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[Rediffusion] Victoire de Trump : Soros et ses alliés se rebiffent

28 décembre 2016

Temps de lecture : 4 minutes
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[Rediffusion] Victoire de Trump : Soros et ses alliés se rebiffent

[Red­if­fu­sion — arti­cle pub­lié ini­tiale­ment le 21/11/2016]

Une campagne s’orchestre depuis l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis dont le but est de vendre au public l’idée de son remplacement. Un changement de régime en somme. À la manœuvre : George Soros, bien décidé à faire jouer tous ses réseaux. Dix jours après le choc, voyons où en est la contre-attaque.

Invité par Fox News le 18 novem­bre, l’animateur radio Chris Plante a relevé que l’élection de Trump a été pour les médias « ce que le 11 sep­tem­bre fut pour les ser­vices de ren­seigne­ment. Une fail­lite éthique… leur cat­a­stro­phe ! » Et de pré­cis­er : « C’était dans la poche, Hillary allait gag­n­er, et elle a per­du… Leurs tours se sont effon­drées… et, pour se rac­crocher, ils pré­par­ent main­tenant “leur inva­sion de l’Irak” ». Trump est ain­si devenu le « dji­hadiste » à abat­tre, coûte que coûte.

Une stratégie payante

Avec à peine 15% des moyens financiers d’Hillary Clin­ton, Trump a habile­ment et mas­sive­ment gag­né un max­i­mum « his­torique » d’États et de Grands Électeurs. Il a géré sa cam­pagne en con­cen­trant ses forces sur les lais­sés-pour-compte du sys­tème. Com­prenant les règles, il n’a pas fait cam­pagne là où il était sûr de per­dre : New York et la Cal­i­fornie, où Hillary a donc pu engranger des voix « inutiles » dans ces deux réser­voirs de larges pop­u­la­tions, ce qui lui a don­né la majorité du vote « nation­al » tout en per­dant au col­lège élec­toral.

La carte des résul­tats est frap­pante, surtout lorsque celle-ci détaille chaque cir­con­scrip­tion élec­torale (les « comtés » intra états) : hormis les grandes villes de la côte ouest et la métro­pole newyorkaise, le ter­ri­toire est totale­ment peint en rouge (couleur des répub­li­cains). Il en va de même pour la représen­ta­tion aux assem­blées lég­isla­tives locales, tout comme pour les postes de gou­verneurs des États : seuls cinq États sur cinquante accor­dent à la fois le con­trôle de l’exécutif et du lég­is­latif aux démoc­rates. La revanche de l’empire con­ti­nen­tal sur l’empire mar­itime, en somme.

Soros, lui aus­si, a vu rouge, ce que souligne Politi­co. Le phil­an­thrope, avec sa puis­sante Democ­ra­cy Alliance, a organ­isé une ren­con­tre le dimanche 13 novem­bre à l’hôtel Man­darin, à Wash­ing­ton, avec les prin­ci­paux dona­teurs démoc­rates et plusieurs élus, dont la cal­i­forni­enne Nan­cy Pelosi, leader des démoc­rates de la Cham­bre, accom­pa­g­née de la séna­trice Eliz­a­beth War­ren. Selon Politi­co, il s’agit de s’organiser pour « repren­dre le pou­voir », et de com­pli­quer le déroule­ment des pre­miers cent jours de Trump.

Contre-attaque du système

En atten­dant, un « Maï­dan améri­cain » ram­pant a été lancé au lende­main de l’élection. Il s’est d’abord cen­tré sur le thème de la cat­a­stro­phe qui serait enclenchée par le nou­veau cycle trumpi­en :

  • Man­i­fes­ta­tions « spon­tanées » quo­ti­di­ennes, coor­don­nées par moveon.org et autres fon­da­tions, relayées en con­tinu par les médias, qui assè­nent un mes­sage som­bre : le peu­ple est très inqui­et.
  • Mul­ti­ples reportages sur l’inquiétude des jeunes, et les poli­tiques de sou­tien psy­chologique post deuil élec­toral.
  • Mul­ti­ples inter­views télévisés de psy­cho­logues paten­tés pour aider les adultes à affron­ter le trau­ma d’une vie sans Hillary.

Et pour cause : avec un Trump hos­tile à la sci­ence, survient l’aube d’un Nou­v­el Âge des Ténèbres : la planète va cuire, les jeunes vont mourir à la fleur de l’âge et affamés (The prospect of a new Dark AgeThe Atlantic, Novem­ber 15, 2016).

En par­al­lèle, on dénonce le réveil des forces du mal :

  • On oublie de rap­porter les agres­sions trumpophobes, cer­taines très vio­lentes, con­tre tout faciès sus­cep­ti­ble d’évoquer un sou­tien à Trump.
  • Mais on pub­lie et mon­tre larga manu une soudaine inva­sion de graf­fi­tis racistes en quête d’auteurs.
  • Surtout on organ­ise une veille télé­phonique et sur médias soci­aux pour suiv­re « les très nom­breuses agres­sions racistes et islam­o­phobes au lende­main de la vic­toire de Trump », les jour­naux pho­tographi­ant des murs de post-it qui cou­vrent leurs salles de rédac­tion afin que télévi­sions et les politi­ciens relaient… même quand les plaig­nants se récusent.

Vient alors le temps mon­tr­er que Trump n’est pas légitime.

Un procès en légitimité

Il est ain­si bruyam­ment rap­pelé que seule Clin­ton a gag­né le vote nation­al, avec 1,5 mil­lion de voix d’avance sur Trump. Il faut donc respecter la démoc­ra­tie.

Une volte­face intéres­sante : en mars dernier, le Wash­ing­ton Post (Derek T. Muller, The elec­toral col­lege could still stop Trump, even if he wins the pop­u­lar vote), craig­nant un suc­cès de Trump, se réjouis­sait de l’existence du sys­tème de col­lège élec­toral, qui offrait la pos­si­bil­ité de l’éliminer, quand bien même ce dernier gag­n­erait le vote pop­u­laire. L’article pré­ci­sait, citant Hamil­ton, que les fon­da­teurs avaient craint que le peu­ple puisse pren­dre des déci­sions « hâtives, rad­i­cale­ment viciées, et sen­si­bles à la tromperie  [car man­quant de] capac­ité de juge­ment ». D’où la pro­liféra­tion de chroniques faisant appel aux grands électeurs afin qu’ils fassent bas­culer leur vote sur Clin­ton le 19 décem­bre 2016. Car il s’agirait en fait de « sécu­rité nationale ».

Dans sa chronique du 18 novem­bre (The Hill: Elec­toral col­lege, a call to duty), l’avocat Russ May argu­mente : « la créa­tion du col­lège élec­toral […] sig­nifi­ait de sere­ines délibéra­tions, per­me­t­tant de se pré­mu­nir con­tre toute inter­férence étrangère, tout can­di­dat n’ayant pas le car­ac­tère, ou tout tyran charis­ma­tique et manip­u­la­teur » Or, avec Trump, « le résul­tat de l’élection est terni par une intrigue étrangère qui risque de détru­ire les fon­da­tions de la démoc­ra­tie ». Et de citer la cam­pagne de Wik­ileaks.

Tempête dans un verre d’eau ?

Un tel dossier d’instruction visant une action en Impeach­ment con­tre le Prési­dent Trump est certes plau­si­ble. Mais le prob­lème actuel de Georges Soros est qu’Hillary a implosé depuis l’élection, lâchée implicite­ment par Oba­ma dans deux dis­cours, dont l’un pronon­cé à Berlin. Le par­ti démoc­rate est en recon­struc­tion, ten­tant de revenir au pro­gramme tra­vail­liste que Trump lui a con­fisqué. Avec un ter­ri­ble besoin de sang neuf.

Quant à Trump, il sem­ble nouer des alliances bipar­ti­sanes avec le sou­tien de répub­li­cains et démoc­rates « tra­di­tion­nels » afin de met­tre en place sa poli­tique d’infrastructures, son pro­gramme de réduc­tions d’impôts et sa nou­velle poli­tique de com­merce inter­na­tion­al. Pru­dent, il agit en stéréo : d’un côté il sem­ble se dot­er d’un boucli­er, avec un cab­i­net min­istériel « tech­nocra­tique » et ras­sur­ant, mais égale­ment d’un glaive, avec des con­seillers prési­den­tiels sans porte­feuille et « con­tro­ver­sés » qui devront veiller à l’application quo­ti­di­enne de son pro­gramme élec­toral. En bref, ses « com­mis­saires poli­tiques », bien enten­du très cri­tiqués par la presse dom­i­nante.

Mais la nou­velle cam­pagne en cours dans les Grands Médias, con­fir­mée par Oba­ma lors de son voy­age en Alle­magne, est la suiv­ante : les sites de « fauss­es infor­ma­tions » pul­lu­lent sur les médias soci­aux. Ceci explique la vic­toire de Trump. Il est temps de gér­er le prob­lème. Mark Zucker­berg vient d’indiquer qu’il s’attelle au prob­lème en « régu­lant » Face­book. Pourquoi pas un Min­istère de la Vérité comme dans 1984 d’Orwell ? L’Ojim suiv­ra évidem­ment avec atten­tion ce dossier qui a une influ­ence directe sur l’Europe dans les prochaines semaines.

Crédit pho­to : DR

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