Ojim.fr
Veille médias
Dossiers
Portraits
Infographies
Vidéos
Faire un don
Une semaine d’émissions CNews sur le Coronavirus

7 avril 2020

Temps de lecture : 3 minutes
Accueil | Veille médias | Une semaine d’émissions CNews sur le Coronavirus

Une semaine d’émissions CNews sur le Coronavirus

Depuis plusieurs jours, les émissions de la chaîne CNews traitent de la crise provoquée par le coronavirus. Plus précisément de sa gestion et des solutions pour en sortir. Chaîne connue pour sa pluralité d’opinions et la liberté de ton qui peut y régner, de nombreux éditorialistes et journalistes y ont pris position. Entre affirmations que rien de mieux ne pouvait être prévu face la propagation du virus et critiques de l’action gouvernementale, la semaine a été riche.

Sur CNews cer­tains invités ont eu la cri­tique facile sur l’anticipation, ou plutôt sur l’absence d’anticipation du gou­verne­ment face au Covid-19. Une antic­i­pa­tion qui était pos­si­ble selon Ivan Rioufol qui le 30 mars dans L’heure des pros pointe du doigt les infor­ma­tions qu’avaient le gou­verne­ment « Les Chi­nois ont prévenu mi-jan­vi­er. Buzyn a prévenu le 11 jan­vi­er ». Dans la même émis­sion Pas­cal Praud lui s’interroge « Soit l’État a fait n’importe quoi, soit c’était imprévis­i­ble et l’Etat fait comme il peut. » Éric Zem­mour rap­pelle lui les change­ments de cap du gou­verne­ment face à la crise le 31 mars dans l’émission Face à l’info « C’est le chemin de Damas du prési­dent Macron, on le voit avec un masque. Il nous avait expliqué que le masque ne ser­vait à rien… ». Mais le jour­nal­iste et écrivain va plus loin, insis­tant sur l’idéologie de Macron avant la crise, selon lui con­traire à ce que Macron prône aujourd’hui « Deux­ième chemin de Damas, il dit qu’il nous faut pro­duire davan­tage en France. C’est exacte­ment le con­traire de ce qu’il a fait. C’est lui qui a con­seil­lé à Hol­lande de ven­dre Alstom aux Améri­cains. L’idéologie de Macron c’est les fron­tières ouvertes. »

Retour au Moyen Age

Le con­fine­ment en lui-même a subi des cri­tiques, à com­mencer par celles de l’inévitable Zem­mour qui dénonce « Un remède du Moyen Âge » dès le 24 mars. Ce même Zem­mour ajoute que le con­fine­ment n’est pas respec­té partout le 31 mars :

« Dans certaines banlieues, à Lyon, au Mirail, le confinement n’est pas respecté. La semaine dernière la question a été réglé, Nuñez a dit que ce n’était pas une priorité de régler le confinement en banlieue. Macron faisait des grands discours sur la lutte contre la sécession mais là on voit qu’il l’accepte ».

Pas­cal Praud note le 2 avril que le con­fine­ment peut pos­er prob­lème pour l’immunité col­lec­tive : « Le con­fine­ment ne pro­duit pas d’immunité col­lec­tive », et ajoute, non sans ironie « On nous a con­finés mais on a pas prévu le décon­fine­ment. Main­tenant on réflé­chit à com­ment on nous décon­fine. » L’absence de masques et de tests pour lut­ter con­tre la prop­a­ga­tion du Covid-19 a été large­ment mise en avant par Ivan Rioufol, Éric Zem­mour et d’autres. Ivan Rioufol se dis­tin­guant avec une sor­tie par­ti­c­ulière­ment piquante « La France ne pro­duit plus rien des masques, des tests, des res­pi­ra­teurs. Pourquoi le pays est-il devenu un pays tiers-mondisé qui fait la manche ? ». Pas­cal Praud face à la pénurie de masques, de lits d’hôpitaux, et de moyens en général, ajoute « Mais où va notre argent ? ».

« Tous les pays ont été surpris, toutes les populations. Arrêtons de chercher des coupables »

Si des cri­tiques ont été for­mulées sur la ges­tion du gou­verne­ment, d’autres inter­ven­tions ont large­ment épargné le pou­voir en place. Pas­cal Praud le 27 mars, réagis­sant à l’annonce de 365 morts en 24 heures, affir­mait que per­son­ne n’avait vu venir l’ampleur de l’épidémie :

« Si on nous avait dit ça il y a 15 jours… Les plus alarmistes parlaient de 200 morts. De janvier à début mars personne dans les médias n’en a parlé. »

On serait ten­té d’ajouter que le gou­verne­ment non plus. Lau­rent Jof­frin directeur de la rédac­tion de Libéra­tion de son côté épargne la respon­s­abil­ité gou­verne­men­tale quant aux man­ques de prévi­sions :

« On fait un procès injurieux au gouvernement. On peut dire des choses, mais sur les prévisions c’est un procès infondé. Le gouvernement se tourne vers les scientifiques, il ne va pas aller contre l’avis des scientifiques ».

Gérard Leclerc, grand habitué de l’heure des pros, lui aus­si dére­spon­s­abilise le gou­verne­ment quant à l’absence de prévi­sions et ajoute « Tous les sci­en­tifiques dis­ent qu’on ne pou­vait pas devin­er ce qui allait arriv­er ».

Union sacrée ?

Le 1er avril, sans blague aucune, Julien Amour, réan­i­ma­teur au sein de l’hôpital Jacques Carti­er déclarait :

« Ce n’est la faute de personne. Tous les pays ont été surpris, toutes les populations. Arrêtons de chercher des coupables ».

Même appel à l’unité le 2 avril pour Gérard Leclerc, avec en prime une attaque con­tre Marine le Pen :

« Il y a un besoin d’unité nationale. La seule à dire qu’on ne peut pas faire l’union nationale c’est Marine le Pen, c’est grave ».

Gérard Leclerc est ici à deux doigts de repren­dre la ter­mi­nolo­gie du Prési­dent Macron et son « Union sacrée »…

Cette semaine CNews aura pro­posé une vraie diver­sité de points de vue. Les téléspec­ta­teurs ne s’y trompent pas et la chaîne est portée par de bonnes audi­ences, le Face à l’info du 1er avril a large­ment bat­tu le record his­torique d’audience de l’émission. N’en déplaise aux censeurs et aux men­aces de mort con­tre Pas­cal Praud.

Les réseaux Soros
et la "société ouverte" :
un dossier exclusif

Tout le monde parle des réseaux de George Soros, cet influent Américain d’origine hongroise qui consacre chaque année un milliard de dollars pour étendre la mondialisation libérale libertaire.

En effet, derrière un discours "philanthropique" se cache une entreprise à l'agenda et aux objectifs politiques bien précis. Mais quelle est l’étendue de ce réseau ?

Pour recevoir notre dossier rejoignez nos donateurs (avec un reçu fiscal de 66% de votre don).

Derniers portraits ajoutés

Abel Mestre

PORTRAIT — Faut-il class­er Abel Mestre dans la caté­gorie jour­nal­iste ? Abel Mestre con­stitue à lui seul un fourre-tout de l’extrême extrême-gauche, allant du stal­in­isme à l’anarchisme en pas­sant par le trot­skisme expéri­men­tal et l’action de rue.

Sophia Aram

PORTRAIT — Issue d’une famille d’o­rig­ine maro­caine, Sophia Aram est née à Ris-Orangis (Essonne) le 29 juin 1973. Sophia Aram s’ini­tie à l’art de l’im­pro­vi­sa­tion dans les étab­lisse­ments sco­laires de Trappes puis au sein de la com­pag­nie « Déclic Théâtre », où elle côtoie Jamel Deb­bouze.

Christophe Ono-dit-Biot

PORTRAIT — Né en jan­vi­er 1975 au Havre, Christophe Ono-dit-Biot a fait Hypokhâgne et Khâgne au lycée Jan­son-de-Sail­ly, à Paris, puis un DEA de Lit­téra­ture com­parée sur les écrivains fin de siè­cle « déca­den­tistes ». Il est agrégé de let­tres mod­ernes (2000).

Ali Baddou

PORTRAIT — Ali Bad­dou n’est pas seule­ment présen­ta­teur-jour­nal­iste et pro­fesseur de philoso­phie poli­tique à Sci­ences-Po. Ce mem­bre de l’hyperclasse mon­di­ale est avant tout au cœur des réseaux de pou­voir maro­cains, français (mit­ter­ran­di­ens et social­istes) et médi­a­tiques.

Johan Hufnagel

PORTRAIT — Bien qu’il n’ait, pour un jour­nal­iste, pas écrit grand chose, Johan Huf­nagel n’en est pas moins par­venu à se hiss­er aux postes clés des médias où il a posé ses valis­es. Il n’y a là rien d’é­ton­nant : son secteur d’ac­tiv­ité n’est ni l’in­ves­ti­ga­tion, ni même la sim­ple rédac­tion, mais le numérique.

"Le partage, c'est le secret du bonheur."

Sylvain Augier, reporter, animateur de radio et de télévision