène­ment ou Dominique Strauss-Kahn. Cette enquête, très doc­u­men­tée, s’at­taque égale­ment à la ges­tion interne du Monde, revenant, par exem­ple, sur la « prise » du jour­nal par le trio Plenel, Colom­bani, Minc, ou encore sur la ges­tion finan­cière opaque d’un quo­ti­di­en tou­jours prompt à don­ner des leçons de trans­parence.

Pour Edwy Plenel, le coup est dur. Daniel Schnei­der­mann le résume ain­si, dans son ouvrage Le cauchemar médi­a­tique (Denoël, 2003) : « la « troï­ka », la veille encore si red­outée, devint du jour au lende­main un trio de punch­ing-balls, de pan­tins ridi­culisés par les «Guig­nols » de Canal+, et décu­lot­tés par les car­i­ca­tur­istes de Char­lie Heb­do ».

La défense d’Ed­wy Plenel, d’Alain Minc et de Jean-Marie Colom­bani sera faible. « Il me sem­blait, con­tin­ue Daniel Schnei­der­mann, que Le Monde, plutôt que de répon­dre comme un clan sicilien offen­sé par la provo­ca­tion d’un clan rival (mutisme majestueux, cha­grin insond­able, bor­dée d’in­sultes et pré­pa­ra­tion minu­tieuse du bain de sang des repré­sailles) devait répon­dre comme un jour­nal dans une démoc­ra­tie dévelop­pée au XXIe siè­cle : en ouvrant ses bouch­es, ses comptes et ses archives ». Ce ne sera pas le cas.

Comme le dit Lau­rent Hub­ber­son, dans son Enquête sur Edwy Plenel (Le Cherche midi, 2008), les trois patrons du jour­nal « ne se remet­tront pas du « Péan et Cohen ». L’un après l’autre, la crise va les attein­dre, le livre va rat­trap­er le ” trio infer­nal” et ils vont devoir quit­ter Le Monde dans la douleur ». Ain­si, fin novem­bre 2004, Edwy Plenel démis­sionne-t-il de son poste de directeur de la rédac­tion, avant d’être licen­cié du « quo­ti­di­en de référence », le 31 octo­bre 2005. Une page se tourne.

L’ab­sence de diplôme d’Ed­wy Plenel ne l’empêche pas d’être nom­mé, en 2006, pro­fesseur asso­cié à l’U­ni­ver­sité de Mon­te­pel­li­er (UFR droit et sci­ences poli­tiques). Il enseigne égale­ment à l’u­ni­ver­sité de Neufchâ­tel, à l’A­cadémie du jour­nal­isme et des médias (AJM), créée par le pro­fesseur Vin­cent Kauf­mann, en parte­nar­i­at avec le Cen­tre de for­ma­tion au jour­nal­isme et aux médias. Dans le cadre de la maîtrise uni­ver­si­taire en jour­nal­isme, Edwy Plenel y délivrait un cours de « Per­spec­tives his­toriques » ain­si qu’un cours de « Per­spec­tives philosophiques et poli­tiques », puis un cours inti­t­ulé « Principes du jour­nal­isme ».

En 2007, Edwy Plenel annonce un pro­jet de site d’in­for­ma­tion et d’in­ves­ti­ga­tion par­tic­i­patif sur inter­net. Ce sera Medi­a­part, qui ouvre le 16 mars 2008. Pour cela, le jour­nal­iste réus­sit à lever qua­tre mil­lions d’eu­ros. Medi­a­part entend « inven­ter un nou­veau parte­nar­i­at jour­nal­iste-lecteur ». Pour cela, le site annonce vouloir « forte­ment amélior­er l’écri­t­ure plurimé­dia », « réin­ven­ter des traite­ments jour­nal­is­tiques » et réserv­er à ses lecteurs « des sur­pris­es ».

Très vite, Medi­a­part reçoit le sou­tien de nom­breux hommes poli­tiques. Par­mi eux, Ségolène Roy­al se dis­tingue en envoy­ant un mail aux mil­i­tants de son asso­ci­a­tion Désirs d’avenir, pour les inviter à s’abon­ner au pure play­er nais­sant : « toutes les ini­tia­tives auda­cieuses qui ten­tent de chang­er la sit­u­a­tion de la con­cen­tra­tion de la presse méri­tent d’être soutenues » (rap­porté par Rue 89 – 14/12/2007).

À l’im­age d’Ed­wy Plenel, Medi­a­part cherche à se dis­tinguer par ses enquêtes, aus­si bien sur les folles dépens­es de la min­istre Rachi­da Dati (2008), que sur les pro­jets d’Are­va de rachat des usines nucléaires bri­tan­niques, ou sur la CGT etc…

En 2010, Medi­a­part se fait remar­quer par ses révéla­tions et son suivi de l’af­faire Bet­ten­court, mon­trant des liens entre Eric Woerth, alors min­istre du bud­get, la mil­liar­daire Lil­iane Bet­ten­court et le finance­ment de la cam­pagne de Nico­las Sarkozy.

En octo­bre 2009, Edwy Plenel est à l’origine, avec les sites @rrêt sur images, Bakchich, Indi­go Pub­li­ca­tions, Rue89, Slate.fr et Ter­ra Eco du SPIIL, syn­di­cat de la presse en ligne, qui compte aujour­d’hui, env­i­ron 80 mem­bres.

En mars 2011, Edwy Plenel et Medi­a­part annon­cent la créa­tion de www.frenchleaks.fr, un site « dédié à la dif­fu­sion de doc­u­ments d’intérêt pub­lic con­cer­nant notam­ment la France et l’Europe ». L’ob­jec­tif est de trans­met­tre et de dif­fuser des doc­u­ments « ayant fait l’objet d’investigations des jour­nal­istes de Medi­a­part ». En réal­ité, le site, annon­cé en grande pompe, cessera vite ses activ­ités. Le dernier doc­u­ment mis en ligne datant d’août 2011.

En 2013 Medi­a­part porte l’af­faire Cahuzac et est directe­ment respon­s­able de la démis­sion du min­istre du Bud­get après qu’il ait fini par recon­naître avoir eu des comptes en Suisse et à Sin­gapour.

De 2008 à 2014 Medi­a­part (ain­si que Arrêts sur Image et Indi­go) s’au­to-applique la TVA à 2.1% comme pour la presse papi­er, jusqu’à ce que la loi soit mod­i­fiée – les sites devaient alors pay­er la TVA à taux plein à 19.6%. Un redresse­ment fis­cal – déclenché « d’en haut » selon Edwy Plenel a été noti­fié con­tre le site pour un total de 4.7 mil­lions d’eu­ros dont 1,35 mil­lion de pénal­ités pour « mau­vaise foi ». Fin 2015 et début 2016 Medi­a­part ver­sait 2,36 mil­lions d’eu­ros au fisc, après s’être mobil­isé con­tre son redresse­ment – deux amende­ments ont même été déposés, l’un par des députés social­istes, l’autre par des députés de droite, pour ren­dre rétroac­t­if jusqu’en 2009 le taux de 2.1% sur la presse, afin de dédouan­er le site. Peine per­due.

En 2015, Medi­a­part et les édi­tions La Décou­verte fondent La revue du Crieur, qui paraît trois fois par an. Con­fondée par Hugues Jal­lon, édi­teur engagé à gauche, et Edwy Plenel, sa rédac­tion en chef est assurée con­join­te­ment par Joseph Con­favreux (Medi­a­part) et Rémy Toulouse (La Décou­verte). Véri­ta­ble con­cen­tré des marottes d’Ed­wy Plenel, elle est pour Régis Soubrouil­lard, dans Mar­i­anne (14/06/2015) le meilleur et le pire de Medi­a­part. Notam­ment parce qu’elle incar­ne une « gauche rad­i­cale, inca­pable de nom­mer les choses » et ne sachant « se définir autrement que dans l’affrontement sys­té­ma­tique ou que de s’indign­er dans un pathos négatif ».

En 2016 il est doc­teur hon­oris causa de l’U­ni­ver­sité de Mons (Bel­gique).

Le 17 décem­bre 2016, le géo-poli­to­logue Frédéric Encel qual­i­fie Plenel d’ « enne­mi de la nation » dans l’émis­sion Entre les lignes sur La Chaîne par­lemen­taire (LCP). Le lende­main, Edwy Plenel saisit le CSA, puis il saisit ensuite le bureau de l’Assem­blée Nationale. Frédéric Encel visait les « sou­tiens des islamistes en France ». Il affirme que Plenel « se con­sid­ère lui-même comme un trot­skiste qui ose affirmer que Manuel Valls c’est pire que Marine Le Pen » et con­sid­ère qu’il est l’au­teur d’un « livre en faveur des musul­mans con­sid­érant que les musul­mans sont dans la sit­u­a­tion des juifs des années 30 ».

En févri­er 2017 sa fille Eve est mise en cause par la droite fil­loniste – en pleine affaire sur l’emploi pré­sumé fic­tif de Péné­lope Fil­lon – sur le web où cer­tains affir­ment qu’elle touche un salaire de 3000 € par mois pour un mi-temps alors qu’elle vit à Berlin. Edwy Plenel inter­vient pour expli­quer que sa fille, engagée con­tre le SIDA depuis une décen­nie, est « payée 1.682 euros net par mois pour un emploi à temps par­tiel qu’elle effectue à Paris » comme coor­di­na­trice de Paris sans sida.

En octo­bre 2017 l’is­lam­o­logue suisse Tariq Ramadan est accusé de vio­ls et d’a­gres­sions sex­uelles. Edwy Plenel est sous le feu des cri­tiques après avoir défendu l’in­téressé dont il est proche idéologique­ment. Habitué à être le pro­cureur, Edwy Plenel se retrou­ve sous le feu des cri­tiques de ses con­frères.

Char­lie Heb­do le car­i­ca­ture en novem­bre 2017 en détour­nant sa mous­tache pour dénon­cer son refus de con­damn­er les actes de Tariq Ramadan, il accuse le jour­nal satyrique de faire par­tie d’une « cam­pagne plus générale de guerre aux musul­mans ». Riss, dessi­na­teur de Char­lie Heb­do, affirme le 15 novem­bre que « Plenel con­damne à mort une deux­ième fois Char­lie Heb­do » et « adoube ceux qui demain voudront finir le boulot des frères Kouachi. Si demain on nous liq­uide tous, si demain nous ne sommes plus là, espérons qu’il sub­sis­tera quelques courageux qui deman­deront jus­tice con­tre ceux qui nous auront frap­pés, mais aus­si con­tre les esprits qui les auront armés ».  Devant le tol­lé, Edwy Plenel recon­naît avoir « sur­réa­gi » et présente ses excus­es à Char­lie Heb­do.

Le 15 avril 2018 il obtient une con­sécra­tion en étant l’in­ter­vieweur d’Em­manuel Macron, avec Jean-Jacques Bour­din, un grand spec­ta­cle en Une. Mais aus­si un éclairage for­mi­da­ble pour les dix ans de Medi­a­part.

Au print­emps 2019, Juan Bran­co, auteur de Cré­pus­cule, une vive dénon­ci­a­tion de l’entre-soi politi­co-financier de la Ve république en déclin, best-sell­er du mou­ve­ment social des Gilets Jaunes, affirme que Xavier Niel est action­naire de Medi­a­part. Le jour­nal infirme ces pro­pos : « Il est seule­ment l’un des 88 con­tribu­teurs de notre Société des Amis lors de sa créa­tion en 2008, à l’époque de notre lance­ment […] La Société des Amis de Medi­a­part, société par actions sim­pli­fiée (SAS) […] détient 16,79 % du cap­i­tal de la Société éditrice de Medi­a­part. Ses asso­ciés n’ont pas le droit de reven­dre libre­ment leurs parts, tout mou­ve­ment interne du cap­i­tal de cette SAS étant soumis à un comité d’agrément. Bref, aucun des 88 asso­ciés de la Société des Amis de Medi­a­part n’est action­naire direct de notre jour­nal, aucun ne par­ticipe à sa marche économique, aucun n’influence sa vie édi­to­ri­ale ».

Et de don­ner d’autres détails : « C’est en jan­vi­er et décem­bre 2008 que Xavier Niel a par­ticipé à deux lev­ées de fonds effec­tuées par la Société des Amis de Medi­a­part, à hau­teur de deux fois 100 000 euros[…] Xavier Niel n’a pas souscrit aux aug­men­ta­tions de cap­i­tal suiv­antes, effec­tuées en 2009 par la Société des Amis qui, au total, a con­sti­tué un apport de plus d’un mil­lion cent mille euros et rassem­ble 88 action­naires. Actuelle­ment, la par­tic­i­pa­tion de la hold­ing NJJ de Xavier Niel dans la Société des Amis de Medi­a­part est de 17,58 % des parts. Par con­séquent, la déten­tion indi­recte de Xavier Niel représente seule­ment l’équivalent de 2,95 % du cap­i­tal de Medi­a­part ». Ce qui n’est pas nég­lige­able non plus.

Début juil­let 2019, Medi­a­part réin­vente le mod­èle d’Ouest-France en logeant 100% de son cap­i­tal « dans une struc­ture à but non lucratif » où il sera « invi­o­lable, non ces­si­ble et non achetable ».

Les qua­tre fon­da­teurs don­nent des détails sur la struc­ture du jour­nal depuis sa fon­da­tion : « L’indépendance économique de Medi­a­part est actuelle­ment garantie par la posi­tion de con­trôle des qua­tre cofon­da­teurs (François Bon­net, Lau­rent Mauduit, Edwy Plenel et Marie-Hélène Smie­jan-Wan­neroy, cosig­nataires de cet arti­cle) au sein de son cap­i­tal : ils en pos­sè­dent 42,08 %, au sein d’un pôle d’indépendance (Fon­da­teurs, Société des salariés, Société des amis et amis indi­vidu­els) qui, au total, représente 62 % du cap­i­tal. Le reste du cap­i­tal appar­tient à deux investis­seurs parte­naires his­toriques (ils sont présents depuis 2008) : Doxa (31,81 %) et Eco­fi­nance (6,32 %). Depuis la créa­tion de Medi­a­part, la posi­tion de con­trôle des fon­da­teurs se traduit par leur poids au sein du con­seil d’administration, où se pren­nent toutes les déci­sions stratégiques pour l’entreprise : sur sept admin­is­tra­teurs, les qua­tre cofon­da­teurs et le prési­dent de la Société des amis (Michel Broué) occu­pent cinq postes, les deux derniers étant réservés à deux admin­is­tra­teurs extérieurs choi­sis par l’assemblée générale des action­naires sur propo­si­tion du CA (actuelle­ment Sébastien Sas­so­las et François Vit­rani) ».

Medi­a­part affirme tir­er son mod­èle du Scott Trust qui pro­tège depuis 1936 l’indépendance du Guardian en Grande-Bre­tagne : « Ce Fonds pour une presse libre (FPL) sera créé par les cofon­da­teurs de Medi­a­part et la prési­dente de l’actuelle Société des salariés (Mar­tine Orange), réu­nis dans une Asso­ci­a­tion pour le droit de savoir (ADS). Il pro­tégera l’avenir économique et l’indépendance édi­to­ri­ale de Medi­a­part en détenant son cap­i­tal via une struc­ture inter­mé­di­aire, la Société pour la pro­tec­tion de l’indépendance de Medi­a­part (SPIM) ».

Cepen­dant, cette ces­sion per­me­t­tra aus­si aux qua­tre fon­da­teurs de retir­er 6.8 mil­lions d’euros, selon Elec­tron Libre. Medi­a­part est cédé à une valeur de 16.8 mil­lions d’euros – à l’exercice 2018 – alors que le site compte 150.000 abon­nés (10.000 sup­plé­men­taires par an), emploie 87 per­son­nes pour un chiffre d’affaires de 13,8 mil­lions d’euros en 2018 et a dégagé en 2018 un résul­tat posi­tif de 2.51 mil­lions d’euros. La ces­sion se fera par endet­te­ment du site à hau­teur de 10.9 mil­lions d’euros, tan­dis que les salariés devraient obtenir une prime de plusieurs mil­liers d’euros. Les mem­bres de la société des amis – dont Xavier Niel – devraient eux aus­si récupér­er de l’argent dans l’opération.

En juil­let 2019, ce sont les révéla­tions de Medi­a­part – d’abord sur des dîn­ers fastueux organ­isés en tant que prési­dent de l’Assemblée Nationale, puis sur le réamé­nage­ment de son apparte­ment privé au min­istère de l’Ecologie, puis sur l’emploi de ses indem­nités par­lemen­taires (IRFM) qui provo­quent le départ du n°2 de l’Etat, le min­istre de l’Environnement François de Rugy – liqué­fié par les révéla­tions et très mal con­seil­lé du reste.

Cepen­dant, les révéla­tions de Medi­a­part sur le « loge­ment à voca­tion sociale » dont de Rugy aurait béné­fi­cié à Orvault (44) s’avèrent fauss­es, tan­dis que les travaux dans l’appartement pri­vatif de Rugy et les dîn­ers à l’Assemblée sont validés dans les grandes lignes ; l’affaire De Rugy se dégon­fle moins de 15 jours après avoir éclaté.

Parcours politique

Le par­cours poli­tique d’Ed­wy Plenel com­mence à la mai­son, puisque son père est un mil­i­tant anti­colo­nial­iste.

En 1969, le jeune Edwy Plenel s’en­gage à la Ligue Com­mu­niste Révo­lu­tion­naire d’Alain Kriv­ine. Il devient rapi­de­ment respon­s­able de la cel­lule du quarti­er latin, ain­si que du secteur CET / Jeune. Entre 1970 et 1978, date de son ser­vice mil­i­taire, Edwy Plenel ne vit que dans et pour la LCR. Il la quitte, offi­cielle­ment, entre 1979 et 1980. En juil­let 1985, il inter­vient à un stage de jeunes trot­skistes, mais, cette fois-ci, en tant qu’invité extérieur. Cepen­dant, ses liens avec Alain Kriv­ine ne se démen­tiront jamais.

Durant les années 1978 et 1979, Edwy Plenel effectue son ser­vice mil­i­taire à Col­mar. Il milite alors dans les comités de sol­dats. Il sera d’ailleurs sanc­tion­né pour cela.

Par­ti­san de l’in­ter­sec­tion­nal­ité, il est favor­able à l’écri­t­ure inclu­sive et aux réu­nions non-mixtes.

Publications

  • La République inachevée. L’É­tat et l’é­cole en France, Pay­ot, 1985 (réédi­tion Stock, 1997, Livre de poche, coll. « Essais », 1999)
  • Voy­age avec Colomb, Le Monde-Édi­tions, 1991
  • La Part d’om­bre, Stock, 1992 (réédi­tion « Folio Actuel », 1994)
  • Un temps de chien, Stock, 1994 (réédi­tion « Folio Actuel », 1996)
  • Les Mots volés, Stock, 1997 (réédi­tion « Folio Actuel », 1999)
  • L’Épreuve, Stock, 1999
  • Secrets de jeunesse, Stock, 2001 (prix Médi­cis essai ; réédi­tion « Folio », 2003)
  • La Décou­verte du monde, Stock, 2002 (réédi­tion « Folio Actuel », 2004)
  • Procès, Stock, 2006 (prix du Jour­nal du Cen­tre ; réédi­tion « Folio », 2007)
  • Le Jour­nal­iste et le Prési­dent, Stock, 2006
  • Com­bat pour une presse libre. Le man­i­feste de Medi­a­part, Paris, Galaade, 2009
  • L’Ef­fet Le Pen, La Décou­verte-Le Monde, 1984 (en col­lab­o­ra­tion avec Alain Rol­lat)
  • Mourir à Ouvéa. Le tour­nant calé­donien, La Décou­verte-Le Monde, 1988 (en col­lab­o­ra­tion avec Alain Rol­lat)
  • La République men­acée. Dix ans d’ef­fet Le Pen, Le Monde-Édi­tons, 1992 (en col­lab­o­ra­tion avec Alain Rol­lat)
  • Chroniques mar­ranes, Stock, 2007
  • Faits et gestes de la prési­dence Sarkozy, vol­ume 1 : N’ou­bliez pas !, Don Qui­chotte, 2010.
  • Le Prési­dent de trop. Ver­tus de l’an­ti­s­arkozysme, vices du prési­den­tial­isme, Don Qui­chotte, 2011
  • Le Droit de savoir, Paris, Don Qui­chotte, 2013 ; Seuil, « Points », 2014
  • Dire non, Paris, Don Qui­chotte, 2014 ; Seuil, « Points », 2015
  • Pour les musul­mans, Paris, La Décou­verte, 2014 ; La Découverte/Poche, 2016 (prix Fetkann de la mémoire 2014 / prix du Vivre ensem­ble 2015), (traduit en arabe par Al Doha Mag­a­zine; en anglais par Ver­so)
  • La Troisième Equipe. Sou­venirs de l’af­faire Green­peace, Paris, Don Qui­chotte, 2015 ; Seuil, « Points », 2016
  • Dire nous. Con­tre les peurs et les haines, nos caus­es com­munes, Paris, Don Qui­chotte, 2016 ; Seuil, « Points », 2017
  • Voy­age en ter­res d’e­spoir, Ivry-sur-Seine, Les Edi­tions de l’Ate­lier, 2016
  • Le devoir d’hos­pi­tal­ité, Paris, Bayard, 2017
  • La vic­toire des vain­cus. À pro­pos des gilets jaunes, Paris, La Décou­verte, 2019, 190 pages.
  • La valeur de l’in­for­ma­tion, éd. Don Qui­chotte, 2018

Livres d’entretien

  • La Nation à l’épreuve, Édi­tions du Tri­corne-France Cul­ture, 2000 (dia­logue avec Alain Finkielkraut)
  • Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tord­j­man (entre­tiens avec Edwy Plenel) L’af­faire Clichy, Stock, 2006.
  • François Hol­lande Devoirs de vérité, Stock, 2006 (dia­logue avec Edwy Plenel)
  • Faut-il croire les jour­nal­istes? Paris, Mordi­cus, 2009 (entre­tiens de Philippe Gavi avec Serge July, Jean-François Kahn et Edwy Plenel)
  • Ben­jamin Sto­ra, Le 89 arabe, Stock, 2011 (dia­logue avec Edwy Plenel)
  • Notre France, Paris, Sindbad/Actes Sud, 2011 (con­ver­sa­tion avec Farouk Mar­dam Bey et Elias San­bar)
  • Faits et gestes de la prési­dence Sarkozy, vol­ume 2 : Finis­sons-en !, Don Qui­chotte, 2012.

Collaborations

Edwy Plenel a ani­mé plusieurs émis­sions de télévi­sion : Le Monde des idées, sur LCI, de 1995 à 2005 ; Entre guillemets, de 2005 à 2007. En 2007 et 2008, il est polémiste sur RTL, dans On refait le monde. Enfin, depuis 2005, il tient une chronique chaque semaine sur France Cul­ture et par­ticipe aux duels de France Info, tous les samedis matins, avec Alain Gen­es­tar.

Edwy Plenel a égale­ment pré­face ou apporté une con­tri­bu­tion à de nom­breux ouvrages. Citons ain­si, les Mémoires de Fouché (Arléa, 1993) et N’ou­bliez pas ! Faits et gestes de la prési­dence Sarkozy. Décryptage au jour le jour d’une con­tre-révo­lu­tion (Don Qui­chotte, 2010)

Edwy Plenel inter­vient régulière­ment dans de nom­breuses réu­nions ou col­lo­ques : assis­es du jour­nal­isme, fête de l’Hu­man­ité, fes­ti­val des cul­tures de l’is­lam etc.

De 2008 à 2015, il fut égale­ment pro­fesseur asso­cié à l’A­cadémie du jour­nal­isme et des médias (AJM) de l’U­ni­ver­sité de Neuchâ­tel (Suisse), où il délivrait des cours inti­t­ulés « Per­spec­tives his­toriques », « Per­spec­tives his­toriques et poli­tiques » et « principes du jour­nal­isme ». Il a aus­si été pro­fesseur asso­cié à l’U­ni­ver­sité Montpellier‑I de 2006 à la ren­trée 2012, où il a dis­pen­sé des cours inti­t­ulés  « Philoso­phie du jour­nal­isme », « Soci­olo­gie du jour­nal­isme », « Presse et pou­voir », « Com­mu­ni­ca­tion et poli­tique », etc.

Ce qu’il gagne

En avril 2014, Edwy Plenel déclare sur LCI “bien gag­n­er sa vie” avec un salaire brut de 7400 euros, soit 5.700 euros net. Selon lui, son salaire se situe au max­i­mum de l’échelle des rémunéra­tions dans l’équipe de Médi­a­part dont “la hiérar­chie des salaires va de 1 à 4”, ce qui situe le plus bas salaire à env­i­ron 1.850 brut. Edwy Plenel a par ailleurs pré­cisé qu’il payait 3.900 euros d’emprunt par mois jusqu’en 2017.

Suite à la ces­sion du cap­i­tal de Medi­a­part à une struc­ture à but non lucratif placée hors marché, il se partagera 6,8 mil­lions d’euros avec les trois autres cofon­da­teurs, selon Elec­tron Libre.

Il a dit

« Pour nous, au con­traire, il ne s’agit pas de réformer l’école, de l’améliorer, de la démoc­ra­tis­er, car, tout sim­ple­ment, c’est un objec­tif utopique, irréal­is­able : l’école est par essence, par nature, par orig­ine un appareil de sélec­tion sociale, de dif­fu­sion de l’idéologie bour­geoise. Cette école-là, elle n’est pas amend­able, il fau­dra la détru­ire », Rouge heb­do­madaire, 29 mars 1974.

« Notre fonc­tion pre­mière n’est pas de ras­sur­er les esprits et d’apaiser les con­sciences, mais au con­traire d’éveiller et de stim­uler ». Un temps de chien, Paris, Stock, 1994.

« Un jour­nal­iste du Monde doit appren­dre à penser con­tre lui-même », Le style du Monde, jan­vi­er 2002.

« Si le caché et le secret sont, peu ou prou, au principe de la réal­ité, com­ment dire le réel sans franchir des fron­tières taboues, sans vio­l­er des ter­ri­toires inter­dits, sans out­repass­er notre rôle ? Le jour­nal­isme est face à ce défi. Qu’il y renonce, et il sera emporté, si ce n’est déjà fait, dans le dis­crédit qui ébran­le sournoise­ment les pou­voirs. S’il l’as­sume, il entre en con­flit avec les règles établies de pro­tec­tion des secrets, des insti­tu­tions, des indi­vidus, des répu­ta­tions, etc. » Un temps de chien, Stock, 1994

« Tu com­prends, à mon époque, j’avais un mythe : le Che. Pour servir sa cause, il fal­lait qu’il soit dur avec ses hommes… Moi, tu com­prends, je n’y suis pour rien, je suis un mythe pour toute une généra­tion de jour­nal­istes ». A Pas­cale Sauvage, cité par Philippe Cohen et Pierre Péan, La Face Cachée du Monde, Mille et une nuits, Paris, 2003

« Le métis­sage, ce n’est pas une fusion, l’ad­di­tion d’un et d’un, la ren­con­tre entre deux iden­tités dans l’il­lu­sion de leurs puretés orig­inelles, encore moins un croise­ment d’e­spèces et de gen­res où la biolo­gie aura sa part. Non, le métis­sage, c’est une poli­tique. Et, plus pré­cisé­ment, une poli­tique de résis­tance ». La décou­verte du Monde, Stock, 2002

« Le trot­skisme comme expéri­ence et comme héritage fait à jamais par­tie de mon iden­tité, non pas comme un pro­gramme ou un pro­jet, mais comme un état d’e­sprit, une vieille cri­tique faite de décalage et d’acuités, de défaites et de fidél­ités ». Secrets de Jeunesse, Stock 2001

« Les médias sont naturelle­ment, majori­taire­ment suiv­istes, mou­ton­niers, con­formistes », entre­tien avec Oumma.tv, 17 sep­tem­bre 2011

« La chance de la France, c’est juste­ment ce bras­sage, ce mélange. C’est cette créoli­sa­tion du monde qui fait que les iden­tités ne s’an­nu­lent pas les unes et les autres, ne se dis­sol­vent pas, qu’elles vivent, qu’elles se fécon­dent, qu’elles se ren­con­trent, qu’elles se croisent, qu’elles se respectent », idem.

À pro­pos des dra­peaux étrangers, place de la Bastille, le soir de l’élection de François Hol­lande : « c’était une superbe image de la France », France 3, « Ce Soir ou Jamais », 8 mai 2012

« Cette jeunesse n’a‑t-elle pas, elle aus­si, des idéaux, des principes et des valeurs ? N’est-elle pas, autant que vous et moi, con­cernée par le monde, ses drames et ses injus­tices ? Par exem­ple, com­ment pou­vez-vous ne pas pren­dre en compte cette part d’idéal, fût-il ensuite dévoyé, qui pousse un jeune de nos villes à par­tir com­bat­tre en Syrie con­tre un régime dic­ta­to­r­i­al et crim­inel que vous-même, François Hol­lande, avez imprudem­ment appelé à punir il y a tout juste un an ? Est-ce si com­pliqué de savoir dis­tinguer ce qui est de l’ordre de l’idéalisme juvénile et ce qui relève de la men­ace ter­ror­iste, au lieu de tout crim­i­nalis­er en bloc en désig­nant indis­tincte­ment des dji­hadistes ? » Let­tre ouverte à François Hol­lande, Medi­a­part, 23 juil­let 2014.

« C’est une chance pour la France d’être aujourd’hui le pre­mier pays musul­man d’Europe », 20minutes.fr, 19 sep­tem­bre 2014

« Cette façon d’agiter la querelle religieuse, de stig­ma­tis­er l’islam, de s’en pren­dre à ses sym­bol­es : le vête­ment, le voile, le halal, les mosquées, est con­traire au véri­ta­ble esprit de la loi sur la laïc­ité, qui recon­naît les cul­tures minori­taires (…) Ce “laï­cisme” est le Cheval de Troie de l’islamophobie, il est à la laïc­ité ce que l’intégrisme est à la reli­gion. Il a une simil­i­tude avec l’antisémitisme : sous pré­texte de ce sec­tarisme laïc, on installe l’habitude d’une dis­crim­i­na­tion et d’une stig­ma­ti­sa­tion », idem.

« Le total­i­tarisme nous dit : tout est pos­si­ble, on peut tout dire, tout est pens­able, tout est imag­in­able. Et on peut s’habituer au pire, se dire qu’il y a des gens, des civil­i­sa­tions supérieurs à d’autres, et qu’il y a une peur, qui serait les musul­mans. La démoc­ra­tie, c’est l’in­verse. C’est de dire que tout n’est pas pos­si­ble », «C à vous », France 5, 6 jan­vi­er 2015.

« Au pas de charge, Jan­vi­er 2015 s’est trans­for­mé en Sep­tem­bre 2001 : l’occasion ter­ror­iste qui fait le lar­ron sécu­ri­taire. Le pro­jet de loi relatif au ren­seigne­ment mar­que une rup­ture sans précé­dent non seule­ment dans l’histoire poli­tique de la gauche du demi-siè­cle écoulé mais aus­si pour l’avenir de notre démoc­ra­tie, quels qu’en soient les gou­ver­nants demain : sans con­sul­ter ni écouter la société, sans l’entendre alors que la protes­ta­tion de ses acteurs citoyens est générale, une loi bâclée et pré­cip­itée, votée dans l’urgence, risque d’offrir au pou­voir exé­cu­tif, via les ser­vices secrets et les tech­niques numériques, un champ d’arbitraire infi­ni dans le con­trôle des indi­vidus, de leurs com­mu­ni­ca­tions, de leurs fréquen­ta­tions, de leurs con­vic­tions, de leurs engage­ments, de leurs curiosités », Medi­a­part, 29 avril 2015.

« L’histoire de France nous a habitués à ce que des pou­voirs de droite, con­ser­va­teurs par réflexe, autori­taires par habi­tude, s’en pren­nent aux lib­ertés. Mais ce n’était pas une fatal­ité sans retour puisque l’opposition de gauche deve­nait l’alternative en dis­ant non à ce coup d’é­tat per­ma­nent », ibid.

« Le total­i­tarisme nous dit : tout est pos­si­ble, on peut tout dire, tout est pens­able, tout est imag­in­able. Et on peut s’habituer au pire, se dire qu’il y a des gens, des civil­i­sa­tions supérieurs à d’autres, et qu’il y a une peur, qui serait les musul­mans. La démoc­ra­tie, c’est l’in­verse. C’est de dire que tout n’est pas pos­si­ble », « C à vous », France 5, 6 jan­vi­er 2015

« Au pas de charge, Jan­vi­er 2015 s’est trans­for­mé en Sep­tem­bre 2001 : l’occasion ter­ror­iste qui fait le lar­ron sécu­ri­taire. Le pro­jet de loi relatif au ren­seigne­ment mar­que une rup­ture sans précé­dent non seule­ment dans l’histoire poli­tique de la gauche du demi-siè­cle écoulé mais aus­si pour l’avenir de notre démoc­ra­tie, quels qu’en soient les gou­ver­nants demain : sans con­sul­ter ni écouter la société, sans l’entendre alors que la protes­ta­tion de ses acteurs citoyens est générale, une loi bâclée et pré­cip­itée, votée dans l’urgence, risque d’offrir au pou­voir exé­cu­tif, via les ser­vices secrets et les tech­niques numériques, un champ d’arbitraire infi­ni dans le con­trôle des indi­vidus, de leurs com­mu­ni­ca­tions, de leurs fréquen­ta­tions, de leurs con­vic­tions, de leurs engage­ments, de leurs curiosités », Medi­a­part, 29 avril 2015.

« L’histoire de France nous a habitués à ce que des pou­voirs de droite, con­ser­va­teurs par réflexe, autori­taires par habi­tude, s’en pren­nent aux lib­ertés. Mais ce n’était pas une fatal­ité sans retour puisque l’opposition de gauche deve­nait l’alternative en dis­ant non à ce coup d’é­tat per­ma­nent », ibid

« J’avais deux objec­tifs, représen­ter l’interpellation col­lec­tive de Medi­a­part et de notre pub­lic. Nous sommes un jour­nal qui a accom­pa­g­né l’élection d’Emmanuel Macron con­tre l’extrême droite mais dont les lecteurs n’ont pas for­cé­ment voté pour son pro­gramme. Donc c’était légitime que je porte les ques­tions, les inter­ro­ga­tions, les doutes et les cri­tiques. Le prési­dent n’a pas tenu compte de la diver­sité du vote qui l’a instal­lé à l’Élysée. Mon deux­ième objec­tif était de cass­er les codes de cette inter­view monar­chique. Je respecte cette fig­ure prési­den­tielle mais je suis là pour mon­tr­er que cette fonc­tion est la représen­ta­tion de la volon­té générale, pas d’une vic­toire per­son­nelle », Le Télé­gramme, 21/04/2018, suite à son inter­view du prési­dent Macron.

« Nous avons 151 000 abon­nés. Medi­a­part est rentable depuis 2011 et a un taux de prof­it excep­tion­nel. Une réus­site improb­a­ble qui démon­tre la valeur de l’information. Le mod­èle de la gra­tu­ité est un mod­èle destruc­teur de valeur », ibid.

« Le seul critère qui nous ani­me est celui de la loi de 1881. Est-ce que ce que nous révélons est d’intérêt pub­lic ? C’est ce qui nous guide », ibid.

Sa nébuleuse

Nicole Lapierre, son épouse, « por­teuse de ses ambi­tions, un véri­ta­ble coach qui l’aidera bien­tôt à gravir une à une toutes les march­es du podi­um », selon Pierre Péan et Philippe Cohen. Celle-ci codirige la revue Com­mu­ni­ca­tions, ain­si que la col­lec­tion Un ordre d’idées chez Stock.

Nébuleuse LCR : Daniel Ben­saïd, Christophe Agui­ton, Philippe Cor­cuff, Hen­ri Weber, Alain Kriv­ine, Paul Aliès, ancien élu de Pezenas (Héraut), secré­taire nation­al adjoint à la réno­va­tion du par­ti social­iste. C’est lui qui a mar­ié Edwy Plenel et Nicole Lapierre, à la fin des années 90. C’est égale­ment grâce à lui qu’Edwy Plenel entre à la fac­ulté de Mont­pel­li­er.

Nébuleuse Le Monde : Hervé Gat­teg­no, (aujourd’hui rédac­teur en chef du Point), Anne Chemin, Pas­cale Sauvage etc.

Nébuleuse Medi­a­part : En plus d’Edwy Plenel, ils sont cinq à avoir fondé le site d’information : François Bon­net, Gérard Desportes, Lau­rent Mauduit, Marie-Hélène Smié­jan, Gode­froy Beau­val­let. C’est l’an­cien respon­s­able inter­net de la cam­pagne prési­den­tielle de Ségolène Roy­al (2007), Benoît Thieulin, qui gère l’in­ter­face du site.

Ils ont dit

« Il fau­dra tout de même qu’on sache qui est vrai­ment ce mon­sieur Plenel. (…) Il par­lera moins haut quand on saura qu’il tra­vaille pour une puis­sance étrangère », François Mit­ter­rand, cité par Philippe Cohen et Pierre Péan, La Face Cachée du Monde, Mille et une nuits, Paris, 2003

« Plenel ? Il ne m’a pas lâché pen­dant dix ans et j’ai fini par penser qu’il tra­vail­lait lui aus­si pour les Améri­cains », François Mit­ter­rand, cité par Pierre Favier, La décen­nie Mit­ter­rand, Le Seuil, Tome IV, 1999

« Edwy Plenel a eu l’ “hon­neur” d’être écouté sur ordre per­son­nel d’un prési­dent de la République ! Notre “ego” col­lec­tif et le sien en par­ti­c­uli­er auraient pu y trou­ver une forme de sat­is­fac­tion. Mais, on ne peut con­sid­ér­er les écoutes autrement que comme la forme mod­erne des let­tres de cachet », Jean-Marie Colom­bani, Le Monde, 28 avril 1997.

« Mit­ter­rand avait, je ne sais pourquoi, une véri­ta­ble détes­ta­tion envers Plenel, qui était un très bon jour­nal­iste d’in­ves­ti­ga­tion », Pierre Joxe, A pro­pos de la France, Itinéraires 1, Flam­mar­i­on, 1998.

« C’est un bosseur, présent dès les aurores au jour­nal. Cet homme flam­boy­ant sème l’inquiétude et la peur. Por­tant sa pas­sion en écharpe, il offre à tous le spec­ta­cle impres­sion­nant de ses engoue­ments et de ses haines. S’il déteste quelqu’un, l’existence de la per­son­ne qu’il a prise pour cible risque fort de devenir un enfer. Plenel n’hésite pas à hum­i­li­er publique­ment, à mon­ter des coups dans le dos de ses enne­mis qu’il peut même, le cas échéant, agress­er ouverte­ment », Philippe Cohen et Pierre Péan, La Face Cachée du Monde, Mille et une nuits, Paris, 2003.

« Le jour­nal­iste plénéien est un com­bat­tant qui, au nom de l’urgence et de la néces­sité, aban­donne ses scrupules sur les moyens à utilis­er pour fouailler les plaies… Ivre de mots, il en oublie les actes qu’il se voit con­traint de com­met­tre pour les jus­ti­fi­er », ibid.

« C’est bien cette con­cep­tion du jour­nal­isme, qui se situe quelque part entre celle du pro­cureur sovié­tique Vichin­sky et du con­ven­tion­nel Marat, entre jus­tice procé­du­rale et tri­bunal pop­u­laire, entre fila­ture poli­cière et dénon­ci­a­tion publique, que Plenel, une fois par­venu à la tête de la rédac­tion du Monde, a imposé », ibid.

« Edwy Plenel restera le jour­nal­iste emblé­ma­tique des “années Mit­ter­rand”. Il est en quelque sorte à Mit­ter­rand, mais par antiphrase, ce que Joinville fut à Saint-Louis. Ses cen­taines d’ar­ti­cles sur le sujet, qu’il a com­plétés par trois livres, pour­raient, réu­nis, for­mer l’équiv­a­lent – en négatif, bien sûr – du Livre des saintes paroles et des bons faits de notre roi Louis », ibid.

« Le sys­tème Plenel ne tolère pas l’in­dif­férence : ou on est avec lui, ou on est con­tre lui », ibid.

« Lorsqu’un pro­jet est présen­té dans une réu­nion, per­son­ne ne s’ex­prime plus avant Edwy Plenel. Les gens ont peur. Il y a au Monde, toutes les car­ac­téris­tiques de fonc­tion­nement d’une insti­tu­tion total­i­taire », ibid.

« Pour ses détracteurs, Edwy Plenel ressem­ble à Char­lot dic­ta­teur, jouant du popotin avec la mappe­monde. On y ver­rait plutôt un dessin à la pointe sèche, éclaboussé de tach­es noires pour les cheveux et cette mous­tache années 30. Froid, clan­des­tin, assez dur et peu inqui­et », Emmanuel Lemieux, Tech­nikart n°69, févri­er 2003.

« Étrange… Nous avons tous habil­lé notre foi en un monde meilleur de toutes sortes d’oripeaux. Et nom­bre d’entre nous ont ensuite jeté leur défroque de mil­i­tant révo­lu­tion­naire sans regret. (…) Plenel, lui, a peu changé. Et comme s’il sac­ri­fi­ait tou­jours aux rites de son ancien groupe, il règle son compte en pri­or­ité à ses frères enne­mis. Il con­sacre ain­si des pages entières à la secte lam­bertiste, con­cur­rente de la sienne, secte dont 99,99 % des habi­tants de la planète se moquent comme de leur pre­mière chemise. Mais pour Plenel, il est impor­tant de mon­tr­er qu’il existe de bons et de mau­vais trot­skistes, ou plutôt de vrais et de faux trot­skistes », Pierre Rigoulout, cité par Emmanuel Lemieux, Tech­nikart n°69, févri­er 2003.

« L’indé­ni­able bru­tal­ité humaine dont fait preuve Edwy Plenel, sa dif­fi­culté à fix­er lui-même des bornes à son pou­voir sont d’au­tant plus déroutantes qu’elles s’en­tremê­lent étroite­ment à une sincère autoreprésen­ta­tion en vic­time (de son dévoue­ment à la col­lec­tiv­ité, de la logique de la rai­son d’É­tat, des com­plots mit­ter­ran­di­ens et néo-mit­ter­ran­di­ens) qui le rend ultra-sen­si­ble à toutes les mar­ques d’at­ten­tion ‑et peut le pouss­er, par exem­ple, à pleur­er sur un plateau quand sa col­lab­o­ra­trice Josyane Sav­i­gneau fait l’éloge d’un de ses livres, grand moment de télévi­sion », Daniel Schnei­der­mann, Le cauchemar médi­a­tique, Denoël, 2003.

« Le «pape de l’in­ves­ti­ga­tion» serait-il en réal­ité un idéo­logue peu scrupuleux ? Longtemps, le directeur de Medi­a­part a été con­sid­éré comme le mod­èle du «jour­nal­iste indépen­dant». Une image flat­teuse qui s’estompe depuis quelques semaines », Figaro Vox 26/11/2017.

« Dans cette école [Sci­ences Po], qui célèbre le «hijab day», l’au­teur de Pour les musul­mans a été accueil­li sous un ton­nerre d’ap­plaud­isse­ment. Au cœur de ce micro­cosme en plein cœur de Saint-Ger­main-des-Prés, à deux pas du Café de Flo­re et des Deux Magots, le rebelle offi­ciel est comme chez lui ».

« Jusqu’i­ci, pour beau­coup de ses con­frères, il était un mélange d’Émile Zola et de Bob Wood­ward (l’en­quê­teur du Water­gate). L’homme des Irlandais de Vin­cennes et du Rain­bow War­rior. Depuis quelques semaines pour­tant, cette image s’estompe et celle qui se des­sine est beau­coup moins flat­teuse. Habitué à enfil­er le cos­tume de pro­cureur, Plenel se retrou­ve cette fois sur le banc des accusés », ibid.

« Avant Inter­net et avant Medi­a­part, Edwy Plenel a sans doute été l’un des édi­to­ri­al­istes les plus influ­ents de la presse française. Sa car­rière com­mence à l’extrême gauche, avant d’atterrir à l’extrême cen­tre, du moins en théorie », Con­tre­points, 16/04/2018

« Le gauchisme cul­turel de Plenel mar­chait donc main dans la main avec le keynésian­isme le plus mol­las­son, tout en refu­sant à ses adver­saires toute légitim­ité, de peur de rompre cet équili­bre qu’un jour Alain Minc a désigné sous le terme ron­flant de « cer­cle de la rai­son », ibid.

« Dans cet écosys­tème jour­nal­is­tique par­ti­c­uli­er, Plenel se fit remar­quer pour les mêmes raisons qu’à l’occasion de sa polémique avec Char­lie Heb­do. Son biais par­ti­san gauchiste, sa vision com­plo­tiste du monde et les cam­pagnes con­tre ses adver­saires ont ali­men­té les pages très cri­tiques du livre de Pierre Péan et Philippe Cohen, La face cachée du Monde, sor­ti en 2003.Pour les deux auteurs, Le Monde péri­ode Minc-Colom­bani-Plenel aurait été trans­for­mé en véri­ta­ble pou­voir de lob­by­ing et d’intimidation, jouant de son influ­ence pour pouss­er ou dis­créditer intel­lectuels, poli­tiques et entre­pre­neurs qui ne pen­saient pas dans la ligne du parti », ibid.

« Inter­net a clos un cycle, celui qui fai­sait des édi­to­crates comme Edwy Plenel des médi­a­teurs indis­pens­ables du débat pub­lic français », ibid.

Crédit pho­to : Xavier Malafos­se via Wiki­me­dia (cc)

Edwy Plenel, du trot­skisme à l’an­tiracisme from OJIM France on Vimeo.

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